'■='^=^'-^'^*^'! ?iilï s«: mm^ ïii^ " '■ iS" KT '^ ^^ENEWYOR^BOTANICALGARD| L'ILLUSTRATION HORTICOLE I.o (lopot exig(^ par la loi a été l'ait. GANl), IMPRIMERIE F. MEYF.r.-VAN LOO L'ILLUSTRATION HORTICOLE REVUE MENSUELLE DES SERRES ET DES JARDINS CÛJIPEENANÏ LA FIGURE, LA DESCRIPTION, LHISTOIRE LA CULTURE EN SERRES, EN PLEINE TERRE ET EN APPARTEMENTS DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES LES INTRODUCTIONS NOUVELLES L'INDUSTRIE HORTICOLE LKS EXPLORATIONS BOÏANIQI ES, L'ARCHITECTURE DES JARDINS L'ARBORICCLTDRE, LA CELTORE MARAÎCHÈRE LE CORIPTE RENDU DES GRANDES EXPOSITIONS ET DES OUVRAGES NOUVEAUX SUE LA BOTANIQUE ET l'hORTICULTUREj ETC. PUBLIEE SOUS L;; DIRECTION DE J. LIN D EN Administrateur délégué de la Compagnie Continentale d'Horticulture ADMINISTRATEUR LUCIEN LINDBN REDACTEUR EMILE RODIGAS Collaboration de Botanistes et Horticulteurs éminents TRENTE DEUXIÈME VOLUME ou CIXQUIKME DE LA QUATRIÈME SÉRIK GAND a'tj siège social de la COMPAGNIE CONTINENTALE D'HORTICULTURE (SOCIÉTÉ ANONY.MEl RUE DU CHAUME, 32 1885 4""' SÉRIE 5'"" Volume TOME XXXII. Année 1885 1' Livraison Prinoipalea distinctlonâ obtsnaes par L'ILLU3raA.i'ION HORTICOLE ; MÉDAILLE DE MÉHITE A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DB VJEÎiKE EN 1873 Bll'LOME u'HOSNErr. A l'eXPOSITION IXTEBNATIONALE D'aIMSTERDAM EN 1877 MÉDAILLE d'où A l'EXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS EN 1878 DIPLOME d'iIONNEIR A l'eXPOSITION DE MADRID EN 1883 T t Ijlljij STRATIÛB BDRÎttE REVUE MENSUELLE DES SERRES ET DES JARDINS LûMï'KENA.M LA FIGURE, LA DESCRIPTION L'HISTOIRE, LA CULTURE EN SERRES, EN PLEINE TERRE ET EN APPARTEfflENTS DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES LES [NTBODUCTrONS NOUVELLES L'INDUSTRIE HORTICOLE LES EXPLORATIONS BOTANIOUES, L'ARCIIITKTORE DES JARIHSS, L'APtBORlCtLTCRE LA CULTURE MARâlCHÉRE LE COMPTE RENDU DES GRANDES EXPOSITIONS, ETC. PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE J. LINDEN ADMINISTRATEUR RÉDACTEUR LUCIEN LINDEN EMILE B.ODIGAS Collaboration de Botanistes et Horticulteurs éminents TABLE DES MATIÈRES Chronique horticole 5 Bibliographie 14 nécrologie 12 Le Jardin fruitier et le potager. . . 10 Notes sur la végétation de la Calilornie IS texte et planches COLORIEES PL 544. Alooasia reginae 11 PI. 545. Dendrobium Hasselti ... 13 PL 546. Adiantum Capillus Veneris var. obliqunni 15 'S l'igure : Chou fleur d'Erl'urt . PARUE LK 15 JANVlEPv 1885. Administration, au siège social de la Compagnie continentale d'Horticulture (Société anonyme), 52, rue du Chaume, à Gand. C0M)1TR)>8 D'ABONM-MENT VJUustratidn Horticole paraît le 15 de cliaque mois et. forme, au bout de l'année, un gros volume in-8° de 200 ]ia!j"s de texte illustre de noridireuses iriavures, et ace<>niiiai;né de 36 PLANCHES richement coloriées ou gravures supérieurement exécutées. Les sujets traités sont distribués dans l'ordre suivant : I. Chronique horticole. — II. Planches coloriées et descriptions de plantes nouvelles. — ■ III. Culture de.s plantes en appartements. — IV. Jardin potager et jardin fruitier. — V. Horticulture d'uriienient, etc. — VI. Architecture des jardins, constructions et industi-ies jiorticoles. — VII. Miscellanées. ■ — ^'I1I. Correspondance. — IX. Explorations scientifiques. Prix de l'abonnement, payable d'avance Par volume de 12 livraisons (de janvier à décembre) envoyées chacune /?'a?iCO par la poste. Pour toute l'Union postale 30 francs. Pays (l'outre-mcr 3.") -i l'ayuMc en un mandat lur lu posle (!e G«nJ (Belgique) au iiom Je l'jlilniiuislrateur On s'abonne à l'administration de Vlllnstrotion Horticole, 52, rue du Chaume, i\ Gand, ainsi que chez les principaux lilu-aircs de Belgique et de l'étranger. — Envoi franco d'un K" spécimen sur demande affranchie accompagnée de .3 francs en timbre-poste. CERUSE SPECIALE pour In l'i-lnliirr ilrn Mcrrca, AbriM, neiililrH ot OrncnicntH de Jardlim La CojirAGME cintimomai K d'IIc Riici lu he (Sociei-lc-anrinyme), à Ga^d (Bclgitiue), s'est assurée, par contrat passé avec l'inventeur, la vente et le (léi)ùt général d'un produit destine ;i la peinture des serres, abris, meuliles et ornements de jardins. Outre une blancheur et un velouté sans pareils, cette peinture garantit la conservation du bois et du fer si vite attaqués par l'huinidité et la dialcur à l'intérieur des serres, ])ar le soleil et la pluie en çleiu air. La première personne venue pourra se servir de cette matière. La couleur étant toute pré- parée, il suffira d'y ajouter l'Iiuile nécessaire pour pouvoir s'en servir. Le prix minime de ce produit engagera d'ailleurs tout le monde à avoir ses serres et son mobilier de jardin conservés dans le meilleur état. PRIX COURANT Livrable en bidons de fer bien conditionnés, fermés par de simples languettes 1 Bidon de 10 kilos loFr. 1 1 Bidon de 20 kilos «s Fr. 1 id. 15 id 14 n 11 id. 25 id «« b Zrs prix seront réduits de ô°/o J^our toute commande de 100 kilos et itu delà. Peinture spéciale pour étiquettes Ce produit, tout spécialement recommandé pour cet usage, est livrable en couleur j:nine du blanciie, par boîtes de 1 et de 2 kilos. PRIX COURANT Par boite de un kilo . . , . . Francs 1-25 Par boîte de deux kilos id. 2-25 les prix seront réduits do 5" „ pour toute commande de 12 boites et au delà. Adresser les commandes ]ioiir ces peintures directement à la Compagnie Continentale d'Horticulture (Société anonyme) 52, Etr. lu Chacme, GAND (BELGIQUE) — 5 — CHRONIQUE HORTICOLE 15 Janvier 1885 Nepenthes bicalcarata. — Un amateur passionné d'horticulture, M. Liais, maire de Clierbourg, cultive les Nepenthes avec grand succès. Nous devons à son obligeance deux ascidies vraiment remarquables de Nepenthes Mcalcarata ; ces deux urnes peuvent contenir chacune plus d'un demi litre d'eau, et la plante qui les portait est à peine âgée de dix-huit mois. Les Nepentlies (|ui étaient encore très rares dans les collections continentales, il y a quelques années, sont aujourd'hui beaucoup plus répandus et leur culture, d'ailleurs assez aisée, est mieux comprise. Les Nepenthes ont suivi en cela les Orcliidées de serre chaude, leurs alliées de culture. if i(. Le Catalogue des graines de la Compagnie Continentale d'Horticul- ture vient de paraître. Le nouveau département des graines a été inauguré il y a un mois. Les visiteurs peuvent se procurer les graines à l'établis- sement et vérifier la qualité de celles-ci, au magasin pour la vente en détail qui se trouve dans le bâtiment du fond donnant sur la rue de la Sauge; une nouvelle entrée, particulière au nlagasin des graines, vient d'y être créée pour permettre aux clients de s'y rendre directement, sans être obligés de traverser le jardin. On peut s'y procurer les graines de toute espèce de plantes potagères, de plantes à fleurs, d'arbres fruitiei's, d'arbi'es d'agrément, etc. Anthurium Margaritse. — Un superbe hybride provenant de V Aathurium Schertzerianum fécondé par un Anthurium Andreanum vient de fleurir dans les serres de la Compagnie Continentale d'Horti- culture à Gand. Les feuilles ont la forme de celles de la mère ; les fleurs, la forme de celles du père, et sont d'un coloris rose tendre du plus agréable effet. Nous croyons que cette nouvelle variété primera tous les hybrides obtenus par fécondation de Y Anthurium Andreanum. Le port est celui de Y Anthurium Schertzerianum; la plante est anssi , — TOME xsxn 1865, 1« live. OC — 6 — florifère et porte ses fleurs de la môme manière; les ieuilles sont un peu plus larges. h'Anthurium Margaritae a été dédié à Madame Lucien Linden. * Variations dans la nature. — Le Journal of Uarticulture a rcilalé dernièrement, d'après une conférence donnée par M. Meeii.\n à l'As- sociation pour l'avancement des sciences, à Montréal, des indications fort remarquables concernant les variations constatées sur V Ampélopsis quin- quefolia. Près de la demeure de M. Meehan, dans le sud-est de la Pennsylvanie, dit-il, « les jèuillns do la Viane-Vieri^e nnt cimi folioles. Dans le Texas, on en compte sept; dans le nord de la Pennsylvanie, quelquefois trois. Le long de la ligne du Canada, les feuilles cuit d'ordinaire cinq, parfois sept folioles. Dans le sud-est de la Pennsylvanie, les folioles sont ovales élargies, faiblement dentées, vert foncé, fleurs et fruits sont portés sur des pédoncules assez forts. Dans le Colorado, les folioles ont plutôt la forme conique, elles sont profondément laciniées, vert quelque peu glauque, et les pédoncules sont grêles. En Pennsylvanie, les veines secon- daires sont faibles, courbes et divergentes vers le bord du foliole; sur les rives des lacs Krié et Ontario, surtout à Goat Island, non loin de Niagara, les veines sont très jjniéminentes, droites, le plus souvent parallèles et rappellent de prime aburd des feuilles de marmunior. » M. Meeiian dit avec raison que si les formes intermédiaires faisaient défaut, les botanistes seraient tentés de prendre les extrêmes pour des formes spécifiques l>ien caractérisées. Il est vrai ([ne pour 'es anciens Jordanistes, il n'en fallait guère davantage. Nous ajouterons que ces formes semblent dépendre, chez nous, de l'âge (.'t du développement des indivichis : \o fait est (jue sur des pieds très rapprocliés, nous rencontrons dans nos plantations, des feuilles très variées. L'Exposition internationale des produits de l'horticulture, organisée par la Société uatinnale d'Horticulture do France, aura lieu du 20 au 31 mai 1885, aux Champs Klysées, à Paris. Outre les plantes de toute nature et de toute destination appartenant aux diverses régions du globe, les fleurs coupées, les bouquets et les garnitures d'appartements, le programme comporte l'arlioricullure fruitière, la culture maraîchère, les herbiers et objets réservés à renseignement de l'horticulture, ainsi que tous l(>s produits des arts et des industries horticoles. Pour les plantes seules, il y a plus de 200 concours. Les demandes d'admission à l'Exposition devront être parvenues au siège de la Société, rue de Grenelle S' Germain, 84, à Paris, avant le 25 avril 1885. Les progrès scientifiques de notre époque se traduisent admirable- ment par ce simple l'ait ([ue l'Exposition internationale industrielle et culturale de la Nouvell-'-Orléans a été ouverte par le Président des Etats Unis, sans que celui-ci ait dû quitter sa résidence. Il lui a suffi de presser chez lui un bouton électrique pour mettre en mouvement toutes les machines de l'Exposition. * * * Cattleya nobilior. — Quelipies floraisons splendides de Cattleya nohilior viennent d'être constatées dans les serres de la Compagnie Continentale d'Horticulture à Gand. Nous y avons mesuré des fleurs a3'ant 18 centimètres de diamètre. Le Cattleya nohilior porte décidément très bien son nom et sa montre une des espèces de Cattleya les plus méritantes et de culture facile. Quelques plantes récemment intro- duites ont des dimensions extraordinaires, sont très bien enracinées et couvertes de jeunes pousses. Les nouvelles serres de Laeken, dont nous avons parlé dans une précédente chronique, sont entièrement installées. L'ensemble de ces quatre serres produit le meilleur effet et chaque serre se présente comme devant être excellente pour la culture des plantes auxquelles elles ont été destinées. La fréquence des orages. — Le nombre moyeu des orages est sensiblement le même dans chaque contrée, bien que ce nombre diffère pour des situations différentes. Dans les régions sans pluies, comme l'Egypte, le Saharah, le Turkestan Oriental, les orages sont extrêmement rares. Il en est de même des contrées polaires où cependant les phénomènes élec- triques, tels que les aurores boréales, sont très fréquents. Au Caire, il y a en moyenne 3 orages par an; en Norwége, 4; dans les Hautes-Alpes, 7, comme en Angleterre ; en Finlande et en Suède, 8 ; à Irkoutsk et dans la petite Russie, 9; au Nord de la grande plaine sarmate, 10; en Asie Mineure, 12; au Cap de Bonne Espérance, malgré le voisinage du Cap dit des Tempêtes, 13, de même qu'au Schleswig-Holstein, au Mecklenbourg, au Hanovre et dans la Prusse Rliénane; dans la Péninsule ibérique, 15; en France, dans la Russie Méridionale et dans l'Australie, IG; en Saxe, dans le Brandebourg et à Kasan, 17; dans les Pays-Bas, 18; en Bavière, — 8 — en Belgique et en Silésie, 21 ; en Hongrie et dans le Wurtemberg, 22; en Autriche, au Canada et à Buenos-Ayres, 23; dans la Guinée Méridio- nale, 32; aux Indes Occidentales, 36; en Italie, 38; à Bornéo, 54; à Tiflis, 55; dans l'Indoustan, 56; à Sumatra, 80; à Java, 97. Sous l'équa- teur, les orages sont pour ainsi dire journaliers. Ces données ne confirment en aucune façon l'ancienne théorie d'après laquelle les orages se produisaient le plus fréquemment vers les centres des continents et le moins vers les côtes. * * * Fruits admis au Congrès pomologique de Rouen. — Le Congrès pomologique de France a été extrêmement sobre dans l'admission des fruits mis à l'étude par la Société et présentés aux dernières sessions. Ont été acceptés comme fruits de table : Poires : Beurré Dubuisson, Président Drouard. Pomme : Cox's Orange Pippin. Raisin : Duc de Malakoff. Noisette : de Bollwiller. * L'automne de 1884. — La température a continué d'être normale jusqu'au 25 décembre. Mais dans la nuit du 25 au 26, le ciel s'étant éclairci, le thermomètre est descendu à Gand <à 11° C. Aux Iles-Britan- niques le temps a été plus doux qu'à l'ordinaire. Le 20 décembre, on a compté dans un jardin de Lyme-Regis, sur la côte sud de l'Angleterre, soixante neuf sortes de plantes en pleine floraison, notamment douze variétés de Roses, des Pensées, des Pelargonium, des Violettes et des Héliotropes. * * * Les Taupes trouvent encore des défenseurs. Le Oardeners' Monthly de l^hiladelphie cite l'exemple d'un cultivateur de l'Indiana qui a mis douze taupes dans ses fraisières occupant une surface de 2 '/, hectares, avec la conséquence heureuse que les vers lilancs ont été mangés et que c'est à peine si une douzaine de plantes de fraisiers ont été endommagées durant l'été. Seulement le Journal précité ajoute aussitôt que c'est l'histoire de la souris qui a demandé la protection d'un chat pour être débarrassée du voisinage d'un chien. Celui-ci fut chassé, mais le chat? * * M. Oscar Villette, membre du conseil d'administration de la Société régionale d'Horticulture du nord de la France, décédé à Orau le 2 novembre — 9 — dernier, a légué à cette Société une somme de dix mille francs pour être employés au mieux des intérêts de celle-ci. Cet acte de générosité mérite d'être cité avec éloge. Bien des personnes favorisées de la fortune recon- naissent volontiers les services rendus par des associations horticoles actives et sérieuses; seulement elles oublient de leur venir en aide. L'exemple donné par M. Oscar Villette aura-t-il des imitateurs en Belgique ? * Zamia tonkinensis. — Nous publierons très prochainement le portrait de cette ravissante Cycadée primée d'un certificat de mérite au dernier meeting de la Chambre syndicale des horticulteurs. Cette délicieuse espèce, aux feuilles gracieusement ondulées, est originaire du Tonkin d'où elle a été introduite, il y a quelques mois. Struggle for life. — La lutte pour l'existence donne souvent aux êtres (les moyens de puissance inconnus. Un nouvel exemple de cette force vitale a été cité à la dernière assemblée générale de la Société de Botanique de Bruxelles. Le fait a été rapporté par M. A. Wesmael. On sait que l'hiver de 1879-1880 a été désastreux non seulement pour une foule de végétaux plus ou moins délicats appartenant à des contrées plus heureuses, mais que des plantes considérées jusque là comme absolument rustiques .n'ont pu résister à cette rigoureuse saison. Les peupliers d'Italie, entre autres, ont succombé en grand nombre. Quel- ques-uns cependant, morts et desséchés complètement à la base et jusqu'à deux mètres de hauteur, ont émis sous l'écorce, au-dessus de la partie morte, des racines adventices qui sont allées rejoindre le sol et qui four- nissent actuellement à ces arbres la nourriture et une nouvelle assise. Ce fait est fort remarquable. * * * Le Phylloxéra a envahi cinquante mille hectares de vignes à Malaga. * * * La culture des Jacinthes sur carafe continue d'être à la mode. Le plus souvent on se borne à placer les bulbes dans le goulot élargi de la carafe pleine d'eau jusque près du bulbe; celui-ci est sollicité dès lors par l'humidité à émettre des racines. Mais il arrive qu'elles s'étendent tellement contre les parois du vase qu'il devient difficile de les retirer sans les endommager, quand il s'agit de renouveler l'eau, ce qui est le cas surtout lorsqu'on ajouts à celle-ci des matières fertilisantes. M. Schmidt, d'Erfurt, a modifié la carafe en la composant de deux pièces, le vase et — 10 — le porte-bulbe. Cette seconde pièce de verre ressemble à une cheminée de quinquet renversée ; la partie qui plonge dans le vase, est un simple cylindre. Au moyen de ce second appareil, toute difficulté a disparu, et on renouvelle l'eau du vase quand et comme on veut. * * * Nouveaux parfums. — Grâce aux progrès continuels de la chimie, on est parvenu à imiter d'une façon parfaite les senteurs les plus suaves, sinon à fixer celles qui s'exlialent d'un grand nombre de plantes ou de fleurs. Une essence à la mode depuis peu de temps est l'odeur de V AntJioxanthnm odoratitm L., la Flouve ' odorante de nos prairies, qui donne au foin fraîchement fané son odeur caractéristique. Cette essence a fait son entrée dans le monde sous le nom de « jSew mown hay. » Ulllustrirte Garten-Zeitung de Vienne signale l'apparition, dans cette capitale, du a Weinblùthen parfum, » essence délicieuse qui a conquis immédiatement une grande faveur. Klle rappelle l'odeur suave et enivrante qui se dégage de la floraison du Viiis odoratissima , emplo^'é chez lums comme liane. Une grande partie de la vérandah du Jardin Zoologique de Gand est garnie de cette- vigne sauvage; à l'époque de la floraismi, c'est un endroit privilégié où les promeneurs s'arrêtent volontiers. Le même journal cite une nouvelle essence de roses venant de Leipsig et appelée à faire concurrence à celle de l'Orient. Il pense que ce nouveau fabricat pourra donner une grande impulsion à la culture des Rosiers aux environs de cette ville. The Florist and Pomologist. — Cette publication horticole men- suelle, une des jjIus estimées de l'Angleterre et qui existait depuis 37 ans, cesse brusquement de pai'aître. L'âge avancé de son rédacteur M. Thomas MooRE, directeur du Jardin botanique de Chelsea, est sans doute la cause de cette fin imprévue d'un jnuriial qui rendait de grands services. Les 37 volumes du Florist and Pomologist, avec leurs G21 planches coloriées, dont les fascicules ont vu le jour régulièrement chaque mois, constituent un véritable monument historique dans lequel se déroulent tous les faits marquants et toutes les nouveautés fondamentales qui se sont produits dans les sphères de l'horticulture depuis 1848 jusqu'à ce jour. M. Liéon Say, le céh'lire économiste, ancien ministre, aujuurd'hui sénateur du dé[iartement de Seine et Oise, a été élu président de la Société nationale d'Horticulture de France, en reniplaceuient de M. A. L.\v.\i.i,ee. Lucien Linben et Emile Rodigas. ALOCASIA RI -.^. wl [NAE N. E. BR. — 11 — PL, DXLIV ALOCASIA REGINAE N. E, BRowN alocasijl de la reine Aroidées ÉTYMOLOGIE et CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. — \oir Vlllustration Horticole, vol. VIII, pi. o05. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. — Peliolus feres, pubescens, obscuro-viridis, fusco purpureo piuictatus. Lamina ovato-cordata. repauda, subcarnosa, supra glabra, costa vcnisque exceptis quae virides et pubescentes suiit ; lobo autieo ovato, subobtuso, brevitcr mucroiiato, lonyiore quam lato; lobis posticis quam anticus triplo breviorilms, late deltoi- deis apicibus late rotuudatis, sinu triangulari usque ad petiolum sejunctis. Nervi primarii utrinque 5 a costa patentes vel adscendeutes, fera recti, a.xillis glandulosis ; costae rami postici angulo subacuto divergentes, nervos ijrimarios 2 latérales emitteutes, omnes supra subtusque subaequaliter promineutos. Scapus glaber, virescens fusco-purpureo punctatus. Spathae tubus ovoideus, 1 poil, long., 3/4 poil, diam., eburneus purpureo punctatus; lamina oblonga acuta, 2-2 1/2 poil, longa, reflexa, alba. Spailix sessilis spathà paulo brevior, parte feminea staminodiferaet mascula aequilonga, appendice 1 1/2 poil. long, cylindrica, acuta, albida, lineis sinuatis levissime impressis iiotata. Ovaria viridula, conferta, ellipsoidea, Styli brevi. Ovula 5-6, anatropa, erecta. Bornéo. L'Alocasia reginae est une nouveauté remarquable qui diffère complète- ment de toutes les autres espèces du genre connues dans les cultures. Il y a si peu d'Aroïdées qui soient francliement pubescentes, que si la pubescence existe cliez l'une d'elles, cela constitue de prime abord un caractère très distinct et des plus faciles à reconnaître. L'existence de poils sur les pétioles et à la face inférieure de la nervure médiane et des veines secondaires caractérise du coup la nouvelle espèce et la distingue de tous les autres Alocasia introduits dans les serres, comme aussi de toutes les espèces décrites jusqu'à ce jour, à l'exception toutefois de V Alocasia pvbera Schott. Ce dernier cependant se distingue aisément de la nouvelle venue par plusieurs points, entre autres en ce que ses pédoncules sont pubescents, tandis que ceux de VA'ocasia reff i )iae ^ont glabres. L'Alocasia reginaee^i une jolie plante à feuillage d'un cachet caractéris- tique. Les pétioles sont arrondis, pubescents, d'un coloris vert sombre maculé de pourpre brun ; les feuilles sont comme charnues, profondément cordées, vert foncé, luisantes à la face supérieure, pourpres en dessous avec les veines de la face inférieure vertes et pubescentes. Les pédoncules sont glabres, un peu comprimés, vert pâle, marqués de points brun pourpre. Les spathes sont blanches avec le tube agréablement pointillé de pourpre ; elles produisent un vif contraste avec la couleur vert foncé des feuilles. — IJ — Cette yiLiiite sera recherchée, sans aucun doute, pour produire de charmants effets parmi d'autres végétaux à feuillape iruu coloris plus vif. Elle a été introduite de Bornéo par la Comiiai;nie Continentale d'Horticul- ture à Gand et exigera les mêmes soins de culture, faciles d'ailleurs, que les autres espèces du genre. VAlocasia regiiiae a été exposé avec le plus grand succès aux floralies internationales de S' Péterbourg en mai dernier; il a figuré également au premier meeting tenu à Gand, pour l'appréciation des produits de l'horticulture et il y a obtenu un certificat de mérite W. N. E. Brown. NÉCROLOGIE. Alfred Brehna, le célèbre naturaliste allemand, né en 'l'iiurinire le 2 février 1S-J'.>, s'est éteint dans son village natal, Renthen, le i;î novembre 1884. Il était le fils de rornilliologiie universellement connu (|ui lui inspira le goût de l'histoire naturelle et des voyages. Il parcourut le monde entier. Ses écrits rendirent son nom populaire, et son bel ouvrage « llluslrirtes Thierleben » est un monument impérissable élevé à sa mémoire. Charles von EfFner. — T'n des architectes paysagistes les plus renommés do rAllemagne, Kari, von Effner est décédé à Munich, le 2'i décembre 1884, à l'âge de 53 ans. Il a succombé à la maladie qui le minait depuis longtemps et qui motiva son remplacement provisoire depuis près d'un an. Comme directeur des jardins royaux de Munich, il jouissait d'une réputation considérable et il avait su se concilier la haute estime de son souverain qui lui décerna un titre de noblesse. '• * * * Jules Chuffart. — La Société royale d'Horticulture et d'Agriculture de Tournai vient de faire une perte sensilile en la personne de son vénéré vice-président, M. Jules Chuffart, mort à Tournai le 9 janvier 1885, à un âge avancé. Il l'ut un des plus zélés promoteurs de l'horticulture dans le Tournaisis. Il était chevalier des Ordres de Léopold et de la Légion d'Honneur. Tout ce ([ue Tournai compte d'hommes distingués et un grand nombre de notabilités de Lille et' du Nord de la France, les lumrgmestre et échevins de la ville do Tournai, des membres de la Chambre, des généraux assistaient à ses funérailles. Dans un discours des plus remarquables, M. Delrue-Schrevens, au nom de la Société royale d'Horticulture, a rendu un éclatant hommage aux qualités civiques, au caractère élevé, à l'exquise bonté de l'estimable vice-président. Km. K. (1) Le G-ardeners' Chronicle, le premier journal horticole du monde, déclare, dans le numéro du 10 janvier dernier p. 45, que les Alocasiii reginae et impérialis sont les deus plantes nouvelles les plus remarquai ilee introduites en Europe dans ces der- nier»» «nnéw. L. L. DENDROBIUM HASSELTI bl. 13 PL. DXLV DENDROBIUM HASSELTI bl, DENDROBIUM DÉDIÉ A HASSELl Orchidées CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. — Voir Illustration Horticole, vol. I, tab. XV. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. — Dendrnbium Hasselti. — Folia rigida lancf^olata profunde ol'li(Hie emarf2;in;ita : perigoiiii phyllum dorsale interioribus lato-lanceolatis aequale, lateralia in saccum connata, labelli limbus linoari-acutus (flores purpurei). — Blume, Bijiragen sub Pedilonio. — Lindi,. Orchid. — MiQi EL, in Flor. Ind. Batav., III, p. G41. 11 y a quelques années, la pcissession des Orchidées était l'apanage des grandes fortunes seules, parce que la coutume, pour ne pas dire la routine, assignait à ces ravissantes plantes l'asile c)bligé d'une serre chaude. Aujourd'luii leur culture est mieux comprise; on sait maintenant que si certaines espèces «mt besoin d'une température élevée combinée avec une atmosphère chargée d'iuimidité, conditions propres au ciel de leur patrie, il en est d'autres, en très grand nombre, qui sont répandues dans toutes les zones, et que, naturellement, ces dernières espèces se développent parfaite- ment dans les serres tempérées et froides, y fleurissent en abondance et paj"ent dans une large mesure les soins minimes qu'on veut bien leur octroyer. L'espèce qui nous occupe n'a pas besoin de l'air d'une serre chaude. Elle est originaire des Indes Néerlandaises, et bien qu'elle ne se rencontre guère dans les collections, ce n'est pas une nouveauté ; elle n'en est pas moins une des plus ravissantes. Ses tiges érigées, fusiformes, longues de O^SO, sont munies de gaînes brun grisâtre. Les feuilles, naissant sur les jeunes tiges, sont raides, lancéolées, larges de 0'"02 et longues de 0'"07, canali- culées, acuminées. Les tiges de l'année précédente portent, aux stigmates des anciennes feuilles, des racèmes de très gracieuses fleurs rose pourpré, se succédant à profusion et faisant oublier la raideur des plantes à l'époque de leur repos. Ces fleurs sont de grandeur moyenne ; les pétales et les sépales ont la même longueur, ceux-ci sont connés et forment un cornet; le limbe du labelle est étroit et pointu. Ém. Rodigas. — 14 - BIBLIOGRAPHIE Bulletin de la Fédération des Sociétés d'Horticulture de Belgique, 1882 {'). — îs'ous avons sous les yeux le Bulletin de la Fédération pour 1882 qui est sorti de presse à la fin de 1884. Ce volume renferme outre les documents ofiiciels et les rappcirts des Sociétés fédérées, la 10""' édition delà Correspondance botanique dont M. Éd. Morre.n prit naguère l'initiative et qui comprend la liste des jardins, des chaires, des musées et des sociétés de botanique du monde entier. Il contient aussi la traihu-tion d'un mémoire anglais publié par M. T. .\. Fawkes, auteur de n Horticultural Buildings. t> Cette traduction ûiit honneur à MM. Fonsny et MoKiiEN. C'est un traité détaillé du ciiauffage par le thermosiplion, avec 32 figures intercalées dans le texte. Tous ceux que cette importante question concerne, et ils sont fort nombreux, s'intéresseront à la lecture de ce mémoire, sans conteste un des plus pratiques parmi ceux que la Fédération a édités depuis 18()0. Le même Bulletin présente un excellent portrait gravé de Gaspard Demouli.x. Tous ceux qui ont connu le regretté président de la Société d'Horticulture de Mons, auront revu avec plaisir ses traits reproduits avec une parfaite ressemblance. Onderzoek der ziekten van Hyacinthen en andere bol- en knolgewassen ( Rcclierches sur les maladies des Jacinthes et autres piaules bulbeuses et rhizomatetises ){*). — L'Association fondée a Haarlem pour la culture des ])lantes bulbeuses ne se borne pas à ouvrir des ('X[iosiiions ; elle jjoursuit aussi dans le domaine de la science et de la pi'atitpie tout ce (|ui p(Hit être; utile au luit de son institution. Elle a obtenu que le lal)oratoire de physiologie botanique de l'Université d'Amsterdam voulut l)ien étudier les maladies des plantes bulbeuses, et le mémoire dont nous donnons le titre et qui émane de M. J. H. Wakker, attaché au lal)oratoire précité, est un premier et brillant résultat des expériences instituées. Ce travail examine la pourriture de la Jacinthe, causée par le BacteriuM HyacinlM, la pourriture noire diu^ ;ui Peziza, la pourriture blanche, la maladie veruiiculaire due au Tijlenchus., l'Aecidium du Convallaria majalis. le TJirips des Amaryllis et le Gortyna Jlavago. Quatre planches coloriées accompagnent le texte. IS'ous aurons l'occasion de revenir sur cette très intéressante et utile publication. Em. R. (1) Liège, Boverie 1. Prix 5 franc». (2) Cette publication n'est pas dans le commerce. Nous en sommes redevatile à rolihgeance de M. J. U. Kuel.^ge, président de l'Association. ADIANTUM CAPILLUS VENERIS VAR. OBLIQUUM th. m. — 15 — PL. DXLVI ADIANIUM CAPILLUS YENERIS VAH, OBLIQUUM mmE capillaire a feuillage oblique Fougères ÉTYMOLOGIE ET CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : — Voir V Illustration Horticole, l&Ta, p. 64. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : — Adiantum capillus Veneris l., Sp. Plant., p. 15C8. — Rhizoma repens paleis nigricaiitibus acgustis dense vestitum ; petiolus longus ebeneus trigonus glaber : lamina ovata licet oblonga segraento solitario petiolalo terminata 2-4 pinnatisecta ; segmenta ultima petiolata membranacea tenera glaberrima e basi cuueata licet inferiore cuneata superiore trunoata semiorbicularia lie< t acgustiora antice palma- tifide-ineisa licet lobata ; lobi stériles antice, rarius ad latiTa crenato-denticulata, fertiles emarginati in lobiilum amplum renilormi orbicuhitum licet obloiigo-lunulatum replicati. Raches et petioli ebenei tenues. îservatio Cycloi>teridis. — D'' J. Milde, Filices Europ. et Allant., p. 30. A. capillus Veneris "Liifs. ; A. tenerum v. Buch-Roxb. ; A Montzianurn'Lv.. ; A coriart- drifoUum Lam. ; A. repandum Tauscu. ; A. dependtns CnAPM. ; A. cuneifolium Stokbs ; A. rnadeirense Lowe ; A. africanum R. Br. ; A. capillus Sw. : A.fontanum Sausis. Qui ne connaît la gentille Capillaire qui habite les grottes humides des contrées méridionales de l'Europe et qui, dans nos contrées, contribue à décorer à merveille les rocailles des bassins des serres et des jardins d'hiver, et dont les frondes si déliées ornent avec tant de grâce nos bouquets et les décorations florales de nos tables ? Ses jolies frondes bipennées, aux segments glabres, d'un beau vert, cunéiformes et tronqués, aux lobes denticulés et crénelés, sont portées sur des pétioles filamenteux, comme des cheveux, et des rachis noirs comme l'ébène. Ces mêmes caractères sont jiropres à la variété que publie aujourd'hui V Illustration Horticole ; et s'il était possible de dépasser l'élégance ineffable du type, nous dirions que VJdiantum obliqimm est plus gracieux encore à cause même de l'insertion oblique et de la grandeur des folioles. C'est cette obliquité, bien rendue par notre planche, qui a valu à cette forme sa dénomination d'obliquum que lui a donnée le savant filicologue M. Th. Moore. En somme, cet Adiantum peut être considéré comme une heureuse addition aux espèces appelées à garnir les serres tempérées, les rocailles artificielles, et à fournir des charmants feuillages aux chefs-d'œuvre des bouquetières. Ém. Rouigas. — 16 — LE JARDIN FRUITIER ET LE POTAGER Chou fleur nain le plus hâtif d'Erfurt Encmiragë par l'accueil sviiipathique l'ait à la publication du c Haricot flageolet beurre, » qui a paru dans la dernière livraison de ce recueil, nous croyons répondre aux vœux d'un grand nombre de lecteurs de V Illustration Horticole en continuant à leur faire connaître quelques légumes méritants. En attendant que la saison permette d'accompagner nos notes de planches coloriées, nous y joindrons quelques gravures noires qui sans être tout aussi correctes et explicites que les vrais « tableaux » auxquels l'habilité de notre artiste M. De Pannemaeker nous a habitués — pourront rependant aider à fixer les caractères généraux propre à chaque espèce ou variété. Voici le dessin du Chou-Jhur nain le phis hâtif d'Erfurt. Toutes les bonnes qualités (ju'on peut exiger d'un chou-fleur se trou vent réunies dans cette variété, qui est la meil- leure pour la forcerie; excellente pour la pleine terre, elle convient ' à la plantation i)rintanière et à cellede l'arrière saison. Sa pomme est grosse, ferme, toute blanche et à grain très fin. Quant à la culture, les choux- fleurs demandent en général une terre profondément travaillée, lé- gère, pas trop humide et au besoin drainée ; mais ce qui est absolu- ment indispensable, ce sont des arrosages abondants avec beaucoup d'engrais liquide versé au pied de la plante et cela surtout pendant les temps secs et quand la pomme com- mence à marquer. On distingue ordinairement pour la variété qui nous occupe, deux époques ou saisons de culture. Dans la première, le semis se fait dès le commencement du mois de mars sur couche demi-froide; le plant se met en place vers le milieu d'avril pour être prêt à la consommation en juillet-août; comme au moment de la transplantation, on peut souvent craindre des dégâts causés par les gelées, il est prudent d'abriter, durant les nuits froides, les jeunes sujets, soit au moyen de feuilles, de paille, etc., soit au moyen de cloches ou de simples pots renversés. Plus tard, sous l'influence de la chaleur et du soleil, les plantes monteraient vite en graine ou du nifiins la pomme perdrait beaucoup de sa finesse et de sa blancheur, si l'on n'avait soin de la garantir en cassant les feuilles intérieures que l'on replie sur la partie centrale du chou. — 17 — Les semis de seconde saison se font de fin août jusqu'à mi-septembre, soit en pleine terre, soit de préférence sur couche ; les plants passent l'automne sous châssis froid, distants de 7 à 9 cent, l'un de l'autre; ici encore il faut avoir soin de choisir une terre légère, quelque peu sal)lonnense, bien fraîche, n'ayant pas encore été employée et étant préservée de toute matière pouvant amener la fermentation ou la pourriture. Chaque fois que le temps est favorable, les châssis devront être ouverts et les plantes expo- sées à la circulation de l'air. Dès les premiers jours du mois de mars, on peut planter sur côtière en observant pendant les nuits froides les mesures de précaution indiquées ci-dessus. Le produit de cette plantation peut être récolté à partir du mois de juin. Pour la culture forcée, on emploie encore le même semis (de seconde saison). En février, on repique sur couche, se composant principalement de terre forte, à une distance d'environ 50 cent, et dès le mois de mai, les têtes seront formées. C'est à cette époque que l'on appréciera le mieux toutes les excellentes qualités du Chou-fleur nain le j^li^s hâtif, car c'est non seulement la variété la plus précoce, mais encore la plus belle, la plus fine et la plus productive. La culture des porte-graines est des plus difiiciles si l'on veut conserver la pureté complète et entière de la race, la plante étant très sujette à varier. Le Département des graines de la Compagnie Continentale s'est assuré une provision de la vraie race qui est ainsi à la disposition des amateurs. H. SCHMITZ. * Pommes de terre primées. — Voici la composition des lots de pommes de terres qui ont obtenu les premiers prix à l'Exposition nationale annuelle de Londres en octobre 1884. Collection de 24 variétés : Adirondack, American jmrjjle, Beauty of Hebron. Blanchard. Cardinal, Edgcole Purple, Early Régent, Excelsior, Favourite, Fidler's Success. First and Best. International, LadyTruscott, M. Breese. Myatfs prolific. Prime Minister, Prize-taker, Queen of the Valley, Reading Russet, Red Fmperor, Schoolmaster , Snowdrop, Vicar of Daleham, Woodstoch Kidney. Collection de 18 variétés : Adirondack., Cardinal, Edgcote Purple, Edgcote Seedling, Early Régent, Fidler's Prolific, Fidler's Success, M. Breese, MyatVs Prolific, Porteras Excelsior, Prize-taker, Radstoch Beauty. Reading Russet. Red Emperor. Schoolmaster , Snomdrop, The Dean, Woodstock Kidney. Les nouveautés primées à cette exposition sont ; /. Ahbiss, réniforme, rouge; Ellingtonia. rose, réniforme, croisement de American Purpile et Royal Ashleaf; Harvester, ronde, blanche; Memher of Parliament, ronde, blanche; Miss Fowler, réniforme, aplatie; Pride of Eydon, réniforme, blanche, ci-oisement de Beauty of Mehron et Myatt's Prolific. 18 QUELQUES NOTES SUR LA VÉGÉTATION DE LA CALIFORNIE Nous extrayons les passages suivants d'une lettre que nous adresse M. Louis Legrand, de la firme gantoise Wallem et Legrand, aujourd'liui établi en Californie. Sa lettre est datée de Los Angeles, le 20 octobre 1884. RÉD. Le peuple est peu connaisseur, il n'aime que les plantes prospérant sans abri et ne réclamant que peu de sollicitude. L'horticulture et l'archi- tecture de jardins laissent énormément à désirer et sont tri's arriérées. On s'extasie devant un Fuchsia, un Felargonium, un pied d'Héliotrope mal faits, rabougris mêmes, que certainement à Gand vous jetteriez au fumier. On ne connaît ici ni Azalea, ni Camellia, ni Rhododendron, ni Bégonia tubéreux, ni Fougères, ni toutes ces jolies plantes maintenant si populaires en Belgique. Les Conifères, bien qu'ils prospèrent ici à souhait, sont très mal représentés. Il en est de même des Palmiers, et pourtant eux aussi ne comptent que quelques représentants. Des semis de Braliea. Jilamenlosa, le plus vigoureux et le plus beau des Palmiers que l'on rencontre ici, atteignent en plein air, au bout de deux ans, l'"25 de hauteur. On a ensuite le Conjpha aiisiralis, le Chamaerops humUis et le Phœnix tenuis. On voit quelques unes de nos plantes vivaces de pleine terre, des Œillets, des Dahlia, des Pivoines. Nous remarquons aussi le Bracaena australis, le Dracaena Uneata, quelques arbustes : Spiraea, Lagertroemia, JDeutzia crenata Jl. pi., Deutzia scabra, Weigela amabilis. Hyclrangea Jiortensis, l'>ica et Clematis. Le Punica granatum épanouit durant presque toute l'année ses splen- dides fleurs d'un rouge vif, auxquelles succèdent des fruits gros comme des pommes de lielle venue des Flandres ; les Lauriers roses et les Rosiers fleurissent presque sans discontinuer, mais les Roses sont moins odorantes, d'un coloris moins vif et moins compactes que chez vous, sans doute à cause de la trop grande rapidité de la végétation. Les Grevillea sont ici des arbres d'avenue. Les Eucalyptus glohulus sont cultivés par milliers pour le boisement des plaines arides et nues si nom- breuses en Californie et où en uiu; année ils s'élèvent à une hauteur 1"' à G^ôO. Ils viennent dans les terrains les plus secs, sans irrigation ni arrosement, et produisent un très beau revenu, le bois de chaulîage étant ici à un prix élevé, en rapport avec celui du charbon qui coûte de 11 à 18 dollars la tonne. Les Passiflores, Bignonia à fouilles persistantes et Casuai'ina sont ici de — 19 — pleine terre et l'Aristolochia Sipho y dévelojipe ses fleurs bizarres nom- breuses et démesurées (1). Les Araucaria excelsa et Biiwilli forment des arbres magnifiques de 20 à 25 mètres de hauteur ; le Ficus macropliylla atteint 12 à 15 mètres et étale une superbe couronne de 7 à 10 m. de dia- mètre. Ya\ ce moment les Bananiers offrent leurs longues grappes de fruits. Les plantes grasses, surtout des Cactus, croissent en abondance sur les hautes collines qui entourent la ville de Los Angeles, et poussent parmi les Gymnogramma triangiilaris et les Adiantum. Jusqu'ici j'ai remarqué deux sortes de Cactus, l'une à fruits rouges, la plus commune, la moins vigoureuse, qui croît en massifs sur les montagnes ; l'autre, à fruits jaunes, moins répandue et d'une exubérance étonnante (2). J'ai admiré un exemplaire dont la tige, haute de 2'"50 et de O^éO de diamètre, supporte une couronne de 5'"25 de diamètre ; les feuilles ont la plupart une longueur de 0"'50 à O^Sô, sont larges de O^SO et ont épaisseur de O^OS. Les Artichauts, les Mirabilis à fleurs rouges et à fleurs jaunes poussent partout, dans les haies, les chemins et les plaines, et le Ricin atteint souvent une hauteur de 5 à 6 mètres ; des Agave au feuillage d'un vert glauque bleuâtre se dressent à l'"50 et 2 mètres dans tous les coins perdus. Nous avons les Citronniers et les Orangers chargés toute l'année de boutons, de fleurs et de fruits ; ils sont plantés en vergers, comme en Europe les Poiriers et les Pommiers, et prennent fréquemment un déve- loppement plus grand que ces essences fruitières. Le Pêcher, l'Abricotier et le Prunier sont beaucoup cultivés et produisent en abondance des fruits de toute première qualité, mais on s'entend très mal à leur culture. Ils sont mis en place de trop bonne heure, lorsqu'ils sont encore trop jeunes et qu'ils dépassent cà peine 1 mètre. Ce ne sont ni des hautes tiges ni des buissons, mais ils tiennent des deux et produisent dès la première année. Après deux ou trois années de plantation à demeure, on leur fait subir tous les ans l'amputation des branches inférieures ayant déjà 0"'05, 0™08 et même 0"'10 de diamètre et on les convertit ainsi petit à petit en arbres à tiges plus ou moins droites, mais trop basses. Chaque arbre conserve ainsi deux, trois et jusque quatre tiges. Les fruits sont à très bon marché : en pleine saison, les raisins ne coûtent que 25 centimes le kilog.; les belles pèches bien juteuses sont à 20 centimes le kilog.; elles sont plus belles et plus juteuses que les meilleures obtenues aux espaliers en Belgique. On a très peu de cerises, beaucoup de poires et de pommes, surtout une variété de poire connue (1) M. L. Legrand nous en a transrais un exemplaire d'une grandeur réellement considérable et comme nous n'en avons jamais vu chez nous. R. (2) Nous avons pu en juger d'après des photographies que M. Legrand a jointes à sa lettre. R. — 20 — sous le nom de Bartlett(l). Pendant les chaleurs on fait une très grande consommation de Pastèques (|ue nous trouvons supérieures aux meilleurs ■ melons de chez vous. En ce moment, nous avons les premières pommes de terre de la seconde récolte de l'année ; la plantation en a été faite fin juillet. Je disais tantôt (jue l'arciiitecture de jardins laisse énormément à désirer : en effet, tous les jardins — presque chaque maison a le sien, même en ville — sont absolument plats, sans la moindre ondulation de terrain; les arbres et arbustes y sont régulièrement distribués en lignes dans les pelouses; les parterres de plantes fleuries et la mosaïculture sont complètement inconnus. Les Pelargmiiuin, Fuchsia, etc., sont jetés comme par hasard partout dans le gazon. Ile mars ou avril jusqu'à la fin d'octobre, parfois jusqu'à lu lin de novembre, il ne pleut pas du tout dans ces parages, et pour conserver une plante en vie, il est de toute nécessité d'irriguer de temps à autre ou d'arroser journellement. Cette année, par exception, il y a eu de bonnes averses, les 11, 12 et 1.3 octobre. Pendant l'été nous avons souvent le matin un brouillard très épais que le soleil a bientôt dissipé. Heureusement nous jouissons toujours d'une ))riso fraîche qui nous vient de l'Océan et qui rend très supportables les chaleurs de la longue saison estivale. Louis Leorand. LES AZOTATES DANS LES VÉGÉTAUX M. Berthelot, l'éminent chimiste français, a communiqué à l'Aca- démie des sciences de Paris, les résultats de nombreuses analyses qui démontrent la présence des azotates dans tous les végétaux. Les plantes les plus différentes : cryptogames, monocotylédonées, dicotylédonées, toutes ont donné des (juantités considérables de salpêtre. Ce sel, rare dans les feuilles et les racines, on il manque souvent, est surtout abon- dant dans les jeunes tiges. M. Berthelot prétend avec grande apparence- de l'aisou, que le fait de cette présence dans le règne végétal tout entier indique une fonction i)liysiologique nouvelle des plantes ; certaines cel- lules se comporteraient comme le ferment nitrique. Il est juste de rappeler que MM. Arnaud et Padé avaient déjà décelé les azotates dans un grand nombre de plantes. Le salpêtre est si abondant chez certains végétaux, le Tabac notamment, qu'en certaines circonstances, les jeunes plantes sont naturellement sau- poudrées d'un véritable givre de ce sel. (1) C'est la poire connue en Belgique sous le nom do Bon Chrétien Williams, excel- lente variété d'origine anglaise. R- •1"" Skrik 5"" Volvime TOME XXXII. A.N.NÉE 1885 2"" Livraison Principales distinetion.s obtenues par L'ILLUSTRATION HORTICOLE MÉDAILLE DE MÉBITB A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE VIENNE EN 1873 DIPLOME d'honneur A l'eXPOSITION INTERNATIONALE d'aMSTERDAM EN 1877 MÉDAILLE d'oR A l'eXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS EN 1878 DIPLOME d'hONNEI R A l'eXPOSITION DE MADRID EN 1883 JjJj STRATl HÛRÎ 1 lu 1 ■ REVUE MENSUELLE DES SERRES ET DES JARDINS COMPRENAM LA FIGURE, LA DESCRIPTION L'HISTOIRE, LA CULTURE EN SERRES, EN PLEINE TERRE ET EN APPARTEIIIENTS I>ES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES LES INTRODUCTIONS NOUVELLES L'INDUSTRIE HORTICOLE LES EXPLORATIONS BOTANIQDES, L'ARCIIITECTDRE DES JAHDINS, L'ARBORICCLTORE LA CULTURE MARAICHERE LE COMPTE RENDU DES GRANDES EXPOSITIONS, ETC. PUBLIEE SOUS LA DIRECTION DE J. LINDEN ADMINISTRATEUR REDACTEUR LUCIEN LINDEN EMILE RODIGAS Collaboration de Botanistes et Horticulteurs éminents TABLE DES MATIÈRES Chronique horticole 21 Bibliographie 28 Meeting horticole au Casino de Gand, février 1885 32 Les plantes d'appartements et les soins qu'elles réclament .... 33 TEXTE ET PLANCHES COLOBIÉES PI. 547. Zamia tonkinensis .... 27 PL 518. CereuE speciosissimus ... 29 PI. 549. Mikania apiii'olia 31 A PARU LE L5 FÉVRIER 1885. Administration, au siège social de la Compagnie Continentale d'Horticulture (Société anonyme), 52, rue du Chaume, à Gand. CONDITIONS IVABONNEMEN'I V Illustration Horticole paraît le 15 de chaque mois et Ibriae, au bout de l'année, un gros volume in-8° de 20U i)aires de texte illustré de nombreuses gravui-cs, et acronipnfriié de 36 PLANCHES richement coloriées ou gravures supérieurement exécutées. Les sujets traités sont distriluu^s dans l'ordre suivant : I. Chronique horticole. — II. Planches ct>loriées et descriptions de plantes nouvelles. — III. Culture des plantes en appartements. — IV. Jardin potager et jardin fruitier. — V. Horticulture d'ornement, etc. — VI. Architecture des jardins, constructions et industries horticoles. — VII. Miscellanées. — MIL Correspondance. -- IX. Explorations scientifiques. Prix de l'abonnement, payable d'avance Par volume de 12 livraisons (de janvier à décemlire) envoyées chacune /ra/tco j)ar hi poste. Pour toute l'Union postule 30 francs. l'ays d'outrc-mer 35 n PaynMf m un raamlat sur la pojle de Cand (Brlgii|iif) au nom de l'Adminislrateur On s'aljonne à Fadministration de V lUnstruiion Horlkde, 52, rue du Chaume, à Gand, ainsi que chez les principaux libraires de Belgique et de l'étranger. — Envoi franco d'un N° spécimen sur demande affranchie accompagnée de 3 francs en limbres-poste. CÉRUSE SPÉCIALE pour la l'elntiire Avs .terres, .%brln, Meubles et Oriieineuts de jardliiM La CoMPAGME CONTINENTALK d'Hoeticllti KE (Sociétiv anonyme), à Gakd (Bol{îii|ue), s'est nssuréo, par contrat passé avec l'inventeur, la vente et le dépôt général d'un produit destiné à la peinture des serres, abris, meubles et ornements de jardins. Outre une blancheur et un velouté sans pareils, cette peinture garantit la conservation du bois et du ter si vite attaqués par l'humidité et la chaleur à l'intérieur des serres, par le soleil et la pluie en plein air. La première personne venue pourra se servir de cette matière. La couleur étant toute pré- parée, il suffira d'y ajouter l'huile nécessaire pour pouvoir s'en servir. Le pri.\ minime de ce produit engagera d'ailleurs tout le monde à avoir ses serres et son mobilier de jardin conservés dans le meilleur état. PRIX COURANT Livrable en bidons de fer bien conditionnés, fermés par de simples lanéuettes 1 Bidon de 10 kilos io Fr. 1 1 Bidon de 20 kilos i» Fr. 1 id. 15 id t* V I 1 id. 25 id «• n Les prix seront réduits de 5°/o ;joKr toute commande de 100 kilos et au delà. Peinture spéciale pour étiquettes Ce produit, tout spécialement recommandé pour cet usage, est livrable en couleur jaune ou blanche, par boîtes de I et de 2 kilos. PRIX COURANT Par boîte de un kilo . . , . . Francs 1-25 Par boîte de deux kilos id. 2-25 Les prix seront réduits de 5°o pour toute commande de 12 boites et au delà. Adresser les commandes pour ces peintures directement à la Compagnie Continentale d'Horticulture (Société anonyme) 52, Rue du Chaume, GAND (UHLGIQUE) e R A iij V NEW YORK r,j _ -\B O T A N I C A L CHRONIQUE HORTICOLE 15 FL-vrier 1885 Feuillages pour bouquets. — Certaines Fougères et plus spéciale- ment les Adiantîim jnuisseut du privilège incontesté de servir à relever par leur délicatesse et leur élégance, la grâce et la beauté des fleurs dans les plus riches bouquets. Comme matériaux d'égale valeur, M. Duval recommande les gracieuses feuilles de V Asparagus j^lumosns namcs. Dans_ la Berne de VEortmiUure. il insiste sur la longue durée de ce joli feuillage, et Cueillie le iî novembre, dit-il, sur une plante en serre et mise dans un vase toujours sans eau et dans une pièce fortement chauffée, non seulement cette feuille n'a jamais fané, mais elle a conservé sa forme et presque sa fraîcheur et sa couleur; il est certain que si on s'occupait de la culture de cette jolie plante d'une façon toute spéciale, on aurait une excellente plante de bouquets ou de coiffures. J'ai pu constater que des fragments de feuilles coupées dans la serre et accompagnant des fleurs d'Orchidées destinées à une coiffure de bal, non seulement avaient résisté durant toute la nuit de la fête, mais étaient encore après huit jours belles et fraîches. » Cette dui'abilité est une précieuse qualité pour cette plante trop peu connue et trop peu cultivée. Souvenir à MM. le général Greig et le docteur Regel. — Les membres du congrès horticole et botanique de St-Pétersbruirg avaient résolu il'ofl'rir leurs portraits, réunis dans des albums, au président et au vice-président de la commission organisatrice des dernières floralies russes. Ces albums, contenant chacun septante portraits, ont été remis dernière- ment aux destinataires. M. E. de Damse.\ux, de Mons, s'était chargé du soin de les faire confectionner. Il en a fait de vraies œuvres d'art. Une conférence intéressante a été donnée récemment à la Société royale de Géograpliie de Londres par un explorateur des régions orien- tales de l'Afrique, M. H. H. JohiNSTon. Les montagnes de ces contrées, entre autres le Kilima-Njaro, où il arriva au commencement de juin, sont couvertes de neiges éternelles. La zone cultivée s'arrête k une altitude de 5,500 pieds. A 10,000 pieds, le thermomètre s'abaisse chaque nuit à TOVE xxxn 188iJ, H' live. — 22 — 1 uii 2 degrés sons zéro (l). Malgré cela, la contrée, inème à ceft<' li.iiitcnr, est belle et fertile. M. .Ihhnstun s'éleva jusqu'.-'i iiin' aliiiiule de 16,315 pieds sur. le iiiouL Kiliina-Njaro, à 2,500 jjicds du sommet. Le buflle, le koedoe et l'éléiihaut y liaI)itonr juscju'à l;3,()0();ï 11, tXJO pieds d'altitude. D'aprcs le Hévéï'ciid F.uu.iiu, ipii cimiiaît l'nrt liieii ces parages, les versants intérieurs de ces niontagues oti'rii-aicnl d'excellentes ressources aux émigrants européens. L'Horticulture à l'Exposition universelle d'Anvers. — La participation do riKiriicuiiurc ;'i l'Expositinn universelle d'Anvers est ofFiciellenieiit décidée. La Société royale d'Horticulture a reçu du (înuver- nement la mission d'organiser les différents concours et recevra à cet effet les pouvoirs et les sul)sides -nécessaires. 11 y aura un concuurs [lermancut [mui' les plantes orn(!Uientales i-ustiques, les corbeilles à fleurs, mosaïques, etc., et des expositinns temporaires dont la date a été approximativement fixée comme suit : 10 Mai. — Azalées, Rhododendrons, Plantes liullieuses, etc. 28 Juin. — Roses cueillies. 2 Aoiti. — Floriculture et plantes de serre en général. 27 Septembre. — Pomologie et culture maraîchère. Le premier Fuchsia. — Des exemj>laires de plusieurs espèces de Fuchsia furent introduits en lùiropi; ;iu siècle dernier; mais ces jolies plantes trouvèrent ]ilace dans les lierbiers et non dans les cultures. La véritable intnjduction du I''uchsia comme plante d'ornement ne remonte qu'à une soixantaine d'anni'es. Le Gardeninij ]Vi>rl(l de notre ami M. Wynne en raconte l'histoire, dans sou numéro du :'>1 janvier. Feu John Lee, l'horticulteur de llammersmith, fut un jrd sur Avdii, a éto l'envorsé par rouraii'an du 20 déceni^i'e 1884. Ses lirnuclies, dont (luelqucs nues plus grandes ([ue de grands arbres, recouvraient une surlace de près d'un demi hectai'e; le tronc, près de la base, mesurait de 40 à 50 pieds de pourtour. Depuis quelque temps déjà il avait fallu étançonner l'orme de Holt, plusieurs fois séculaire, afin d'assurer la sécurité des nombreux visiteurs qui venaient admirer ce colosse végétal. Distinctions à l'horticulture. — Al. H. J. V.\.n Hulle, professeur à l'Ecole d'Horticulture de l'Etat à Gand, vient de recevoir la décoration de l'Ordre du Mérite agricole de France. Pareil honneur est échu à M. le Dr. L. Mulder, rédacteur du Landbouw-Courant, à La Haye. Ces distinctions sont hautement justifiées. Primevères de Chine. — La race des Prvnmla sinensis Lindl. a donné lieu, di.qiuis une dizaine d'années, à des variations remarquables et à des perfectionnements consécutifs. Ce sont actuellement les variétés frangées, P. sinensis var. Jimbriata, et parmi elles les variétés à double corolle, qui semblent tenir la corde. Nous avons sous les yeux une série de belles et grandes fleurs que MM. Cannell et fils, de Swanley, ont bien voulu nous communiquer. Ces fleurs ont en moyenne 55 millim. de diamètre. Les unes sont du blanc le plus pur avec le centre jaune verdàtre, les autres sont blanc rosé chair avec le pourtour du limbe rose plus prononcé; d'autres sont d'un coloris pourpi'e ponceau velouté ou d'un rouge violacé à reflet bleuâtre ; d'autres sont entièrement lilacées à bords pourpre violet; d'autres enfin rouge brique ou rouge carminé à marges blanches d'un effet bizarre. Des variations analogues existent aujourd'hui dans la race de Primevère de Chine à feuilles de Fougère (P. sinensis macro- pliylla). Un fait qu'il est bon de noter, c'est que ces diverses variétés se reproduisent assez exactement de graines, même celles à fleurs doubles. Plantes préservées du froid. — Un de nos correspondants nous dit que pendant les jilus grands froids du mois de janvier dernier, il a eu un accident de thermosiiihon qui a failli compromettre toute sa collec- tion. La chaudière ayant dû être réparée, il n'a pu que tirer parti tant bien que mal d'une cheminée en briques et d'un calorifère. Il a cependant couvert ou plutôt enveloppé d'ouate ses plantes les plus frileuses, et aucune ne semble avoir souffert. Cela ne nous surprend pas : il suffit — 24 de soustraire les plantes à l'air pour les préserver du cdup des gelées. Nous l'avons déjcà dit ailleurs : de simples feuilles de papier placées entre le vitrage des appartements et les plantes disposées aux fenêtres abritent parfaitement celles-ci contre l'influence du froid extérieur. La Société de secours aux jardiniers anglais. ( 77te Gardeners' Royal Benevolent Institution) a réussi à réunir an dolà de la somme voulue jiour parfaire le capital nécessaire à la commission ixiur lui per- mettre de doul)ler les ]ionsions accnrdécs. En outre, elle a reçu de M. DoDsoN de lîlackliuni le legs considérable de 50() livres (12,500 fr.), sauf déduction des droits d'enregistremcnf. 11 est ipiestinn di> funler en Ecosse une institution analogue. Les prochaines expositions. — Outre l'exposition internationale des produits de l'horticulture qui aura lieu à Paris ibi 20 au 31 mai prochain par les soins de la Société centrale d'horticulture de France et dont il a été question déjà dans cette chronique, page G, et l'exposition quinquennale de plantes bulbeuses fleuries qui s'ouvrira à Ilaarlem le 20 mars, on nous annonce les floralies suivantes : Société ro-ijale d' Ago-iculturc et de Botanique de Lovtain. 5 et G avril. Au théâtre de Bériot. S'adresser au secrétaire, M. 1min. ^Iai.corps, k Louvain. Société royale d' Agricvlture et de Bolaniqne de Gand. La 148"" expo- sition de cette Société aura lieu les 12 et 13 avril prochain. Les exposants (les membres de la Société seront seuls admis à exposer) devront, sous peine d'exclusion des concours, faire pai'venir au secrétaire-adjoint, rue digue de Brabant, 20, au plus tard le G avril (lundi), avant 7 heures du soir, la liste exacte et détaillée des objets qu'ils se proposent d'envoyer à l'exposition, en désignant les numéros des concours auxquels ils entendent participer. Société de Botaniqve cl d'Horticulture Flor.v, à Dresde (Saxe). Exposition printanière du 1 au 7 avril. Société protinciale d^ Horticulture de Bruges. Exposition d'hiver, dimanche 19 avril, au local des Halles. S'adresser au secrétaire de la Société, M. Thooris. Une disposition mérite d'être signalée, c'est que la commission achète aux exposants une série de bouquets destinés aux dames présentes à l'ouverture de l'b'.xposition. La commission décerne également des primes aux jardiniers en service chez l'amateur exposant ayant remporté le prix de certains concours. Société d'Horticulture de Xuremberq [AWemas^ne). Cette Société organise une exposition internationale d'horticulture qui durera du 18 juillet au — 25 — 2 août. Les inscriptions seront reçues jusqu'au 1 mai. Les prix consistent en objets d'art et en primes en argent. On peut se procurer le programme chez M. L. HoFi-'MANN, secrétaire du Gartenbau-Verein, îs'ui-eniberg. iSociété d'Horticulture de Darmstadt. Exposition florale du 18 au 23 juin, à l'occasion du 50""' anniversaire de la fondation de cette Société. Un comité s'est constitué à Berlin pour organiser une grande Exposition générale d'horticulture en cette ville, du 5 au 15 septembre prochain. La Société des Pomologues allemands y a promis son concours actif. Pour le programme, s'adresser au secrétaire du comité, M. le Dr prof. L. WiTTMACK, Chausséestrasse 102, Berlin. Floraisons hâtives. — M. E. A. Carriijre a signalé, dans la Revue horticole, la floraison anc)rmale de VAzalea Sigismond Rxicker en septembre dernier et il demande si pareille floraison s'est produite ailleurs. Dans notre Chronique du mois de novembre dernier C) nous avons signalé une série de floraisons prématurées et entre autres des Azalées devançant ainsi de plusieurs mois l'époque normale de la floraison. Ce fait s'est produit, à notre connaissance, dans cin(i établissements gantois, notamment dans les cultures de la Compagnie Continentale. Les chaleurs de l'été suivies d'une arrière saison des plus favorables avaient provoqué la formation des boutons et l'éclosion hâtive des fleurs. A propos du Masdevallia acrochordonia (2), le savant orchido- graphe allemand, jNI. Keichenbach, rappelle une charmante anecdote concernant le Masdevallia Trocliilus Lind. « Lorsque Gustave Wallis découvrit cette espèce, il en envoya à son patron M. J. Linde.x une description pompeuse, comme il arrive souvent aux voyageurs, surexcités qu'ils sont par les fatigues, la faim et la soif. Ayant vu sur la fleur quelque reflet métallique, il la compara <à un oiseau-mouche et petit à petit il s'imagina que la fleur était du plus beau bleu ! » On se figure bien l'étonnement de ceux qui voyant plus tard s'épanouir le Masdetallia Colibri, s'aperçurent que le bleu rêvé par Wallis était du bleu de Dahlia, de ce bleu sans doute qu'Alphonse Karr a appelé bleu de jardinier! La Société Poraologique de France tiendra son 27™^ congrès l'automne prochain à Bourg (Ain). Il a été décidé, lors de la dernière ses- sion, que le congrès de 1886 aura lieu cà Beauvais. (1) Illustration kort., 1884, p. 167. (2) Gardeners' Chronicle, 1885, p. 174. — 26 — . Les Vignes américaines, comparées aux vignes d'Europe, présentent une résistance au Pliylloxera relativement grande. D'après les conclusions de la commission organisatrice du dernier congrès phylloxérique italien, quelques cépages américains sont assez résistants pour durer indéfiniment, même dans les terrains les plus infestés. Ils conviennent parfaitement pour reconstituer les vignobles là où ils sont détruits, réussissent dans les sols les plus diiiérents, donnent même des vins d'une réelle valeur marcliande mais dépourvus de finesse. Quelques-uns peuvent l'nii liieu fournir des sujets pour le greffage des vignes d'Europe et, d'après le congrès, ce greffage n'altère en rien ni les qualités ui les propriétés spéciales de celles-ci. Le Dr. Ed. Regel atteindra le 13 août 1885 son 70"" anniversaire. Un Comité s'est formé en Allemagne et en Russie dans le but d'offrir à l'estimable directeur du Jardin Botanique de St-Pétersbourg un souvenir artistique en reconnaissance des services éminents rendus par l'ancien rédacteur de la GarlenJJora à la botanique et à l'horticulture. Les souscriptions sont reçues chez M. Max Sahkksky, trésorier de la Société pour l'avancement de riiurticulture, à Berlin. La gelée employée pour préserver du froid semblerait être à première vue un paradoxe; rien n'est cependant plus exact ni plus réel. La Gazette du village rappelait dernièrement ce moyen, connu depuis longtemps, poui- préserver les pommes et les poires dans les greniers, et consistant à étendre un peu de paille propre sur les fruits et au dessus de celle-ci un drap mouillé posant sur le plancher tout autour du tas de fruits. Le drap congelé préserve les fruits du contact de l'air. Il y a des années, M. le comte Léop. de BE..i.UFFORT nous fit un j(uir les honneurs du cluiteau de Bouchant, aujourd'hui la résidence de l'infor- tunée impératrice Cliarlotle. A'otre attention se porta entre autres, sur de beaux spécimens de Cardons, cultivés en face de l'entrée du cliàteau. Ils étaient buttés du pied, mais un superbe feuillage émergeait de ces buttes. La nuit s'annonçait sereine et froide ; pour conjui-er le danger qui menaçait les plantes, on était en train de les arroser : l'eau congelée devait faire le reste. Ce procédé n'avait jamais eu que d'excellents résultats. * Un congrès d'horticulture aura lieu cette année à Anvers à l'occasion de l'une ou l'autre des expositions florales temporaires qui accompagneront l'Exposition universelle. Le congrès sera organisé [lar les soins du Cercle floral d'Anvers. Lucikn Linden et Emile Rodigas. L'ILLUSTRATION HORTICOLE ZAMIA TONKII NSIS LIND. et ROD. — 27 — PL. DXLYII ZAMIA TONKINENSIS im et ZAMI DU TONKIN Cycadées CAKACTÈHES GÉNÉRIQUES. — A'oir lUustrution horticole, 1873, p. 126. CAEACTÈiîES SPÉCIFIQUES. — Zamia tonkinensis. Truiicus tennis, cylindraceus, erectus, squamis niagnis rotundatis fuscis omniuo vestitus. Folia pinnatifida, leviter rocurvata, glabra, pulcherrime viridia. Petioli cylindracei, laiiugiuosi, spinis robusti» valde iiistructi. Foliola glabra, sessilia, lanceolata, U"il5 ad C'"20 longa, 0"'O2 ad 0"i03 lata, apice i.cumiuata, niMrgiuibus uiidulalis. — Ex Toiikin a cl. ('akkon introducta. — Ad viv., iu Contiiieiitis horticulturae Socict-atis horto gandavensi, descripta. — Em. K. Au meeting tenu au Casino de tiand en décembre dernier, le jury décerna un certificat de mérite au Zamia tonkinensis exposé par la Compagnie Con- tinentale d'Horticulture, et c'était justice : cette nouveauté est, en effet, une des plus gracieuses espèces du genre. Son port majestueux rappelle celui du Cijcas circinalis; par son élégance, elle sera une rivale du Cycas siainensis. Tout plaît en elle : son tronc mince et élancé, garni sur toute sa surface de grandes écailles arrondies et brunâtres; ses frondes divisées en nombreux segments, légèrement arquées, presque glabres et d'un beau vert; ses pétioles arrondis, duveteux et armés de fortes épines sur toute leur longueur; les folioles glabres, sessiles, lancéolées, longues de 15 à 20 centimètres et larges à peine de 2 à 3, acuminées au sommet et fortement ondulées sur les bords, tout cela constitue un ensemble des plus gracieux. Le Zamia tonîdnensis est une excellente addition à ce riche groupe de la famille des Cycadées. Tous les connaisseurs qui ont eu l'occasion de voir la plante l'ont admirée; tous lui prédisent un brillant avenir. Ém. Rodigas. * Végétation hivernale des Caladium. — M. Nencioni a publié dernièrement, dans le journal de la Société d'horticulture de Toscane, un procédé cultural fort simple par leiiuel il renverse l'époque de végétation de ces plantes et par conséquent jouit de leurs brillants feuillages dans .une saison où l'on peut en tirer infiniment meilleur parti que dans l'été. Ce procédé consiste à les mettre en végétation, la première année, de mai à juin, et l'année suivante, en août et septembre. Dès loi's la période de repos -est à son tour déplacée. Ce déplacement permet en outre de conserver plus aisément les bulbes à l'état sec, puisque le repos coïncide avec la belle saison. — 28 - BIBLIOGRAPHIE The Gardeners' Year-Book 1885. — L'Almaiiacli îles jardiniers que M. le D"' Koiîkrt Hoog i)ulilie tous les ans a Leindres, a vu le jour pour la vingt-sixième fois. Cette publication n'a plus besoin d'être recom- mandée ; il suffit de la signaler. Le nouveau volume contient, comme chaque année, une revue des principales nouveautés en plantes, fleurs, légumes et fruits ayant surgi en 1884, ainsi que les faits les plus saillants de l'an dernier ('). * * * Discussion des observations d'orages en Belgique en 1879. — Sous ce titre M. ].A.Nc.\.sTEii, niéleorolugiste a i'i..)ljSL'rvatiiiro royal de Bruxelles, a i-éuni dans une brochure de 58 pages, tout ce ([ui concerne les orages de 1871t, leur distribution, leur vitesse, leur direction, l'influence des centres de dépression, les coups de foudre, l'intensité de la pluie, etc. Cette notice est suivie d'un appendice comprenant les observations recueillies depuis un siècle. * * * Compte rendu des travaux du Congrès agricole et forestier belge {'). — Ce volume concerne la cinijuième session (jui a eu lieu à Bruxelles en juillet 1881. Il renferme, outre les procès-verbaux des séances des assemblées générales et des sections, un mémoii'e sur la crise agricole et des rapports sur des questions intéressant les diverses branches de l'agriculture : les taillis, les forêts résineuses, la régie (les bois communaux, l'emballage des fruits, les engrais des vergers, les moyens d'encourager l'exportation, etc. Mededeelingen omtrent de Narcisvlieg ("). — M. le D'" J. RrrzEM.v Bus, professeur à l'Institut agricole de \\^igeningen, s'est livré à une étude appi^foudii: des ravages causés aux Narcisses, depuis ([uehiues années, par une mouche qui dépose ses larves dans le collet des bulbes du Narcissiis Tazetta. La brochure dont nous indiquons le titre et qui a été disti'ibuée aux membres de la Société pour la culture des plantes bulbeuses, contient l'histoire naturelle complète de cet insecte, sa manière de vivre et la revue des moyens de le combattre efficacement ou de le détruire. Km. KoDKiAS. (1) London, .Journal ol' Horticulture Office, 171 Fleet Street, E. C. (2) Beau vol. in-8". Liège, L. De Tuier, 1884. (3) Brochure in-S" de 2-t pages. Haarlera, 1884. CEREUS C. M. HOVEY — 29 — PL. DXLVIII CEREUS SPECIOSISSIMUS d c. var. c. m. hovey. CIERGE C. M. HOVEY Cactées. ÉTYMOLOGIE. — Du grec Kvjpo;, cire, parce que la plante se tient droite comme un cierge. CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. — Calyois tulius ultra ovarium longe productus, pul- villis tomentosis instructus ; lolti numerosi, oo -seriati, exteriores squaraaeforuies, interiores elongati, spiraliter inibricati, axillis saepissime aculeii'eris. Petala co , oc -seriata, calycis lol)i lougiora, recurvo patentia. Stamina uumerosissinia, 2-» seriata. filamentis basi tubo aduatis superne liberis vel exterioribus tubo adnatis. Ovarium exsertum, squamatum; stylus filiforniis stamina vix superans, stigmati 5-8 radiato. Bacea squamata vel tuVierculata, ]iulvilligera. Semiua 1ère exall)umino<:a; eotyledoues lateribus seminis parallelae, ple- luraque hamatae, abbreviatae vel foliaceae. C'aulis brevis vel elongatus, erectus vel repcns, costatus vel angulatus, pidvilligerus, contiiiuus vel articulatus, simplex vel ramosus. Flores latérales, saepissime nocturui. Spccies ad St'O, Americae tropicae et calidae, iusularumque Indiae occidentalis ineolae. Cereus ILvw. Si/ii PI succ^ 178. — IJentii. et Huok., Gen. Plant., I, p. 84'J. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. — Cereus speciosissimus (Desf. Mém. mns., 3, p. 190, t. 9, sub Caoto) erectus, 3-4 gonus, angulis denlatis, aculi'is subulatis rectis basi e tomento albo ortis, floris linibo expanso gcnilalibus riecliuatis. Perennis in IVlexico, Jl. ntex. ic. ined. — Cactus speciosus Cav. Hort mndr., Willd. Enum. SupjA. 31. — Cactus speciosis- simus Bot. Reg. t. ■J8G. — Cereus bifrons Haw. Flos magnus pulcherrime coccineus, intus violaceo-sulivarians. Genitalia alba. — dc. Prodr. 111, p 41 8. CARACTÈRES DE LA VARIÉTÉ. — Planta brevior, aeuleis rariorilras, nirais flori- bunda. Flos minor, ruberrimus sepalis violaceo pulcherrime pictis. Que de t'ois nous avons entendu l'eu Louis Van Houtte regretter les temps heureux pour lui où les Cactées avaient leurs amateurs nombreux et fidèles ! 11 se rappelait avec délices les excursions qu'il faisait, adolescent, de Bruxelles à Enghien où il allait pour admirer la collection de Parmentier, alors une des plus riches du pays. Il n'en revenait jamais sans l'une ou l'autre Cactée dans la puclie, et c'est sa passion pour ces plantes faciles et belles qui finit par faire de lui l'horticulteur que chacun a connu. C'est que, il y a un demi siècle, aucune famille végétale ne comptait autant de brillantes espèces que celle des Cactées. Comme de nos jours les Palmiers, les Fougères, les Orchidées, elles avaient leurs serres spéciales, souvent bien primitives dans leur construction, mais souvent aussi admirablement garnies de ces végétaux empruntés à la flore de toutes les régions du globe. Pauvres délaissés, ils ont dû céder le pas à une foule de nouveaux venus, plus variés et plus capricieux peut-être, mais non plus riches en couleurs ni moins exigeants. Ils - 30 — reviendront pourtant à leur première splendeur, lorsqu'un choix éclairé aura débarrassé les rangs de ces mille médiocrités qui les ont en- combrés un jour, et quand on aura ressuscité les types les plus élégants, les plus riches et les plus distingués de chaque groupe. Un genre qui mérite surtout d'attii-er l'attention et qui compte un très grand nombre do repi'ésentants, est le Cereus, et dans ce genre, le C. speclosissimus est une des espèces les plus remarquables. Ses tiges allongées, érigées, aux nombreuses ramifications divergentes, relevées de trois ou quatre côtes aiguës garnies d'aiguillons aréolaires blanchâtres; ses fleurs latérales au périanthe tubuleux, au tube allongé; les pétales et les sépales nombreux et imbriqués, du coloris écarlate le plus brillant avec des reflets pourprés, et au milieu le style entouré de ses étamines blanches, jetant un contraste charmant dans ce riclie coloris : tout cela réuni constitue en réalité une plante et une fleur d'élite qui n'a qu'un tort, celui d'être éphémère. Et ce qui prouve tout le mérite (jue lui reconnaissaient nos pères, c'est qu'ils en avaient produit, par voie de semis, des variétés nombreuses et brillantes aux- quelles les CuRTis, Devaux, Sai.m-Dyck, de Jo.nue van Kllemeet, Makoy, Miller, Jenkl\so.\ et d'auti'es attachèrent leur nom. Qui sait si la variété dont VJlhislration reproduit ci-contre l'image n'aurait pas trouvé parmi elles quelque heureuse rivale? Le Cereus C. M. Hovey rappelle fort bien le type Cereus speclosissimus dont il est un perroctinnuciiiont, en ce sens qu'il a le pi.rt plus trapu (jue ce dernier. La variété a été obtenue de semis par l'iinr- ticulteur américain dont elle porte le nom. Los fleurs sont moins grandes que celles du type, mais en revanche plus unmlavMises et elles se distinguent par l'extrême vivacité de leur coloration. Les sépales sont en outre nuancés de pourpre sur leurs marges, tandis que le centre du limbe demeure écarlate, ce ([ui.les fait paraître comme striés et admirablement panachés. Les aiguillons aréolaires qui garnissent les côtes sont moins forts que dans le type. La culture des Cereus ne présente guère de diflicultés. La serre tempérée et même l'appartement leur conviennent, pourvu ([ue, en dehors de la période active de la végétation, on ne leur donne pas de l'eau en trop grande abondance. K.M. KODIGAS. MIKANIA APIIFOLIA dc. 31 — PL. DXLIX MIKANIA APIIFOLIA oc. MIKANIA. A FEUILLES D'APIUM Composées. ÉTYMOLOGIE. — Le genre a été dédié au professeur J. G. Mik.vk, de Pragu«, ou à son fils et succetseur J. C. Mjkak qui explora une partie du Brésil. CAKACTÈKES GÉNÉKIQUES. — Capitula homogama, saepissime quadriflora. Involu- crura oblouguin.bracteis 4, parum iuiiequalibus, augustis, taepius stri itis,addito iiounun- (luani'i-to exteriore niinor'j. Receptaculum parvuni, nuduni. Corollae aequales, regulares, tubo teuui, linibo campauulato, rarissime iu tubum attenuato, 5-fido. Autberae appeudicu- latae basi obtusae, integrae. Slyli rami elongati, acutiusculi. Aclienia 5-angulata, apice tnmcata. Pappi tetae X , 1-2-seriatae scabrae, basi saepe m annulum coiiuatae. Frulices vel berbae scandctites (voUibiles) vel rarius erectae, saepe glabriusculae. 1- olia opposita, saepius petiolata. Capitula parva, spicata racemosa vel corymbidosa, racemis corymlmlisve saepius paniculatis. Flores albi aut pallide flavescentes. Species ad60, Americae calidioris incolae, una per Africam, Asiamipie calidioreiu late dispersae, — Benth. & Booli. Gon. Plant. II, p. 240. CAPvACTÈFiES SPÉCIFIQUES. — Caulis gracilis , jilaber vel tcnuiter piloâus. Petioli 9-1.0 lin. longi, graciles. Folia quinata, membranacea, glabra, segmentis oblougo-vel olilauceolato-rhomboideis, intermediis vel omnibus breviter petiolatis, integris vel piuna- tifidis. Corymbi laxi, copiosi, capitulis pedieillatis, iuvolucri squamis ohlanceolatis, acutis, glabris, 3 lin. longis. Aclienia cylindrica, glabra. Pappus pallide rubellus. Patrie : Brésil. Cette liane oi'nementale fut introduite dans les cultures européennes, il y a des années, mais elle est loin d'être connue autant qu'elle le mérite et il est bien rare qu'on la rencontre. La Compagnie Continentale d'Horti- culture de Gand vient de la réintroduire du Brésil; il y a lieu de croire dès lors qu'elle se répandra plus rapidement; elle sera accueillie avec faveur par les amateurs de plantes à gracieux et léger feuillage. Le Mikania apiifoUa rappelle, par son aspect général, le faciès de certaines espèces de Clématites; il a les tiges volubles et les feuilles opposées ■ et divisées; celles-ci sont d'une texture membraneuse et d'un coloris vert gai. Les petits capitules floraux naissent en nombreux corymbes lâches vers les extrémités des branches. La plante est à feuilles persistantes et a besoin de l'abri d'une serre chaude, mais la culture en est des plus faciles. Elle sera d'une excellente ressource pour garnir les piliers et les poutrelles des serres. N. E. Brown. — 32 MEETING HORTICOLE AU CASINO DE GAND, FÉVRIER 1885. Le Meeting mensuel \ntnv rappréeiatioii des pniduits de riiortieulture, organisé par la Chambre syndicale des lujruculteurs belges et la Société royale d'agriculture et de botanique de Ciand, a eu lieu le 9 février dans les locaux du Casino. Les distinctions suivantes ont été décernées : CERTIFICATS DE MERITE : Bmnswigia magnijica. de la Comitagnie Continentale d'Horticulture, à Gand. Haemantlnis Kalbreyeri maxinms. île la (Compagnie Continentale d'Hor- ticulture, à (laud. Odontoglùssuiii gtdlatHin, de MM. \'ervaet et C"', à Cand. ImantojiJii/lliiM minialum var. Président C. Bernard, de M. Peeters, à Bruxelles. CgpripediMtii Haynaldiaimm roseum, de la Comiiagnie Continentale il'Horticulture, à Gand. Bégonia hyb. nova, de MM. Uesbois et C'% à Gand. CERTIFICATS DE HELLE CULTURE : Ctelogyne cristata, de M. James Bray, à Gand. Lycaste Sldnneri, de M. James Bray. Cypripedium villosum, de MM. Vervaet et C'"'. Ànœchlochilus Dawsnnianus , de M. Ed. Pynaert-Vau Geert, à Gand. Hemilelia Cunninghami, de MM. Vervaet et C''. MENTIONS HONORABLES POUR LA NOUVEAUTE : Phalaenopsis amabilis, de MM. Kd. \'(u'vaet et C'^ Olontoglossum Wilckeanum, de MM. Vervaet et C'°. Imantof)Jiylhim minialum tar.. de M. Snoeck, à Gendbrugge. Imantopliyllv tu. miniatmn var.. Mad. Wallaert. de M. Peeters. Columnea Kalbreyeriana. de M. Desmet-Duvivier, à Gand. Cattleya Trianae sp. do Popayau, de M^L Vervaet et C'°. MENTIONS lIONORAIiLES POUR LA BELLE CULTURE ! Bertolonia Van Houttel, de M. D'Haene, à Gand. Phalaenopsis ScMlleriana. de MM. Vervaet et C''-". — 33 — LES PLANTES D'APPARTEMENTS ET LES SOINS QU'ELLES RÉCLAMENT Un des abonnés de V Illustration nous demande un résumé des soins qu'il convient de donner aux plantes dans les appartements. La question est fort brève : il faudrait écrire une liroehure pour y répondre d'une façon quelque peu complète; il faudrait presque faire un traité de culture. Tandis (jue l'Allemagne ('), la Néerlande ('), le Portugal (") possèdent des ouvrages spéciaux sur cette importante matière, il n'e.Kiste aucun livre en langue française s'occupant sérieusement de cet objet et méritant d'être consulté. Nous regrettons que le temps nous fasse défaut, si non nous voudrions essayer de combler cette lacune. Pour le moment nous nous bornerons à quelques indications générales. Nous dirons les conditions que devrait réunir le milieu dans lequel on cultiverait les plantes avec un succès assuré, et les moyens auxquels on est obligé de recourir pour obvier aux nombreux inconvénients que rencontrent aujourd'hui, dans des appartements mal conditionnés pour elles, les pauvres plantes que l'on y garde prisonnières et qui ont souvent bien de la peine à résister au long martyre qui leur est infligé. Il n'est pas question ici des végétaux de passage, extraits des serres et venant pour un jour ou mieux pour une nuit de fête décorer les salons, les vestibules, les cages d'escaliers, les corridors. Ceux-là sont payés pour souffrir. L'horticulteur sait d'avance que la plupart auront besoin de tout un temps pour se refaire à l'hôpital et retrouver la santé avec le feuillage; il sait que plusieurs passeront aux invalides et ne rede- viendront jamais des exemplaires convenables. 11 n'est pas question non plus des plantes fleuries dont ou tire parti pour égayer les feuillages • Azalées, Rhododendrons, Jacinthes, Tulipes et une foule d'autres disparais- sent à mesure que les fleurs se fanent. Il n'y a peut-être que les Imanto- phyllum pour faire exception à cette loi. Nous n'avons en vue que les plantes cultivées à demeure dans les appartements mêmes. Depuis les dernières fêtes florales de S'-Pétersbourg, il a été fréquem- ment parlé des magnifiques résultats obtenus en Russie dans la culture des plantes en appartement, sans le secours d'aucune serre. On a cité de superbes Palmiers, de splendides Fougères, des Cycadées, des Dracaena et (1) Heinemakx, Pfieoe cler PAauzon im zimmer. (2) RoMEiN, De Ksmci-plant. (3) De Oliveira ji:nior, jardim na Sala. — 34 — iiiic l'(iiil<> d'aiiti'i's plantes, enfermés dans les demeures depuis des années, sans en sortir jamais, et étant de véritables spécimens de belle culture. Si l'on réHéchit aux conditions spéciales dans lesquelles vivent ces plantes, une seule chose doit étonner, c'est que les espèces cultivées de la sorte ne soient pas de beaucoup plus, nombreuses. Elles y ont, en effet, tout ce dont elles ont besoin et n'y rencontrent aucun des graves inconvénients que nous leur prodiguons dans nos contrées dites tempérées. Garanties par d'excellents châssis doubles contre l'air extérieur, elles n'ont à redouter ni les basses températures des longs hivers ni l'influence non moins néfaste des brusques variations climatériques. En môme temps, elles sont soustraites à l'action dc'k'tère des courants d'air et jouissent de la chaleur douce et sensiblement égale des chamlires cliauffces au moyen d'étuves dont la bouche se trouve dans les corridors. Par conséquent elles n'ont à subir ni l'effet désastreux d'un air aride, desséché et surchargé d'acide carbonique, ni le contact pernicieux d'une poussière également nuisible. Si nos demeures étaient construites dans des conditions analogues, nous pourrions y cultiver alisolunK^it tout ce que nous voudrions, les Orchidées et les Fougères aussi bien que les Palmiers. Par malheur, nos architectes ignorent ces conditions là ; la routine ne leur permet pas de construire des fenêtres à doubles châssis vitrés et puis, si les étuves s'ouvraient dans les corridors, que ferait-on des cheminées ? Voyez-vous un salon sans la* cheminée de marbre obligatoire avec son foyer et ses chenets? Cela viendra peut-être dans un siècle ; mais poiir le moment il faut subir tous les défauts, et Dieu sait s'ils sont graves et nombreux, des maisons telles qu'elles sont construites de nos jours. La buée qui couvre les vitres et s'y congèle, l'eau qui s'en écoule au dégel, la poussière et l'acide carboni(iue des foyers ou l'air brûlant et sec des calorifères, les brusfjues variations de température, tout cela serait facile à éviter, mais à iiuoi lion? Il ne faut pas être aus-si délicat.... et les plantes, à. la rigueur, (in pourrait s'en passer. Eh bien ! non ; ceci encore est une grave erreur : les plantes dans les appartements ne sont pas du tout un luxe ; elles y sont utiles, au même titre que les arbres à rint('rieur des villes. Au dernier Congrès de pharmacie qui s'est tenu en France, on a percé à jour l'étrange préjugé admettant que la présence des végétaux dans les habitations serait un danger pour la santé de l'homme. Le contraire a été parfaitement démontré : les plantes, comme la science l'a établi depuis longtemps déjà, dégagent un mélange d'ozone et d'hydrogène et contribuent puissamment à assainir l'air. Comme conséquence, les cabinets de travail, les bureaux, les chambres à coucher elles-mêmes, si l'on se souciait des règles de l'hygiène, pourraient être garnies de plantes ; nous ne disons pas de fleurs : souvent celles-ci répandent des senteurs plus ou moins péné- trantes et elles dégagent toujours de l'acide carbonique. Nous le répétons. — 35 — s'il est priulent d'exclure les fleurs des chambres à coucher, il est tout aussi utile d'admettre des plantes à feuillage partout où l'homme doit séjourner, attendu qu'elles ont précisément pour fonction de rétablir la pureté de l'air, de rendre celui-ci respirable. On devra écarter toutefois certaines plantes dont les feuilles dégagent des odeurs particulières. Il est fàclieux que les installations actuelles de nos demeures soient si peu faites pour encourager la mise en pratique de la règle que nous venons d'indiquer et qui a de rares exceptions. Voyons maintenant de quelle manière on pourra le mieux tirer parti des conditions actuelles de nos appartements pour y cultiver des plantes. Commençons par établir (ju'il faut éviter de poser les plantes sur les tablettes en marbre ou en pierre. Le bois, mauvais conducteur du calorique, aura la préférence. S'il règne des bacs en zinc sur les appuis des fenêtres, il sera bon de les isoler par en dessous. L'air de l'appartement duit-il être renouvelé? Si les portes s'ouvrent fréqueniment, ce soin sera moins urgent. On pourra admettre l'air ilu dehors chaque fois que la température extérieure sera égale ou supé- rieure à la tempéi'ature de l'appartement. Les courants d'air, même momentanés, doivent être rigoureusement évités. Il sera avantageux de porter parfois les plantes à l'air lorsque le temps sera pluvieux et doux. Le défaut de lumière est une des premières causes de détérioration des plantes cultivées dans les appartements. Les sombres tentures aujourd'hui à la mode et la disposition même des végétaux garnissant les coins aident à rendre ce défaut plus sensible. Il importe d'abord de ne jamais masser, serrer les plantes; il est d'ailleurs de mauvais goût d'en faire un fouillis; là elles se déforment, se dégarnissent de la base et filent par le haut en s'étiolant; en outre, les coloris palissent ou jaunissent. L'œil de la maîtresse de maison devra veiller à ce que tous les exemplaires soient isolés et que les feuillages ne s'enchevêtrent pas. Ils devront être tournés sur eux mêmes tous les huit jours afin de ne pas se développer du côté du jour seulement, et ils seront placés de manière à n'être jamais exposés directement aux rayons solaires donnant à travers les vitrages. L'évaporation est alors généralement trop active; les feuillages se fanent, et s'ils reprennent leur turgidité, certaines feuilles tombent ou jaunissent partiellement. Nous ne dirions rien de la lumière du gaz, si le gaz lui-même n'avait une action pernicieuse sur toute végétation. Il faut éviter avec soin la moindre fuite de gaz. En attendant, nous appelons de tous nos vœux le moment où l'usag'e de la lumière électrique se généralisera : il en résultera un grand bien pour les plantes. La poussière sera toujours inévitable ; les foyers à charbon sont les plus désastreux à cause du fin poussier qu'ils engendrent. Les calorifères y remédient déjcà, mais il faut dans tous les cas laver les plantes. Ce lavage — 36 - se fera, en moyenne, tous les luiit jours et. jamais à l'eau froide. L'eau aura au moins la température de 15° à 20°. Les feuillaires lisses, glabres .seront lavés au moyen d'une éponge douce, le limbe de la feuille reposant .sur la main de manière à ne briser ni les pétioles ni les nervures des feuilles mêmes. Les feuillages duveteux ou scabres ne peuvent subir aucun frotte- ment, ni d'une brosse ni d'une éponge; ils seront donc traités autrement. Après les avoir secoués, à l'extérieur, on les couclie sur le coté, et on leur fait suViir un i>\\ (bnix seringages les nettoyant complètement; on les secoue ensuite doucement et on les i-edresse pour laisser l'eau se ressuyer : ce procédé ne nuit en rien au duvet. Les plantes rentrent entièrement rafraîchies et les pores suffisamment dégagés. Un troisième inconvénient grave résulte des alternatives et des excès de température, ainsi (|ue du peu de dilTérence entre la chaleur du jour et celle de la nuit. Il esl nécessaire d'éviter les brusques ciiangemenls de température : les doul)les vitrages les préviennent à la perfection. A défaut de doubles châssis, on peut au moyen d'écrans, même en simples feuilles de papier, soustraire le plus souvent les plantes aux effets de ces change- ments. Si ces variations se produisent par les portes donnant dans les corridors ou les vestibules, il faudra ('-talilir nécessairement des portières suiiiilémentaires rendant plus lento l'an'ivée de l'air du deliors. On évitera également les clialeurs excessives du foyer, en aérant à temps et avant que le thermomètre ne vienne à dépasser 18° à 20°. Quant à la différence entre la chaleur du jour et celle de la nuit, nous croyons devoir insister sur ce point souv(>nt négligé ou mal compris. Les plantes végètent durant le jour et durant la nuit; mais par l'absence de lumière, l'activité végétative est de beaucoup moindre ; par conséquent il leur faut alors moins de stimulant, moins de chaleur. Il en est ainsi dans la nature dont nous n'avons qu'à imiter l'exemple. Même dans les tropiques, même sous l'équateur, la température éprouve durant la nuit des abaissements d'autant plus considérables que le ciel est plus serein et le temps plus calme. Laissons donc aussi pour les plantes d'apparte- ments, de même que cela doit avoir lieu dans les serres et les jardins d'hiver, la température décroître lentement et graduellement dès que la nuit est venue, et cela à telle en.seigne, que l'appartement cliauffé le jour à 16° ou 20° centigrades ne conserve la nuit que 10°. La température s'abaisserait à une' huitaine de degrés que les plantes n'en éprouveraient aucun mal, au contraire. Km. Rodicas. (Sera continué). 4""' SÉRIE 5"" Volume TOME XXXII. Année 1885 3""' Livraison Principales distinctions obtenues par L'ILLUSTRATION HORTICOLE : MÉDAILLE DE MÉRITE A l'eXPOSITION VKIVERSELLE DE VIENNE EN 1873 DIPLOME d'HO>:NEVR A l'eXPOSITION INTERNATIONALE d'aMSTERDAM EN 1877 MÉDAILLE d'oK A L'EXPOSITION VNIVERSELLE DE PARIS EN 1878 DIPLOME d'hONNEIE A l'eXPOSIIION DE MADRID EN 1883 LlLllISÎRAÎlOl BORÎICflLE REVUE MENSUELLE DES SERRES ET DES JARDINS COMPr.ENANl LA FIGURE, LA DESCRIPTION L'HISTOIRE, LA CULTURE EN SERRES, EN PLEINE TERRE ET EN APPARTEIIIENTS DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES LES INTRODUCTIONS NOUVELLES L'INDUSTRIE HORTICOLE LES EXPLORATIONS BOTANIQUES, L'ARCIIITECTORE DES JARDINS, L'ARBORICCITIIRE LA CULTURE MARAÎCHÈRE LE COMPTE RENDU DES GRANDES EXPOSITIONS, ETC. PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE J. LINDEN ADMINISTRATEUR LUCIEN LINDEN Collaboration de Botanistes REDACTEUR EMILE RODIGAS et Horticulteurs éminents TABLE DES MATIÈRES Distinctions accordées à M. Ém. lîodigas . . •. 37 Chronique horticole SB Les expositions horticoles d'Auvers . 46 Le jardin fruitier et le jjotager. . . 47 Kosiers nouveaux 48 Meeting horticole au Casino de Gand, mars 1885 50 Les plantes d'aipartements et les soins qu'elles réclament .... 51 TEXTE ET PLANCHES COLORIEES PI. 550. Bomarea caldasiana. ... 43 PI. 551. Primula sinensis 44 PL 552. Brunswigia? magnifica . . 45 Figure : Artichaut-Cardon de Sicile . 47 A PARU LE 25 MARS 1885. Administration, au siège social de la Compagnie Continentale d'Horticulture (Société anonyme), 52, rue du Chaume, à Gand. CONDITIONS D'ABONNEMENT "U Illustration Horticole paraît le 15 de chaque mois et forme, au bout de l'année, un^ros volume in-8° de 200 paires de texte illustré de nombreuses gravuros, et accompagné do 36 PLANCHES richement coloriées ou gravures supérieurement exécutées. Les sujets traités sont distribués dans l'ordre suivant : I. Chronique horticole. — II. Planches coloriées et descriptions de plantes nouvelles. — III. Culture des plantes en appartements. — IV. Jardin potager et jardin fruitier. — V. Horticulture d'ornement, etc. — VI. .\rchitecture des jardins, constructions et industries horticoles. — VII. Miscellanées. — VIII. Correspondance.. — IX. Explorations scientifiques. Prix de l'abonnement, payable d'avance, Par volume de 12 livraisons (de janvier à décembre) envoyées chacune /?*««co par la poste. Pour toute l'Union postale 30 francs. Pays d'outre-mer 35 n ftrable en un mandat sur la poste de Gand (Belgique) au nom de l'IdniiDistriteor. On s'abonne à l'administration de VJUustration Horticole, 52, rue du Chaume, à Gand, ainsi que chez les principaux libraires de Belgique et de l'étranger. — Envoi franco d'un N" spécimen sur demande aftranchie accompagnée de 3 francs en timbres-poste. CÉRUSE SPECIALE pour la Peinture dos Nerren, «brlN, IleublCH et OrnenientM de jardins La Compagnie comikektalk D'HoETicuLirRE (Société anonyme), à Gand (Belgique), s'est assurée, par contrat passé avec l'inventeur, la vente et le dépôt général d'un produit destiné à la peinture des serres, abris, meubles et ornements de jardins. Outre une blancheur et un velouté sans pareils, cette peinture garantit la conservation du bois et du fer si vite attaqués par l'humidité et la chaleur à l'intérieur des serres, par le soleil et la pluie en plein air. La première personne venue pourra se servir de cette matière. La couleur étant toute pré- parée, il suffira d'y ajouter l'huile nécessaire pour pouvoir s'en servir. Le prix minime de ce produit engagera d'a"illeurs tout le monde à avoir ses serres et son mobilier de jardin conservés dans le meilleur état. PRIX COURANT Livrable en bidons de fer bien conditionnés, fermés par de simples languettes. 1 Bidon de 10 kilos io Fr. I 1 Bidon de 20 kilos is Fr. 1 id. 15 id 14 „ I 1 id. 25 id «« » Zes prix seront réduits de 5°la poitr toute commande de 100 kilos et au delà. Peinture spéciale pour étiquettes Ce produit, tout spécialement recommandé pour cet usage, est livrable en couleur jaune ou blanche, par boîtes de 1 et de 2 kilos. PRIX COURANT Par boîte de un kilo . . , . . Francs 1-25 Par boîte de deux kilos id. 2-25 Les prix seront réduits de 5»,o pour toute commande de 12 boites et au delà. Adresser les commandes pour ces peintures directement à la Compagnie Continentale d'Horticulture (Société anonyme) 52, Rue du Chaume, GAND (bSLGlQDE) \ a R A /j — 37 — <^ NEW York' BOTANICAL Distinctions accordées à M. Ém. Rodigas RÉDACTEUR RE l'Iu.USTRATION HoRTICOLE Le gouvernement français et le gouvernement belge viennent, à peu de jou^rs d'intervalle, de reconnaître les services que M. Rodigas a rendus pendant plus d'un quart de siècle A la botanique et à la science horticole. Le gouvernement français lui a décerné les palmes d'Officier d Aca- démie ; le gouvernement belge l'a nommé chevalier de l'Ordre de Léopold. Ces hautes distinctions sont la récompense bien méritée d'une vie entièrement consacrée aux progrès de toutes les branches de l'horti- culture. Nous aimons à joindre nos sincères félicitations à toutes celles que M. Rodigas a dû recevoir en cette circonstance et nous remercions vivement nof^ confrères de la presse horticole des témoignages de sympathie qu'ils ont bien voulu donner au rédacteur de Vllluslralkn horticole. Par ses nombreux écrits, M. Rodigas a contribué dans une large mesure à étendre au delà de nos frontières le renom de l'horticulture beke et depuis longtemps l'opinion publique l'avait désigné comme ayant des^'droits indéniables à une distinction nationale. Cette distinction devan- çant aujourd'hui, de quelques semaines seulement, la fête jubilaire dont M. Rodigas sera l'objet le 3 mai prochain, a été saluée dans le monde horticole à la fois comme une insigne récompense et comme un acte d'éclatante justice. Bien des lecteurs de Vlllusiralioii Horticole, à laquelle M. Rodigas consacre depuis plusieurs années une plume infatigable, seront heureux, sans doute, de se joindre à nous pour offrir au savant rédacteur, un témoi- gnage de haute estime et de cordiale sympathie à l'occasion des distinctions dont il vient d'être l'objet. La remise du souvenir de la direction et des lecteurs de V Illustration Horticole coïnciderait avec le jubilé académique de M. Rodigas qui sera fêté à Gand le 3 mai prochain. A cet effet, une liste de souscription est ouverte dans nos bureaux, rue du Chaume, à Gand, à partir de ce jour. Lucien Linden. tome xxxii 1885, 3" livr. — 38 CHRONIQUE HORTICOLE 13 Mars 1885. Les Rosiers de M. Henry Bennett font rêver à l'ùge d'or des TuliiK's, alors qu'une seule variétt', la Tulipe Semper angustus, s'est vendue au prix de :î5,000 florins. Franchement le semeur de Slie])perton .1 la main heureuse. La sjilendide Rose Thé Hcr Majesly^ que nous avons vue à Londres en juin 1882, fut cédée en édition complète au prix de mille guinées. Une nouveauté plus récente et pUis belle encore, la Rose Thé William Francis Bennetl (un nom terriblement long pour une belle rose) a été cédée, comme la précédente, au même prix de mille guinées, au même acquéreur M. Charles F. Evans de Rowlandville (Philadelphia). La Rose W. F. Bennett est de la forme de la Rose Niphetos et son coloris est la plus foncé qui existe parmi les Roses Thés, c'est du riche cramoisi foncé. Ce sera, dit-on, une variété excellente pour la fleur coupée, parce qu'elle est d'une rare floribondité. * La culture des petits jardins des gares de chemins de fer ne pourrait-elle être encouragée, améliorée? L'année dernière, les voyageurs de la ligne Gand-Hooni-Anvers parlaient du joli jardin de la gare de Puers aussi coquet que gracieux. Dernièrement ce même jardin était déjà remarquable avec son parterre d'hiver et ses cultures printanières. Pourquoi l'Administration des Chemins de fer n'ouvrirait- elle pas un concours entre les employés des gares en position d'avoir un petit jardin ? Le Congrès international de botanique et d'horticulture à Anvers. — Ce Congrès dont l'initiative revient tout entière à W.. Cii. De BosscHERE, professeur à l'Ecole normale de l'État à Lierre, est en pleine voie d'organisation. Il aura lieu sous le patronage du gouvernement et de la ville d'Anvers, avec le concours du Cercle floral d'Anvers, de la Société royale de botanique do Belgique et de la Chambre syndicale des horticulteurs gantois. Le Congrès aura lieu au commencement du mois d'août, en coïncidence avec une des principales expositions florales. D'après. le programme préliminaire que nous avons sous les yeux, nous croyons pouvoir dire que ce Congrès aura à s'occuper de questions très variées et très impoi-tanti^s au point de vue de la botanique et de l'horti- - 39 — culture. Les productions végétales du Congo n'y seront pas oubliées. Dans le domaine de l'horticulture, on étudiera les problèmes de l'enseignement, l'emploi des engrais spéciaux, l'utilisation des eaux d'égoùts, les étiquettes, l'exportation des fruits et des légumes, le perfectionnement des procédés de l'arboriculture fruitière, l'extension de la culture des champignons, l'application générale de la Convention phylloxérique de Berne, l'unifi- cation de l'échelle thermométrique, etc. Dans le domaine de la botanique, le Congrès examinera l'organisation des laboratoires, les méthodes des monographies, les progrès réalisés depuis 1878, l'utilité de l'étude de la cryptogamie, de la pathologie végétale, etc. Des rapports sommaires, élaborés par des spécialistes appartenant à diverses nations, prépareront les données de toutes les questions et ces rapports ne seront pas les documents les moins précieux du Congrès auquel nous prédisons un franc succès. Prix des Orchidées. — A l'une des dernières ventes de MM. Protheroe et Morris, un exemplaire du Coelogyne crislala alba a été vendu 3275 francs. La plante avait sept racèmes floraux et les fleurs étaient blanc de neige sans la moindre teinte de coloration. Expositions florales. — Une exposition des produits de l'horticulture aura lieu à Liège le 12 avril à la Société royale d'horticulture. La Société d'horticulture de Maestricht ouvrira en cette ville sa IG"" exposition internationale d'horticulture le 12 mai prochain. La culture maraîchère est indiquée par plusieurs économistes comme pouvant fournir un remède à la crise agricole. Ce n'est pas ici le lieu d'exa- miner cet important problème. En admettant que ce remède puisse être réel, il faudra reconnaître que ses effets seront lents à se faire sentir, parce que les premiers intéressés, les agriculteurs, fidèles aux errements du passé, ne voudront pas de sitôt appliquer sur une grande éclieile les procédés de la petite culture. Voici cependant quelques chiffres qui doivent donner à réfléchir: ils orit été mis en évidence, dans le BitUetin de la Société royale Linnéenne, par M. Gii.i.eke.ns, directeur de l'Ecole d'horti- culture de Vilvorde. Nous les résumons en un tableau qui permettra une comparaison immédiate et facile ; ces chiifres sont calculés pour la Belgique, d'après les moyennes de location, main d'œuvre, fumiers et produits, dans 4Gôfi% lionne ^ 5-10 i r" : soit bénéHce 75 fr' 871 „ r. i:.oo n n 039 „ 950 „ n 2(;no « n 1050 » 875 1 n 20Ô0 n n 1125 , 950 n ri)0 „ n 1500 1500 n n 1 1550 „ r-lûO 30(10 1000 „ HOO „ 2(>(;o 2500 n 2700 „ 180U ^500 1 175 II n 5C()0 r> n 3825 » — 40 — l'état actuel des cultures et sans tenir compte des améliorations que certai- nes de celles-ci pourraient subir. Un hectare de froment coûte n » carottes » 1) I) oignons n n n chuux cabus rouges coûte 875 n I) ( 1° choux d'York r n n 1 2" îi brocolis ou autres j 1" clioux fleurs : 2° poireaux n n asperges Ajoutons que ces différences n'iiidiiiiicnt ijti'iin miiilmtin, et qu'on pourrait établir des données soniblahles pour les produits de l'arlioriculture et les pâturages. Dès lors on a le droit de s'c'tonner de voir l'agriculture continuer à vouloir s'occuper de ce qui produit le moins. La collection des Fougères arborescentes du Jardin botaniqne de Bruxelles a pris une grande extension, et le développement de certains exemplaires est devenu tel que le grand jardin d'hiver qui les contient et et qui a été inauguré il y a à peine cinq ans, est déjà devenu trop exigu. On est en train d'en doubler les dimensions par l'adjonction d'une annexe formant avec l'ancienne serre une espèce de J et (iiii mesurera 2-i'" de long sur 8 de large et près de 14"" de haut. L'ensamble ofl'rira une superfii.'ie vitrée d'environ 550 mètres carrés. Nous ne croyons pas qu'il existe en Europe un .Jardin bidauinuc possé- dant une collection de Fougères arborescentes aussi complète et comjjre- nant autant de grands spécimens. Vriesea hieroglyphica. — Le mémo établissement possède un grand exemi)laii'e d'une j(di^> variété de J'riasea 7iieroffl//fj/iica. Cette remarquable Broméliacée que la Compaguie Continentale, grâce à un heureux semis, a répandue partout, est des plus rebelles à l'importation. De grands et forts sujets, introduits en grand noudire et à diverses reprises, n'avaient jamais réussi et mouraient au bout de quelques semaines de séjour dans les serres, malgré les soins les plus minutieux. L'histoire de l'exemplaire ({ui nous occupe est assez curieuse pour être rapportée. Expédié du Brésil en février 1883, il arriva à Bordeaux eu m.ars pour être dirigé sur Bruxelles. Sous prétexte de PltijUoxcra, rAdmiiiistration du chemin de fer en refarda l'expédition et le pauvre exilé resta en souffrance^ pendant dix-neuf jours, dans une gare ouverte à tous les vents, par une température des plus âpres. Bref, la plante après un voyage de plus de deux — 41 — mois, finit par arriver à destination. Des soins spéciaux lui furent prodigués sans grand espoir de la conserver. Cependant cette fois elle se montra reconnaissante et se remit en végétation. Elle forme aujourd'hui une rosace d'une quarantaine de belles feuilles mesurant 0"'70 de longueur sur 10 à 12 de largeur. Elle n'a perdu que les feuilles inférieures qui, du reste, avaient été rongées par les rats, à bord du navire qui la transporta en Europe. * * Les lilas ne sont pas des jasmins. — Ce n'est pas aux véritables amateurs de plantes qu'il faut signaler l'erreur des gens du monde qui appellent nos lilas des jasmins. Faisons comme disait Boileau : « .l'appelle un chat un chat et Rolet un fripon. » Malheureusement dans nos écoles, à Gand et ailleurs, on enseigne à nos enfants l'erreur que nous indiquons et qui par suite doit se perpétuer. Le Lilas et le Jasmin sont aussi différents que la Tulipe et la Jacintlie. Le Lilas avec ses feuilles en cœur, ses fleurs parfumées, lilacées ou purpu- rines, disposées en charmants thjrses de forme pyramidale, appartient à la famille des Oléacées et porte le nom de Syringa, celui d'une nymplio de l'Arcadie. Tous les Lilas sont de plein air dans nos régions ; aucun de nos jardins n'en est dépourvu. Les plus importantes espèces sont le Lilas commun et le Lilas de Perse, avec des variétés allant du lilas au violet pourpré et du violet lilacé au blanc pur. Le Jasmin, type de la famille des Jasminées, est très peu répandu dans nos jardins, par la bonne raison que les espèces assez nombreuses du genre Jasminum, sont originaires, à l'exception de deux ou trois, des régions chaudes du globe, qu'elles ne résistent pas à nos climats et qu'elles exigent l'abri des serres. Le Jasmin est un arbrisseau à feuilles composées de trois paires de folioles lancéolées acuminées et qui donne durant l'été des fleurs blanches ou jaunes, odorantes aussi, n'ayant absolument rien du coloris délicat du Lilas ; de plus ces fleurs sont disposées en petites panicules n'ayant que quelques fleurs terminales. Le langage des fleurs. — De tous les temps, les fleurs ont eu leur langage, emprunté parfois à la plus suave poésie, à quelque douce légende, parfois aussi à de bizarres fantaisies. Un des correspondants du Journal des Roses propose de donner à des variétés bien connues de Roses la mission de représenter les sentiments les plus variés. Aimée Vibert serait le symbole de la virginité, Alplionse Karr celui de la sympathie, Oéant des batailles celui de la gloire, MarêcJial Xiel celui du patriotisme, et ainsi de suite. L'idée ne manque pas d'ingéniosité; mais, quand il s'agit de sen- — 42 — timeat, la fleur ne vaut que par la main qui la donne et par la disposition du cœur de celui ou de celle qui la reçoit. Le Jardin botanique d'Anvers. — Grâce à la sollicitude de l'administration communale d'Anvers pour les sciences et les arts, l'ancien Jardin botanique de cette ville se relève et s'embellit rapidement sous la dire:'tion de M. le Docteur Van Heurck. L'antique orangerie a disparu pour i'iiire place à une lielle et spacieuse construction (jui n'qiond bien mieux à l'extension prise par les collections. La vaste salle du premier étage est destinée au musée de botanique commerciale. A côté de son caractère scientifique, le Jardin anversois présentera désormais une utilité pratique immédiate. * L'État libre du Congo. — L'œuvre civilisatrice de l'Afrique centrale, entreprise par le génie du Roi Léopold II et conduite par notre souverain avec autant de désintéressement que de persévérance, vient d'entrer dans une phase nouvelle. La vallée du Congo a été érigée en état libre «t neutre, et le nouvel Ktat a été reconnu au Congrès de Berlin par les puissances européennes et par l'Amérique. Ce fait, un des plus considérables du siècle, a valu au Roi LEoroLi) les hommages les plus respectueux et des félicitations chaleureuses auxquelles aiment à s'associer tous ceux qui s'intéressent aux progrès de la civilisation. -I; Au Jardin botanique de Bruxelles, on vient d'achever la con- struction d'une nouvelle serre destinée à la culture des Orchidées. Elle mesure £5™ de long sur 5"'50 de large et 2'"75 de haut. Elle est divisée en trois compartiments dont l'un est destiné <à recevoir les plantes en fleurs, le deuxième les espèces brésiliennes et le troisième celles des Indes orientales. Cette serre, d'une élégante architecture, est pourvue d'un appareil de chauffage et d'un système de ventilation très ingénieux. Les tablettes sont en fer et en ciment et l'ensemble réunit tous les perfection- nements apportés de nos jours à la construction et à l'aménagement des serres. * * Les roses de Nice et d'Hyéres. — Le journal La Médilerranée rapporte que la jolie rose T/ié S'afraito, aux gentils boutons rose purpurin orangé, est beaucoup cultivée à Hyères. Ce n'est pas seulement beau, mais aussi très lucratif. Cette rose a permis à un seul cultivateur de vendre en une semaine, au nouvel an, des boutons pour une somme dépassant cinq mille francs. Chez ce cultivateur, les Rosiers occupent à peine une surface de deux hectares. Lucien Linden et Emile Rodigas. BOMAREA CALDASIANA herb. — 43 — PL. DXLX BOMAREA CALDASIANA hecb. BOMAREA CALDAS Amaeyllidées ÉTYMOLOGIE. — Le genre a été dédié par Mirbel au naturaliste Vai.mont de Pomarb. CAIÎACTÈRKS GÉNÉRIQUES. — Caulis volubilis; f,'ermon trigone turliiiiatum ; pcrianthium scxpartitum sepalis petali^quc iuter se vix disparibus ; tilamenta gbindulis iu disco décidais inserta laciniarum basi vix aut nequaquam adnata; antlierae basi afSxae; capsula evalvis coriacea trigone turbinata scxsulcata opereulo obluso, serins corrugata ditsepimentis integris opereulo late déhiscente; seniina obovate subiotunda pericarpio maturo longum adhaerentia exopleura molli (sempcrue rubra aurantiaca vcl aureaV) sarcopleura pulpacea, endopleura subfusca albuinini corneo adhacrente, chalaza interna annulari in endopleura conspicua, extus vix discernanda. Plantae occidentales radioe plus minus tuberosa; stylo nescio an semper trip.irtibili. 'W. Heebeet, Amaryllidaceae, p. 67. Bomarea Miebel 1804 Dict. V. I. p. 18; 1810 in Poiret Suppl. I. p. 677. — Rchb. Coiisp. p. C5, n. 1766, I. sect. Alstromeriae. — Bomana Kikth, Enum. v. p. 787. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. -- Cauli flexuoso glabro, fuliis cvatc-lanceolatis tcnui-acuniinatis obtcure striatis subcarnosis, petiolis rubris, umbclla muUifiora, i]oribus sesquiuncialibus auranliacis, petalis lato-spalhulatis calyce multo longioribus rubro punctatis, ovario styloque pubcscentibus. — Bot. Maj. 18G4, t. C442. Le genre Bomarea a été distrait par Mirbel du groupe des Alstroemeria avec lesquels il ne doit pas être confondu. Il en existe peu d'espèces dans les cultures; Herbert en décrit quarante et parmi elles, le B. Caîdasiana est une des plus remarquables et des moins répandues. Ses tiges brunâtres volubles qui ac(|uièrent jusque près de 3 mètres de lon- gueur, portent d'élégantes spirales de feuilles ovales-lancéolées, d'un vert pâle, retournées sur leur pétiole de façon à montrer fréquemment le dessous qui est plus ou mois grisâtre ; les nervures sont saillantes. Ces tiges ne sont en réalité que les branches d'un rhizome souterrain et rampant; elles se terminent par une riclie ombelle de nombreuses fleurs dont les sépales sont d'un beau rouge écarlate, tandis que les pétales sont orangés et marqués de petites macules rouges. Le style et l'ovaire sont pubescents. Cette espèce déjà figurée dans l'excellent journal anglais TJie Oarclen, est originaire des Andes de Quito et croît naturellement dans les lieux tempérés des environs d'Alangazi, Piso et Chillo, dans la province de Quito. Cette origine dénote suflSsamment que la plante passera le mieux la saison estivale en plein air dans nos jardins et que pour l'hiver elle se contentera d'une place à l'abri des gelées, à l'instar du Dahlia. La plupai't des Bomarea, dont plusieurs sont originaires du Venezuela, sont dans le même cas. Em. Rodigas. — 44 PL. DXLXI PRIMULA SINENSIS lindl. yar. primevère de chine, variété remarquable Primulackes CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. — Voir Illustration UorlicoU, tomo XVIII, p. 134. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. — P. pilosa, foliis omnibus rosùlatis conlato-ovatis 7-9 lohatis, lobis iiiaequaliter inciso-dentatis undulatis obtvisis longe petiolatis, floribus verticillatis umbL'llatisve, scapis erectis, involucri ibliolis lanceolatis lineari-lanceolatisve aouminatia pediccUis 2"-4''ve minoribus mox integris dentatis moxve inuiso-dentatis, pedicellis Iaxis, calycis inflati e basi plana conici corollae tube paulo brevioris vix O-tidi dentilms ovatis aculis, corollae hypocraterimorphae, lobis obcordatis breviter emarginatis obtusis. LinDL. in Hook. Fi. rxof. t. 105 ; — P. prai'mlens Bot. Reg. t. 539 ; — P. sertulosa KiCKX. — Flores ampli, purpurei, rosei aut albi. Calyx post floresc. non accresoenB. Capsula 6-10 dentata. — De Cand. Prodr. vol. YIII, p. 35. Dans une précédente Chronique (1), nous avons insisté sur les variations remarquables qui se sont produites, depuis une dizaine d'années, dans la gracieuse race des Primevères de Chine. Nous avions alors sous les yeux une série de belles nouveautés que MM. Cannell et fils, les habiles semeurs de SwaïUey, avaient eu la complaisance de nous communiquer. La direction de VJlluslration a fait reproduire l'une de ces variétés par le pinceau de notre artiste peintre M. De Pannemaeker; nos lecteurs pourront constater ainsi que notre appréciation n'a rien d'exagéré et se convaincre de ce que les perfectionnements aujourd'hui réalisés sont considérables. Non seulement on a obtenu des coloris nouveaux dans toutes les gammes, mais la grandeur et la duplicature des fleurs, leur port, le feuillage lui-même ont été l'objet d'une attention persévérante. Quant à la grandeur, le diamètre -dépasse franchement 5 centimètres; pour le port, les fleurs se présentent admirablement sur la hampe et sont posées tout droit sur leurs pédicelles élancés; la couleur enfin, un beau bleu avec des reflets purpurins et rougeàtres, bien difficiles à rendre par la palette du peintre, dépasse toutes les prévisions. Cette seule variété permettra à ceux qui ne connaissent pas encore les nouveautés en fait de Primevères de Chine, de juger des colorations que nous avons indiquées dernièrement. ÉiM. Rodigas. (1) Illustration Horticole 1886, p. 23. k , PRIMULA SINENSIS lindl. var. ILLUSTRATION HORTICOLE. BRUNSWIGIA? MAG ICA L. LIND. & ROD. — 45 — PL. DXLXII BRUNSWIGIA? MAGNIFICA l. lind. et rod. BRUNSWIGIE? MAGNIFIQUE A JI A R Y L L I D É E S . ÉTYMOLOGIE. — Genre dédié en 1753, par Heistur, au Duc Charles de Brunswig Lunebourg. CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. — Perigonium corollinum superum sexpartitum urceolato-campanulatum vel intundibuliforme, limbo aequali vel irregulari. Stamina 6 imo perigonio inserta, filamenlis declinatis vel suberectis liberis vel basi cum perigonii tubo connatis, antheris versatilibus. Ovariura iuf'erum triloeulare. Stylus filiformis directione staminum, stigmate simplici vel obsolète trilobo. Capsula merabranacea subdiaphana turbinatim frilobo-trigona, lobis depressis vel alatis, trilooularis loculicido-trivalvis, Scmina in loculis pauca oblonga, testa uigra saepius tuberosa fuscescente. Herbae capenses, bulbo radicali globoso saepius scarioso-tunicato, foliis crassiusculis spathulato-oblongis vel ligulatis serotinis vel rarius, scapo varie compresso, cooztaneis, umbella multiflora pedicellis bricteis scariosis j^lerumque interstinctis, spatha communi bivalvi. Brunsvigia Heister 1153 Desrript. nov. gen. Brunsr. ex Bulbosarum classe. — Keb 1811 in Ait. Hort. Kew. II p. 230. — Herbert Amari/llidaceae p. 78. — Bot. Mag. App. p. 1. — Brunswigia Brongn. — Endl. Gen. (1837), n. 1271:, p. 17G. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. — Brunswigia bulbo globoso niaximo, foliis oblongis medio profunde canaliculatis, acuminalis, serratis, 0"'09 latis, 0'"lô-0"'50 longis, recum- bonlibus; scapo cylindrico 0"'035 diametro ; spathae foliolis 'oblongis ruberrimis; floribus maximis numerosis (20 ad 30), pedunoulis brunneis O'^IO longis cylindraceis, tubo brevi, petalis sepalisque retlexis, lauecolato-oblongis, 0"i09 longis, 0"'02-0'"03 latis, niveis medio rubro-purpureo pulcherrime pictis; staminibus albis, longis, recurvatis, basi connatis, stylo rubro vix breviore. In horto Continentalis Horticulturae Societatis ad nat. descripsi. Eji. Rod. Au moment même où les vaste.s contrées de l'Afrique centrale s'ouvrent aux investigations des explorateurs, il sera intéressant d'offrir aux lecteurs de V Illustration une plante récemment introduite de ces parages par la Compagnie Continentale d'Horticulture, qui a fait sensation à l'un des derniers meetings du Casino de Gand et dont l'inflorescence a un caractère d'imposante grandeur. C'est une des belles introductions de cette époque. Qu'on se figure un très gros bulbe sphérique, à tuniques colorées de rouge et de paille, d'où sort une grande touffe de feuilles engainantes longues de près d'un demi mètre, larges d'environ 0"'10, profondément canaliculées au milieu, luisantes et en grande partie denticulées sur les bords, avec une forte hampe cylindrique terminée par un immense bouquet serré de nombreuses fleurs qui par leur aspect rappellent celles du Lilium lancifolium ou speciosum; qu'on veuille bien ensuite jeter un coup d'œil — 46 - sur la planche qui accompagne ces lignes, et l'on sera convaincu de la beauté de cette brillante Amaryllidée qui justifie amplement sa dénomina- tion de magnifique. La fleur est large de 0™17 au moins ; les divisions du périanthe sont lancéolées et pointues, longues de 0"'10 et larges de plus de 3 centimètres. Mais ce n'est pas même la grandeur des proportions qui doive fixer l'attention, mais bien la grâce des formes et l'admirable coloris des fleurs du blanc le plus pur traversé d'outre en outre par une large bande longi- tudinale rouge pourpré avec des stries et des lignes parallèles plus foncées. Les boutons sont réunis dans une gaîne rouge sang. Le pistil est violacé ; les étamines sont blanches avec des anthères jaunâtres. Les filets et le style sont gracieusement recourbés. La plante est arrivée sous le nom de Bupliane species. Le nouveau Bmnswigia magnijica doit être cultivé comme les Crinum. Km. Rodig.\s. Les expositions horticoles d'Anvers. Les expositions horticoles d'Anvers. — La Société royale d'horticulture et d'agriculture d'Anvers a reçu du gouvernement la mission d'organiser les quatre grandes expositions horticoles qui seront ouvertes à Anvers k l'occasion de l'Exposition Universelle. La Société a obtenu dans ce but un subside de cinquante mille francs. Nous apprenons, en outre, que la Ville d'Anvers met gracieusement à la disposition de la Société organisatrice cinq médailles d'or de deux cents francs. Ces médailles seront réparties entre les diverses expositions et décernées comme prix d'honneur à l'exposant qui aura le plus contribué au succès des concours. Nous avons dit qu'il y aura quatre expositions. La première coïncidera avec l'ouverture de l'Exposition Universelle. La seconde, celle des Roses, aura lieu le 28 juin. Celle des plantes ornementales. Palmiers, Cycadées, miscellanées, plantes fleuries, etc., s'ouvrira le 2 août. Celle de la pomologie et de la culture maraîchère s'ouvrira le 27 septembre. On nous assure que le grand prix de la Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique sera attribué au concours d'Orchidées. Le Comité exécutif de l'Exposition Universelle décernera une médaille comméraorative à tout exposant ayant obtenu une médaille d'or, et un diplôme d'honneur aux exposants qui en auront remporté trois. —'47 — LE JARDIN FRUITIER ET LE POTAGER Artichaut-Cardon de Sicile Dam. Comme son nom l'indique, cette nouveauté réunit les mérites et les qualités de deux excellents légumes. C'est une plante très rustique, de croissance vigoureuse, atteignant une hauteur de 80 cent, à 1 mètre, et qui produit de nombreuses pommes allongées en pointe et de couleur violet foncé. Artichaut-C.'irdoa de Sicile. Dès les premiers jours de mars, on sème sur couche en godets; les plants sont mis en place en avril et fournissent encore la même année d'excellentes côtes que l'on doit avoir soin de faire blanchir à temps, en leur appliquant de bons buttages ; cueilli dans cet état, Y ArticJiaut- Cardon constitue un légume savoureux, d'un goût fin et délicieux. Au printemps, les pommes apparaissent en abondance, et pour le moins aussi tôt que celles des Artichauts les plus précoces. H. SCHMITZ. — 48 - ROSIERS NOUVEAUX Les obtenteurs de Roses ne se lasseront jamais. Lors(iue lu iierfec- tion est atteinte quant à la forme, il faut à tout prix des coloris nou- veaux, et quand certaines fleurs possèdent le plus ravissant coloris, il faut poursuivre encore le perfectionnement de la forme ou trouver d'autres nuances. D'ailleurs, la nature est inépuisable dans la diversité de ses pi-oduits et ceux-ci .se modifient toujours. L'année 1884 a donné une série de Roses nouvelles que leurs obtenteurs déclarent des merveilles. En attendant qu'elles aient passé par le crible des essais de culture et de la critique sévère qui en est la conséquence, voici la liste de quelques nouveautés. Rosier Bengale iI/"'° Jean Sisley (Dubreuil). — Fleur grande, pleine, en coupe ; coloris blanc mat, pétales extérieurs teintés de rose au revers, imbriqués, ceux du centre bulles. Arbrisseau très vigoureux et très florifère. Rosier Bourbon J/""" Berger (Pernet p.). — Fleur moyenne, pleine, rose tendre ; coloris plus vif à la floraison d'automne. Rosiers hybrides remontants. Amiral Courlet (Dubreuil). — Fleur pleine, eu coupe, carmin vif à reflets magenta. Pétales extérieurs imbriqués, ceux du centre entremêlés. Fleur très odorante. Baronne de Blochaxisen (Ketten). — Fleur grande, très pleine, rouge écarlate nuancé noirâtre velouté ; odeur de la Rose cent-feuilles. Charles Lamh (M'"' Paul). • — Fleur pleine, rouge brillant clair. Variété très jolie en boutons. Plante rustique, à floraison bien remontante. Commandant Foxirnier (Moreau Robert). — Fleur grande, pleine, plate, rouge éclatant nuancé feu. Très florifère. Docteur Dor (Liabaud). — Fleur très grande, pleine, rouge ombré, odeur et forme de Rosé Thé. Duc de Marlhorough (Lévêque). ■ — Fleur grande, pleine, rouge cramoisi scintillant. Edouard Hervé (E. Verdier). — • Fleur grande, pleine, rouge groseille foncé vif, très odorante. Empereur Alexandre III (Soupert et Notting). — Fleur très grande, très pleine, très odorante, rose foncé nuancé carmin. Arbrisseau très rustique. Étendard de Lyon (Gonod). — Fleur grande, rouge pivoine éclatant à reflet rouge métallique. Rameaux érigés, pédoncule ferme. Général Appert (Schwartz). — Fleur grande, pleine, rouge pourpre velouté noirâtre. Variété bien remontante, issue de Souvenir de William Wood. — 49 — Gipsy (Laxton). — Fleur moyenne, pleine, rouge foncé velouté. Rustique, floraison prolongée. GloireJyonnaise{i}n\\\oï). — Fleur très grande, pleiue,beau jaune chrome, jjétales fermes largement bordés de blanc pur glacé. Odeur et forme de Rose Thé. C'est le premier hybride remontant à fleurs jaunes; il paraît provenir d'un croisement de .fi""" Ad. de Rothschild avec J/""' Falcot. Henriette Matldeu (Vigneron). — Fleur grande, pleine, globuleuse, rose satiné. Kaizer Wilhelm I (Schulz). ■ — Fleur grande, pleine, rouge cramoisi foncé. Lady of te Lake (^^'"' Paul). — Fleur grande, pleine, globuleuse, rose pêche. Plante rustique. M"" MassicaicU (Schwartz). Fleur grande, pleine, odorante, variant du rose chair vif à reflets argentés, au blanc carné nuancé rose tendre. Variété franchement remontante. M"^' Raoul Chandon (Ch. Verdier). — Fleur grande, pleine, imbriquée, rose frais à pourtour plus clair. 3Iary Bennett[Bem\eii). — Fleur grande, cerise rosé brillant uniforme. Variété issue de B""' de Rothschild, recommandée comme fleur d'exposition. Président Joaquiûi Crespo (Lévèque). — Fleur grande, pleine, globu- leuse, rouge clair brillant. Plante très vigoureuse. tSonvenir d'Alphonse Lavallée (Ch. Verdier). — Fleur grande, pleine, imbriquée, grenat marron foncé. Plante vigoureuse presque sans épines. Rosier multiflore J/iniature (Alégatière). — Fleur petite, à peine plus grande qu'une Violette double, très pleine, très odorante, blanc rosé passant au blanc. Boutons en corymbes et s'ouvrant aisément. Rosiers Noisette. Aline Rozey (Schwartz). — Fleur moyenne, pleine, imbriquée, lilanc carné passant au blanc pur. Très florifère. Lusiadas (Costa). — Fleur grande, pleine, globuleuse, très odorante, jaune d'or parsemé de rouge cramoisi passant au rouge violet, pétales extérieurs légèrement lavés de rose pêche. Coloris nouveau. tJ/'"" Clément 3/assier (Nabonnand). — Fleur moyenne, très pleine, imbriquée, rose très vif au centre, pétales raarginés de rose clair. Le bouton est blanc. Arbrisseau grimpant Rosiers Thés. Annetle Murât (Levet p.). — Fleur jaune citron. Arbrisseau sarmenteux, très vigoureux, très florifère. Bedford Belle (Laxton). — Fleur grande, très pleine, en coupe, blanc rosé parfois teinté de rose à l'extérieur. Riche floraison hâtive. Charles Lcgrady (Pernet f.). — Fleur grande, pleine, rouge carminé passant au rose très foncé, bord des pétales légèrement argenté. Variété très visroureuse et très florifère. — 50 — Conâessa da Poz (Costa). — Fleur grande, pleine, globuleuse, bouton allongé ; coloris rose tendre lilacé satiné ; iiourtour des pétales argenté. Issu de la variété Sottvenir d'nn ami. Docteur Antoine Cariés (Nabonnand). — l'icur tros grai.de, très pleine, imbriquée, d'un beau jaune. Fanny Pauwels (Soupert et Notting). — Fleur moyenne, pleine, odorante, jaune luisant nuancé jaune clair, jaune plus foncé au centre. Gaston Chandon (Schwartz). — Fleur assez grande, pleine, rose cerise nuancé rose tendre à fond jaune cuivré. Plante très vigoureuse. Grâce Darling (Bennett). — Fleur grande, trc's pleine, très belle, blanc crème à la base des pétales fortement teinté de rose pèche. M"" Paul Mariny (Marmy). — Fleur grande ou moyenne, pleine, légèrement creusée, jaune très clair au centre, rose très pâle au pourtour. Bouton crème passant au rose très pâle. Nathalie Imbert (Nabonnand). — Fleur grande, pleine, imbriquée, érigée, rose saumoné. Moîivenir de Gahrielle Brevet (Ouillot). Fleur grande, pleine, très odorante, blanchâtre saumoné, centre rose vif, fond jaune cuivré passant au saumon clair. Sunset (P. Henderson). • — Fleur grande, pleine, odorante, riche orange safran foncé. C'est un dimorphisme de la « Perle des Jardins, s Parmi toutes ces nouveautés, l'amateur n'aura que l'embarras du choix. On saura \Aws, tard, dans deux ou trois années, si quelques unes de ces fleurs arriveront à conquérir une place à cùté de celles que leurs qualités incontestées ont élevées au premier rang, comme Gloire de Dijon, La France, Louis Van Eoutte, Maréchal Niel, Souvenir de la Malmaison et quelques autres. V. TÉR.\N. MEETING HORTICOLE AU CASINO DE GAND, MARS 1885 Le meeting mensuel pour l'appréciation des produits de l'IiorticuUure, organisé par la Cliauibre syndicale des horticulteurs belges et la Société royale d'agriculture et de botanique de Gand, a eu lieu le 9 mars, dans les locaux du Casino, avec son succès habituel. Les distinctions suivantes ont été décernées. CERTIFIC.VTS DE MERITE : Imanlopliijllum M. Amhroise Verscliaffelt. présenté par W. F. J. Spae. Bégonia sceptrum, présenté par M. Ed. Pynaert. Kortlialsia rohusta, présenté par ^L Aug. Van Geert. Caltleya Trianae var. de Popayan, présenté par M. .lames Bray. - êi - Odoniogîossum EdwarcU, présenté par la Compagnie Continentale d'horticulture à Gand. Plialaenopsis Slnartiana^ présenté par la Compagnie Continentale d'horticulture à Gand. Camellia Général Stewart, présenté par M. J. Moentjes. CERTIFICATS DE BELLE CULTURE : Cypripedium Boxalli, présenté par MM. Vervaet et C°. Antkurium ferrierense, présenté par M. L. Van Houtte. Sparmannîa af ricana Jlore pleno , présenté par M. Van Driessche-Leys. ImantopliijUum. miniatitm, présenté par M. de Gliellinck de "Walle. C iipripetlium Boxalli, présenté par M. James Bray. MENTIONS HONORABLES POUR LE MERITE : PJiajus Blumei, présenté par M. Aug. Van Geert. BendroMum Fintleijanum. présenté par MM. Vervaet et C". Odoniogîossum Alexandrae, présenté par MM. Vervaet et C. Odontoglossum hysirix maynifcum., présenté par MM. Vervaet et C". Laelia superbiens, présenté par M. \'an Geert père. Imantopilujllum Chevalier Heyiideryck, présenté par MM. Blancquaert et Vermeire. ImantopJiyllum de semis, présenté par M. Louis De Smet. MENTION HONORABLE POUR LA CULTURE : Plialaenopsis ScMlleriana, présenté par MM. Vervaet et C^ LES PLANTES D'APPARTEMENTS ET LES SOINS QU'ELLES RÉCLAMENT SUIT£(1) Une dei'nière condition fâcheuse pour les plantes, c'est l'aridité fréquente de l'air. Pour la culture des végétaux en appartement, il serait extrême- ment utile de recourir à l'usage du psjchromëtre, appareil qui permet de mesurer à tout instant l'état hygrométrique ou le degré d'humidité absolue de l'air. On saurait alors comment il conviendrait de bassiner, de mouiller, d'arroser ou de seringuer. Dans les chambres, il est difficile d'employer l'arrosoir et impossible de seringuer : on mouillerait les murs, les rideaux, les tapis, les meubles. Et pourtant il est nécessaire d'arroser et de seringuer, plus peut-être que de bassiner et de mouiller. Expliquons d'abord ces termes. Mouiller, c'est simplement donner de l'eau à la terre du vase contenant la plante ; bassiner (1) Voir ci-desBus page ù3. - 52 - signifie donner de l'eau à fond, on mettre par exemple dans le bas de la jardinière ou des bacs en zinc, afin (lUc les racines trempent dans le liquide et en absorbent le plus pnssilile; arroser, c'est donner de l'eau au moyen de l'arrosoir, de manière à mouiller à la fois la terre des pots et les plantes elles-mêmes; enfin seringuer veut dire mouiller le feuillage de toutes parts aussi l)ien du bas que du haut et des côtés : cette opération exige l'emploi de l'hydronette à trous plus ou moins fins. Donner convenablement de l'eau aux plantes est chose facile pour le jardinier expérimenté ; pour les amateurs, c'est un long apprentissage qui fait de nombreuses victimes et coûte à la longue fort cher. Les uns pensent qu'il faut mouiller les pots tous les jours, les autres croient qu'il faut les mouiller tous indistinctement; d'autres enfin s'inKiginent qu'il suffit de verser de l'eau dans les jardinières, les bacs ou les soucoupes et de laisser aux plantes le choix de boire ou de ne pas boire quand cela leur plait. Autant d'erreurs. La terre ne doit jamais être aride, absolument sèche; si on la mouille, il convient de bien la mouiller, disons de la tremper, à con- dition que l'eau superflue puisse s'échapper par les trous de drainage. Il est mauvais de laisser l'eau stagner au fond des jardinières ou des bacs de zinc où elle ne tarde pas à se corrompre et si, pour répondre aux exigences de certaines plantes. Fougères, Cypéracées, etc., on peut mettre de l'eau au fond, il est urgent de placer alors les pots sur des isoloirs afin qu'ils ne trempent pas constamment dans l'eau. Il est très bon que la terre se sèche une fois par semaine. L'eau dont il sera fait usage est de préférence de l'eau de pluie ou de rivière, jamais de l'eau de pompe pouvant contenir des substances cal- caires, nuisibles à beaucoup di^ plantes. Nous avons déjà dit ([u'elle doit avoir au moins la température do l'air ambiant ; elle peut être tiède, si l'on veut, et il est bon d'employer de temps en temps de l'eau chaude à 40° c. ; elle expulse les lombrics et empêche la terre do s'aigrir. On ne donne pas ou fort peu d'eau aux plantes en repos. Au moyen de l'arrosoir, on supplée aux pluies absentes. Pour donner convenablement les arrosements, on portera les plantes au dehors afin de pouvoir y arriver de toutes parts ; on les arrose copieusement et, à deux reprises s'il le faut ; on les laisse bien égoutter avant de les rentrer. Beaucoup de plantes ont besoin d'être seringuées, d'être arrosées à la page inférieure des feuilles, celles là surtout (pii sont faciles à être infestées par les pucerons. On a recommandé de faire usage de l'hydro-pulvérisateui', sorte de flacon avec boule d'air en caoutchouc, et de projeter ainsi un fin brouillard sur les feuilles. C'est là un charmant jouet à laisser aux mains des enfants, mais ce n'est que cela ; tout au plus peut-on en tirer parti pour humecter les fleurs d'un bouquet. Quand il s'agit de seringuer, il faut un propulseur puissant, l'eau finement divisée doit arriver sur toutes les parties de la plante et les asperger complètement. Ém. R0DICr.\S. 4"^ Skkie 5"" Volume TOME XXXII. Année 1.SS5 4"° Livraison Principales distinctions obtenues par L'ILLUSTRATION HORTICOLE MÉDAILLE DE MÉBITK A l'eXPOSITION rKIVERSELLE DE VIENNE EN 1873 Ml'LOME d'honneur A l'EXPOSITION INTERNATIONALE d'aMSTERDAM EN 1877 MÉDAILLE d'or A l'EXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS EN 1878 DIPLOME d'HONNEIK A L'EXPOSITION DE MADRID EN 1883 T » ijiijJj STRATl HÛRÎICfl REVUE MENSUELLE DES SERRES ET DES JARDINS 1 ■ uL COMPRENANT LA FIGURE, LA DESCRIPTION L'HISTOIRE, LA CULTURE EN SERRES, EN PLEINE TERRE ET EN APPARTEMENTS DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES LES INTRODUCTIONS NOUVELLES L'INDUSTRIE HORTICOLE LES EXPLORATIONS BOTANIQDES, L'ARCIIITECTDRE DES JARDINS, L'ARBORICCLTDRE LA CULTURE MARAÎCHÈRE LE COMPTE RENDU DES GRANDES EXPOSITIONS, ETC. PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE J. LINDEN ADMINISTRATEUR REDACTEUR LUCIEN LINDEN EMILE RODIGAS Collaboration de Botanistes et Horticulteurs éminents TABLE DES MATIÈRES Chronique horticole 53 Nouvelle distinction accordée à M. Kodigas Gl Bibliographie 62 Heinrich Kobcrt Giiiipert .... 64 Congrès international de botanique et d'horticulture d'Anvers (1885). . 66 TEXTE ET PLANCHES COLORIEES PI. 553. Toxicophlaea Thunbergi . . 59 PL 554. Camelli.i Madame P. De Panne- inaeker 61 PL 555. Galeandra nivalis .... 63 Figure : Une pince à numéroter 65 A PARU LE 25 AVRIL 1885. Administration, au siège social de la Compagnie Continentale d'Horticulture (Société anonyme», 52, rue du Chaume, à Gand. CONDITIONS D'ABONNEMENT V Illustration Horticole paraît le 15 de chaque mois et forme, au bout de l'année, un gros volume in-.S" de 200 [Kip^s de texte illustré d.- nomluvuses gravures, et accompagné de 36 PLANCHES richement coloriées ou gravures supérieurement exécutées. Les sujets traités sont distribués dans l'ordre suivant : 1. Chronique liorticole. — II. Planches coloriées et descriptions de plantes nouvelles. — III. Culture des plantes en appartements. — IV. Jardin potager et jardin fruitier. — V. Horticulture d'ornement, etc. — VI. Architecture des jardins, constructions et industries horticoles. — VII. Miscellanées. — VIII. Correspondance. — IX. Explorations scientifitjues. Prix de rabonnement, payable d'avance, Par volume de 12 livraisons (de janvier à décembre) envoyées chacune /ra«co l)ar la poste. Pour toute l'Union postale 30 francs. Pays d'outre-mer 85 n Payable en un mandat sur la poste ilc Garni (Belgique) au nom île l'idniinistratcur. On s'abonne à l'administration de VJllustrution IlortkoJe, 52, rue dn Chaume, à Gand, ainsi que chez les principaux lil)raires de Belgique et de l'étranger. — Envoi franco d'un N° spécimen sur demande aft'ranchie accompagnée de 3 francs en timbres-poste. CERUSE SPECIALE pour In l'olntiirr des Serres, Abris, Meubles et Ornenirnts fie Jardins La t'oMPAGME coNTiKEMALR d'Horticvi.tire (Société anonyme), à Gand (Belgique), s'est assurée, par contrat passé avec l'inventeur, la vente et le dépôt général d'un produit destiné à la peinture des senvs, abris, meubles et ornements de jardins. Outre une blancheur et un velouté sans pareils, cette peinture garantit la conservation du t)ois et du 1er si vite attaqués par l'humidité et la chaleur à l'intérieur des serres, par le soleil et la pluie en plein air. La première personne venue pourra se servir de cette matière. La couleur étant toute pré- parée, il suffira d'y ajouter l'huile nécessaire pour pouvoir s'en servir. Le prix minime de ce produit engagera d'ailleurs tout le monde à avoir ses serres et son mol/iliL-r de jardin conservés dans le meilleur état. PRIX COURANT Livrable en bidons de fer bien conditionnés, fermés par de simples languettes, 1 Bidon de 10 kilos n» l-'r. 1 1 Bidon de 20 kilos ts Fr. 1 ni. 15 id 14 n I 1 id. 25 id «« » Les prix seront réduits de fj°io pour toute commande de 100 kilos et au delà. Peinture spéciale pour étiquettes Ce produit, tout spécialement recommandé pour cet usage, est livrable en couleur jaune ou blanche, par boîtes de I et de 2 kilos. PRIX COURANT Par boîte de un kilo . . , . . Francs 1-25 Par boîte de deux kilos id. 2-25 Les prix seront réduits de 5" „ pour toute commande de 12 boîtes et au delà. Adresser les commandes pour ces peintures directement à la Compagnie Continentale d'Horticulture (Société anonyme) 52, Rue du Chaume, GAND (BELGIQUE) a R A NEW York' BOTANICAL — 53- ^^RDE»*; CHRONIQUE HORTICOLE 15 Avril 1885. Le Conseil d'Administration de la Compagnie Continentale d'Hor- ticulture vient d'être renouvelé comme suit : Président : M. Jules Malou, Ministre d'État. Administrateur délégué : M. J. Linden, Consul général honoraire. Administrateurs : M. Léon Collinet, Administrateur du Crédit général Liégeois. » M. RoD. CouMONT, Banquier. » M. le Comte de Meeus, Propriétaire. » M. N. FuNCK, Directeur du Jardin Zoologique de Cologne. Directeur gérant : M. Lucien Linden. Nouveautés d'Oeillets bizarres. — La S'"" livraison de Y Illustra- tion horticole de l'année dernière a donné une belle planche des magni- fiques Oeillets bizarres nouveaux gagnés de semis par M. Edmond Morren de Jette St. Pierre. Ces variétés viennent d'être nommées : a) Madame Em. Rodigas. b) Madame Edmond Morren. c) Madame Léon Collinet. d) Monsieur Ouspenshj. e) Madame Lucien Linden. F) Monsieur le baron 0. Pycke. Ces variétés sont mises dès maintenant au commerce par la Compagnie Continentale d'Horticulture (voir page 95 du Catalogue de ce printemps.) ^- ^' Une grande exposition d'Orchidées, organisée par la Société Royale d'IIortieulture de Londres, aura lieu à South Kensington le mardi et le mercredi 12 et 13 mai prochain. A cette occasion, il sera tenu un Congrès ou Conférence. L'exposition comprendra huit classes. Dans la l" sont groupées les collections; dans la 2""' sont rangées les espèces et les variétés des genres Cattleya, Laelia, Odontoglossuni, Masdevallia et Cypripedium ; la 3™' classe comprend les Oncidium, Epidendruni, Dendro- bium, Vanda, Saccolabium, Aerides et Stanhopea. La 4"" classe est réservée aux exemplaires isolés d'Orchidées quelconques, la 5""" aux hybrides et aux croisements et la G"" aux Orchidées en fructification. TOME XX.Xll 1865, 4<^ LIVR. __ 54 - Dans la T"" classe, il est fait appel aux Orchidées indigènes à la Grande Bretagne, aux espèces rustiques d'autres contrées, aux fleurs coupées d'Orcliidées. Kntin, dans la S"" section, il y aura les spliagnum, terres, paniers, vases, étiquettes, etc., tout le matériel qui concerne la culture des Orchidées. Les plantes destinées à l'exposition devront être nuinies toutes d'étiquettes pareilles fournies d'avance par la Société. Le Congrès aura lieu le 13 à 10 h. du matin. Après la lecture d'une communication du savant orchidographe M. le professeur Reiche.nbach, M. Harry Veitch ouvrira la discussion sur le croisement des Orchidées, puis on s'occupera de leur culture. Enfin l'importante question de la nomenclature sera mise également à l'ordri' du jiuir. Comme tous les Congrès, celui-ci aura naturellement aussi son banquet. Celui-ci aura lieu le 12 mai à 7 h. au local de l'Albion. * * * Le catalogue des plantes de serre de la Compagnie Continentale d'Horticulture vient de paraître. Les plantes nouvelles mises au commerce pour la première fois par la Compagnie sont les suivantes : Adiantum ohliquum Moore (figuré et décrit dans la l"" livraison de 1885 de V Illustration horticole). Aechmea Lalindei Lind. & Rodigas [Illustration horticole, 3"" livrai- son 1883). Alocasia reginae N. E. Brown [Illustration horticole, 1" livraison 1885). Cattleya nobilior var. maxima. Chamaeclaion melallicum N. E. Brown [Illustration horticole, W' li- vraison 1884). Chamaedorea pulchella L. Lind. Ghamaedorea Wobstiana L. Lind. Cyrtosperma Matveieffianum L. Linii. Dendrobium Hasselli Bi.. [Illustration horticole. \" livraison 1885). Encholirium corallinum var. splendcns L. Lind. Opimogravune schizojihyllum xar. filoriosum L. Li.nd. [Illustration horticole, 5""' livraison 1884). Ilomalonaema Hiesmayerianum L. Lind. Kacmjiferia ornaia N. E. Brown [Illustration horticole, 9 livraison 1884). Pandanophyllum Wcndlandi Lind. PhyUotœniam Liudeni xar. vmgnificum L. Li.nd. Pothos Enderiana L. Lind. Pothos elongata L. Lind. Hchismatoglotlis pulchra N. E. P.rown (Illustra/ion horticole. 5"" li- vraison 1884). — 55 - Tillandsia Pastuchoffiana L. Linden. Zamia tonkinensis L. Lind. & Rod. [Illustration horticole, 2" livrai- son 1885). Lindenia, Iconographie des Orchidées. — La première livraison de cet uuvrage de luxe paraîtra le 15 mai prochain. La bonne exécution des planches a nécessité ce retard. * * * Expositions horticoles. — Une exposition générale des produits de l'horticulture aura lieu à Konigsberg, vers le milieu du mois de septembre prochain, par les soins de la Société horticole de cette ville. Le Garienbauverein (Société d'horticulture) de Darmstadt fêtera le 50°'" anniversaire de sa fondation en ouvrant le 18 juin prochain une grande exposition de plantes et de fleurs à laquelle elle convie tous les amateurs et tous les jardiniers à prendre part. L'exposition durera jusqu'au 23 juin. La Société d'horticulture du Duché de Limbourg ouvrira le 12 mai prochain une exposition internationale de plantes et de fleurs à Maestricht. Les floralies organisées par cette vaillante Société ont toujours un réel succès. La Société d'horticulture de l'Hérault fera, du 7 au 10 mai, une expo- sition horticole à Montpellier. La Société d'horticulture de Marseille ouvre une exposition générale en cette ville le 22 mai. La Société royale d'horticulture de Mons ouvrira sa 97'"" exposition florale le 31 mai prochain. Du 3 au 7 juin, il y aura une exposition générale d'horticulture à Lyon. L'exposition générale de la Société d'iiorticulture d'Etampes aura lieu du 13 nu 15 iuin. Les Vandées ont été admirables ces jours-ci dans les serres de la Compagnie Continentale d'Horticulture. 11 y a eu une réelle richesse de floraison. Plusieurs amateurs anglais en ont été émerveillés et semblaient étonnés de voir la plupart des hampes des Vanda suaxis et tricolor aussi fortes. Cela provient simplement de ce que les Vanda ne sont pas soumis dans cet établissement, à une température très élevée. En toute saison on leur donne de l'air; la température est constamment tenue sous 16° centigrades avec abondance d'humidité. La floraison des Phalaenopsis a été aussi des plus remarquables. Les P7i. Scliilleriana formaient toute la tète de la erande serre aux — 5(i — Vandées en mélange avec des Pîi. Stuarti et Ph. Sluarti var. nohilis. L'effet produit par cette quantité de Vanda et de Phalaenopsis , admira- blement ileuris, était uuicjue. Les Azalea viennent en fleurs en ce moment. (Juand pai'aîtront ces lignes, la grande serre, contenant plus do trois cents grands spécimens, présentera un effet fééri(iue. Nous engageons nos lecteurs à visiter l'éta- blissement de la Compagnie Continentale d'Horticulture à ce moment. Crinum magnificum. -■- Le doute que nous avons émis on décrivant le BrvMsmlgia? magnifica, dans la précédente livraison, a été confirmé par W. Laker de Kew. ("est liion un Criiuini. * Le Monodora Myristica Dunal, de la petite famille des Anonacées, a fleuri en mars dernier au Jardin l)otanique de l'Université de Liège, sur un tout petit exemplaire obtenu de bouture. Cet arbre est rare même dans sa patrie, les régions cliaudes de rAm(''ri(pio niéridiimale. * * * Le marché de Covent Gardon à Londres est actuellement fovirni de très belles poires provenant du Cap de Bonne Espérance, de sorte que la saison de ces fruits pourra désormais ne plus avoir d'interruption et se continuer d'une année dans l'autre. La rédaction du Gar- deners" Chronide a eu l'occasion d'apprécier des spécimens de Beurré super/m et de Olou Morceau de la provenance susdite ; les uns étaient trop avancés en maturité, les autres non suffisamment mûrs, en outre l'iuiiliallage (>t;ii( défectueux. Néanmoins les fruits étaient de toute lieauté et n'avaient giu're snuffert de la traversée. Nouveaux Rhododendron. — M. le Iiaron Ferd. von Mui.ler a signaU: et décrit dans la, (idrienjinra \\w nouv(>aMté découverte [lar M. Carl IIanstein sur uihî chaîne d(! eullines hautes de 6000 [lieds dans la Nouvelle-Guinée. 11 l'a dédiée à son ami le comte dk Tovkrena, consul-géui'i'al d'Italie, à Melliourne. La plante semlile être iiu Ijeau type à brilhinli! floraison d'un liiauc' pur. Los fleurs réunies ]iai' l", ont ()"'15 de long et de largo. La corolle se compose de 7 divisions, ('talées, ovales lancéolées, un peu rcifléchies sur les bords. Les fleurs sont plus grandes encore que celh's du Pli. GriJ/itM\ le tulie de la corolle est ]dus allongé qu(! les anthères. M. B. Stein cite, en outre, deux autres espèces non moins remar- qualiles, découvertes récemment par MM. A. Schadenbercj et 0. Koch au volcan Apo, à une altitude de 3000 m., dans l'île de Mindanao. Ce sont les Rh. Kocld Stein et Rh. apoamcm Stein. Le premier se raiiproclie du Rh. jasminijlorum Hook, mais il en diffère notablement par la furme des tleurs et des feuilles. Les fleurs du Rh. Kocld sont grandes, blanc de neige et réunies on coryiiibes au nombre de 10 à 20. Le Rh. apomuim rappelle le Rh. fcrrugineum l. mais en se rappro- chant le plus du Rh. retusxovi. Les rameaux, les pétioles et la face inférieure des feuilles sont couverts d'écaillés serrées, brun bronzé. Les l'cuilles sont coriaces. Les fleurs, (i à 10 [>ar oml>elle, sont rouge pourpre. Vei'gers en Gueldre. — Ce n'est pas en Belgique seulement que les plantations fruitières s'étendent, il en est de même en Néerlande et cela n'est pas étonnant si l'on tient compte de leur rendement. SemjKnirens citait l'autre jour trois vergers des environs de Tiel, l'un de 2 hect. ayant produit l'an dernier pour 2880 florins de pommes, un autre de même superficie ayant donné 6110 florins, le troisième de 1 h. 30 ayant produit pour 912 florins de cerises. * La culture des Rosiers pour la fleur coupée prend partout une extension considérable. A'ous citions l'autre jour les produits d'Hyères et de Nice. Rappelons maintenant qu'aux abords de Londres il existe de grands établissements outillés spécialement pour la production de la fleur coupée et fournissant continuellement aux fleuristes de cette capitale des boutons et des fleurs. Le Oardeners' Chronicle mentionnait, dans son numéro du 4 avril courant, la résidence d'un particulier du Middlesex possédant entre autres deux serres contenant 3000 pieds de Rosiers cultivés en pots et donnant des fleurs à couper durant huit mois de l'année. Un tiers de ce nombre consiste en variétés Isabella Sprunt., Niphetos, Madame. Falcot, Perle des Jardins et Safrano. Les murs sont tapissés de Maréchal Niel. La cueillette commence en janvier et dure jusqu'en septembre. En mars on ajoute un peu de riche terreau et plus tard de l'engrais liquide à l'occasion. * * * Le Rafflesia Schadenbergiana Goeppert. — Après le Rajlesia Patma décrit naguère par nous en tous ses détails dans la Flore des Serres., et le Rafflesia Arnoldi, il n'avait plus été question depuis longtemps de nouvelles espèces de ce genre étrange, lorsque M. Suring.vr décrivit, il y a quatre ans dans les Acla Soc. Scient. IVeerlandicae, le Rafflesia — 58 — Jlasselti originaire de vSumatra. Le Gartenjlora inaugure le volume de 1885 en publiant la description et la planche d'une espèce nouvelle, découverte dans le sud de Miiidanao par MM. Schadexherg et 0. Koch et que Goeppert a dédiée au premier de ces explorateurs. Comme le R. Patma, cette espèce est parasite sur la racine du Cissus; vue d'en dessous, la fleur a presque la même forme et le même coloris liruiuitre; mais d'au dessus la cupule et les divisions du périanthe sont autres, rappelant les zébrures et les maculatures de certains serpents. Il est regrettable que jusqu'à ce jour on n'ait pas réussi à cultiver ces curieux végétaux. Nous ignorons si les essais tentés naguère par M. Teysmann, à Buitenzorg, Java, ont eu un heureux résultat. Les larves des hannetons sont aussi redoutables dans les pépi- nières que dans les potagei-s, et les fraisiers ne sont pas leurs seules victimes. Parfois on a recours ta un remède souvent aussi grave que le mal lui-même, c'est la taupe : cela s'appelle combattre un mal par un mal sans que l'on sache au juste lequel est le pire M. Paul Dauvesse a itiit connaître, dans le Bulletin de la Société d'horticulture d'Orléans, un remède qu'il a employé avec un réel succès, notamment le sulfure de carbone renfermé dans des capsules de gélatine, à la dose de 120 gram- mes par mètre carré. Au moyen d'un piquet pointu on fait sous les plantes attaquées des trous de 25 à 30 centimètres de profondeur : non seulement les vers blancs mais les autres insectes, courtillières, lombrics, etc., sont détruits infailliblement. Le printemps de 1885. — Le vent a été généralement au nord durant le mois de mars et bien que nous n'ayons guère eu de gelée considérable, ce vent froid a suffi pour retarder la végétation qui est arriérée de vingt jours au moins sur l'année précédente. Ce retard est très favorable aux essences fruitières surtout, dont la floraison peut ainsi se produire lorsque les gelées sont moins à craindre. Il en résulte aussi que la feuillaison en général sera plus régulière et donnera lieu à des feuillages plus touffus que ceux de l'an dernier qui n'étaient que du regain, c'est à dire le résultat d'une seconde pousse venue après celle que les gelées d'avril avaient détruite dans nos contrées. Lucien Linden et Emile Rodigas. TOXICOPHLAEA THUNBERGI harv. — 59 — PL. DXLTII TOXICOPHLAEA THUNBERGI iurïït toxicophlée a thunberg Apocynèes ÉTYMOLOGIE : Du grec To';txov, poison dans lequel on trempait les flèches, et y/o'o;, écorce; écorce empoisonnée. CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. — Toxicophlaea. Calyx qiiinquepartitus, basi interne disco obsolète crenato' auctus ; lobis lanceolatis, (ubo multoties brevioribus. Corollae tubus cylindricus, sensim ampliatus, quinquescriatus, glaber; lauxvillosa; lobi quinque, ovati, acuti, aestivatione (dextrorsum ? sinistrorsumV) convoluti, supra villosi, brevissimi. Stamina quinque, tubo infraos inserta; iilamentis brevisfimis, antheris ovatis. Kectarium nullum. Ovarium biloculare, obtusum, glabrum. Stylus filiformis, longitudine fere tubi, superne in cupulam membranaceam stigma amplectentcni expansus. Stigma capitatum, conicum, bitidum. Ovula in loculis solitaria. Arbor orgyalis, capensis; foliis oppositis, ellipticis vel elliptico-lanceolatis, petiolalis. acuminatis, mucronatis, integerrimis, margine refiexis, glaberrimis; floribus in axillis foliorum glomeratis, subsessilibus; flore odore Jasmini, albo vel roseo; tubo corollae albo-sanguineo, lobis albis. Ex cortice venenum. Tubus corollae poUicaris, lobi solum lineam longi ex Thunb., brèves ex Harv. In Carisseis ex cl- Haevet, in Hook. Journ. bot. 4. p. 135 et ejusd. Lond. Journ. bot. I, p. 24. — Cestrum venenatum Thune. FI. Cap. éd. Sch. p. 193. — De Cand. Prodr. VIII, p. 336. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. — T. Thunberqi; ibliis petiolatis ellipticis vel elliptico- lanceolatis, mucronatis, integerrimis, ramisque glabris, utrinque parce elevato-nervosis; florum glomerulis axillaribus, breviter pedunculatis; floribus subsessilibus calycis lobis ovato-Ianceolatis, obtusiusculis, glabris vel sublente puberulis; corollae albae amoene suaveolentes, tubo cvlindrico, usque 2 cm. longo;lol>is ovatis, subacutis, horizontaliter patentibus. Frutex humilis, ramis teretiusculis. Folia coriacea, scmpervirentia. Flores extus dense vel sparse puberula. Toxicophlaea Thunbergi Haevey FI. Cap. I, p. 10, t. 16. — Gartenflora 1878, p. 161, t. 940. — Rev. HoH. 1880, p. 370. — Gard. Chron. 1S75, p. 310. — Walp. Ann. bot. III, 32. — T. cestroides A. dc. Prodr. VIII, 336. — Cestrum venenatum Ttîvsb., Flor. Cap. p. 193. Bien des visiteurs, en parcourant il y a peu de semaines les serres tempérées de la Compagnie Continentale d'Horticulture à Gand, ont été agréablement surpris, comme nous-même, par le parfum suave dont l'une de ces serres était embaumée. Presque malgré soi, on cherchait les fleurs du Jasmin d'où devait provenir cette délicieuse odeur et on arrivait ainsi devant les cymes de fleurs blanches et parfumées d'une plante trop peu répandue, le Toxicopklaea Thunbergi. Cette espèce a fleuri assez abon- damment dans les serres du Jardin de Kew, il y a une dizaine d'années. — 60 — C'est 11110 plante à iloini sarmenteuse que l'on peut aisément palisser et conduire. La tige est luisante et d'un lu-un rougeàtre. Les feuilles sont coriaces, courtenient pétiolées, elliptiques, lancéolées, acnniinées ou arrondies, opposées, à ligne médiane très prononcée ; ces feuilles sont le plus souvent bronzées ou rougeàtres à la page inférieure, tandis que la face supérieure est vert foncé. Les fleurs sont disposées en nombre très considérable, aux aissoUos dos feuilles, et forment des glomérules com- pactes. Elles sont du blanc le plus pur et dég;igent un parfum exquis. Pas une des corolles ([U(^ imus av(uis vues n'était marquée extérieurement de la teinte rosée dont [larlc ^L IIdiii.i.et dans l'excellente description qu'il donne de cette plante dans Va Revue Horticole [\). Cette ditlV-rence serait-elle le fait de l'exposition de la plante à une lumière plus ou moins vive, ou bien l'espèce compte-elle déjà des variétés à fleurs plus ou moins lilanches? En cas d'affirmative quant au dernier point, il serait très intéressant d'en voir produire des semis. L'exemplaire qui fleurit à Kew, était également à fleurs toutes blanches. Cependant, d-'après le Prodome de DE Candolle, les fleurs sont ou blanches ou roses. Ce Toxicophlaea n'est guère difficile quant aux conditions de culture. La serre tempérée lui sufl^it amplement. Il croît fort bien en vase dans un bon terreau et mieux encore étant planté en pleine terre. La plante est originaire du Cap de Bonne Espérance, les colons néer- landais l'appellent encore giftboom, nom qui rappelle l'usage que les aborigènes en faisaient : ils trempaient leurs flèches dans une décoction faite avec l'écorce du Toxicophlaea. Ém. Rodigas. * L'utilité des binages par les temps secs n'est guère contestée par les jardiniers sérieux. Elle l'est parfois par des personnes peu initiées aux choses de l'iiorticulture et qui ne comprennent pas que le sol sous la couche remuée par la binette ou la serfouette se dessèche moins. On vient d'en f\iire cependant la démonstration expérimentale. Au moyen d'une balance spéciale, M. Grandeau a montré qu'une surface de terre non binée perd par évaporation 13 1/2 grammes d'eau, tandis que la même surface voisine mais binée n'a évaporé que 8 grammes pendant le même temps. Cette différence en moins, pour la surface binée, est très considé- rable. (1) Année 1880, p. 370. CAMELLIA MADAME P. DE PANNEMAEKER. — 61 — VL. DXLIV. Camellia Madame P. De PanneiTiaekep l. LIND. La Julie variété (jiie nous dédions à l'épouse du grand et modeste artiste à i[m V Illustration Horticole doit tant de belles planches coloriées, est une branche fixée du Camellia Madame Cachet. Elle se distingue par des fleurs au-dessus de la grandeur moyenne, formées de très nombreux pétais égaux, arrondis, légèrement bilobulés au sommet, étalés, très régulièrement imbriqués, d'une rose gai, veine de blanc et pâlissant vers l'extrémité pour devenir bordé presque entière- ment de blanc. L'arbrisseau est doué d'un port élégant, d'un assez ample feuillage, fleurit abondamment et facilement. L. L. Nouvelle distinction aeeopdée à M. Rodigas. Nous avons fait connaître précédemment aux lecteurs de V Illustration Horticole les distinctions que les gouvernements de Belgique et de France ont octroyées au rédacteur de notre publication. Aujourd'hui nous avons la satisfaction de leur annoncer que le gouvernement espagnol vient de nommer M. Rodigas chevalier de l'Ordre royal d'Isabelle la Catholique. Nous aimons à constater une fois de plus que les services rendus à riKirticulture par notre compatriote sont justement appréciés à l'étranger comme chez nous. L. LiNDEN. Pronostics du temps. — Les Tradescantia viridis, zebrina et discolor sont bien connus comme plantes ornementales ; Ylllustrirte Oarten-Zeitunff de Vienne nous recommande le T. sehrina comme un véritable baromètre. Les boutons de cette gracieuse plante s'épanouissent 24 heures avant la pluie, la neige et même les orages. Il suffit de placer la plante dans une chambre bien claire où elle puisse recevoir les rayons du soleil et l'on verra bientôt apparaître ses fleurs violet clair. Une fois qu'elle fleurit, les boutons se succèdent abondamment et il sera facile d'observer leur épanouissement. — G2 - BIBLIOGRAPHIE Recherches anatomiques sur l'Urtica dioica (1). — M. le D' Gravis, assistant du cours de botanique à l'Université de Liège, s'est livré à une étude coniplèto des organes végétatifs de l'Ortie commune et a rédigé sur ses observations un mémoire que l'Académie royale des sciences a jugé digne d'être publié. C'est une œuvre considérable faisant honneur au jeune savant qui montre ainsi à ceux qui veulent s'occuper sérieusement d'études anatomiques une voie toute nouvelle ouverte à leurs investi- gations. M. le D'' Gravis a fait preuve dans son travail d'un excellent esprit d'observation et d'un savoir sur et très étendu. Report of the Director of the United States geological Survey (2j. — Nous avons sous les yeux le 3"'" Kapi)ort pour les années 1881-1882 du directeur J. W. Powell sur les travaux géolo- giques exécutés aux États-Unis et adressé au Ministre de l'Intérieur. Ce travail auquel ont collaboré les spécialistes les plus éminents, est l'un des plus remarquables qui aient été publiés jusqu'à ce jour sur la géologie. A côté des rapports officiels, ce superbe volume contient un mémoire du prof. 0. C. Marsh sur les oiseaux à dents, un beau travail de R. D. Irving sur les rochers à cuivre du Lac Supérieur, les recherches de J. C. Russell sur les fossiles du Lac Laliontan, sur la géologie du district Eurêka, Nevada, par A. Hague, sur les moraines de la seconde époque glaciaire par T. C. Chamberlin, sur les mollusques fossiles non marins de l'Amérique Septentrionale par le D"' C. A. White. Ce volume est accompagné de nombreuses figures et de 67 planches et cartes géographiques et autres coloriées et supérieurement exécutées. * * Les Plantes des Alpes (3). ■ — Personne mieux que M. Henry CoRREVON, l'habile directeur du Jardin botanique qu'il a créé à Genève, était à même de doter le monde horticole d'un livre à la fois théorique et pratique sur ces jolies plantes alpines que l'on aime quand on les voit fleurir dans les jardins, que l'on adore et qu'on n'oublie jamais quand on les a vues une fois dans leur station naturelle. M. Correvon a bien raison de les appeler les étoiles terrestres; elles sont scintillantes dans leurs coloris aussi vifs (jue variés et méritent bien les soins de culture qu'elles réclament. L'auteur connaît à fond le sujet qu'il traite, il a étudié chez elles ses plantes favorites, et en publiant ce que l'ex- périence lui a enseigné à leur égard , il aura rendu un très grand service à l'horticulture. Em. Rodigas. (1) Un vol. in-4", 234 pages et 23 planches. Bruxelles 1885. (2) Un vol. gr. in-8", 564 pages et 67 planches gravées. AVashington, 1883. (3) Un vol in-lS", Genève, 1885. GALEANDRA^NIVALIS hort. — 63 — PL. DXLV GALEANDRA NIVALIS GALÉANDRA BLANC DE NEIGE Orchidées ÉTYMOLOGIl-i et CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Voir Illustration Horticole, tome XXI, 1874, p. 110. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. — Galeandra caule erecto, brevi, simplici, cylindraceo, gracili,poljphyllo; foliis lanceolalis acuminatis, bi-vel trinerviis; raoemo sessili, recurvo, multiHoro; Horum sepalis petalisque ovato-lanceolatis, hruimeis; labello ini'undibuliforme, niveo, macula purpureo-violacea picto; anthera rotundata, pubescente, lutea. Le genre Galeandra ne forme qu'un petit groupe dans la riche famille des Orchidées. V Ilhistration Horticole n'en a publié jusqu'ici que deux espèces, le G. harbala (tome VII) et le 0. Bevoniana (tome XXI). Ce sont toutes plantes terrestres ou épiphytes à feuilles plus ou moins plissées, à fleurs en grappes, au périanthe à pièces érigées et libres, au labelle disposé en coquille, à l'anthère en forme de casque muni d'une crête recourbée. Toutes sont originaires des régions tropicales. Le Galeandra nivalis dont nous publions une planche d'après un exemplaire qui vient de fleurir dans les serres de la Compagnie Con- tinentale d'Horticulture, est une charmante plante dont le port rappelle en petit celui du G. Devoniava. Si elle est moins grande, moins élancée que l'espèce dédiée au Duc de Devonshire, elle est en revanche plus gracieuse dans toutes ses parties. Du sommet d'une tige grêle et cylindrique, haute de 0™25 à 0"'30, portant des feuilles lancéolées, étroites presque linéaires, plissées et aiguës, recourbées, disposées par paires et engainantes, d'un vert foncé, part , un élégant racème comme incliné sous le poids de ses nombreuses fleurs. Celles-ci sont grandes, eu égard aux proportions de la plante entière; elles sont longues de O^OS et larges de 0™025 ; les segments du périanthe, érigés, ovales-lancéolés, sont entièrement fauves ou olivâtres ; le labelle en forme d'entonnoir est d'un blanc pur, ce qui justifie quelque peu la dénomination de nivalis donnée à la plante; il se termine en deux lobes divergents dont le milieu est marqué par une macule pourpre violacé. L'éperon est jaune et a une longueur de près de 0"'03. La première floraison du Galeandra nivalis a eu lieu dans les serres de Sir Trevor Lawrence, à Burford Lodge, Dorking, président actuel de la Société royale d'Horticulture de Londres. Elle fut signalée par le Gardeners" Chronicle en avril 1882 et par le journal The Garden en mars de la même année. Comme tous les Galeandra, le G. nivalis demande la température de la serre chaude et une humidité constante durant sa période végétative. Ém. Rodigas. — 64 HeinFieh Robert Gôppert h'Illustralioii Horticole eu aiiiidiK-aut rainu'c dernière (Ij le décès du vénérable doyen des botanistes de l'Allemagne, parla de l'activité rare du savant durant sa longue et lionorable carrière. La Gartenjlora a publié dans le premier fascicule de 1885 un excellent portrait de l'éminent écrivain avec une notice biographique due à la plume de M. R. Stein. Et, comme pour fournir la preuve de l'infatigalile labeur du regretté Dr. GiippEKT, le même recueil donne la description et la planche coloriée du Rajflesia tSchadenhergiana déterminé par lui peu de semaines avant sa mort et, quelques pages plus loin, dans le deuxième fascicule, le dernier travail de ce paléontologiste sur la flore fossile de la iiouille et de l'anthracite (2) couronnant dignement la longue série des œuvres utiles qu'il élabora sans s'interrompre durant un demi siècle. Henri Robert Goppert naquit le 18 juillet 1800 à Sprottau en Silésie. 11 était le quatrième fils du pharmacien Goppert. A l'càge de 9 ans, il commença ses études latines au collège catholique de Breslau où il termina ses humanités. Son père le destinait à la pharmacie; mais l'amour ardent des sciences poussa le jeune homme à l'université, et à l'âge de 20 ans il obtint son grade de docteur en médecine. En 1828 il devint Privatdocent et dès 1832 professeur à la faculté de médecine de l'Univer- sité de Breslau. D'abord Custos du jardin botanique à partir de 1829, sous Treviranus, il succéda en 1851 à Nées von Esenbeck, comme directeur de ce bel établissement, l'un des plus complets du monde au point de vue de l'instruction populaire. Il se dévoua à son jardin de cœur et d'âme et y fit tous les ans des essais d'introduction et d'acclimatation toujours très intéressants. Sa vie entière fut consacrée à la recherche de la vérité dans le domaine scientifique. Il fut un des premiers à s'occuper de paléontologie végétale et grâce à son rare talent d'observateur et à son profond savoir, il fit faire à cette branche de la science moderne des progrès marquants qui seuls auraient suffi à établir sa juste renommée. Mais il laisse une œuvre tellement considérable, se composant d'au delà de deux cents écrits plus ou moins volumineux, qu'on s'arrête étonné en présence d'une activité aussi prodigieuse continuée plus loin que les limites de la plus verte vieillesse, car il fut au travail jusqu'à sa dernière heure et la mort l'emporta, après quatre jours de maladie, le 18 mai 1884, deux mois avant l'accomplissement de sa 84"'° année. (1) Illustration Horticole 1884. p. 92. (2) Gartenjlora 1885, p. 4, 9, 48. — «5 — Si GoppERT porta un nom célèbre dans la science, un nom qui ne s'efiacera pas, Breslau n'oubliera pas de sitôt le bon et vénérable vieillard (juc tdut le monde aimait, et la Silésie, sa patrie, gardera l'immortel souvenir d'un de ses enfants les plus illustres et les plus utiles à l'humanité. Ém. Rodigas. UNE PINCE A NUMÉROTER Cet ingénieux appareil venu d'Outre Rhin a été publié l'année dernière dans le Bulletin d'arhori- culture (1884, page 290). Cette pince porte en relief sur une de ses branches toute la série des chiffres de à 9. Ces chiffres marquent sur des languettes de }ilomb toutes coupées à des longueurs déterminées. Le plomb peut être étamé et conserve alors mieux son luisant. Cette pince à numéroter est utile surtout aux collectionneurs de plantes ligneuses, arbres et arbustes. V. TÉRAN. Un centenaire floral. — En 1784, Vi.nce.nt Cervantes, professeur et din^cteur du -Jardin Iiotanique de Mexico, trouva une brillante Composée, herbacée, à racine tuberculeuse allongée, à feuilles opposées pennatipartites à divisions ovales et dentelées, à capitules radiés ayant les fleurons du centre tubuleux et ceux à la circonférence ligules ; la couleur des fleurs était très variable. L'année suivante cette plante fut envoyée au Jardin botanique de Madrid dont le directeur était Cavanilles. Celui-ci dédia la plante nouvelle cà son ami André Dahl, botaniste suédois et élève de l'illustre Linné. C'est seulement plus tard que ^\^1LLDEN0W lui donna le nom éphémère de Geor- gina, en l'iidiineur de Georui de St Pétersbourg. Que de transformations a subies le Dalilia variahiUs Cav. depuis son arrivée en Europe ! après toutes les colorations, l'unique couleur bleue du Bluet exceptée, après toutes les formes simples et doubles, après toutes les proportions grandes et petites, le Dahlia est resté une belle plante d'ornement que la mode a pu reléguer parfois au second plan sans jamais la faire oublier, et voilà pourquoi ses adorateurs fêteront cette année son centenaire. — 06 CONGRÈS INTERNATIONAL DE BOTANIQUE ET D'HORTICULTURE D'ANVERS (1885) onoANisÉ sors la Haute Protection de Sa Majesté LÉOPOLD II, Roi des Belges et sous le Patronage du Gouvernement et de la Ville d'Anvers PAR LE CERCLE FLORAL d'aNVERS, AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE DE BELGIQUE ET DE LA CHAMBRE SYNDICALE DES HORTICULTEURS BELGES Un Congrès international de Botanique et d'Horticulture se réunira à Anvers du 1 au 10 août prochain, dans les nouveaux locaux du Jardin botanique, à l'occasion de l'Flxposition universelle et en coïncidence avec l'Exposition internationale organisée par la Société royale d'Agriculture et d'Horticulture d'Anvers. Le programme du Congrès comprend des questions de botanique, d'iinr- ticulture, de commerce et d'industrie horticoles. Des rapports préliminaires sur toutes les questions seront rédigés par des hommes compétents et envoyés, avant l'ouverture du Congrès, à tous ses adhérents. Ces rapports seront lus avec intérêt par ceux (jui aiinont à étudier les choses avant d'en aborder la discussion. Dans ces conditions, il sera possible d'arriver à des couclusions pratiques ou à l'expression de vœux dont le Comité exécutif poursuivra la réalisation, par tous les moyens qui seront en son pouvoir. 11 présentera, s'il y a lieu, au plus prochain Congrès, un rapport sur les résultats des travaux de la session d'Anvers. La Commission organisatrice a jugé oppnrtuu d'attirer l'attention du monde botanique et horticole sur l'onivre d'exploration de l'Afrique centrale. Les résultats de la Conférence de Berlin ouvrent à la civilisation et à l'activité européenne, un monde nouveau. 11 faut que la science y pénètre une des premières; il faut ([u'elie vienne au secours des exjilora- teurs de la terre inconnue et qu'";llû les aide à poursuivre victorieusement leur tâche. A noti-e point de vue spécial, il nous l'aut chercher à connaître la flore du Congo, nous renseigner sur les essais de culture et d'acclima- tation qui y ont été entrepris, afin de pouvoir les étudier et en tirer des enseignements profitables. Conjointement avec ces renseignements, on se — G7 — propose do publier un aperçu succinct de tout ce qui a été écrit sur la flore et les cultures du Congo. De cette façon le Congrès disposera de documents (jui doivent lui permettre de formuler un questionnaire complet. La Com- mission organisatrice prendra des mesures pour qu'une séance spéciale soit consacrée exclusivement à cette question. Elle prie instamment tous les botanistes et les horticulteurs qui seraient à même de lui fournir des renseignements sur la question importante dont il s'agit, de bien vouloir les adresser au Président de la Cotrimission organisatrice. Indépendamment des questions portées au programme, chaque adhérent pourra en soumettre d'autres aux discussions du Congrès. Il suffira de prévenir le bureau de la Commission organisatrice avant le V juin., si l'auteur de la question désire faire insérer dans le volume des rapports préliminaires un exposé de la matière qu'il se propose de traiter; -- avant le V juillet., s'il a l'intention d'en présenter les développements lors d'une des séances du Congrès. Le Comité décidera dans les deux cas, s'il y a lieu d'agréer les demandes qui lui seront adressées. La Commission organisatrice invite au Congrès tous les botanistes et les horticulteurs du pays et de l'étranger; elle prie les Académies et les Universités, les Sociétés de botanique, d'horticulture, etc., etc., de bien vouloir se faire représenter au Congrès par un ou plusieurs délégués. PROGRAMME. I. Le njle et l'organisation des laboratoires de botanique. II. Quelles sont les meilleures méthodes à employer pour traiter les. monographies de genres à espèces nombreuses ? III. Quels sont, depuis le Congrès de Paris en 1878, les progrès réalisés en botanique dans les principaux pays du monde ? Installations botaniques, musées, laboratoires, etc. Quelle a été, dans ces mêmes pays, l'influence des études botaniques sur les progrès de l'horticulture ? IV. Quel est le développement à donner à l'enseignement de la cryptogamie dans les différents degrés de l'instruction? V. Dans quelle mesure conviendrait-il de développer l'enseignement de la botanique, de l'agriculture et de riK.rtieulture dans les établissements d'instruction moyenne ? VI. Faire ressortir la meilleure méthode d'enseignement théorique et pratiindl. j\I. ophioglosscùdcs !N\itt. M. purpurea Lindl. M. Rhocdi Lindl. M. rupcstris Pocpp. et Kudl. M. spioata Liudl. M. trilobulata Kusz. M. umbellata Lindl. M. vcntricosa l'oepp et Kndl. M. vcntrilabrum Rchb. M. versicolor Lindl. M. Wallichi Lindl. — 73 — Le Microslylis metallica se distingue par ses feuilles rose vif passant nu brun foncé à reflets métalliques et pourprés et singulièrement trans- lucides. La fleur est rose lie de vin. Le M. Loici, du groupe des versicolor, a des feuilles arquées, ellip- tiques, à liords ondulés, de couleur brun cuivré plus foncé sur les bords avec une large bande médiane à nuance pâle blanchâtre. La fleur est pourpre. Les Crysanthémes voient décidément leur vogue s'accroître égale- ment sur le continent ; déjà l'on annonce des expositions spéciales pour l'automne en ÎSéerlande. Nos voisins du midi vont plus loin dans la voie du progrès. La Société d'horticulture de Chalon-sur-Saône avait organisé un plébiscite pour arrêter une liste de variétés d'élite. Les 25 variétés dont les noms suivent ont réuni le plus grand nombre de voix : • Triomphe de la Rue des Chalets. - Erectum superbum. Gloire rayonnante. Source d'or. ■'■ Laciniatum. - Fair Maid of Guernsey. M. l'ianehenau. Bras rouge. M. Frémy. • Mme Clémence Audiguier. 'Yelk)W Dragon. La Charmeuse. La Frisure. Souvenir de la Reine Mercedes. La Vierge. Pink Perfection. L'Automne. Sœur Mélanie. Marguerite Marrouch. Perle des Beautés. 1 Fée rageuse. Père Delaux. L'Ile des Plaisirs. Timbale d'Argent. Belle Paule. Colosses végétaux. — Les Illustrirte Monatsliefte de Munich parlent, d'après le Scientijic American, d'un pommier situé à la ferme Delos Hotchkiss, Marion (Connecticut), âgé d'environ 180 ans et mesu- rant 4"'12 de circonférence à 0"'90 au-dessus du sol. Les deux branches principales ont plus de 3 mètres de circuit. L'arbre a 48 m. de haut. De son côté, la Qartenflora, dirigée maintenant par M. B. Steln, signale un beau chêne situé dans le parc du château d'Allentsteig, près de Zvvettl (Basse-Autriche). L'arbre mesure près du sol ô"?? de tour, et à hauteur d'homme o^SS. A une hauteur de 23°'70 le tronc se ramifie en six branches dont la moindre a encore 1"'29 de circonférence. La plantation arborescente des villes a fait de nouveau les frais d'une intéressante discussion au sein de la Société Nationale d'agriculture de France (1). Les arbres employés dans les plantations à Paris sont : (1) BuUeliii de lu SocUlé, 1884, p. 497. — 74 — l'orme, le tilleul CDnininii, ri'rable faux platane, l'éraljle plane, l'Acer Negundo, le platane d'Orient, le platane d'Occident, l'acacia blanc, le marronnier d'Inde, l'ailante, le Broussonetia papyrifera, le Paulownia, le frêne, le saule blanc, le peuplier blanc, li.' peuplier d'Italie et le peuplier noir. Ces cinq dernières essences ne sont plantées (jue sur les bas quais. Dans les environs de Paris et sur d'autres points de la France, on rencontre encore le tilleul argenté, le tilleul d'Aniéri(iue, le Crataegus .\ria, le sorbier des oiseleurs, le Gleditschia triacanthos, le Bignonia Catalpa, le mûrier blanc, le hêtre, le noyer d'Amérique. Sans se dissimuler les grandes difficultés de faire vivre des arbres à l'intérieur des villes où il fciut lutter à la fois contre les pavages défectueux, les plâtras, les terres rapportées, l'insuffisance des arrose- ments et les réverbérations, non compris le terrible inconvénient des fuites de gaz, on a fait valoir les qualités et les défauts des diverses espèces d'arbres et en résumé, on ne s'est pas mis d'accord pour arrêter un choix définitif et l'on a eu parfaitement raison. Il y a trop de conditions locales dont il convient de tenir compte avant de se prononcer. Société d'horticulture de Varsovie. — Sous ce titre, une nouvelle Société d'horticulture vient de se IViiider à Varsovie. Voici la composition du Comité directeur : Président : M. George Alexandrowicz. Vice-Présidents : M. Pierre Hoser (père). » M. .TosEPH Sticha. 1" Secrétaire : M. Ladislas Kaczynski. 2""^ » M. Joseph Wloskiewicz. Trésorier : M. Pierre PIoser (fils). Née d'iiier, cette jeune Société compte déjà un grand nombre de membres et promet de devenir avant peu une des plus vaillantes Fociétés d'horticulture de Russie. L'excellente composition de son Comité directeur est un sur garant de l'impulsion que cette Société imprimera à la science horticole en Pologne. Lucien Linden et Emile Rodigas. ' A^^^ù^ J?^V%%v ^ Uj —I ce a: % ce Si, ~-> 00 W w J Ph w ce D U <; W Q S cq >^ W te < -W o 75 PL. DLVI CINERARIA CRUENTA nim. var. fl. pl. SENECIO CRUENTUS dec. CINÉRAIRES HYBRIDES A FLEURS PLEINES Composées ÉTYMOLOGIE : Du latin cinis, cineris, cendre; allusion ù la poussière grise qui couvre les feuilles de plusieurs espèces. CARACTÈKES GÉNÉRIQUES : Capitulum homoganum-discoideum aut heterogamum, 11. radii ligulatis tbemineis. Involuc. uniserialis nunc nudi nunc squamellis acces- soriis calyculati squamae saepius apice spliacelatae margine subscariosae, doi'so fréquenter binervatae. Rceeptaculum epaleaceum nudum vel alveolatum. Styli fl. hermaphr. ranii truncati apiceque solo peuieillati! Achaenium erostre exalatum teretiusculum aut sulcato- angulatum. Pappus pilosus pluriserialis caducus, setis reetis subaequalibus tenuissimis vix scabris. Hcrbac aut frutices innumeri polymorphi. Species per totum orbem terrarum divul- gatae, sed eaedcm iu plunbus l'egionibus vix occurrentcs. Folia alterna, in 2 tantum (dubiis) opposita. Capitula solitaria corymbosa aut paniculata. CoroUae disci fere semper luteae, rarissime purpureae, nunquani nisi cultae albae! Ligulae etiam flavae, rarius pur- purascentes aut albae. Seneciones. Cacaliae et C'inerariae Linn. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Caule herbacée erecto pilosiusculo, foliis petiolo alato basi auriculato limbe cerdiito aiigulate denticulato utrinqne pilosiusculo subtus purpureo, capitulis coryinl)Osis, pedicellis subbracteolatis, iuvol. squamis 15-16, ligulis 10-12. Perennis in Tencriffae sylvatieis. Flores purpurei corymbi subnebulosi. Cineraria crucnta Mass. in L'Hérit. Sert, aiigl. 2G. • — C. lactea (var.) Jacq. — C. In/brida WiLLD. Eiium. 893. — Dec. Prodr. VI. p. 410. CARACTÈRES DES VARIÉTÉS : Cineraiiae cruentae, hujus varietatis albae atque C. geoidis Li>fN. hybrida forte ijrogenies. Floribus colore speciosissimis albis, nunc ruber- riinis aut rosèis, nunc purpureo-coeruleis, ligulis benc duplicatis. La direction de la Compagnie Continentale d'Horticulture à Gand reçut, il y a quelques semaines, de Monte Carlo, des fleurs d'une douzaine de variétés de Cinéraires hybrides obtenues de semis par M. Frédéric Forckel, tellement jolies et tellement doubles qu'il fut décidé sur le champ qu'une planche en serait publiée dans V Illustration Horticole. Et cet honneur, elles le méritent sans conteste. Ces modestes et gracieuses fleurs n'ont pas la valeur marchande des Palmiers ni des Orchidées; mais au mérite de plaire à tout le monde elles ajoutent actuellement celui de donner une idée des progrès réalisés par l'hor- ticulture depuis un demi-siècle, progrès que nous appellerions volontiers effrayants, car ils seront bientôt de nature à dérouter la science. Déjà, grâce aux semis répétés et à une sélection persévérante et — 7C — judicieuse, la Cinéraire type, qui rappelait la forme, le port et l'aspect du vulgaire Séneçon, a vu remplacer ses rameaux allongés et diffus, son maigre feuillage et ses pauvres fleurettes étoilées, par des rameaux compactes, par un ftuiillage aniiilo et aliondant, par des corvmbes réguliers de grandes fleurs arrondlivs cllVai:!, jmui' ainsi dire, toutes les couleurs de rarc-ci;-cii'l. C'est à peine si la vieille iilanle, introduite autrefois de Téneriffe, est reconnaissabio dans ses variations à fleurs simples devenues de vérital>les races; elle uo. l'est plus du tout dans ses variétés à fleurs pleines. 11 n'a donc pas suITi à l'iiorticulteur de modifier la Cincn'aii'e dans son poi't, dans son feuillage, dans la grandeui', la forme et le coloris varié dos fleurs, il lui .-i l';illu encore olilenir une modification plus profonde : l'augmentation considérable des ligules ou la duplica- ture des demi-fleurons extérieurs. Que le lecteur veuille bien jeter un coup d'oui sur noti'e planche et il se rendra compte des amélicu'ations obtemies maintenant. Une variété à fleurs pleines et d'un coloris bleu pensée sombre, exposée à Gand, à la dernière exposition quinquennale, fit sensation; elle était, en effet, un perfectionnement des résultats déjà remarquables obtenus dans cette voie, depuis i)lusieurs années, par les horticulteurs alle- mands et français. Les fleurs représentées ci-contre disent que la race des Cinéraires à rosettes bien pleines est en voie de s'établir défini- tivement et qu'elle a conquis son droit de préséance sur une infinité d'autres. En effet, les ligules agran dies et nuiltipliées se sont déjetées vers l'extérieur comme vers le centre des fleurs de manière à rendre celles-ci parfaitement globuleuses. Presque toutes aussi sont très grandes, mesurant de 3 à 4 centimètres de diamètre. La diversité des coloris est aussi remarquable. L'une des variétés est du blanc le plus pur; les autres sont blanc rosé purpuriu, violet pensée, lileu pourpre, rouge à pourtour des ligules jdus foncé, rouge à fond Idanc et reflet rose, n.iuge unicolore. Ces variétés à fleurs pleines ont sur les autr(>s l'immense avantage d'une floraison plus durable, par la raison que la fécondation des fleurs est plus difilicile. Cela no veut pas dire que celles-ci soient stériles, mais la quantité des graines qu'elles produisent est moindre. Les sujets qui en [U'oviennent ont une tendance générale cà la dupli- cata re. Em. RoniGAs. MAPANIA (!5 PANDANOPHYLLUMj LLKjDA n. e. BR. ïrom. P. De Panncmaeker. J. Liiidcn puhl. 77 — PL. DLVII MAPANIA (o PANOANOPHYLLUi) LUCIDA 1 1 bm mapania a feuilles brillantes Cypéracées ÉTYMOLO'ilE. — Ce nom dérive probablement d'une ajipellation vernaculaire dounco dans le pays d'origine. CARACTÈRES GÉKÉRIQUI'S. — Fpiculae niultiflornc, lloiibvis omnilns heimaphii- ditis. Glumac undique imbricatae, inferiores paucae vacuao. Flores complanati. Squamao hypogynae 6 (vcl x ?), 2 exteriores latérales complicatae, carina acuta saepe eiliata, 1 iutcriores planae vel ooneavae, angustae, saejje oo-n«rves absquc costa central!, quarum 1 antica, 3 staminibus altcrnac. Stamina (an semper ? 3 stylus eiim ovario continuas, basi haud vel breviter iucrassatus, deciduus, ramis stigniatosis 3 iilitbrmibus. Nux sessilis triquetra vel complanata, erostris vel breviter rosirata. — Herbae perennes, validae, interdum altissimae. Folia ad basiu caulis vel in rhizomate fascioulata, longa, latiusoula, vel in pétiole longo ovato lauceolata. Spiculae saepius majusoulae vel niagnae, in caule vel in seapo aphyllo terminales solitanae vel paucae in capitulo .sessiles, vel rarius numc- l'osae, corymboso-paniculatae. Bracteae nuno brevissimae, nuuc 1-3 foliacae. — Benth. & IIoOK. Gen. Plant. Vol. III, p. 1055. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. — Folia trifaria, petiolata, laete viridia, lucida. Petiolus 4-9 poil, longus, canaliculatus, basi ample coniplicato-vaginatus, vagina 2 poil, longa. Lamina 6-10 poil. longa, 1 |-1| poil, lata, triuiervata, anguste oblonga, basi oblique rofundato-cuneata, apice in ouspidem subulatam serrulatam 1 i poil, longam repentino contracta, marginibus levibus. Soapi aphylli ini'ra folia oriundi, fusoo-purpurei, '2-'i poil, longi, trigoni, basi squamoso-vaginati. Spicula solitaria, trigono-ovoidea, G-9 lin. longa, 3-4iin. lata, castanea. Glumae late ovatae aoutae, apice obsolète carinatae,appressae. Bornéo. Le genre Mapania est un des plus remarquables de la famille des Cypéracées et compte un certain nombre d'espèces qui méritent une place dans nos cultures; parmi elles se trouve la nouveauté qui fait l'objet de cet article. Le Mapania lucida se distingue par un port élégant et des carac- tères bien définis. Les feuilles, disposées sur trois rangs, sont portées par de longs pétioles, canaliculées sur toute leur face et munies à leur base d'une large gaine enroulée. Le limbe de la feuille est étroit oblong se rétrécissant obliquement dans le pétiole à la base et se contractant brusquement en une pointe longue linéaire subulée vers le sommet. Les jeunes feuilles sont d'une teinte rouge pâle ; celles dont l'âge est plus avancé sont d'un beau vert brillant; elles sont fortement trinerviées marquées de nombreuses nervures parallèles plus petites et veinées transversalement. Les scapes s'élèvent de la tige en dessous des feuilles, ils sont triangulaires, brun pourpre, et portent un épillet' assez grand, triangulaire ovale, avec de larges glumes ovales- aiguës, sillonnées à leur sommet. Cette espèce provient de Bornéo d'où elle a été introduite par la Compagnie Continentale d'Horticulture. N. E, Brown. — 78 — Meeting horticole au Casino de Gand, mai i885 Le meeting mensuel pour l'appréciation des produits de l'horticulture, organisé par la Chambre syndicale des horticulteurs belges et la Société royale d'agriculture et de botanique de Gand, a eu lieu le 11 mai, dans les locaux du Casino. Le Jury était présidé par M. Auo. Van Geert père. M. V. Cuvklier remplissait les fonctions de secrétaire. Les distinctions suivantes ont été décernées : CERTIFIC.\TS DE MERITE : Vriesea JiieroglypMca, présenté par la Compagnie Continentale d'Hor- ticulture de Gand. Laelia purpurata tar.. présenté par M. Aug. Van Gcort père. Laelia purpurata alla, présenté par la Compagnie Continentale d'Horticulture. Alocasia imperialis, présenté par la Compagnie Continentale d'Horti- culture. Gymnogramme scliizophyllon var. gloriosum, présenté par la Compagnie Continentale d'Horticulture. Cattleija nobiUor, pi'ésenté par la Compagnie ContiiuMitale d'Horti- culture. CERTIFICATS DE BELLE CULTURE : rJnjllotoeniuM Znideni, présenté par M. Dallé de Paris. iScJdsmatoglottis marmorata, présenté par la Compag!iie Continentale d'Horticulture. MENTIONS HONORABLES POUR LE MERITE DE LA NOUVEAUTE : PJiaïaenopsis speciosa, présenté par M. Ad. iJ'Haene. Laelia purpurata nirea, présenté par la Compagnie Continentale d'Horticulture. Azalea indica Arlequin, présenté par M. Paul Deseliryver. Azalea indica Arlequin, présenté par M. J. Vervaone. Laelia purpurata var. lineata, présenté par la Compagnie Continentale d'Horticulture. Dendrohium chrysotoxum, présenté par M. Aug. Van Geert père. Chamaecladum metallicum, présenté par la Compagnie Continentale d'Horticulture. Vanda (ères (pour la rareté de sa floraison), présente par M. Aug. Van Geert père. Cattleya Mendeli var. crispa, présenté par la Compagnie Continentale d'Horticulture. MENTION HONORABLE POUR LA BELLE CULTURE : Alocasia reginae, présenté par la Compagnie Continentale d'Horticulture. — 79 'L. DLVIII LES NOUVELLES SERRES DU DOMAINE ROYAL DE LAEKEN U Ilhistration Horticole a été des premières cà faire connaître et cà décrire le spiendide jardin d'hiver que S. M. LKOPOLD II fit ériger à Lael<.en, il y a dix ans, et qui n'a cessé d'être depuis lors l'objet de l'admiration générale. Les nombreux invités qui se sont rendus le 10 avril dernier à la royale Oarden jjarti/, ont pu voir que le somptueux palais de Flore a continué de s'embellir. Le parc et les jardins ont l'eçu d'excel- lentes améliorations qui les ont mis mieux en rapport avec la grandio.se construction principale et qui reflètent les sympathies que le Souverain témoigne aux choses de l'horticulture. On sait que le monument de veri'o renferme des spécimens d'un caractère imposant et que la description des richesses florales, plantes tropicales, plantes aquatiques, Palmiers, Orchidées, Fougères, Camellia, etc., disséminés ou groupés dans l'édifice central et dans les galeries qui le relient au palais royal, seraient dignes de faire le sujet d'un volume entier. Or, ces constructions appelaient un complément, des serres dans lesquelles il fût possible de traiter temporairement les plantes rebelles à un séjour continuel dans les conditions toutes spé- ciales du jardin d'hiver. Ces serres complémentaires, au nombre de quatre, sont aujourd'hui entièrement terminées. Elles sont disposées à proximité du jardin d'hiver et forment, comme le montre d'ailleurs la planche ci-contre, un excellent ensemble. Elles sont destinées plus spécialement à la culture des Orchidées, des Azalées et de ce nombreux groupe de végé- taux de toute nature qui sont tant en vogue actuellement et qui se distinguent par la beauté ou l'élégance de leur feuillage. Les plans de ces vastes serres ont été tracés par M. Marchand, architecte de la Compagnie Continentale d'Horticulture de Gand. Exécutées sous l'inspiration et la surveillance de la direction de la Compagnie, elles possèdent tous les perfectionnements réalisés dans ces derniers temps en ce qui touche à ce genre spécial d'architecture. Em. Rodigas. — 80 - BIBLIOGRAPHIE Flore cryptogamique de la Belgique par C. II. Delogne ('). — Nous avons signalé naguère dans ce recueil la publication du premier fascicule de l'important ouvrage de M. Cii. Delogne sur la flore cryptogamic^ue de notre pays (*). En ce moment nous avons sous les yeux un deuxième fascicule complétant l'étude des Mousses. L'auteur y passe en revue 132 genres dont plusieurs renferment de nombreuses espèces ; le genre Hypnum, entre autres, en compte à lui seul 75. Ce volume se termine par un supplément relatant les stations de plusieurs espèces intéressantes, une liibliographie étendue des documents concernant la bryologie générale et celle de la Belgique, et une table ét^'mologique des genres. Le travail de M. Delogne se distingue par la concision et la simplicité des analyses et la grande perfection des diagnoses. Il sera hautement utile à ceux qui s'occupent de cryptogamie. Le troisième fascicule contiendra les Sphaignes et les Hépatiques. * * * Éléments de Chimie horticole par L. ue Nobele ('). — Tandis que l'agriculture a depuis longtemps utilisé l'aide de la chimie, on doit reconnaître que l'horticulture proprement dite en a tiré bien moins parti, comme si cette dernière avait voulu se mettre en dehors de l'impulsion que les découvertes scientifiques récentes ont imprimée à toutes nos connaissances. Que les horticulteurs lisent attentivement le petit livre que M. L. de Nobele vient d'écrire à leur intention et ils sauront ce qui constitue le sol et comment on peut l'analyser. L'auteur promet de compléter son travail par l'étude des eaux, des éléments minéraux des plantes, et celle des engrais. Nous espérons que ce complément ne se fera pas trop longtemps attendre. * * * Die Rose im Winter par Rudolf GEscinviND ('). — ■ Ce n'est pas un gros volume que cette brochure, mais c'est l'œuvre d'un praticien qui a consacré tous les loisirs de plus de trente ans à la culture des rosiers et qui a consigné consciencieusement tout ce que l'expérience unie à un réel talent d'observation lui a enseigné concernant sa fleur favorite. C'est une étude comparative de toutes les espèces cultivées du Rosier, au point de vue de la rusticité et de la stabilité. L'utilité pratique de cet écrit est des plus sérieuses. ÉM. R. (') Deuxième fascicule : Mousses (fin), 115 à 328. Bruxelles, Manceaux, 1884. (-) niustration Horfirole, 1883, p. 126. p) Première partie : L'air, le sol. — In-Ki», 80 pages. Gaud, H. Cnops, 1885. (') Le Rosier en hioer. Leipzig, Hugo Yoigt. Il — 81 — Fête jubilaire de M. le professeur Emile Rodigas le 3 mai 1885 Hier a eu lien, dans la grande salle du Restaurant Bouard, le banquet offert à M. Emile Rodigas à l'occasion du 25°" anniversaire de son professorat à l'Ecole d'horticulture de l'État. Le banquet était présidé par le Comte de Kerciiove de Denterghem, membre de la Chambre des Représentants et Président du Cercle d'Arboriculture de Belgique. A son entrée dans la salie, le héros de la fête fut salué par de chaleureuses acclamations, tandis que le corps de musique du 3'"" Régiment de Ligne, sous la direction de M. Simar, jouait la Brabançonne. Le premier toast fut porté par le Comte de Kerchove à S. M. le Roi, protecteur des sciences et des lettres, protecteur des lettres comme il l'a prouvé récemment en décorant l'un des écrivains les plus estimés de la presse gantoise ; protecteur des sciences, comme il l'a prouvé également en décernant la croix de son ordre à M. Rodigas pour les éminents services qu'il a rendus à la science horticole. M. le professeur Pynaert, bien connu dans le monde horticole, annonce ensuite à l'Assemblée qu'il est arrivé de nombreuses lettres et télégrammes du pays et de l'étranger adressant des félicitations au jubilaii'e. Il donne lecture d'une lettre de M. Kickx, directeur de l'École d'horticulture, exprimant ses vifs regrets de ce qu'un deuil de famille l'empêche d'assister à la fête donnée en l'honneur de M. Rodigas. Les termes de cette lettre sont extrêmement flatteurs pour le jubilaire ; on voit que M. Kickx apprécie hautement les talents de AL Rodigas et tient celui-ci en grande estime. La lettre est accompagnée d'un bouquet offert au jubilaire. M. Pv.NAERT prononce ensuite un long discours dans lequel il fait ressortir tous les mérites de M. Rodigas qui depuis de longues années s'est dévoué avec une activité infatigable à l'horticulture. Il marcha sur les traces de son père qui fut lui-même un botaniste distingué. Il publia en français et en néerlandais des œuvres très marquantes. Il donna le jour à plus d'une idée nouvelle et fixa sur ses nombreux écrits l'attention des principaux botanistes étrangers. Ses leçons à l'École d'horticulture ont porté les meilleurs fruits, tous ses élèves l'estiment et l'honorent. Sa réputation est établie au loin et plusieurs pays étrangers lui ont décerné les plus hautes distinctions. Les insignes de quatre ordres brillent déjà sur sa poitrine. Puisse notre jubilaire - 82 — vivre longtemps encore ! Pnisse-t-il continuer longtemps à rendre, comme par le passé, des services à l'horticulture ! Puisse son incon- testable talent être de plus en plus apprécié ! Pour couronner dignement cette fête, nous sommes heureux de lui offrir son portrait peint sur toile par un de nos meilleurs artistes, Léon Herisi». Le portrait est découvert ! C'est une magnifique peinture, d'une ressemblance frappante, d'un beau coloris, d'une fine timalité ; la pose est naturelle et simple. On remet au jubilaire un superbe album contenant les prirtraits de ses collègues et de nombreux amis. Un de ses élèves, M. G. Loveling, s'avance ensuite et exprime, au nom de ses condisciples, les sentiments de gratitude et d'estime qu'ils vouent à leur professeur bien aimé. Il lui offre un cadre con- tenant le groupe photographié des élèves actuels de l'Ecole. A ce moment quatre hommes portent dans la salle du banquet un char doré provenant de V Illustration Horticole et de l'Établissement Li.nden. Il est traîné par un lion doré et tout chargé de magnifiques fleurs rares. Tout le monde admire cette splendide montagne de fleurs. De toutes parts arrivent encore des bouquets munis de rubans portant des inscriptions en lettres d'or. En vérité, c'est une fête des fleurs ! Les discours continuent. M. Hugo Sassen, consul général de la République du Venezuela dont le jubilaire est Vice-Consul, prend la parole. Il rappelle que le Gouvernement du \'enezuéla fut le premier à reconnaître par une distinction publique les éminents services rendus à l'horticulture par M. Rodicas. a A l'occasion de son jubilé, ajoute M. Sassen, je suis heureux de pouvoir annoncer à l'éminent publiciste que le Président de notre République l'a promu à la •l'"" classe de notre Ordre national ! » M. Van Hulle, un de nos écrivains horticoles les plus distingués, fait ressortir les mérites de son ami M. Rodigas comme écrivain. M. De Nobele, professeur à l'Ecole d'horticulture, romot au jubi- laire un écrin renfermant la réduction des insignes des Ordres dont il est décoré, en accompagnant cette remise de (pielques paroles très éloquentes; il lui remet en même temps une corbeille de fleurs pour Madame Rodigas, l'excellente épouse et la digne mère. M. De Haes, colonel du 3"'" Régiment de Ligne, exprime sa satis- faction d'être venu à la fête offerte à. M. Rodigas qui compte dans l'armée de nombreux amis et admirateurs de ses travaux. M. Delrue, de Tournai, rend hommage au talent de Léon IIerko, l'éminent artiste, présent au banquet. L'orateur raïqu'lle (ju'à la der- nière exposition triennale de Gand, Herco a obtenu la médaille d'or. Des toasts sont portés encore en l'honneur du jubilaire par M. Van Geert fils, au nom des éditeurs de la Revue de l'horticulture belge — 83 — et étrangère; par M. Crépin, directeur du Jardin botanique de Bruxelles, au nom de la Société royale de Botanique; par M. le D'' Gaudy, au nom de la Société centrale d'arboriculture de Belgique. Le jubilaire se lève à son tour pour exprimer tous ses remercîments des honneurs qui lui sont prodigués et des témoignages d'estime et de sympathie dont il est l'objet. M. Rodigas, profondément ému, trouve des paroles éloquentes pour exprimer sa gratitude. On le rend trop heureux. Le portrait qu'on lui a offert occupera la meilleure place dans sa demeure. Il rend hommage à la mémoire de son excellent père; il se sent encouragé à continuer ses travaux : il consacrera à la science horticole toutes les forces qui lui restent ! Inutile de dire que les remercîments du jubilaire sont chaleureuse- ment applaudis et que de vives acclamations saluèrent également les discours des précédents orateurs. Le corps de musique dirigé par M. Simar fit entendre durant le banquet les plus beaux morceaux de son riche répertoire. La belle et émouvante fête fut terminée par un toast du Comte DE KERCiiovE à la presse, auquel répondit un des journalistes présents. Les nombreux convives n'oublieront pas de sitôt les heures heureuses qu'ils ont passées hier soir au Restaurant Bouard. (Gazette van Oent. ÎN'° du 4 mai 1885^. P. G. LE BROSIMUM GALACTODENDRON D. m Le Brosime arbre à lait, nommé vulgairement en espagnol Palo de raca et en français Arhre à la taclie^ est un des plus curieux produits du Venezuela. C'est un bel arbre à tige très élevée, à ramules arrondis, légèrement duveteux, à feuilles oblongues, entières, presque coriaces, longues d'un quart de mètre, à fruit charnu et vert ayant l'aspect d'une noix. Mais c'est surtout l'excellence de son suc laiteux qui lui a valu sa renommée. D'après Boussingault, ce suc a tous les caractères du lait de la vache et il suffit de pratiquer des in- cisions sur le tronc de l'arbre pour l'obtenir abondamment. De prime abord cependant le goût diffère sensiblement de celui du lait, en ce qu'il rappelle quelque ])eu celui de l'encens ou encore de la fran- gipane. Au bain marie il s'y forme des gouttes grasses, puis la masse entière devient graisseuse; le suc renferme en outre une substance fibrineuse ayant les caractères de la fibrine du sang. Ces diverses matières sont tenues en suspension dans l'eau de végétation qui con- tient des sels. Le suc du Brosime à lait est salubre et alimentaire; il ne renferme pas de caoutchouc. — 84 — M. le D"' Treuh, directeiir ilu Jardin liotaiiiniie de lîuitcnzorg, veut en introduire la culture à Java. Les graines qu'il a fait venir de Caracas en novembre 1884 ont iiarfaitement levé. Il est permis d'espérer que cet essai de culture réussira d'une façon complète. NECROLOGIE D' C- J. Andrà. — L'Université de Bonn et les sciences naturelles viennent de l'aire une grande ])orte en la, personne du Docteur Carl JusTUS Andra qui s'était accpiis une renommée par delà les frontières de sa patrie, tant par son enseignement que j)ar ses nombreuses publi- cations. 11 l'ut i)endant de longues années l'ànie et le secrétaire de la Société d'histoire naturelle de la Prusse Rhénane et de la "Westphalie. C'était un des professeurs les plus éminents et en même temps les plus aimés de VAlma Mater allemande. Il laisse d'universels regrets. Il est mort à Bonn, le 8 mai 1885, à l'âge de 70 ans. Mr. Charles Turner. — Une des grandes figures de l'horticulture anglaise, le fondateur du vaste établissement de a floriculture » de Slough, un des plus considérables des environs de Londres, vient de disparaître à la veille même de la grande Exposition d'Orchidées, le 9 mai dernier. Il avait 67 ans. La culture des plantes vivaces de plein air et de toutes les plantes à fleurs qui constituent l'objet perpétuel de commerce floral de la grande capitale, perd en lui un de ses principaux et plus actifs promoteurs. Son autorité était grande parmi ses confrères qui tous le tenaient en haute estime et c'était justice ; car ses connais- sances reflétaient l'expérience et la vérité. Le village de Slough lui doit en grande partie ses embellissements qui l'ont élevée ou rang des plus jolies villes d'Angleterre. EXPOSITION ET CONGRES DES ORCHIDEES A LONDRES Les floralies organisées par la Société Royale d'Horticulture de Londres pour les joui'uées des II, 12 et 13 mai ont dépassé toutes les prévisions; l'exposition a été des plus brillantes et les discussions du congrès haute- ment intéressantes ont fourni à nos confrères d'Angleterre les éléments des renseignements les plus variés et les plus complets sur les Orchidées, leur duplicature, la naissance de bourgeons sur les racines, l'hybrida- tion, le semis, la stérilité des graines, les modes de culture, en un mot toute une série de questions d'une grar.dc actualité. Kous nous proposons de revenir sur les principaux points auxquels nous faisons allusion. 4"' SÉRIE 5°" Volume TOME XXXII. Année 1885 6™' Livraison Principales distinctions obtenues par L'ILLUSTRATION HORTICOLE : MÉDAILLE DE MÉEITE A l'eXPOSITION UNIVERSELLE DE VIENNE EN 1873 DIPLOME d'honneur A l'eXPOSITION INTERNATIONALE d'aMSTEKDAM EN 1877 MEDAILLE d'oK A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS EN 1878 DIPLOME d'HONNEUE A l'exPOSITION DE MADRID EN 1883 ijiljij USTRATl IRTIIE REVUE MENSUELLE DES SERRES ET DES JARDINS COMPRENANT LA FIGURE, LA DESCRIPTION L'HISTOIRE, LA CULTURE EN SERRES, EN PLEINE TERRE ET EN APPARTEIflENTS DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES LES .INTRODUCTIONS NOUVELLES L'INDUSTRIE HORTICOLE LES EXPLORATIONS BOTANIdDES, L'ARCBITECTORE DES JARDINS, L'ARBORICCLTORE LA CULTURE MARAÎCHÈRE LE COMPTE RENDU DES GRANDES EXPOSITIONS, ETC. PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE J. LINDEN ADMINISTRATEUR REDACTEUR LUCIEN LINDEN EMILE RODIGAS Collaboration de Botanistes et Horticulteurs êminents TABLE DES MATIÈRES Chronique horticole 85 Uu vignoble SOUS verre 92 Vriesea amethjstina 96 Bibliographie 97 Le jardin fruitier et le potager . . 98 La Mûre sauvage améliorée ... 99 TEXTE ET PLANCHES COLOEIEES PI. 559. Azalea indioa PI. 560. Honialomena insignis. l'I. 561. Labisia pothoina . . . 91 . 93 . 93 A PARU LE 30 JUIN 1885. Administration, au siège social de la Compagnie Continentale d'Horticulture (Société anonyme), 52, rue du Chaume, à Gand. CONDITIONS D'ABONNEiMENT hnimtrahon -Ewticole paraît le 15 de chaque mois et forme, au bout de 1 année,- un-gros volume in-8" de 200 pages de texte illustré de nombreuses gravures, .et accompagné de 36 PLANCHES richement coloriées ou gravures supérieurement exécutées. Les sujets traités sont distribués dans l'ordre suivant • I. Chronique horticole. - II. Planches coloriées et descriptions de plantes nouvel es - III. Culture des plantes en appartements. - IV. Jardin potager et jardin fruitier. — V. Horticulture d'ornement, etc. — \l \rchitecture des jardins, constructions et industries horticoles. - VII. Miscellanées. - \m. Correspondance. — IX. Explorations scientifiques. Prix de l'abonnement, payable d'avance, rar volume de 12 livraisons (de janvier à décembre) envoyées c\is.mne franco par la poste. Pour toute l'Uiiiwi postale 30 francs. Pays d'outre-mor 35 Pajable en on mandai sur la posle de Cand (Belgique) au nom de rAdministrateur. ^ On s'abonne à l'administration de V Illustration Horticole, 52, rue du Chaume, a Gand, ainsi que chez les principaux libraires de Belgique et de l'étranger. — Envoi franco d un N" spécimen sur demande affranchie accompagnée de 3 francs en timbres-poste. CÉRUSE SPÉCIALE pour la l'cintiire des Serres, Abris, Meubles et Ornements de Jardins La Compagnie CONTINENTALE d'Horticulti-ke (Société anonyme), à Gakd (Beiffinuel s'est 'rï.e'î^tCdeTelf'f"^'^' l'inventeur, la v^nte et le déi^T général d'un' proSâestinl a la pemtuie des serres, abris, meubles et ornements de jardins. et du fer^s? v triZ^'- "" '''1?;?*^ sa"? pare^ils, cette peinture garantit la conservation du bois la pluie en plein afr^ ^'""^ l'tumidit^ et la chaleur à l'intérieur des serres, par le soleil et Ba&^if snffi,Vrrr,°n"t venue pourra se servir de cette matière. La couleur étant toute pré- parée, Il suffira d y aiouter l'hude nécessaire pour pouvoir s'en servir. mobilFer de'TZ^^nr ^'^f'"' engagera i-aiUeurs tout le monde à avoir ses serres et son moDUier de jardm conserves dans le meilleur état. PRIX COURANT Livrable en bidons de fer bien conditionnés, fermés par de simples lanéuettes. 1 Bidon de 10 kilos 10 Fr. 1 1 Bidon de 20 kilos is Fr ^ ^^- 15 :d 14 ^ I 1 id. 25 id s« „ Zcs prix seront réduits de S"/» pour toute commande de 100 Jiilos et au delà. Peinture spéciale pour étiquettes Ce produit, tout spécialement recommandé pour cet usaee, est livrable en couleur jaune ou blanche, par boîtes de I et de 2 kilos.' PRIX COURANT Par boîte de un kilo . . , . . Francs 1-25 Par boîte de deux kilos id. 2-25 les prix aeront réduits de 5»/„ pour toute commande de 12 boites et au delà. Adresser les commandes pour oes peintures directement à la Compagnie Continentale d'Horticulture (Société anonyme) 52, Eue bu Chaume, GAND (BELGIQUE) \ .i >* '«l 1^ _ 85 — <" ^*Ew York' BOTANICAL CHRONIQUE HORTICOLE 15 Juin 18S5. Les Balisiers de l'Inde résistent bien à nos liivers ordinaires, si l'on a soin de garantir les souches contre la gelée au moyen d'un bon lit de feuilles mortes. Ils ont subi parfaitement l'hiver de 1883-1884 sans aucune couverture. En règle générale, on les enlève de terre à l'arrière saison pour les conserver comme les Dahlia; cette méthode permet de labourer le sol et de le fumer convenablement avant la plantation, sinon les plantes auront des touffes plus serrées mais un feuilhige plus maigre et moins élevé; or l'ampleur des feuilles et la hauteur des plantes leur donnent surtout leur cachet de majestueuse beauté. Si les souches demeurent en place, il importe de leur donner, avant et durant la pousse, des engrais liquides afin d'activer la végétation. ^b^ * Un peuplier phénoménal. — Nous avons eu déjà l'occasion de signaler la mortalité qui existe encore à la suite du rigoureux hiver de 1879-1880, chez certains arbres dont la résistance n'a été que temporaire. Beaucoup de grands peupliers d'Italie, PojmIus fastigiata , ont été mortellement atteints et ont fini par succomber. Un exemplaire de cette espèce, bien que desséché à la base, se trouve dans une condition exceptionnelle. Il fait partie d'un groupe d'arbres divers disposé derrière le palais des singes au Jardin Zoologique de Gand. Cet exemplaire a près de 25 mètres de hauteur. Le 24 mai dernier, par un vent de Sud-Ouest assez violent, il menaça de tomber. Sa stabilité nous frappa et l'ayant examiné de plus près, nous constatâmes qu'il est retenu dans le sol par de solides racines adventices faisant l'office d'amarre. En effet une racine, sortie sous la vieille écorce à une hauteur de près de quatre mètres, s'est bifurquée en route, puis enroulée et finalement a pénétré dans le sol, au pied de l'arbre, par ce que nous appellerons un delta de racines moindres. Ceux que le fait intéresse, pourront s'en rendre compte de visu au Jardin précité. — 86 — Plora artefacta. — Nous n'aimons pas les fleurs artificielles, géné- ralement raides ou d'un coloris exagéré; nous aimons encore moins ces plantes impossibles, Caladium et Bégonia en zinc et tutti quanti, devant dans leur éternelle immobilité remplacer aux fenêtres les jilantes vivantes. La Flora artefacta que publie M""' CniiiSTiNE Jauch de Breslau, avec le concours scientifique de ^I. B. Stein, inspecteur du Jardin Botanique de cette ville, a un autre cachet et a pour but de suppléer aux herbiers des écoles. Nous avons vu dernièrement, à l'exposition lidrlicole de Bruges, deux remarquables échantillons des exemplaires ([ui composent cette Flore artificielle : l'un était un Géranium pralense h. et l'autre un Vanilla planifoîia Andrew, imités à la periéction dans leur habitus, leurs fleurs, leur coloris, leur fructification, leurs feuilles et même la souplesse et la consistance de toutes les parties. On conçoit sans peine les mérites et les avantages d'une pareille collection au point de vue de l'enseignement. Les organes floraux sont apparents et non écrasés comme dans les herbiers; la plante a son port naturel : l'élève qui a bien vu pareil modèle ne saurait pas se tromper par la suite. La Flora artefacta se compose déjà de quarante plantes choisies jiarmi les espèces utiles, dangereuses, officinales et celles qui sont indis})ensables à l'enseignement de la botanique. La surveillance que M. Stei.v a bien voulu accorder à leur confection offre un sûr garant de l'exactitude scientifique des échantillons. Le Crinum magnificum. — M. J. G. Baker, des Jardins royaux de Kew, nous écrit pour nous faire connaître que cette plante décrite dans Y Illustration sous le nom dubitatif de Brunsmigia ? magnifica est très probablement identique avec le Crinum Â'irki, Bot. Mag. t. 6512. A la prochaine floraison de la plante, nous serons en mesure de vérifier la chose. Entretemps, nous remercions notre savant confrère de sa bienveillante observation. * * Charles Morren. — Il n'est jamais tr(qi tai'd de payer de recon- naissance les services rendus. Charles Morren fut le fondateur et le rédacteur des Annales de la Société royale d'agriculture et de hotanique de Gand et de la Belgique Horticole et, à ce titre, le savant pro- fesseur de l'Université de Liège, rendit pendant des années d'immenses services à la science et à l'horticulture. Né à Gand en 1807, Charles Morren mourut à Liège en 1858. L'administration communale de cette dernière ville, dans sa séance du 15 juin 1885, voulant perpétuer son souvenir, a décidé que la rue du Laveu, une des rues qui mènent au Jardin liotanique, s'appellera désormais rue Charles Morren. — 87 — La serre à Palmiers du Jardin botanique de Dublin vient d'être l'objet d'une notice et d'éloges mérités de la part de M. Ch. Joly, vice-président de la Société centrale d'horticulture de France. Com- mencée en mars 1874, elle a été achevée complètement en septembre de la même année, sans qu'on ait eu à déplacer les plantes. La con- struction a 33 mètres de long, 27 m. de large et 22 m. de haut. Les charpentes reposent sur des colonnes de 15 m. ; les parties verticales sont en bois de teck^ les galeries et la toiture sont en fer forgé. Cette vaste serre et celles destinées aux Camellia et aux Orchidées sont chauffées au moyen de deux chaudières indépendantes. Une troisième chaudière, plus petite, sert à chauffer un tuyau de 0"'08 circulant au sommet des colonnes pour empêcher la buée. Ce Jardin botanique, qui couvre une surface de IG hectares, est situé au village de Glasnevin, à vingt minutes de Dublin. C'est un établissement officiel comme celui de Ke\v; il est dirigé depuis 1879 par M. F. W. Moore, fils de l'ancien directeur et que nous avons connu élève à l'Ecole d'horticulture de Gand. Le jardin s'est consi- dérablement embelli dans ces derniers temps. La nouvelle construction n'a coûté que 113,000 francs. Conservation de l'outillage. — Un jardinier soigneux est con- naissable à ses outils qui sont toujours propres et bien tenus. Le plus souvent l'emploi des outils suffit à les préserver de la rouille. Cependant certains outils doivent être parfois remisés et l'on ne dispose pas toujours d'un local convenable. Les outils en fer et en acier doivent être l'objet d'une attention spéciale. On peut les enduira de pétrole ou d'un mélange de saindoux fondu et de mine de plomb. On frotte bien les outils avant de s'en servir. La mort et les fleurs. — Victor Hugo, l'illustre poète, l'auteur des Orientales, a eu les honneurs de funérailles royales, à Paris, le 1" juin. Le même jour, à la même heure, la Belgique donnait des funérailles de roi à Ch.^rles Ro(îier, l'illustre patriote, le ministre loyal et intègre qui créa les pi'emièi-es expositions nationales d'horti- culture en Belgique, (pii fonda les écoles d'horticulture et d'agriculture et les comices agricoles. Les fleurs n'ont pas manqué à ces cérémonies funèbres. Couronnes, bouquets, inscriptions florales couvraient, précédaient et suivaient les dépouilles de ces deux hommes célèbres. On évalue à un million de francs les fleurs qui ont été employées à Paris aux funérailles du poète national. Pronostics du temps. — Il est généralement admis que l'apparition de ces petits nuages ou cirrus, qu'on appelle encore ciel moutonné, est l'indice d'un temps varialde, voire même de pluie. Un météoro- logiste de Leipzig, le D'' Ki.ei.n, viont di^ préciser sur ce sujet les données de l'expérience. Les cirrus venant du (juart d'est, entre le S-E et le N-E, sont le plus souvent suivis de beau temps. Les cirrus venant d'une direction entre le S-Û et le M-0 .sont huit fois sur dix suivis de pluie dans les 24 heures. Plus les cirrus sont nombreux et variés et plus l'iinmince do la pluie est certaine. Les cirrus du N-0, animes d'un innuvenient nettement visible, annon- cent neuf lois sur dix di? la pluie dans les 24 heures. Si leur mou- vement est rapide et s'ils alléctent la forme de fils emmêlés ou de flocons pointus et si en même temps le liaromètre baisse, on peut s'attendre sûrement à de la pluie endéans les 12 heures. Les pommes de terre eu végétation sont impropres à l'alimen- tation, elles deviennent même nuisibles à la santé. Le fait a été constaté une fois de j)lus à l'orphelinat de Schagen (Pays-Bas). Des cas d'empoisonnement avaient été signalés chez un grand nombre d'enfants, l'examen médical a attribué ces cas à la solanine ([ui se développe chez les tubercules de pommes de terre en végétation. La cuisson ne suffit pas pour les débarrasser de ce i)rincipe (|ui est un toxique. La production fruitière de la Belgique augmente dans de notables proportions; le talib-au comparatif des importations faites en Angleterre suflit à en doiuier la preuve. En dix inini'o^ la quantité des fr-nits iiupoi-tés par la Belgique en .\ngleterre a presque décuplé. La Erance était au premier rang en 1871. En 1882, les Etats-Unis d'Amérique viennent au second rang après la Belgique, et la Erance arrive la troisième. Viennent ensuite : l'Espagne, les Pays-Bas, l'Alle- niattne, le Canada, le Portugal et les Indes anglaises. En 1882, la Belgique a exporté pour une somme de 8,693,000 de francs de fruits de toute nature. 4: * * — 89 - Prix des Orchidées. — Ce ne seront jamais les ventes dites au déballage qui feront du tort au commerce horticole sérieux. On n'em- pêchera pas certains marchands de promener par le monde des produits végétaux étiquetés sous les noms les plus variés, et on n'empêchera pas non plus des personnes trop confiantes d'acquérir ces vieux rossignols qui viennent échouer sur tous les rivages. Tandis que ces choses s'ac- quièrent à vil prix, trop cher encore pour ce qu'elles valent, on voit les bonnes plantes conserver leur valeur. Ce qui le prouve c'est que récenmient à la salle Stevens à Londres, un bel exemplaire de Catlleya Wa(jneriana a été vendu au prix de 90 guinées (2250 francs), un Cattleya Reineckeana 70 guinées ! Le Saxifraga Mac Nabiana qui a été fort remarqué à plusieurs des dernières expositions en Angleterre, n'est pas une espèce comme son nom semble l'indiquer. M. Lindsey constate, dans le Gardening World, que c'est une variété obtenue de semis, il y a une dizaine d'années, au Jardin botanique d'Edimbourg, de graines du Saxifraga nepalensis qui est lui-même une variété du Saxifraga pyramidalis. Il est bon de signaler ces soi'tes de rectifications. Les noms jardiniques donnés à tort et à travers finissent par induire en erreur la science et par nécessiter des travaux ardus et en somme inutiles. Nous protesterons toujours contre cet abus qui consiste à donner des appellations spécifiques à de simples formes. Il est à notre connaissance que les Aralia heteromorplm^ Aralia Hookeri, Aralia Cunningliami et autres ont été obtenus de graines récoltées sur un seul et unique pied A' Aralia trifoUata. A quoi sert de jeter le trouble dans le domaine scientifique, et nous le demandons, V Aralia JieteromorpJm aurait-il eu moins de valeur, si on lui avait donné le nom loyalement l'égulier à.' Aralia trifoUata tar. speciosa ? L'Edelweiss, Gnaphalium leontopodivm, la plante si chère aux touristes dans les Alpes, menacée de complète destruction par les ravages inconscients de ceux-là mêmes qui l'exploitent à leur profit, trouve partout des défenseurs. De sages mesures ont été prises par divers cantons de la Suisse pour arrêter l'extirpation. Le Club Alpin autrichien vient à son tour de s'adresser aux autorités provinciales des régions mon- tagnardes pour provoquer la promulgation d'une loi interdisant l'arrachage des plantes et ne permettant que la récolte et la vente des ramules de fleurs. — 90 — Le Gymnogramme schizophyllum var. gloriosum à l'Expo- sition de Paris. — La Revue horticole donne de cette exposition un (■onipte rendu d;iiis lequel il est dit que ce (ivnmograinme est vendu en Beliiique sous un « nom inexact, » attendu que ce ne serait qu'une « forme vigoureuse » ilu G . schizophi/llum. Si à ses veux cette forme ne constitue pas une variété, nous voudrions bien savoir pourquoi l'auteur du compte rendu n'a pas tenu ce même raisonnement à propos du Caraguata sanguinea var. gigantea qui paraissait à la même exposition et qui n'est également qu'une a for 7m vigoureuse ». Meetings pour l'appréciation des plantes. — Il est question de créer à Amsterdam des réunions analogues à celles qui ont lieu à Londres, à Gand et à Paris, pour l'appréciation des plantes. Une première réunion a eu lieu au Jardin Zoologique d'Amsterdam le 3 juin ; le Jury a décerné un certificat de 1"' classe à une variété nouvelle A' Friobotrya japonica à feuilles panachées do blanc. Cette iilante était exposée par l'établissement VON SiEBOLD. ^ •Jf. ^ Un remède contre le panaris. — Un correspondant du journal néerlandais Semperrirens insiste sur l'efficacité du simple remède suivant contre cette inflammation douloureuse et parfois fort grave. On prend une poignée de feuilles de fève de marais [Vicia Faba L.), fraîches ou séchées, on les fait macérer quelques instants dans de l'eau bouillante, puis on plonge le doigt malade dans cette décoction dès qu'on peut en supporter la chaleur. Le doigt doit y plonger une couple d'heures et durant ce temps l'eau est maintenue assez chaude au moyen d'un réchaud. Le plus souvent toute douleur a disparu au bout de ce temps, du moins elle sera calmée et disparaîtra promptement. Si l'inflammation est initiale, l'application de ce moyen en arrêtera les conséquences. Les feuilles séchées peuvent être conservées dans une boîte en un lieu bien sec. Le chêne préhistorique découvert à l'embouchure de Rhône, est actuellement visible à Anvers près du champ de l'Exposition. Il a 6"'20 de circonférence k la base et pèse 55.000 kilogrammes. Il a 31 m. de long et cube le volume énorme de 35 mètres. Par suite de la perte do son écorce et de son aubier, sa grosseur a dû être réduite de près d'un ([uart. En pleine végétation, cet arbre devait avoir une hauteur de 50 mètres. Son âge est évalué à 2000 ans, non compris les siècles durant lesquels il a été enseveli dans le lit du Rhône. Son bois est devenu noir comme l'ébène. Nous nous rappelons avoir vu, il y a vingt cinq ans, lors du redressement du lit de l'Escaut à Heusden près de Gand, des troncs de chêne qui avaient été ensevelis à cet endroit depuis des siècles. Le bois était également d'un beau noir; nous en avons vu faire de très beaux meubles. Lucien Linden & Emile Rodigas. o a: o 0= co '« :=> a u ce < -M < N — 91 — PL. DLIX AZALEA INDICA var. arlequin AZALÉE ARLEQUIN Éricacées ÉTYMOLOGIE & CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. — Voir Illustration Horticole 1870, p. 70. Peu de plantes cultivées ont donné de.s exemples aussi nombreux et aussi manifestes d'instabilité dans leur descendance directe que les Azalées de l'Inde : par suite de l'ébranlement auquel ont donné lieu des circonstances culturales multiples, les graines provenant d'un même individu ont produit les variations les plus diverses, dans le port, le feuillage, les fleurs. Cette sorte d'affolement n'attend pas même le semis pour se faire jour ; il est fréquent encore sur la plante indi- viduelle, et bien des fois les modifications les plus imprévues sur- gissent spontanément sur des rameaux de variétés fixées par la voie ordinaire du greffage. L'Azalée Arlequin, qui fait l'objet de la présente notice, est un brillant exemple de plus de ces jeux de la nature, produits les uns par la division des couleurs, les autres par la force de l'atavisme. Cette origine n'ôte rien à la valeur des variétés, et un grand nombre des plus méritantes sont de ces lusus'^ citons au hasard les Azalées Jean Vervaene, empereur du Brésil, Tmpéralrice des Indes, jy"° Louisa de Kerchove, M'"° Louis Van Jloutte, Sigis- mund Rucher, etc. Seulement il importe que cette origine soit signalée, par la raison que les variétés nées de cette manière ont à leur tour une grande propension à jouer et doivent être surveillées de ce chef, afin que les plantes ne retournent pas à leur type originel. Un autre fait digne de remarque, c'est que ces enfants du hasard apparaissent souvent en même temps sur des exemplaires d'une même variété cultivés dans des localités parfois très éloignées. Ce phénomène donne la mesui'e de l'énergie de l'ébranlement amené par les procédés de culture. Ce fait a été constaté dans le cas de la nouveauté qui nous occupe et doit faire réfléchir ceux qui seraient tentés de révoquer en doute ces productions sinmltanées. XJ Azalée Arlequin, très remarquée à la dernière exposition de Mont S' Amand, où elle était montrée par deux concurrents, est un lusus — 92 — trouvé sur V Azalée Antigone, une des plus lielles productions de l'hor- ticulteur allemand M. Schulz, et probablement elle-même obtenue d'une manière identique. V Azalée Antigone donne, en effet, parmi ses Heurs normales, d'un coloris blanc nacré strié, maculé et pointillé île viulet, des liiiui|uets de fleurs v\u'.v. lesnuellcs le Idaiic a prcsiiui' disparu sous les larges bandes violettes. La fleur de V Azalée Arlequin se distinguo par un coKu-is tout a l'ait nouveau dans les Azalées. Comme on le voit sur notre planche, qui n'a rien d'exagéré, la couleur est un beau lilas violacé; la fleur conserve un assez large bord blanc et elle trahit son origine par les lignes et les stries violettes qui panachent les pétales comme dans la corolle du type. La fleur est assez grande, très souvent double. La forme est d'une régularité parfaite. Le bois est rougeàtre. La feuille est grande, ovale-arrcindi, d'un beau vert foncé. La plante est d'une croissance assez vigoureuse. Nous ne savons pas encore si la fleur résistera aux rayons solaires sans rien perdre de son coloris, comme c'est le cas pour V Azalée Antigone, ni si elle partage les autres qualités propres à cette dernière de ne pas donner' de longs rameaux désordonnés et d'être bien apte au forçage. Quoi qu'il en soit, de l'avis d'un de nos amateurs les plus compétents en cette spécialité, M. V. Cuvelier, ce sera une variété toujours distincte et très recommandable, bien qu'elle se soit produite dans plusieurs endroits. Pour obtenir la fleur parfaitement panachée, il faudra exposer la plante en plein soleil durant l'été. Ém. Rodigas. Un vignoble sous verre. La culture de la vigne sous verre a pris en Belgique un déve- loppement considérable. L'installation la première en date et la plus importante, celle dont l'immense succès a donné naissance à un nombre considérable d'établissements coiicurrents, est située à Hoeylaert près de Groenendael (Brabant) où l'on arrive aisément par les trains de Bruxelles- Luxembourg. Le terrain qui forme la propriété des frères Sohie a une étendue de trois hectares et contient environ deux cents serres basses à deux versants groupées par séries sur les collines de cette petite Suisse. Toutes sont plantées de vignes Frankenthaler et peuvent être chauffées au moyen de fourneaux et canaux en bri(|ues, l'ancien système élémen- taire. Rien 'n'est plus curieux à voir pour l'amateur d'arboriculture fruitière, que cette fabrique de raisins qui fournit de magnifiques grappes à Bruxelles et à Paris durant six mois de l'année. L'ILLUSTRATION HORTICOLE. HOMALOMENA INSIGNIS n. e. br. — 93 — PL. DLX HOMALOMENA INSIGNIS n, e HOMALOMENA DISTINGUÉ AROIDEES ÉTYMOLOGIE : Du greu o«a).oç, uni ou plat-, & y.(!vï3, la lune ; d'après le nom vernaculaire d'une des espèces (1). CARACTÈRES GENERIQUES : Pylores in spadice in appondiculato monoici, omnes peri'fcti rarius paueis masculi intimis iinperfeotis, masculi et feminei arote contigui, vel spatio brevi nudo separati. l'erianthiuni nullum. Stamina 3-4, rarius 5-6, distiucta, brevia, prismatica, trunoata, 3-4gona, dorso contigua ; antherai-um loouli oblongi vel ovoidei, subi-emoti, prominuli, connectivo crasso multo breviores, rimulis subapicali- bus déhiscentes; pollen vermiforme. FI. ferain. : staminodia in spiras cum ovariis alternantibus disposita, clavata vel capitata rarius nulla. Ovarium oblongum vel obovoideura, vertice contractum, perf'ectc vel impcrfecte anatropa vel senii-anatropa, iuniculis elongatis erecto-patentibus placcntis marginibus septorura vel angulo interiori loculi aflnatis 2-seriatim atfixa, raicropyle laterali vel infera vel supera. Baccae spatha totae iuclusae, oliovoideac globosae vel angulatae û-41oculares, polyspermae. Semina ovoidea, funiculo elongato, testa costata atro bruunea extus succosa, albumine copioso ; erabryo axilis. — Herbae robustae, rhizomate crasso, caudice brevi vel nullo. Folia ovato-vel triangulari-cordata vel lauceolala interdum pubeseentia, nervis marginem attingentibus, pétiole saepius elongato et longe vaginante. Spatha recta, cylindraoea vel inferne convoluta, superne in lamiiram convolutam vel hiantem aouminatara protensa, tandem recta, tota accrescens et persistons. Spadix spatha inclusus, saepius breviter stipitatus ; iuflorescentia mascula cylindracea vel fusiformis; i'eminea brevior. Benth. & HooK. Geu. Plant, vol. III, p. 933. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Pétiolus 3-5 poil, longus, 4 lin. crassus, levis, i'usco-purijureus, subcompressus, canaliculatus, ad médium vaginatus. Lamina 12 poil, longa, 6 poil, lata, elliptico-oblonga, obtusa breviter mucronata, basi rotundata supra viridis, subtus purpurea suffusa. Venae primariae latérales 8-9, adscendentes , turvatae. Scapi plures, 3-4 poil, longi, i'usco-purpurei. Spatha viridis 3j-4 poil, longa, dorso obtuse carinata, apice compresso-rostrata. Spadix 3 poil, longus : parte feminea cylindrica 10 lin. longa, 4 \ lin. crassa, ovariis [absque organis neutris (staminodiis ? intermixtis] oblongis 4-5 locularis, ovulis numerosis ; parte neutra 3-4 lin. longa, albida, mascula et I'eminea arcte contigua ; parte mascula cylindrica, acutiuscula, 3 lin. crassa, alba. Habitat Bornéo. Cette belle Aroïdée ne constitue pas seulement une heureuse addition au groupe des plantes décoratives, mais, en outre, cette nouveauté présente un intérêt réel au point de vue botanique ; en effet, dans cette espèce, on ne rencontre pas d'organes neutres noueux mêlés (') Par une étrange erreur, ce genre est écrit Homalonema dans le vol. III, p. 983, du (reliera Plantarum de Bentham et Hookek, avec cette mention que le nom Honudomeiia, comme l'a écrit Schott, serait une faute typographique. Or tel n'est aucunement le cas, puisque Schott, dans son Gênera Aroidenriim, indique pertinem- ment l'étymologie du nom que nous rappelons en tète de cet article. — 94 — liai'iiii les iiv;iiiï's, cipumie c'est irni-iliiiaire le oas dans les espècftS du genre provenant des Indes Orientales ; mais à leur place on y trouve au-dessus des ovaires une courte portion du spadice entière- ment neutre. La section du genre Homaloniena qu'on a a])pelée Curmeria compte ainsi une troisième espèce asiatique ; les deux autres sont H. sagittifolia Junuii et H. punctulala Engl. Le Homaloniena inmjnis a été introduit de Bornéo par la Conii>agnie Continentale d'Horticulture et sera une bonne j)lante à lèuillage pour l'ornementation des serres. Klle a de belles et grandes l'euilles, longues de 0"'30 environ et larges de 0"'15, de forme elliptii|ue allongée, obtuses avec une courte jjointe mucronée ; la l'ace supérieure est vert brillant, la page inférieure lavée de pourpre vineux et marquée par une nervure médiane et des veines de nuance plus foncée. De chaque côté de la nervure médiane, il y a 8 ou 9 veines primaires ayant, en deliors des veines secondaires, entre chaque paire, une veine plus forte qui, à son origine près de la nervure médiane, est à peine perceptible dans les jeunes feuilles. Les pétioles et les -pédoncules sont pourpre vineux et à peu près d'égale longueur, ayant environ le tiers dt^ la longueur du limbe. La spathe est verte et se termine en un bec comprimé fort caractéristique, long de 0"'012 à O^OS. Le spadice est plus court que la spathe ; la partie femelle est d'un verdàtre très pâle, le reste est l)lanc. Par son spathe terminé en bec, l'espèce rappelle le H. roslrata (IkifI''. dont elle diffère sensiblement par d'autres caractères. Cette plante réclamera les mêmes soins de culture que les Schis- matoglottis et les Chamaecladon et se multiplie de la même manière. A propos du Eomalomena rostrala, il nous sera permis de relater les infortunes que l'orthographe de ce nom a dû subir. Le manuscrit de Griffith tomba entre les mains d'un éditeur malhabile qui, parmi une foule d'autres erreurs, imprima, dans les QriJJiilCs Notulae III, p. 154, H. Roshahim, au lieu de H. rostratum. Schott copia ce nom erroné dans son Prodromns Aroidearum p. 312. Enfin Engler, qui n'en fit aucune mention dans sa monographie du groupe, a essayé de remettre les choses en ordre dans Beccaris Malesia I, p. 218, et commet une nouvelle erreur en faisant imprimer H. j^'^'ostrata ! N. E. Brown. Un superbe rosier est celui qu'on admire actuellement dans le jardin du château de Tourville-la-Campagne (Eure). C'est un exemplaire de la belle et populaire variété Maréchal Niel ayant 4'"20 de hauteur et un développement de 15 mètres. Le nombre des fleurs qui s'étalent sur les branches de ce riche espalier se chiffre par centaines. On sait que cette variété est une de celles qui se soumettent le mieux à la culture hâtive ou hivernale. LABISIA POTHOINA lindley. — 95 • l'L. DLXl LABISIA POTHOINA LABISIA RAPPELANT LE POTHOS Myrsinées ETYMOLOGIE : Du grec /«pi;, cuiller; allusion à la forme des segments de la corolle. CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Flores parvi hermaphroditi. Calyx minukis quin- quedentatus. Corolla coriacea, 5-partita, laciniis iuduplieato-vulvatis apice inflexis apiculatis. Stamina 5, segmeutis corollae involutîs, filamentis brevissimis. Ovarium superum globosum in stylura subulatun attenuatum, unilocularc, placenta centrali libéra, ovulis immersa. Eructus pisilbi'mis, epicarpiu succulente, mesocarpio crustaceo fragili, endocarpio membranaceo separabili. Semen solitarium, subglobosum, ovulis rcliquis omnibus abortivis, testa menibranacea venosa, albumine duro corneo, em- bryone filiformi transverso. — SuftVutices humiles, basi procumbentes, folia pauca sessilia vel petiolata, lanceolata, aeuminata, integerrima vel denticulata, petiolo vel basi folii vaginante, nervis primariis divergentibus numerosis, secondariis crebre reticu- latis. Flores parvi spicato-paniculati, breviter pedicillati, pedicellis basi bracteolatis.. Tota planta ligno excepto vasibus vesiculis seu fistulis fusca repletis parcta. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Caulis pedalis et minor, basi radicans. Folia petiolata; petiolo 2-7 poil, longo, tereti, basi vaginato; lamina 5-S poil, longa, 1 ^ - - t poil, lata, lanceolata, aeuminata, crenato-denticulata, glabra vel subtus cura petiolo fcrrugineo-pulverulenta. Paniculi anguste spiciformi, axillares, peduuculati, ferrugineo- pulverulenti, 3-8 iioll. longi. Flores parvi,' albidi, in cymulas secus pedunculum laxe dispositi. Bornéo, Sumatra, Singapore. Labisia pothoina Likdley. Bot. Reg. 1845, t. 48. — L. pothoina, Likijl. var. lan- ceolata Clahke, in HooKEE Flor. Brit. Ind. III, p. 518. — Ardisia piimila, Bltjme, Bijdr. p. 668. — A. jmmila, Bl. rar. lanceolata, Schepp. Comment. Mi/rsiii. p. 93, Nous voici en présence d'une nouveauté hautement intéressante, qui se distingue de toutes les autres plantes actuellement connues dans les cultures. De prime abord, son aspect général rappelle celui d'une Aroïdée, à telle enseigne que, lors de la première introduction de la plante en 1845, elle fut prise pour une Aroïdée. La veinure des feuilles et leurs bases engainantes rendraient l'illusion complète. Mais la venue des fleurs a bientôt dissipé l'erreur et l'on voit immédiatement que l'on se trouve en face d'un genre ayant de l'affinité avec les Ardisia. La plante a environ 30 centimètres de hauteur. Elle a une simple tige ligneuse retombante et émettant des racines à sa base ; elle est munie de 4 à 6 feuilles gracieusement arquées, lancéolées-acuminées, crénelées-denticulées, d'un coloris vert brillant. Elles sont portées — 96 — sur des pétioles cylindriimes assez lniijis avec des bases engainantes caractéristiques. Les épis floraux pédoncules ou plutôt les panicules en forme d'épis de petites fleurs blanchâtres sont solitaires et disposés dans les aisselles des feuilles. Telle est la description de cette très remarquable Myrsinée qui vient d'être réintroduite de Bornéo par la Compagnie Continentale d'Horticulture. jSous l'avons déjà dit, cette espèce fut introduite une premii're fois il y a (quarante ans ; mais elle disparut bientôt complètement, Inen qu'clii; miM'ite parfaitement une place dans toute bonne collection. Le Labisia pothoina est ww plaiit(! de serre qui se développe avec lenteur ; d'après le D'' Linuley, elle réussit fort t)ien dans un mélange de terre argileuse, de sable et de grossière tourbe. 11 convient de la rempoter en mars, parce qu'il serait imprudent de déranger les racines durant la période végétative ; pendant l'hiver, il faut veiller à lui donner moins d'eau que lors de la croissance. 11 est probable que le mode de multiplication le plus simple sera le .semis. Dans la Flora of Brilisli Jndia de Hooker, M. Cl.\kki-: a confondu cette plante avec une autre espèce tout à fait distincte ayant des pétioles largement ailés, des pédoncules plus solides et apparemment des fleurs plus grandes. Cette dernière espèce est originaire de Singapore et de Sumatra. N. E. Brown. VRIESEA AMETHYSTINA ED. MN. Cette belle Broméliacée décrite par M. le professeur Ed. Morren, dans la Belgique liorticole, est remarquable surtout jiar le coloris rose pourpré de nuance améthyste qui distingue son feuillage. Cette colora- tion est tout à fait nouvelle en botanique et en horticulture. Les fleurs, portées sur un long épi dressé, sont entièrement jaune d'or. C'est une espèce brésilienne que M. Morren a reçue en 1881 du Jardin bota- nique de Rio de Janeiro. La plante a été découverte par W. Gl.\ziou. Elle n'est pas sans affinité avec le Vriesea Warmingi. — 97 — BIBLIOGRAPHIE Die Warzellaus des Birnbaumes, par Hermann Gothe (1). — ïûus ceux qui s'occupent (rarlinriculture fruitière connaissent le puceron lanigère qui ravage les plantations de pommiers ; heureux encore s'ils ne le connaissent qu'en théorie et de loin ! Voici le poirier attaqué à son tour par une variété infinie du même insecte. Ce nouvel ennemi est le sujet traité par M. H. Gothe. L'auteur, dans son travail, accompagné d'une planche coloriée, étudie l'insecte dans toutes ses phases et semble redouter sa multiplication qui serait réellement fatale, autant que celle du Phylloxéra. Ce puceron s'en prend surtout aux racines du poirier. Jusqu'à ce jour aucun remède n'a été complètement efficace. Les jeunes arbres peuvent être déplantés et après le lavage complet des racines être replantés dans un sol nouveau. D'après l'auteur, le meilleur remède préventif serait le greffage sur aubépine. Agriculture. Recensement général de 1880 (2). — Nous avons sous les 3'eux le travail publié par le Ministère de l'Agriculture et de l'industrie, sur la statistique agricole de la Belgique. C'est le plus complet et le plus intéressant ouvrage qui ait paru jusqu'à ce jour sur cette importante matière. L'ouvrage est divisé en deux volumes grand in-4°. Le second comprend le dénombrement des animaux domestiques, la répartition des cultures, l'indication des propriétés boisées, par commune, par canton et par province ; le relevé des exploitations rurales, tout ce qui concerne la population agricole et les salaires, la valeur vénale des terres et les fermages, les macliines et les semences, enfin le rendement des dix dernières années et le prix des denrées agricoles. Ce volume consacré aux relevés généraux est précédé d'une première partie qui résume, en 138 pages, les données générales concernant l'agriculture du pays. On y passe en revue les diverses zones ag'ricoles : alluvions, polders, dunes, Flandres et Campine, Hesbaye, Condroz, Ardenne, Luxembourg, etc.; la répartition des cultures : céréales, légumineuses, plantes industrielles, plantes fourragères, jardins potagers, jardins d'agrément, forêts, etc. Cette première partie est accompagnée de cartes géographiques coloriées, supérieurement exécutées, permettant de se rendre compte par un simple coup-d'œil du résultat des relevés généraux et de l'intensité relative de la population animale comme de l'intensité relative des diverses cultures. Ces cartes font le plus grand honneur à l'Institut cartographique mili- taire de Bruxelles. L'œuvre elle-même est un monument élevé à l'agri- culture nationale. Em. R. (1( Stuttgart, chez Kro. Ui.mer, 1884. (2) Statistique de la Belgique. Agriculture. Kecenseraent général de 1880, publié par le Ministre de PAarriculture. Bi-uxelles, 1885 — 98 — LE JARDIN FRUITIER ET LE POTAGER Le Céleri nain pommé Marié. — Ce produit inaraîclier semble avoir un seul délaui, la idiii^ueur de sdn nom, ce dont nos jardiniers, quand ils le connaîtront, l'auront vite corrige. II est priuié par la Société d'horticulture de Montmorency et par celle d'Épernay; ce sont là d'ex- cellentes recommandations. Il a été obtenu par un jardinier, M. F. M.\kié, dont il porte le nom. Les plants, qui se reproduisent identiquement de semis, pomment naturellement dès qu'ils ont 10 à 12 centimètres de haut et blanchissent à l'intérieur sans buttage ni ligature; ces ])lants bien feuillus ont une trentaine de centimètres de diamètre. Ce Céleri a l'aspect d'une forte plante de Chicorée; il est h:'itif, jiousse vite, pcmime à mesure qu'il se développe et se conserve aisément. M. L. CusiN ajoute que « mille variété obtenue jusqu'à ce jour ne l'égale en finesse. » Culture des navets pour l'emploi de leurs feuilles et de leurs pétioles. — Ces feuilles et ces pétioles acquièrent jiar la cuisson un goût des plus agréables et peuvent parfaitement être servis en guise d'épinards alors que ceux-ci commencent à fain; défaut. On peut les semer dès le printemps, fort drù; le rapprochement fait filer le feuillage qui, en outre, demeure fort tendre. La verdure des radis peut être utilisée de même. Les pétioles des navets sont employés depuis des temps immémoriaux en Cam- pine en guise de choucroute et constituent, pendant l'hiver, une précieuse ressource pour l'alimentation des fermes. Ces pétioles débarrassés des limbes sont conservés en saumure dans des tonneaux ou des vases en grès. Le rendement des ponxmes de terre peut être sensiblement aug- menté par le buttage. Le Moniteur de V horticulture indique un autre procédé suivi par un cultivateur de Vineuil près de Blois et qui consiste à supprimer les menues j)0usses qui entourent la tige ou les deux tiges prin- cipales les plus vigoureuses. Par ce moyen, les tubercules acquièrent un volume exceptionniîl. Il se peut que, par ce jjrocédé, on augmente le volume, mais pour cela le rendement auquel contribuent aussi bien les tubercules moyens, sera-t-il auguienté par cette suppression? Il sera facile d'en faire l'essai. Le Haricot perle est un des meilleurs, sinon le tout premier des haricots nains. Le grain est petit, ])res(iue rond et fort joli; nous on avons compté de 2G0 à oQO par tige. Il est lion de donner aux plantes une légère ramille comme pour les petits pois. On si'ino en lignes séparées de 0'"80 à 0"'25 de distance. \ . Tér.vn. — 99 — La Mûre sauvage améliorée Il s'agit ici non pas de fruit du Mûrier, mais bien de celui du Ruhus occùJcntalis ou Ronce d'Amérique, espèce qui rappelle notre Ronce commune. Elle a les tiges glauques et munies d'aiguillons recourbés ; les feuilles des rameaux stériles sont pennées, celles des rameaux fertiles ont trois folioles ovales, incisées dentelées, blanchâtres en dessous; les fleurs sont blanches et disposées en ombelles, à pétales étalés plus courts que le calice. Plus pratiques et en tons cas plus utilitaires que nous, les Américains n'ont pas dédaigné leur Ronce des haies, leur Mûre sauvage, mais ils ont su, par la culture ou mieux par voie de sélection, améliorer un produit qui ne coûte que la plantation et la cueillette et dont l'importance va grandissant. On iiourra s'en foire une idée par la liste suivante que nous donnons d'après un livre américain sur la culture des petits fruits (i). American Black. — C'est la Ronce d'Amérique, à fruit noir, répandue à l'état sauvage dans tous les États-Unis. Ne diffère guère du type. American Improvccl. — Trouvé à l'état sauvage dans le Comté d'(!)ntario, il y a quarante ans, et répandu par M. H. H. Doolittle. La plus populaire des variétés. Branches vigoureuses, se couvrant littéralement de fruits noirs. American WJdte. — (Cap, Yellom Cap, Oolden Cap.) Sans être commune, cette variété se rencontre assez souvent. Les baies sont légèrement ovales, les grains plus grands que ceux du type noir, de couleur jaune avec un peu de pruine. Les tiges sont jaune clair, solides, garnies de peu d'épines. Miami Black Cap. — • Variété vigoureuse et productive, trouvée près de la rivière Miami dans l'Oliio. Fruit d'un coloris rouge brunâtre. PJiiladelpliia. — La variété la mieux connue et naguère la plus popu- laire de ce groupe. Tiges unies, vigoureuses, érigées, extrêmement fertiles; fruit moyen, rond, rougeàtre, d'un parfum médiocre. Se7ieca Black Cap. — Obtenu par M. Dell, de Seneca, New-York. Pour le volume, le fruit est intermédiaire entre American Improvecl et Mammotlh Clusler. Il est plus tardif que le premier, pas aussi noir, ayant une teinte pourprée; il est juteux, doux et bon. Oolden Thornless. — Variété à grands fruits, du WJiite Cap, due à MM. PuRDY et Johnson, de Palmyre, New- York. Oregg. — Fut trouvé en 1866, dans un ravin de la ferme Gregg, dans le Comté d'Ohio, Indiana. A l'exposition du centenaire à Phila- delphie, le Jury plaça cette variété au premier rang. Elle est vigoureuse et de croissance l'apide. Le fruit est beau et bon, très facile au transport. D'après le Gardeners' 2Ionl7dij. le fruit de cette variété est le plus grand de la section. (1) Success with small fruits, by P. E. Roe. — Seeley, Jackson and Halliday, 5i Fleetstreet, London. — Vol. gr. in-S", 314 pages, gravures intercalées dans le texte. — 100 — Mammotli Chister ou Me Cormiccj est la vanété la plus tardive; elle est plus vigoureuse que American Tmjjroved. Le fruit est disposé en grappes serrées au sommet de la branche. Il ni ù rit assez régulièrement à la fois. Il est gros, juteux et parfuim''. A'ariétê excellente pour l'usage domestique et pour le marché. New Rochelle. — Est considéi'é comme hybride entre le Framboisier rouge et le R. occidental/s. Cette variété a été obtenue par M. E. W. Carpentier, do Rye, Ne\v-York. Elle est vigoureuse, rustique, très productive. Le i'ruit est de bonne proportion. Il a le défaut d'être acide et d'avoir un coloris brun-sombre auquel «m préfère avec raison les nuances plus vives ou entièrement noires. Nous nous rendons difficilement compte des progrès incessants que la culture fruitière, à nos yeux la moindre branche de l'agriculture, réalise en Amérique, où, il y à peine un demi siècle on ne i)ossédait, pour ainsi dire, aucune de nos variétés fruitièi'es et qui maintenant, malgré les difficultés et les frais de transport, vient faire en Europe même la concurrence à nos producteurs. Voici une statistique parlant pour une seule ville de l'Ouest, Cincinnati. « En 1835 on considérait comme une chose extraordinaire que le marché de Cincinnati pût être fourni en un jour de cent boisseaux!') de fraises; or, durant l'été de 1879, il a été vendu à Cincinnati, 80 à 85,000 boisseaux ; la moitié à peu près a été consommée par la population urbaine. Vers 18.38 la culture des groseilliers cassis fut commencée dans le Comté de Cincinnati par James Gallager et F. A. Me Cormicq, de Salem. La première année, la plus grande cargaison fournie en un jour par Gaelagk.r fut de 6 boisseaux et celle de Me Cormicq, de 4 boisseaux. Au marché, ie produit de Me Cormicq fut vendu à G 1/4 cents par quarteron, tandis que Gallager qui vînt après obtint 8 1/8 cents. En 1879, la récolte de cassis vendue à Cincinnati s'est élevée cà 75 ou 80,000 boisseaux vendus à 2 dollars (2) le boisseau. » Un journal américain, le Conniri/ Gentleman, établit qu'en une année il a été vendu dans le Micliigan pour 5 millions de dollars de petits fruits ; il estime que New- York seul en consomme annuellement pour 25 millions de dollars. Le nombre des fabriques de conserves va en outre croissant dans tous les pays; celles-ci absorbent évidemment une part considérable de la récolte et ilès lors les cultures devront forcément s'étendre. Il ne faut cependant pas s'imaginer, dit M. Roe, que l'horticulture offre une ressource certaine à l'ignorance, à la paresse ou à l'imbécilité physiciue ou intellectuelle. Pour réussir en culture comme ailleurs, il faut un peu de boniieur, mais aussi de l'intelligence, de l'activité et de la volonté. Em. Rodigas. (1) Le boisseau contient environ 53 litres. (2) Le dollar vaut 5 ir. 42 centimes. 4°"^ SÉRIE 5"" Volume TOME XXXII. Année 1885 7""= Livraison Principales distinctions obtenues par L'ILLUSTRATION HORTICOLE : MÉDAILLE DE MÉKITE A l'eXPOSITIOK TNIVERSELLE DE VIENNE EN 1873 DIPLOME d'honneur A l'eXPOSITION INTERNATIONALE d'aMSTERDAM EN 1877 MÉDAILLE d'or A l'eXPOSITION VNIVERSELLE DE PARIS EN 1878 DIPLOME d'hONNEIR A l'eXPOSITION DE MADRID EN 1883 T » OSTRATIOI Ë m UlUIl REVUE MENSUELLE DES SERRES ET DES JARDINS 1 ■ COMPRENANT LA FIGURE, LA DESCRIPTION L'HISTOIRE, LA CULTURE EN SERRES, EN PLEINE TERRE ET EN APPARTERIENTS DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES LES INTRODUCTIONS NOUVELLES L'INDUSTRIE HORTICOLE LES EXPLORATIOUS BOTANIQUES, l'ARCIlITECTORE DES JARDINS, L'ARBORICDLTORE LA CULTURE MARAICHERE LE COMPTE RENDU DES GRANDES EXPOSITIONS, ETC. PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE J. LINDEN ADMINISTRATEUR REDACTEUR LUCIEN LINDEN EMILE RODIGAS Collaboration de Botanistes et Horticulteurs éminents TABLE DES MATIÈRES Chronique horticole 101 Bibliographie 108 Remèdes employés contre les ravages des insectes 118 Le jardin fruitier et le potager, soins d'entretien des arbres du verger . 115 TEXTE ET PLANCHES COLORIEES PI. 562. Odontoglossum Krameri . 107 PI. 563. Anona cherimolia . . . 109 PI. 564. Ipomoea rubro-coerulea . 111 A PARU LE 31 JUILLET 1885. Administration, au siège social de la Compagnie Continentale d'Horticulture (Société anonyme), 52, rue du Chaume, à Gand. CONDITIONS D'ABONNEMENT 'V Illustration Horticole paraît le 15 de chaque mois et forme, au bout de l'année, un gros volume in-8° de 2œ pages de texte illustré de nombreuses gravures, et acfompagnc de 36 PLANCHES richement coloriées ou gravures supérieurement exécutées. Les sujets traités sont distribués dans l'ordre suivant : I. Chronique horticole. — II. Planches coloriées et descriptions de plantes nouvelles. — III. Culture des plantes en appartements. — IV. Jardin potager et jardin fruitier. — V. Horticulture d'ornement, etc. — VI. Architecture des jardins, constructions et industries horticoles. — VII. Miscellanées. — "\'I1I. Correspondance. — IX. Explorations scientifiques. Prix de l'abonnement, payable d'avance, Par volume de 12 livraisons (de janvier à décembre) envoyées chacune /raMCO par la poste. Pour toute l'Union postale 30 francs. Pays d'outre-mer 35 n Payable m m uiauilat sur la poste de Gand (Belgique) au nom de l'AdmiDistratcur. On s'abonne à l'administi-ation de VlUnslration Horticole, 52, rue du Chaume, à Gand, ainsi que chez les principaux lil)raires de Belgique et de l'étranger. — Envoi franco d'un N° spécimen sur demande afi'ranchie accompagnée de 3 francs en timbres-poste. CÉRUSE SPÉCIALE pour la i'einturc des Serres, Abrlx, HeublON et Ornements de jardins La CoMPAGKiE coNTiNEKTALE D'HoRTicrLTiRE (Société anonyme), à Gakd (Belgique), s'est assurée, par contrat passé avec l'inventeur, la vente et le dépôt général d'un produit destiné à la peinture des serres, abris, meubles et ornements de jardins. Outre une blancheur et un velouté sans pareils, cette peinture garantit la conservation du bois et du fer si vite attaqués par l'humidité et la chaleur à l'intérieur des serres, par le soleil et la pluie en çlein air. La première personne venue pourra se servir de cette matière. La couleur étant toute pré- parée, il suffira d'y aj.outer l'huile nécessaire pour pouvoir s'en servir. Le pri.K minime de ce produit engaÉ et par Miller. (3) Jacqves et Herincq, t. I, p. 47. (4) Vol. in-S», Paris 1883, p. 139. (5) DE Candolle, Q-éogrnpkie hotatiique raisonnie, p. 863. (6) HooKKB, Flor. Nig>\, p. 205. f ^ t. X \ ■■/^ IPOMOEA RUBRO-COERULEA hoo:> — 111 PL. DLXIV IPOMOEA RUBRO- COERULEA VOLUBILIS BLEU ROUGEATRE Convolvulacées ÉTYMOLOGIE : D'après Linsé, du grec î-i, liseron?, et Suoto;, semblable. CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Calyx pentaphyllus. CoroUa hypogyna campanulato- inf'undibuliformis, limbo 5-plicato. Staraina 5, imo corollae tubo inserta inclusa vel exserta, filamentis basi dilatatis. Ovarium biloculare, loculis biovulatis, septulo inter ovula collateralia nullo. Stylus simplex, stigmata 2 tereti-filiformia complanato-ovata vel capitato-globosa. Capsula bilocularis bivalvis. Semina 4 erecta. Embryonis curvati mucila- ginoso-albuminosi cotyledones corrugatae, radicula inféra. Herbae vel suffrutices in temperatis calidisque totius orbis obvii, volubiles vel rarius erecti ; foliis alternis saepius cordatis vul sagittatis integris vel lobatis. Linn. Gen. 214. — Choisy, Mém. Soc. Bot. VI, 404 : Ipomoea, stigmata capitato-globosa. Stamina inclusa. — Ekdlich. G-en. PI. 3805. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Ipomoea rubro-coerulea, glabra. foliis longe petiolatis, profundc cordatis brevi acuminatis, pedunculis 3-4 floris incrassatis subracemosis, calycis glabri laciniis (parvis) erectis appressis lineari subulatis albo-marginatis, eorolla ampla ini'undibuliformi, limbo quinque-angulato angulis muoronatis, stigmate bilobo. — HooK. Bot. Mag. v. VIII, t. 3297. Provincia Guanaxuato, Mexico. Il règne encore une assez grande confusion parmi les espèces, au nombre de près de quatre cents, qui constituent le genre Ipomoea et les groupes les plus proches, tels que Convolvulus, Quamoclit, Batatas, Pharbitis, Calonyction, etc., de la famille des Convolvulacées, et elles attendent toujours leur Hooker ou leur de Candolle pour être définitivement classées. Plusieurs ont une réelle importance au point de vue économique et pourraient être désignées pour trouver une place marquante dans les cultures qu'il sera possible de créer un jour dans les vastes régions du Congo, telles sont les Ipomoea Jalapa et /. Piirga, si utiles en médecine; telle aussi 1'/. Batatas qui, pour les contrées chaudes, vaut notre Pomme de terre. D'autres, plus nombreuses encore, sont remarquables par la beauté de leurs fleurs et la rare élégance de leur végétation. Les unes sont vivaces, les autres annuelles. — 112 — L'espèce qui nous occupe et dont V Illustration reproduit l'image est une des plus jolies de cette dernière série et, comme le dit fort bien l'excellent journal The Oarden (1), une des plus utiles. Sa beauté est en effet remarquable; ses grandes tleurs du plus doux bleu s'étalent en bouquets le long de ses rameaux qui s'étendent au loin contre l'appui, trcilk ou mur, qu'on veut bien leur offrir; son utilité n'est guère contestable, puisque ces gracieuses fleurs se produisent durant notre hiver, alors que les fleurs sont rares et s'épanouissent sans interruption pendant des semaines si l'on a soin de donner aux plantes le traitement qu'elles réclament. Ces fleurs fraîchement cueil- lies lors de leur éclosion, piquées dans du sable humide et mises sous cloche sont un charmant décoratif de la table. Sur la plante ces fleurs ne durent qu'un jour, mais elles rachètent par leur nombre infini cette durée épliémère. Vlpomoea ruhro-coenilea a des feuilles en cœur longuement pétiolées, les fleurs sont réunies par trois ou quatre, les divisions du calice sont petites et marginées de blanc; la corolle est grande, infundibuliforme et, nous l'avons dit, d'une teinte bleue des plus agréables. Sa culture n'est pas difficile. Son origine indique qu'il lui faut l'abri d'une sen-e, mais une serre tempérée suffit. Les graines seront semées en février-mars en terrine et sous châssis. Les plantules sont repiquées en avril en bonne terre riche en fumier décomposé et dès que les racines commencent à léclier les parois des petits pots, les plantes sont rempotées en vases plus grands parce que l'espèce acquiert un développement considérable. Elles peuvent sans danger passer nos étés en plein air; mais l'automne venu, elles seront d'abord placées en orangerie puis en bonne serre tempérée où leur floraison se suc- cédera depuis le milieu d'octobre jusqu'en décembre et même en janvier. Em. Rodigas. (1) Vol. XXVI, 1884, p. 411. — 113 — REMÈDES EMPLOYÉS CONTRE LES RAVAGES DES INSECTES Le congrès de botanique et d'horticulture qui s'est réuni à Anvers le 2 août 1885 avait, à son programme, parmi d'autres questions pratiques, la suivante : Quels sont les remèdes employés jusqu'ici contre les ravages des pucerons et quels résultats ont-ils donné? — Dans les rapports préliminaires publiés par le comité du congrès se trouvent deux réponses élaborées par deux praticiens et, sans vouloir préjuger l'opinion du congrès lui-même, nous croyons rendre service à un grand nombre de nos lecteurs en repro- duisant en partie les observations fort judicieuses émises par les rappor- teurs. Voici comment s'exprime M. L. Spae-Vandermeulen, de Gand : « Il n'y a pas de panacée universelle pour les détruire, ce qui tue l'un n'atteint pas l'autre, de sorte qu'il faut un remède spécial pour chacun d'eux. Ainsi, le puceron vert, un insecte de nos contrées, le seul connu des anciens horticulteurs, se détruit facilement par la fumigation du tabac; mais depuis que l'horticulture a introduit chez nous tous les végétaux du globe, nous avons reçu en même temps les insectes de tous les pays. Ces petits étrangers ont la vie excessivement dure et pour les détruire il faut les prendre séparément. Ainsi, l'araignée rouge qui s'est tout à fait accli- matée dans notre pays et qui résiste aux plus grands froids, ne craint pas l'odeur du tabac ; le seul remède que l'on emploie avec succès pour la détruire, c'est le savon noir délayé dans de l'eau. L'on prend un kilo- gramme de savon sur 20 litres d'eau, on plonge la plante atteinte dans ce liquide et pas un insecte n'échappera à. l'action du remède. Jusqu'à présent je n'ai pas remarqué qu'une plante ait souffert de ce traitement même parmi les plus délicates. Contre les Thrips et les Tigres et quelques autres insectes on emploie avec succès le jus de tabac à 10 degrés, que l'on fait bouillir dans un vase ad lioc. Ce procédé vraiment efficace ne présente aucun danger pour une serre cà palmiers, une serre à azalées, k camellias, et pour toute une série de plantes dures; cependant, quand on opère pendant l'été, on doit prendre des précautions pour quelques plantes, telles que Fougères, Dracœnas et d'autres très délicates. Il vient de paraître un nouveau moyen que l'on emploie contre la cochenille qui jusqu'à présent avait résisté à tout, c'est le savon Hudson que l'on fait délayer dans l'eau comme le savon noir, avec cette différence, qu'au lieu de plonger la plante atteinte dans le liquide, on s'en sert pour la bassiner. » M. Spae-Vandermeulen conclue en disant que le seul moyen général — 114 et le plus efficace est le lavage à l'éponge. M. Ad. Vaxden Heede est également d'avis que l'application des anciens remèdes, serin-ages fumigations, tabac, pétrole, acide phénique, poudre de pvrèthre, °etc SI elle détruit les pucerons ne détruit pas les œufs et c"omnie moven préservatif il préconise l'emploi de la nicotine administrée d'une façon spéciale. Voici comment il s'exprime à cet égard : « Nous nous en servons depuis longtemps d'une façon régulière, avant et après la pousse, soit en injections, dans les jardins, soit^en vaporisa- tions, dans les serres. Une vaporisation abondante, chaque quinzaine, a mis nos serres complètement à l'abri des pucerons; les Stephanotis'ei les Gardénia, qui sont si difficiles cà préserver, étaient même indemnes. Nous n'avons qu'à nous féliciter de ce procédé que nous appelons méthode ou cure préventive. La seule difficulté de ce système consiste dans le défaut de persévérance que l'on rencontre habituellement chez les ouvriers. Une attention sérieuse est exigée des patrons : ceux-ci doivent réglementer ce service qui est aussi utile que les autres opérations de l'horticulture. Les avan- tages considérables de la méthode préventive méritent bien, de la part des horticulteurs et des amateurs, que celle-ci soit appliquée avec soin. Quand les plantes sont saturées de jus de tabac (nicotine) la présence des pucerons et de la plupart des autres insectes devient impossible. La nicotine, répandue par terre, dans les jardins, ne peut nuire aux racines ; au contraire, elle forme un engrais végétal qui n'est pas à dédaigner.' Dans les serres, nous nous sommes bien trouvé des vaporisations de nicotine chauffée, sur un réchaud, dans un cylindre en tôle, haut de cinquante centimètres. La vapeur abondamment produite sous l'action d'un feu actif, se porte sur toutes les parties aériennes des végétaux et s'y condense en détruisant les insectes ou leurs œufs, et, d'autre part, en empêchant l'apparition de nouvelles générations de pucerons. En employant la méthode que nous recommandons, nous imitons plus ou moins le procédé des vaccinateurs ; nous prévenons le mal, nous l'empêchons de se produire. Cette méthode préventive a déjà été appliquée aux plantes par l'usage du soufre qui débarrasse la vigne de V oïdium. 11 est à espérer qu'elle détruira un jour le phylloxéra. ^ Nous produisons donc la vapeur de tabac dans nos serres au moyen d'un appareil spécial, chauffé avec du charbon de bois. On doit commencer l'opération à l'extérieur de la serre : quand le jus de tabac, à l'état pur, tel qu'il est livré par le commerce, est sur le point de se vaporiser, on introduit le tout dans la serre. Dès qu'il s'est produit une vapeur blanche, bientôt devenue opaque, on porte l'appareil dans une autre serre, aprél avoir fermé hermétiquement la première. Si la serre est grande, on emploie, à la fois deux ou trois appareils. On aura soin de ne pas laisser séjourner trop longtemps l'appareil dans les serres et de ne pas surtout y laisser les charbons s'éteindre ; le gaz du charbon de bois pouvant nuire — 115 — aux feuilles tendres et aux fleurs. Nous devons ajouter que, jusqu'ici, nous n'avons jias eu de dégâts occasionnés par la vapeur de tabac. La nicotine doit peser 10" à 15" pour être bien efficace. L'allonger avec de l'eau ne peut que nuire à l'opération. Pour les Fougères, il sera prudent de ne pas faire les vaporisations trop fortes. Pour les plantes, les arbustes et les arbres plantés dans les jardins, il faut seringuer avec de la nicotine allongée d'eau à 75 "/„ environ ; une dose de 25 "/„ de nicotine pure suffit amplement, si les seringages sont faits régulièrement. Quand les insectes existent déjà, il faut une plus forte dose ; 50 "/„ ne seraient pas trop. Dans ce dernier cas, les feuilles seront un peu salies par le liquide, mais cet inconvénient est peu de chose à côté des résultats obtenus. » Nous engageons vivement les jardiniers à expérimenter, prudemment dans le principe et hardiment ensuite le procédé préventif tel qu'il est indiqué ci-dessus. Nous en avons vu nous-mème les meilleurs résultats. V. TÉRAN. LE JARDIN FRUITIER ET LE POTAGER SOINS d'entretien des arbres du verger Afin que les arbres prennent une bonne direction, il convient de les tuteurer. Il faut au.ssi les fixer pour que le vent ne les tourmente pas; on se servira de piquets solides, assez longs, et comme leur contact pourrait déterminer des plaies snr le sujet, on prend la précaution d'interposer un tampon de paille ou de mousse entre le tuteur et l'écorce. Les tuteurs peuvent être disposés de différentes façons. Le plus souvent on les plante verticalement au pied de l'arbre. Ce mode n'est pas le meilleur parce que le piquet peut rencontrer et blesser des racines quand on l'enfonce en terre. Aussi conseille-t-on de le mettre obliquement, ou encore de se servir de deux tuteurs reliés par des traverses horizontales sur lesquelles on fixe la tige. Si la plantation est exposée à la visite du bétail, ce qui est toujours regrettable, il faut prendre des mesures pour empêcher les dégâts. Voici ce qui convient le mieux ; quatre tringles ou piquets en bois de lm70 de hauteur sont réunies par des fils de fer en conservant entre elles un intervalle de 10 à 12 cm. On les garnit de clous non forgés, les clous forgés occasionnant des piqûres dangereuses. Chaque année, en février-mars, il faut visiter le verger. On donne aux arbres un léger labour au moyen du trident. S'il existe des drageons, — 116 — on les déchausse et les supprime jusqu'à leur naissance. En même temps on enlève les rameaux qui pourraient apparaître le long de la tige ainsi que les gourmands d'insertion sur la branche, à leur aspect élancé et à leur direction verticale. Les branches inutiles c'est à dire celles qui font confusion dans l'intérieur de l'arbre, sont également coujjées de manière à permettre à l'air et à la lumière de circuler plus facilement. On retranche de même les branches desséchées ou chancreuses. Toutes ces coupes se font de préférence à la serpette. Si l'on est obligé de recourir à la scie, il est nécessaire de parer la plaie avec un instru- ment bien tranchant, une plane, par exemple, pour les grandes sections. Remarquons qu'il faut toujours couper aussi près que possible de l'inser- tion, sans cependant entamer la tige ou la branche. On doit éviter de laisser des chicots et de faire des plaies convexes. Lorsqu'on a des arbres dont l'écorce se durcit, se resserre sur la tige, il faut l'inciser dans le sens de la longueur. On se sert de la pointe d'une serpette bien effilée, et l'on fend l'épiderme de place en place, en ayant soin de ne pas trop multiplier les incisions et de ne pas les faire trop profondes. Quelquefois le greffon, se développant plus vite que le sujet, un bourrelet disgracieux se forme à son insertion. On arrive à le faire disparaître, ou tout au moins à l'atténuer fortement par des incisions du même genre commençant plus liant et finissant plus bas que le bourrelet. Il arrive que des arbres d'une végétation très vigoureuse ne poussent que du bois et ne donnent pas de récolte. Tant qu'ils sont jeunes, le mieux est d'attendre; mais lorsqu'ils ont atteint un certain développement et qu'ils continuent à rester stériles, on peut essayer de les mettre à fruit. On conseille de découvrir une partie des racines pour exposer à l'air, en les recouvrant d'ailleurs dès que la végétation s'amoindrit sensiblement. Cela suffit souvent pour déterminer la fructification. Mais il ne faut jamais employer ce moyen qu'en dernier ressort, n'en user qu'avec beaucoup de prudence, et ne découvrir que les plus grosses racines. A-t-on affaire au contraire à de vieux arbres à végétation très faible, couverts de vieilles écorces et de mousses, on les rajeunit en raclant tous ces parasites et toutes ces plaques fendillées. On badigeonne ensuite le tronc et les branches principales avec un lait de chaux. Après cette opération les arbres reprennent habituellement une nouvelle vigueur. Le travail serait plus efficace encore on raccourcissant les grosses branches de façon à concentrer la sève sur un espace moindre. Ces nettoyages d'écorce ont l'avantage de chasser de leurs retraites une quantité d'insectes qui vivent aux dépens des arbres. L. Henry. 4""= SÉRIE 5'^' Volume TOME XXXII. Année 1885 8™" Livraison Principales distinctions obtenues par L'ILLUSTRATION HORTICOLE: MÉDAILLE DE MÉRITE A l'eXPOBITION VHIVERSELLE DE VIENNE EN 1873 DIPLOME d'honneur A l'eXPOSITION INTERNATIONALE d'aMSTERDAM EN 1877 MÉDAILLE d'or A l'EXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS EN 1878 DIPLOME d'HOKNECR A L'EXPOSITION DE MADRID EN 1883 INTRATinNHflRTirniF u luuUiJ 1 Un 1 lUli UUll 1 luUJjij REVUE MENSUELLE DES SERRES ET DES JARDINS COMPRENANT LA FIGURE, LA DESCRIPTION L'HISTOIRE, LA CULTURE EH SERRES, EN PLEINE TERRE ET EN APPARTEHIENTS DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES LES INTRODUCTIONS NOUVELLES L'INDUSTRIE HORTICOLE LES EXPLORATES BOTANIQUES, L'ARCHITECTORE DES JARDINS, l'ARBORICOLTHRE LA CULTURE MARAÎCHÈRE LE COMPTE RENDU DES GRANDES EXPOSITIONS, ETC. PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE J. LINDEN ADMINISTRATEUR REDACTEUR LUCIEN LINDEN EMILE RODIGAS Collaboration de Botanistes et Horticulteurs éminents TABLE DES MATIÈRES Chronique horticole 117 Bibliographie 126 Le volcan du Jorullo au Mexique . 129 Spirées gardant le plus longtemps leur feuillage 132 TEXTE ET PLANCHES COLORIEES PI. 565. Lilium polyphyllum . . . 123 PI. 567. Chrysophyllum Cainito . . 127 PLANCHE NOIKE PI. 566. Saocolabiuni Blumei . 125 A PARU LE !«■' SEPTEMBRE 1885. Administration, au siège social de la Compagnie Continentale d'Horticulture (Société anonyme), 52, rue du Chaume, à Gand. .- CONDITIONS D'ABONNEMENT V Illustration ^ËoTticole paraît le 15 de cliaque mois et forme, au bout de l'année, un gros volume in-8° de 200 pages de texte illustré de nombreuses gravures, et acronipagno de 36 PLANCHES richement coloriées ou gravures supérieurement exécutées. Les sujets traités sont distribués dans l'ordre suivant : I. Chronique horticole. — II. Planches coloriées et descriptions de plantes nouvelles. — III. Culture des plantes en appartements. — IV. Jardin potager et jardin fruitier. — V. Horticulture d'ornement, etc. — VI. Architecture des jardins, constructions et industries horticoles. — VII. Miscellanées. — Mil. Correspondance. — IX. Explorations scientifiques. Prix de l'abonnement, payable d'avance, Par volume de 12 livraisons (de janvier à décembre) envoyées chacune /rawco par la poste. Pour toute l'Union postule 30 francs. l'ays d'outrc-nier 35 v Payable en m manilat sur la [jostc de Canii (Belgique) au nom Je l'Âdaiinistrateur. On s'abonne à l'administration de V Illustration Horticole^ 52, rue du Chaume, à Gand, ainsi que chez les principaux libraires de Belgique et de l'étranger. — Envoi franco d'un N° spécimen sur demande affranchie accompagnée de 3 francs en timbres-poste. CÉRUSE SPÉCIALE pour la l*elii(iire Aqh Serres, Abris, Meubles et Ornements de Jardins La Compagnie continentale d'Hoeticultceb (Société anonyme), à Gand (Belgique), s'est assurée, par contrat passé avec l'inventeur, la vente et le dépôt général d'un produit destiné à la peinture des serres, abris, meubles et ornements de jardins. Outre une blancheur et un velouté sans pareils, cette peinture garantit la conservation du bois et du fer si vite attaqués par l'humidité et la chaleur à l'intérieur des serres, par le soleil et la pluie en plein air. La première personne venue pourra se servir de cette matière. La couleur étant toute pré- parée, il suffira d'j' ajouter l'huile nécessaire pour pouvoir s'en servir. Le prix minime de ce produit engagera d'ailleurs tout le monde à avoir ses serres et son mobilier de jardin conservés dans le meilleur état. PRIX COURANT Livrable en bidons de fer bien conditionnés, fermés par de simples languettes. 1 Bidon do 10 Kilos lo Kr. 1 1 Bidon de 20 kilos iS Fr. 1 id. 15 id «4 n I 1 id. 25 id S« n Les prix seront réduits de 5°/o jmur toute commande de 100 kilos et au delà. PeintuFe spéciale pour étiquettes Ce produit, tout spécialement recommandé pour cet usage, est livrable en couleur jaune ou blanche, par boîtes de 1 et de 2 kilos. PRIX COURANT Par boîte de un kilo . . , . . Francs 1-25 Par boîte de deux kilos id. 2-S5 Les prix seront réduits de 5»/o pour toute commande de 12 boites et au delà. Adresser les commandes pour ces peintures directement à la Compag'nie Continentale d'Horticulture (Société anonyme) 52, Rue du Chaume, GAND (BELGIQUE) a R A — 117 CHRONIQUE HORTICOLE l""- Septembre 1885. Les mois de juillet et d'août 1885 .seront marqués dans les annales de la météorologie belge. La sécheresse a été extraordinaire et la tem- pérature généralement sous la normale, en dépit de cette sécheresse ; en outre, toute cette période a été dépourvue de phénomènes électriques et le milieu du mois d'août a été signalé par une nuit de gelée. Depuis trente-cinq ans que nous faisons des observations météorolo- giques, jamais nous n'avons recueilli aussi peu d'eau à l'udomètre. Il en a été de même dans toute la région basse de la Belgique. A Bruxelles, il faut remonter à cinquante-deux ans en arrière pour trouver un mois ayant fourni une moindre quantité d'eau au pluviomètre (l"" seulement en mai 1833). En juillet le thermomètre non abrité n'a marqué à Gand qu'un maximum de 27°5 c. le 12 du mois ; le minimum a été de 10° le 22 et le 23 ; en août le maximum a été de 29° le 11, tandis que le 15 à G h. du matin le minimum a été de 4° c. Durant le reste du même mois la température diurne n'a dépassé qu'une seule fois 20° c. Le 15 août à 6 h. du matin, les prairies de l'Escaut étaient couvertes de gelée blanche. Beaucoup de plantes de corbeilles-parterres ont eu l'occasion de geler de peur. Les gelées blanches que nous avons signalées dans les journaux gantois du 16 ont été générales en Belgique, en Flandre comme dans le Luxembourg, dans la province de Hainaut comme en Campine. A Thuillies (Hainaut), la gelée a été assez forte pour produire des couches de glace de 1""" d'épaisseur ; les fanes des pommes de terre, les jeunes feuillages des haricots, des concombres et des tabacs, ont été très endommagés. Le refroidissement a eu des e.'ïets sensibles surtout dans les sols ferrugineux : les sarrasins ont beaucoup souffert. Durant les deux mois de juillet et d'août 1885, nous n'avons pas eu à Gand un .seul orage à noter. Ce fait est sans précédent. * * La Société pomologique de France tiendra sa 27'"'' session à Bourg, sous les auspices de la Société d'Horticulture pratique de l'Ain. Le Congrès s'occupera de l'appréciation des fruits admis à l'étude, de ceux envoyés au Congrès et de la révision des fruits adoptés antérieure- ment. Parmi les fruits admis à l'étude se trouvent une trentaine de pêches,. 26 poires, 20 pommes, 3 prunes et une série d'autres. On voit que le Congrès poursuit activement ses patients labeurs. — 118 — Les piquets mis en terre se conservent infinimont miiMix, dit la Urilish Farmers' Ga:ct, lors(ju"ils sont placés dans le sens inverse de la direction dans laquelle le bois a poussé. Nous n'avons pas de données pour aflirmer ou infirmer cette assertion. Le fait vaut bien (^u'un l'ex- périmente. * Le Bananier d'Abyssinie, un des plus beaux du genre, est au nombre des vétic'taux les plus rocommandablcs pour former de grands massifs d'été mi pnur isoler dans une jjpIouso. L'exposition d'.\nvers en a fourni la preuve. Adus avons eu déjà l'occasion de le dire, mais il faut le répéter, le Musa Ensete est un des ornements les plus précieux des grands jardins auxipiels il aiiporte do fait le cachet grandiose et tout spécial de la flore des tropiques. Il se distingue d'ailleurs par sa rapide croissance et la rare beauté de son ample feuillage. Pour éviter que celui-ci se déchire en lanières, il suffit de placer la plante hors de l'atteinte des vents dominants, ceux du (pinrt d'ouest dans nos contrées. Nous avons cité naguère, dans V Illustration (1), le rapide dévelop- pement d'un exemplaire expédié de Gand, tout petit, à M. Van Gool, à Mexico, et (jui on cimj ans rittoigiiit une haufciir de 9 m. Ndus avons sous les yeux les photographies que M. \'.\.n Gooi, a liien voulu nous en adresser depuis lors. Après avoir fleuri et fructifié en 1882 la plante s'est ployée sous son propre poids ; elle avait atteint une hauteur de treize mètres. On sait que les plantes, que l'on obtient seulement de semis, grandissent vite si l'on a soin de les rempoter fré(iuemment en vases plus grands et dans un terreau très substantiel. Dans nos régions le Musa Ensete doit être rentré en septembre et passer l'hiver dans une serre tempérée. Bouturage à la façon chinoise. — Nous taillons nos boutures immédiatement sous un nœud ou mieux sous l'insertion de deux feuilles dont nous ne laissons subsister que les bases, puis nous piquons ces boutures aux feuilles écimées, dans des godets soit isolément au milieu, soit autour et près de la paroi des godets. Les Chinois ne font pas tant de façons. Ils lient leurs boutures en bottes et les déposent dans des vases contenant moitié de sable et moitié d'eau, sous des cloches bien propres et bien fermées et dans un endroit chaud. Les Chinois réussissent-ils mieux que nous? En tout cas, le procédé est simple et il a l'avantage de faire voir au premier coup d'œil les petites radicelles dès qu'elles se font jour. Nous nous rappelons avoir vu, dans notre enfance, bouturer ainsi des Lauriers-Roses, dans des flacons d'eau, à l'air et en plein soleil. (1) lllwtraiion Hortiroh'. XXIX, 18S2, p. lOi, — 119 — École d'horticulture de l'État à Gand. — Les examens de surtie se sont terminés le 14 août. Un élève a été ajourné. Quatre ont reçu le diplôme de capacité. Un a sulii les épreuves avec distinction. Les examens d'admission auront lien le 5 octobre. Les plantes utiles cultivées sont presque toutes originaires de riiiMiiispliore lioréal. M. de ("andoi.le a fait cette observation en ajoutant que la pauvreté relative de l'hémisplière austral est extraordinaire ; le Cap de Bonne Espérance et la Patagonie n'ont pas fourni une seule espèce utile. Quant à l'Australie, c'est tout juste si on lui est redevable d'une sorte d'épinard. L'Afrique est généralement peu généreuse ; l'Amérique centrale, l'Amérique septentrionale, le Mexique et les Antilles ont fourni un contingent notable ; mais l'Asie Alineure et la Perse semblent être les lieux d'origine des végétaux dont l'humanité tire la meilleure part. * Le binage du sol des pots est-il utile ? — Ceux qui s'occupent de théorie d'horticr.lture recommandent avec soin de n'employer aux plantes que des vases d'une parfaite porosité. Cette recommandation est complètement confirmée par l'expérience. La pratique démontre aussi bien l'utilité du binage. En effet, les an^osements, quelque soit le procédé suivi, durcissent bientôt la terre des pots et forment au dessus d'elle une croûte imperméable à l'air. Il importe de prévenir la formation de celle-ci et le développement de la mousse qui en est la conséquence : le binage de la terre des pots est donc indispensable. * * * M. le Docteur Ed. von Regel, directeur du Jardin botanique de St-Pétersbourg et conseiller d'Etat, a été l'objet, le 13 août dernier, à l'occasion du 70""' anniversaire de sa naissance, de nombreux témoignages de sympathie qui lui sont veiuis non seulement de l'Allemagne mais, on peut le dire, de tous les pays d'Europe où l'horticulture est en honneur. A la même occasion, le vénérable savant a reçu de S. M. l'Empereur d'Allemagne les insignes de 2"" classe de l'Ordre de l'Aigle rouge, en reconnaissance des services rendus par le D' von Regel à l'horticulture en Allemagne. * Un excellent engrais pour les Rosiers. — Un des meilleurs stimulants pour les rosiers affaiblis est la suie. Cette substance réunie dans un sac à blé est déposée pendant quelques jours dans un tonneau d'arrosage. Au bout d'une dizaine de jours, l'eau aura pris une teinte brunâtre, alors elle sera bonne à être employée. 0 juillet faisant connaître que les douanes ont reçu l'autorisation de laisser entrer lilirement les plantes, arbres et arbustes provenant d'un pays où il n'a pas été constaté d'atteinte pliylioxériquo. Cette autorisation est subordonnée à la production du certificat d'origine visé par le consul d'Espagne. La même cii'culaire donne libre importation aux graines, aux plantes desséchées, aux fleurs coupées, fruits, bulbes, oignons et tubercules, dans les conditions usuelles d'emballage. * * * Li'oidium de la vigne a de nouveau apparu dans quelques serres où l'on a eu le tort de négliger les soufrages dont l'efiicacité est cependant reconnue. En France on recommande contre l'oïdium l'emploi de VOenophile de M. CiiASSELOUP-LAx.-HAT. Les expériences les plus concluantes ont été faites par la Société des agriculteurs de France, dont le rapport se termine ainsi : a On ne saurait trop recommander le procédé de VOenopJiile de M. Chasseloup-Laubat. Il est beaucoup plus sûr et beaucoup moins cher que le soufrage ordinaire. Il ofl're, pour l'avenir, de sérieuses garanties pour la conservation dos fruits de vignes attaquées par l'oidium. » * * Jubilé de M. Fuchs. — Los anciens élèves et les amis de M. l'ar- chitecte paysagiste Fucns ont organisé une manifestation en son honneur à l'occasion du 25""" anniversaire de son entrée en qualité de profes- seur d'architecture à l'École d'horticulture de Vilvorde. Le comité organisateur a offert au jubilaire son portrait peint par un de nos bons artistes. Tous ceux (jui s'occupent d'horticulture en Belgique ont eu l'occasion d'apprécier le talent, le zèle et le caractère du juliilaire. La manifestation a eu lieu au Grand Hôtel, à Bruxelles. * * Les pâquerettes à aiguilles fnrment une race nouvelle réellement charmante dans le groupe de ces jolies jilantes printanières. Dans cette race obtenue par le puissant moyen appelé sélection et dont l'horticulture moderne a su dévoiler le secret, les ligules ou demi fleurons se sont transformés en fins tuyaux cylin(lrii|ues que l'on a comparés à des aiguilles. Ue là est venu le nom de pâquerettes à aiguilles. Elles ont le grand — 121 — avantage que leurs fleurs sont plus durables et qu'elles résistent mieux aux pluies et aux intempéries que les Bellis à fleurs plates. Elles consti- tuent des capitules presque sphériques. Les variétés de cette nouvelle race comptent tous les coloris que l'on trouve parmi leurs congénères auxquelles elles ne le cèdent en rien sous le rapport de la rusticité et de la vigueur. * * * Encore un remède contre les limaces. — La limace est un des plus grands ennemis des plantes cultivées. Parmi les meilleurs moyens de destruction, on indique la cliaux en poudre éteinte à l'air et répandue sur le sol sans toucher les feuillages, ou bien encore le sulfate de cuivre pulvérisé et mélangé avec du son. Le Bulletin du Cercle liorticole de Lille ajoute un moyen fort simple et peu coûteux, c'est l'emploi du sel de cuisine étendu en légère couche sur une bande de sable blanc large de quelques centimètres et à O^IO des feuilles à préserver. Le sable blanc empêche le sel de se dissoudre et celui-ci fait sur la limace un effet analogue k celui qu'il produit sur les sangsues. Le sel pourra être employé efficacement dans les bâches et couches le long du bois des coffres où les limaces se réfugient souvent. •r * + L'influence de la lumière sur les plantes a été l'objet d'obser- vations pratiques que M. le professeur Pynaert a communiquées au dernier Congrès de botanique de St-Pétersbourg. En voici les conclusions : La lumière, tout comme les autres agents principaux de la végétation, tels que la chaleur et l'humidité, exerce son action dans une sphère limitée en plus et en moins. Beaucoup de plantes qui, à l'air libre, supportent les rayons solaires en plein mois de juillet, brûlent, lorsqu'elles sont placées dans une serre insuffisamment" ombragée. Par contre, et faute d'une lumière suffisante, beaucoup d'autres plantes — et leur nombre est assez grand — n'acquièrent pas leurs qualités décoratives. De crainte de les voir brûler, on les habitue trop fréquemment à l'ombrage. Dans toute culture bien entendue, les ombrages permanents devraient être absolument condamnés. La nécessité de l'ombrage provient plus fréquem- ment de la surélévation excessive de la température sous le vitrage, que de l'antipathie des végétaux pour une lumière trop vive. Il faut donc toujours donner la préférence aux ombrages mobiles ou aux lattis à claire-voie. La manière dont ceux-ci sont disposés n'est pas indifférente. C'est lorsqu'ils sont placés dans une direction parallèle à celle du Nord au Sud qu'ils répondent le mieux à leur destination, parce que c'est alors que les ombres et les clairs du lattis se déplacent le plus vite et le plus complètement et de telle sorte que les plantes jouissent toujours alter- nativement d'une certaine portion de lumière. + * * — 122 - La Fédération des Sociétés d'horticulture do Belgique qui fut si longtemps la seule de ce genre vient de trouver des imitateurs. Une Société analogue existe en France ; une autre s'est constituée le 10 août en Saxe. Les cultures de Haarlem ont une importance dont on n'a géné- ralement pas d'idée. V.n document que l'on peut considérer comme officiel fournit les indications suivantes; il a été publié en 1882 par la Société générale pour la culture des buUies. Dans 30 communes des environs de IL-iarlcm il v avait cette année en plantation. Jacintiies 231 hectares, 1 ares, 36 Tulipes 205 9 73 » 7(i Crocus 71 » 47 » 23 Spiraea, Iluteia, Dicentra 22 » 43 » 57 Narcisses !) » 31 s 81 Plantes bulbeuses diverses 52 B 15 » 15 Total 595 » 12 i. 91 » Durant cette même année, 36 hectares de prairies ont été convertis en champs de bulbes aux environs de Haarlem. L'utilité si efl&cace des abeilles â la fécondation des fleurs n'est guère contestée. On la comprendra mieux encore quand on aura une idée du travail de ces infatigables ouvrières. Combien de fleurs doivent- elles butiner pour composer leur miel? D'après les recherches faites par M. Alex. ^¥!LSON de Duldin, chaque capitule floral du Trèfle contient si peu de sucre qu'il faut 125 capitules pour réunir 2 grammes. 11 faut donc 125.000 capitules pour deux kihjgrammes, et comme chaque capitule renferme environ GO fleurs, il faut ~^- — ; ou 3,750,000 fleurs pour un kilogramme de sucre. Or le miel renferme 75 pour 100 de sucre. Les abeilles sont donc obligées de visiter un nombre infini de fleurs pour composer leur miel. LUCIKN LiNDEN et Éjl. RoDIGAS. LILIUM POLYPHYLLUM don. CJirmi. tHroiilanl. J. Linden pi — 123 — PL. DLXV LILIUM POLYPHYLLUM don. LIS A NOMBREUSES FEUILLES L I L I A C É E S ÉTYMOLOGIE : du mot ).£ic.iov, nom du Lis chez les Grec?. D'après Yabron, le nom de Liiium n'est qu'une altération du nom grec. CARACTÈRES GÉNÉR1(,)L'ES : Pcrigomum corollinura, deciduum, hexaphylkim; i'(jliola basi suljcohaereutia, ini'undibuliformi-campanulata, apice patentia vel revoluta, iiitus suko nectarifero instructa. Staniina six perigonii iblioUs basi subadhaerentia. Ovarium triloculare; ovula plurima, biseriata, horizontalia, anatropa, stylus terminalis Bubclavatus, rectus vel subcurvatus, stigmate subtrilobo. Capsula trigona, sexsulcata, trilocularis, loculicido-trivalvis. Semina plurima, biseriata, horizontalia, plano-oompressa, testa lutescente, subspongiosa, niembranaceo-marginata ; rbaphe hinc per marginem dccurrente. Embryo in axi albuminis carnosi rectus vel sigmoideus, extremitate radi- culari umbilico proxima. Herbae in Europa et Asia média et septentriouali, in Japonia et in Indiae montibus nfcc non in America boreali indigenae, bulbosae, foliis alternis vel tubverticillatis; floribus magnis, speciosis, ei'ectis vel nutantibus. Liiium LiNN. Gen. Plant. 410. — Jard. fleur, t. I, pi. 105-106. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Liiium caule tenui elato glabro laxo et raoemose 4-10 floro crebre iblioso sed parte intima et iufra racemum nudo, foliis numerosis adscendentibus sparsis sessilibus anguste lanoeolatis, infimis obtusis, superioribus acumi- natis angtistatis, braoteis verticillatis, pedicellis fioriferis apice cernuis, perigonii livide- ihiveEcentis vinoso-punctati, phyllis oblanceolatis a medio revolutis, ovario stylo valde declinato sesquibreviore, capsula obovata acute angulata. Bracteae 2-3. Habitat in valle Kurram Afghaniae (Aitchis!). Area geographica regio himalaica occidentalis. — Hb. Boissier Flora orienlalis, tom. V, p. l'C. LHium lioUjphijUum Don, in Koyle lll. kimal. 388. — Kunth. Enuni. PI. IV, 677. La magiiifi(|ue monographie (1) du genre Li.s. un des plus riches parmi les monocotylédonées, publiée en 1880 par H. .J. Elwes, avec la collabo- ration de J. G. Baker et Sir J. Hooker, consacre une excellente planche à la belle espèce que nous montrons à nos lecteurs. Elle a été découverte en 1862 dans la région occidentale de l'Himalaya et croît naturellement dans l'Afghanistan. C'est dire que nous sommes en présence d'une plante d'une rusticité incontestable; aliène demande qu'un sol bien terreauté et mêlé à du sable, pour prospérer et donner en abondance ses ravissantes fleurs. Notre concitoyen M. le juge J. d'Hoop, dans sa remarquable itude sur les Lis publiée sous le titre modeste de Table alphahélique des espèces et des inincipales variétés du genre Lis (2), cite à bon droit le Liiium folyphyllum parmi le groupe des Martagons. (1) Monograph of fhe Genus Liliura, 7 parts in-fol.-Cirencester 1880. (2) Gand. Imp. Annoot-Braecknian, 1884. — 124 — Los fleurs sont de couleur crème ou jaune livide, ù striîs et points pourpres. Le bulbe, dit-il, est très allongé en hauteur. Les feuilles sont nombreuses, dressées, sessiles, lancéolées, étroites, les inférieures obtuses, les supérieures aiguës. Le port do la plante est des plus gracieux. Les fleurs sont grandes, rappelant vaguement celles du Lilium speciosum. sauf que le tube du périgone est bien plus allongé. Le Z. jjoïypliylïum Don et le L. punctatum .Iaoquemont sont syno- nymes. Voici comment s'exprime M. Ei.vvES dans l'ouvrage prérappelé. « Ce rare Lis, le seul du groupe Martagon trouvé jusqu'ici dans les Himalayas, est encore très peu connu. Découvert il y a une quarantaine d'années par le D' Royle, à Jaranda, dans la province de Kunawur, il a été récolté depuis lors par plusieurs voyageurs dans les parties occiden- tales des montagnes, et bien qu'il n'ait pas été signalé dans le Népaul, j'ai des raisons de supposer qu'il existe dans le Sikkim et même plus à l'est sur les frontières de Chine et du Thibet, où une plante que je crois être identique fut recueillie en 1869 par l'abbé David. Quant à sa station naturelle, nous ne connaissons que peu de chose; touteft)is, un correspondant de M. Barr, à Mussouree, a dit, dans le Garden du 2-1 janvier 1874, qu'il croit dans de bon terreau assez humide, sur une pente parmi d'épaisses broussailles, et fleurit ici en juin à une altitude de G500 pieds. » M. Elvves pense que l'espèce fut introduite en premier lieu au Jardin botanique d'Edimbourg, au moyen de graines venues de Sikkim. Lui- même en fit des semis de graines reçues de M. Me îSab et put observer que la germination est souterraine, c'est à dire que le cotylédon ne se montre pas hors de terre, mais que le premier indice de vitalité est une véritable feuille, comme c'est le cas pour le L. monadelplium , et en second lieu que la forme du bulbe se distingue de celle de toutes les autres espèces de Lis, et cela dès le premier âge, de manière à rendre impossible toute confusion avec d'autres. Em. Rodkjas. — 125 — PL. DLXVI SACCOLABIUM BLUMEI SACCOLABIUM DE BLUME Orchidées CAKACTÈRES GÉKÉKIQUES ET SrÉCIFIQUES : Voir Illustration Horticole, tume XV, ri. 54.J. Le dessin ci-contre ilonne, d'niJi-ès une photographie, le portrait de I;i brillante Orchidée dont le nom est inscrit en tète de ces lignes. Il serait superflu de faire l'éloge d'une plante aussi remarquablement belle, aussi riclienient fleurie. Le Saccolabium Blumei fut introduit de Java il y a une quinzaine d'années, et depuis -lors fréquemment importé en Europe de divers points de l'Inde. Il a trouvé place dans les plus remar- quables collections et partout accueilli avec faveur à cause de la facilité avec laquelle il donne sim abondante floraison. Rappelons avec le Gardeners' Chronicle (I) que ce Saccolahium se développe le mieux en corbeilles suspendues près du vitrage d'une serre tempérée dont la chaleur du jour peut varier entre 18° à 24°, avec une augmentation de quelques degrés par le temps de soleil, tandis que durant la nuit la chaleur peut descendre cà 15° ou 16°. Car rien n'est plus nuisible en général aux Saccolahium qu'une température élevée durant la nuit. La plante que nous reproduisons, se trouve dans la collection de Lady AsHBURTON, de Romsey. Cet exemplaire croît dans un panier de 16 pouces de large et de 12 pouces de profondeur, suspendu à 0'"60 du vitrage, légèrement ombragé durant l'été. Le mode de traitement suivi par le jardinier M. A. Simpson est fort simple. A la fin de février il ôte tout le sphagnum et la tourlie, sans enlever les morceaux de charbon de bois, afin de ne pas nuire aux grosses racines charnues qu'il est trop facile d'endommager; puis il renouvelle le dessus de sphagnum et de tourbe. Durant l'été la corbeille et les racines aériennes sont abondamment serin- guées, tandis qu'en hiver l'eau doit être donnée avec infiniment de pru- dence. Le Gardeners" Chronicle ajoute que d'autres Saccolabium de la même catégorie, tels que A', guttatum et ses variétés, S. 2)raemorsum^ S, gigcin- teiim, S. retusum. S. Harrisonia%um et B. violaceum, se développent parfaitement lorsqu'on les traite d'après le mode prérappelé. V. TÉRAN. 126 — BIBLIOGRAPHIE Flore complète de la Belgique, par André De Vos (1). — Il ne s'agit pas dans cet ouvrage dû au travail persévérant d'un menilire du Conseil d'administration de la Société royale de Botanique de Belgique, de la flore indigène seulement, mais bien de la description de plus de trois mille plantes tant indigènes que cultivées sans abri sous le climat de la Belgique. C'est en réalité la flore rurale, jardinière, agricole et médicale de notre région. Non seulement (•ha([ue espèce est décrite avec soin et facile à reconnaître, gràco à la méthode dichotomique suivie par l'auteur, mais encore on y trouve l'histoire, les propriétés et les usages des principales plantes. C'est un livre à la fuis utile, instructif et d'une lecture agréable. * * La mouche du Narcisse, par le D" J. Ritse.m.v Bob (2). — Les Archives cht Musée Teyler viennent de publier les études que le D' J. Ritsema Bos, professeur à l'Institut agronomique de Wageningen (Néerlande), a faites sur le Meroàon ecpiestris Meigen. L'auteur passe en revue, après une description complète de l'insecte, ses métamorphoses, ses mœurs, les dégâts causés pas ses larves et les moyens proposés pour le détruire. C'est l'œuvre patiente d'un observateur sagace et infatigable. On sait que ce Mérodon est un ennemi acharné des Narcisses. Ceux qui s'occupent de la culture de ces plantes consulteront avec fruit cette publication. Handbuch der Frucht- xind Gemùsetreiberei, par W. 11a m- PEL (3}. — Cet ouvrage comprend un traité complet do la culture forcée des arbres fruitiers, des ananas, des fraises et des meilleurs légumes. L'auteur est directeur des cultures au domaine de Koppitz, e\\ Silésie, appartenant au Comte Schaffgottscii, et il n'a eu qu'à réunir par écrit ses vastes connaissances pratiques pour doter ses compatriotes d'un guide facile et sûr dans le domaine relativement peu exploré des forceries. Il fournit en outre une preuve des progrès incontestables c^ue l'Allemagne a faits sous ce rapport. Ém. R. (1) Vol. in-12, de 764 pages. Imprim. H. Mance.wx, Mous. Prix : 7 frs. (2) Un vol. in-8", de 52 piigos avec deux belles planches coloriées. Haarleui, Loosjes, 1885. (3) Un vol. petit in-S", avec 32 ligures dans le texte. Berlin, I'avl Pabey, 1885. Prix : 7 Mark. CHRYSOPHYLLUM CAINITO linn. Chi'ovt. J. De Pannemaelur. J. Lmden puh — 127 — PL. DLXVII CHRYSOPHYLLUM CAINITO m. CAINITIER S A P T A C É E S ÉTYMOLOGIE : du grec /.o-j;o,:, or, et vM.n, feuille ; feuille d'or, allusion au coloris de la page inférieure des feuilles. CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : ChrysopkijUum L. Calyx quinquepartitus, laciniis imbrieatis. Corolla bypogyna, campanulato-rotata, limbo quinquepartito, patente. Sta- mina quinque, coroUae tube inserta, ejusdem laciniis opposita, sterilia miUa; filamenta subulata, antherae extrorsae, iueumbentes, biloculares, longitudinalitar dehiscentep. Ovarium quin(iue-decemloculare. Ovula in loculis solitaria, in angulo interiori adscen- dentia, anatropa. Stylus brevis, exsertus vel subnullus. Stigma depressum, obsolète quinque-decemlobum. Bacca quinque-decemlocularis, alj ortu saepius uniloculans. Semina in loculis solitaria, nucamentacea, ventre derasa. Erabryo intra albumen parcissimum magnus, ortbotropus; cotyledonibus crassis, subfoliaceis, radicula brevi, subincurva, infera. Arbores lactescentes, in America tropica indigenae ; foliis alternis, integerrimis, transversim multistriatis, ubtus saepe sericeo-tomentosis, pedunculis axillaribus um- liellato-coniertio. — Endl. G-en. Plant, p. 739, gen. 4234. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : ChrijsoflyUum Cainito, foliis ellipticis cuspidatis superne glabris, sulitus aureo-tomentosis, pedicellis axillaribus aggregatis petiolo bre- vioribus calycibusque sericeo-ferrugineis, lobis calycinis rotundatis, corolla extus sericea calyce subtriplo longiore, bacca sphaerica polysperma. Arbor in Caribaeis et alibi inter tropicos culta. Folia 4-6 poil, longa (incl. petiolo 4-6-lin.), 2 '/i-3 poU. lata, nervis lateralibus parallelis, aoumine obtuso emarginato. Flores parvi, albi. Stigma 8-9 dentatum; dentibus obtusis minimis. Fructus magnus, 3 poil, latus, ex roseo luteus. LiNN. Spec. PI., 278, excl. B. — D(". Prodr. S;/st. natur. regn. reget, t. vni, p. 157. La famille des Sapotacées, dont les membres appartiennent presque tous aux tropiques, compte un certain nombre d'espèces dont la valeur au point de vue ornemental est rehaussée encore par une réelle utilité. M. le D' Edm. Goeze, dans sa revue des plantes utiles les plus remar- quables, groupées suivant leur usage (1), en signale plusieurs qui sont remarquables pour leurs fruits comestibles, notamment les Sassia longifolia Linn. des Indes orientales, Imhncaria maxima Poir. des Moluques, Imlricaria malabarica Pom. de Malabar, Mivmso2)S Elengi Linn. de l'Asie tropicale, Mimusojjs acuminata Wall, de l'Inde, Niemeyera pnnifera F. v. Muell, de la N'"'' (jalles du Sud, Achras Sapota Linn. de l'Amérique centrale et le Mimusops Sieheri A. DC. des Indes occidentales et de la Floride. Nous y ajouterons le Clifysopliyllum Cainito Linn. qui n'est certes pas à dédaigner et dont Y Illustration (1) Tabellarisches Ubersicht der wicktigstcn Nuttpflaiizen, vol in-S", 136 p.— Stuttgart, Enke. 1883. — 128 — Eorticole reproduit le fruit suivant le dessin fait d'après nature par M. BuNGEROTH qui voyage actuellement dans l'Amérique du Sud, pour compte de la Compagnie Continentale d'Horticulture. Le Caïnitier qu'il ne faut pas confondre avec le Caïmito, Lucuma Caimito DC, plante péruvienne appartenant à un autre genre de la même famille, est le star apple des Anglais, Cainito pomiferum Tussac. C'est un arbre de 8 à 10 m. de hauteur qui fut introduit des Antilles en Europe dès 1735. Ses rameaux nombreux sont duveteux tant qu'ils sont jeunes ; ses feuilles sont grandes, glabres à la page supérieure, tandis qu'en dessous elles sont soyeuses et d'un coloris jaune d'or, Les fleurs sont petites et blanches, également soyeuses extérieurement. Le stigmate est muni de très petites dents. Le fruit est une baie sphérique; il est du volume d'une grosse pomme et coloré de rouge' pâle passant au jaune. De Candoi,le{1) dit que ce fruit est « assez, estimé dans l'Amérique tropicale, quoique les Européens ne l'aiment pns beaucoup.... Seemann a "VU le Chrysopliylluyn Cainito sauvage dans plusieurs endroits de l'isthme de Panama. De Tussac, colon de S' Domingue, le regardait comme spontané dans les forêts des Antilles. » Ce serait donc encore un arbre à introduire au Congo, qui se trouve dans des conditions ana- logues et situé sous les mêmes latitudes. Il existe dans nos cultures oîi il exige la serre chaude. Le Caïnitier est un rival du Sapotillier, Sapota Achras Miller, qui est considéré comme un des meilleurs fruits des régions intertropicales. Une sapotille bien mure offre, dit Descourtilz, le doux parfum du miel, du jasmin et du muguet. Cette espèce est assez répandue au Venezuela; HuMBOLDT et Bonpland l'y ont vue à l'état spontané. Cependant la véri- table patrie du Sa2)otillier par?ît être le Yucatan, où il domine dans les grandes forêts vierges qui s'étendent entre le Rio Champoton et les lagunes de Peten, tant par le nombre que par son grand développe- ment. M. J. LiNDEN y observa des exemplaires dépassant en hauteur les plus grands arbres de nos forêts. Le Caïnitier a été confondu encore avec le Lucnma manimosum Gaertner de la même famille. Cet arbre fruitier est cultivé au Brésil, aux Antilles et dans le Venezuela, comme le dit Sagot. Son fruit est inférieur aux deux précédents. Em. Rodigas. 1) Origine des Plantes rultirées : Paris 1883. — 12f) — LE VOLCAN DU JORULLO AU MEXIQUE Les volcans du Mexique sont généralement faciles à gravir ; mais l'ascension du Jorullo est entravée par la forêt vierge qui a envahi les pentes dans les dernières années : c'était un travail assez pénible que de se frayer un chemin à travers cette exubérante végétation; ce n'étaient que frôlements de feuilles et craquements de branches, et je ne pouvais m'empècher de rire quand je voyais mon compagnon, le gros Fink, tomber à chaque minute : il était évident qu'il n'avait jamais pratiqué les montagnes. Mais ce fut pis encore quand nous abordâmes les cendres volcaniques oîi cesse toute végétation : elles s'affaissaient à chaque pas sous nos pieds, et le pauvre Fink s'épongeait constamment la face. Puis vinrent des laves rugueuses absolument semblables à celles que j'ai trouvées près du sommet du pic de Ténériffe : tous les volcans oifrent à peu près la même disposition, et c'est toujours dans le voisinage de la cime que l'ascension offre le plus de difficultés. A G heures et demie nous atteignîmes le bord du cratère. Nous n'avions donc pas mis plus de trois quarts d'heure à gravir le cône proprement dit, qui s'élève à 400 mètres au-dessus du malpays. Le soleil était levé depuis quelque temps déjà, mais nous ne pouvions apercevoir son disque caché par les murailles qui dominent le cratère. Cet entonnoir a une circonférence d'environ 2 kilomètres et une profondeur de 200 mètres ; un prodigieux amoncellement de blocs de lave en occupe le fond. L'ima- gination a peine à concevoir que cette gigantesque chaudière n'existait point au siècle dernier, et l'on cherche à se représenter ce que dut être la soudaine catastrophe qui renouvela ici de nos jours les grandes con- vulsions géologiques des premiers âges du monde. Du sol brûlant jaillissent des centaines de fumerolles attestant que nous ne sommes qu'au lendemain de ces bouleversements. J'ai trouvé la température du sol aussi élevée qu'au lieu où se produisit la dernière éruption de l'Hécla, en 1878. La scène qu'on embrasse du bord du cratère est d'une sublime horreur. Les parois ne présentent point cette variété de couleurs que j'avais admirée au Popocatepetl ; ici le soufre n'a pas encore eu le temps de se déposer ; c'est le noir qui domine partout, et l'aspect de l'abîme est sinistre et sombre comme la mort. Les crevasses béantes d'où s'échappent en sifflant les gaz brûlants ressemblent aux soupiraux de l'enfer. J'entrepris de descendre dans le cratère avec Don Francisco et les guides. Fink préféra ne pas nous suivre, et il eut raison, car cette des- cente est aussi pénible que périlleuse, bien qu'elle paraisse facile au premier coup d'œil. Don Francisco m'a d'ailleurs assuré que six mois avant il y était descendu sans beaucoup de peine, mais que depuis lors — i.-iu — il s'était produit des éboulemeiits (iui avaient cuinijlf-teineiit modilié l'aspect des lieux. Par suite de ces éboulemeiits il s'est formé, près du bord du cratère, une paroi presque verticale d'environ 30 mètres de hauteur : là il faut s'aider des pieds et des mains et descendre à la façon des singes. On descend ensuite par des ébôulis de lave : les blocs sont d'un volume énorme, quoique, vus d'en haut, ils ne paraissent pas plus gros que des cailloux ; il faut se livrer à des exercices d'acrobate et sauter de pointe en pointe, d'arête en arête, au risque de se rompre les os. Au bout de vingt minutes j'arrivai tout en nage au fond du cratère : j'y parvins seul, car les guides, qui étaient de niéiliiu-rcs montagnards, avaient refusé de me suivre jusqu'au bout. On ne peut se défendre d'une pénil)lo impression d'étouffomcnt au fond de cet horrible entonnoir circulaire, jonché de blocs do lave, de menus débris volcaniques, de cendres rougeàtres ; c'est un lieu effroyable qu'on a hâte de fuir. De tous côtés surplombent d'énormes parois à pic, d'où jaillissent une multitude de resjnraderos (fumerolles). Je ne fus pas peu surpris de trouver, au fond de cette noire fournaise, trois arbustes souffreteux qui étaient parvenus à prendre racine au milieu des cendres : c'étaient des Jiigueros. Je plongeai mon tlioniioini'tn; dans une crevasse, mais la chaleur était si intense qu'en voulant le retirer je le laissai tomber. Désolé de cette perte qui m'ôtait le moyen de connaître la température des gaz, je mis tout en œuvre pour rentrer en possession de mon appareil ; dans l'obscurité qui régnait au fond de la crevasse liriliait, à quatre pieds de profondeur, l'anneau de l'instrument. J'enlevai à un des arbustes une branche munie d'un rameau que je taillai en crochet, et le plongeai dans l'étroite fissure ; mais ma tentative n'aboutit qu'à un désastre plus grand : le thermomètre descendit plus avant. Je taillai une branche plus longue, fouillai la crevasse au hasard, car l'anneau ne bi'illait plus, et contre toute espérance je finis par accrocher le fugitif : il marquait alors une température de 67° centi- grades : cette température dépassait de 11° 5 celle qu'avait constatée six mois avant le voyageur américain Howard Conkling. Ou la température tend à s'accroître, ou M. Conkling n'a pas opéré à une grande profondeur. Pendant que je nie livrais à mes observations, les guides, qui s'étaient arrêtés sur une corniche à 50 mètres plus haut, eurent l'i m prudence de tirer un coup de fusil, sans songer qu'un éboulement aur.iit pu en être la conséquence : un écho surprenant répondit au bruit de la décliarge. Après avoir recueilli au fond du crali're (pielques échantillons de lave que je ramassai tout brûlants, je me remis à gravir les éboulis, Ui'écorchant les mains aux surfaces rugueuses. Quand j'arrivai au pied de la muraille verticale, je prétendis l'escalader par le coté le plus ardu, afin d'éviter un détour : je me collai à la paroi, m'accrochant aux moindres saillies ; mais au bout de cinq minutes la roclie devint si peu consistante qu'elle — 131 — s'ert'ritait sous mes pieds : plutôt que d'exposer inutilement mes jours, je rebroussai chemin, opération toujours délicate et périlleuse sur une paroi à pic : j'eus une belle fraj'eur quand du pied droit je fis tomber un quartier de roc qui provoqua un éboulement partiel à la suite duquel ma situation devint fort critique : le pied gauche dans une crevasse, je fus longtemps sans oser ni avancer ni reculer, de peur de nouveaux éboule- ments. Fi.nk, qui du haut de la paroi assistait à ces péripéties, m'engageait à attendre le secours qu'il allait m'envoyer. Mais mon amour-propre il'alpiniste était en jeu, et en déployant tout ce que j'avais d'adresse et d'audace, je parvins à sortir tout seul de ce perfide cratère. FiNK avait préparé le déjeuner en notre absence : le menu se composait de tortillas, de cliile et de sardines que nous arrosâmes de mezcal. Nous étions campés au bord du cratère, dans une brèche s'ouvrant au milieu de la paroi circulaire qui nous dominait d'environ 60 mètres. Le soleil éclairait depuis longtemps la plus haute cime de la montagne que le cratère était encoi'e plongé dans l'ombre. Pendant que mes compagnons vidaient la bouteille de mezcal, je montai au sommet où je fus surpris de trouver une puissante végétation : au milieu des Ugueros, des i^arotillas (1), des tepelmajes, je vis un goyavier- tout chargé de fruits mûrs dont je me régalai : la goyave est un des plus fins produits des tropiques. Je remarquai aussi dans les grands herbages une admirable plante aux larges feuilles connue dans le pays sous le nom de capitaneja. Du haut du Jorullo la vue est magnifique : quoique le volcan n'atteigne pas la hauteur des monts environnants, ceux-ci sont trop éloignés pour limiter la vue. On domine la splendide vallée de las Playas, dont les laves ont envahi une grande portion ; au nord apparaît le massif mon- tagneux de los Organos, ainsi nommé k cause de son aspect qui fait songer à un gigantesque jeu d'orgues : cette chaîne, qui est la plus voisine, domine de beaucoup le Jorullo. A l'ouest surgit le pic de Tancitaro, et on distingue même, à 40 lieues de distance, la cime neigeuse du volcan de Colima, qui n'est qu'à quelques lieues de l'Océan Pacifique. Ce volcan actif, situé sur la limite des États de Colima et de Jalisco, a une altitude de 3,866 mètres. J'ai entendu dire par les gens du pays qu'il y a communication entre le Colima et le Jorullo. J'aurais voulu faire le tour entier du cratère, afin d'embrasser l'ensemble du panorama, dont toute la moitié m'était cachée par la paroi opposée ; mais il me fallut rejoindre mes compagnons, qui voulaient opérer la descente avant les grandes chaleurs. Comme ils ne m'avaient pas attendu pour se mettre en route, je dus chercher seul mon chemin ; je me trouvai devant deux harrancas et, comme il arrive toujours, je m'engageai dans celle qu'il fallait éviter. Je ne me doutai de mon erreur que lorsque, (1) Sorte tfacacia. — 132 — n'entendant pas mes compagnons, je les appelai sans recevoir de réponse : il me fallut remonter péniblement à travers les laves pour aller trouver la barranca menant à las Playas. Du cratère à la forêt vierge ce ne fut qu'une glissade à travers les cendres volcaniques : mais quand j'abordai la forêt, il me fut impossible de reti'ouver le sentier i)ratiqué à coups de macliete par les Indiens. Je m'engageai dans un inextricable fouillis de végétation, compliqué de plantes gi-impantes et de parasites : je n'avançais qu'en brisant les tiges, en coupant les lianes, en écartant les feuilles ; une branche sèche qui m'entra dans l'œil gauche faillit ni'éborgner ; peu s'en fallut que je ne misse le pied sur un gros serpent ([ui se sauva dans les buissons : cet ignoble reptile, dont le dos était rayé de blanc et de nuir, me parut mesurer quatre pieds de longueur. .Ici.. Leci.krcq. Spirées gardant le plus longtemps leur feuillage. — La chute des feuilles s'annonce comme très précoce cette année. Il sera possible de nouveau de contrôler si les Spirées dont la liste suit, conserveront "leurs feuilles les dernières comme elles l'ont fiiit l'année passée. Elles avaient encore tout leur feuillage en octobre, alors que 50 autres espèces et variétés du même genre en étaient complètement dépourvues depuis le coiimiencement du mois de septembre. Nous donnons cette liste d'après le Neuhert's Garten Magazin (Illustrirte Monatshefte). 1. Spiraea bella Sims. Himalaya, fleuris- sant en juillet. 2. 11 II coccinea Beutli. 3. I, Billiardi, Sibérie, juillet-août. 4. 11 Canna W. K. et K. Kuropc orientale, avril-mai. 5. 11 Cantoniensis Lour. Chine et Japon, juin, (i. 11 canebsens rotundilblia. 7. n cuneifolia Wall. Himalaya, juillet-août. 8. 11 Douglasi Hook, Nord Ouest (le l'Amérique septent. juillet. 9. 17 e.xpansa nivea Wall. Hima- laya, juillet. 10. 11 hypericifnlia L. Europe orien- tale, Sibérie, avril-mai. 11. n Lindleyana Wall. Himalaya, juillet. 12. Il lauataHort. Himalaya, Juillet. 13. n média alpina Schmidt, Hon- grie, Autriche allemande, mai. 14. Spiraea nepalensis Wall. Himalaya, juillet. 15. 1' 2\obIeana Douglasi, Hook. Sibérie, juillet. IG. n opulii'olia L. Amérique du IS'ord, juin. 17. 11 pubescens ïurez. Chine sep- tentrionale, juin. 18. 11 Kegeliana Hort. Kinz. Sibé- rie, juillet-août. 1'.'. 11 Reeversi robusta L. .lapon, Chine, juin. 20. 11 salicit'olia L. Sibérie, juin. 21. 11 II undulata Borkh. Amérique du Xord, août. 22. 11 thalictroides Pall. Sibérie orientale, avril-mai. 23. 11 thyrsiflora Don. Himalaya, juin. 24. Il vaccinilolia Hort. Himalaya, juin. 25. Il Van Uouttei Briot. f-ibérie, Nord de la Chine, juin. 4""^ SÉRIE 5"" Volume TOME XXXII. Année 1885 9"" Livraison Principales distinctions obtenues par L'ILLUSTRATION HORTICOLE: MÉDAILLE DE JIÉKITE A l'eXPUSITION INIVERSELLE DE VIENKE EN 1873 DIPLOME d'honneur A l'eXPOSITION INTERNATIONALE d'aMSTEKDAM EN 1877 MÉDAILLE d'or A L'EXPOSITION VNIVERSELLE DE PARIS EN 1878 DIPLOME d'hONNEIR A l'eXPOSITION DE MADRID EN 1883 T » LilLlU SÎRAÎI H m 1 1 uD REVUE MENSUELLE DES SERRES ET DES JARDINS COMPRENANT LA FIGURE, LA DESCRIPTION L'HISTOIRE, LA CULTURE EH SERRES, EN PLEINE TERRE ET EN APPARTEfflENTS DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES LES INTRODUCTIONS NOUVELLES L'INDUSTRIE HORTICOLE LES EXPLORATIONS BOTANIOCES, L'ARCIIITECTDRE DES JARDIHS, L'ARBORICOLTORE LA CULTURE MARAÎCHÈRE LE COMPTE RENDU DES GRANDES EXPOSITIONS, ETC. PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE J. LINDEN ADMINISTRATEUR REDACTEUR LUCIEN LINDEN EMILE RODIGAS Collaboration de Botanistes et Horticulteurs éminents TABLE DES MATIÈRES Chrouique horticole 133 La Coca aux Antilles 140 Le jardin fruitier et le potager . . 142 Voyages d'exploration 14G L'habitat des orchidées 147 texte et PLANCHES COLORIEES PI. 5G3. Mutisia deourrens. . . . 139 l'I. 509. Giroflées quarantaines à grandes fleurs 141 PI. 570. Lcptospermuiu Lanigerum. 143 planche noire PI. 571. Le jardin Français de Chats- worth 145 A PARU LE 1<='" OCTOBRE 1885. Administration, au siège social de la Compagnie Continentale d'Horticulture (Société anonyme), 52, rue du Chaume, à Gand. CONDITIONS D'ABONNEMENT \j' ÏJJustration Eorticoh paraît le 15 de chaque mois et forme, au bout (le rannée, ûn'gros volume iii-8° de 200 paws de texte illustré de iKniibreuses gravures, et accompagné de 36 PLANCHES richement coloriées ou gravures supérieurement exécutées. Les sujets traités sont distribués dans l'ordre suivant : I. Clironique horticole. — IL Planches coloriées et descriptions de plantes nouvelles. — IIL Culture des plantes en appartements. — IV. Jardin potager et jardin fruitier. — V. Horticulture d'ornement, etc. — VI. Architecture des jardins, constructions et industries horticoles. — VIL Miscollanées. — VIII. Correspondance. — IX. Explorations scientifl(pies. Prix de l'abonnement, payable d'avance, Par volume de 12 livraisons (de janvier à décembre) envoyées chacune />*awco par la poste. l'our toute l'Union postale 30 francs. l'ays d'outre-mer 3.5 r Tayablc en un nandiit sur la poste de Cand (Dilgique) au nom de l'Administrateur. On s'abonne à l'administration de V Illustration Horticole, 52, rue du Chaume, à Gand, ainsi que chez les principaux lil>raires de Belgique et de l'étranger. — Envoi franco d'un N° spécimen sur demande afi'ranchie accompagnée de 3 francs en timbres-poste. CÉRUSE SPÉCIALE Iioiir la Peinture des !!tei're»<, Ahri»), MciibleN et OrDieiuents de jardins La Compagnie continentale d'IIciKticiltire (Société anonj-me), à_ Gand (Belgique), s'est assurée, par contrat passé avec l'inventeur, la vente et le dépôt général d'un produit destiné à la peinture des serres, abris, meubles et ornements de jardins. Outre une blancheur et un velouté sans pareils, cette peinture garantit la conservation du bois et du fer si vite attaqués par l'humidité et la chaleur à l'intérieur des serres, par le soleil et la pluie en plein air. La première personne venue pourra se servir de cette matière. La couleur étant toute pré- parée, il suffira d'j- ajouter l'huile nécessaire pour pouvoir s'en servir. Le prix minime de ce produit engagera d'ailleurs tout le monde à avoir ses serres et son mobilier de jardin conservés dans le nieillour état. PRIX COURANT Livrable en bidons de fer bien conditionnés, fermés par de simples lanéuettes. 1 Bidon de 10 kilos «o Fr. 1 1 Bidon de 20 kilos i* Fr. 1 id. 15 id «4 :, I 1 id. 25 id M n Zes prix seront réduits de 5°/(, jioitr toute commande de 100 kilos et au delà. Peinture spéciale poup étiquettes Ce produit, tout spécialement recommandé pour cet usage, est livrable en couleur jaune ou blanche, par boîtes de I et de 2 kilos. PRIX COURANT Par boîte de un kilo . . , . . Francs 1-25 Par boîte de deux kilos id. 2-25 Les prix seront réduits de 5»'o pour toute commande de 12 boites et au delà. Adresser les commandes pour ces peintures directement à la Compagnie Continentale d'Horticulture (Société anonyme) 52, RrE DU Chaume, GAND (BELGIQUE) B R A V ' NEW YORK — 133— ^^^BOTANICAL ^-4 «DE»*; CHRONIQUE HORTICOLE 15 Septembre 1835. Le Victoria regia :i fliniri jiJmirablemeut cette année au Jardin botanique de Gand.. Il a fleuri également au Jardin botanique d'Amsterdam et là, cette splendide Nympliéacée de l'Amazone a été l'objet d'un vrai pèlerinage. La serre fut éclairée dans les soirées du 20 et du 25 août et le public admis gratuitement à visiter cette merveille du règne végétal. Lies pruneaux de Bohème font une sérieuse concurrence aux pru- neaux d'Agen. L'exportation même pour l'Amérique acquiert tous les ans une importance plus grande; il arrive que les moyens de transport sont insuffisants. Dans la saison il part journellement de 30 à 40 wagons pour l'Allemagne. * Le thermomètre centigrade. — Ceux qui lisent les journaux étrangers savent combien il est difficile de se rendre compte à première vue des indications thermométriques qui ont cours dans différents pays. Cette difficulté avait été signalée par les organisateurs du Congrès de bota- nique et d'horticulture d'Anvers. Dans l'assemblée générale du 3 août, le Congrès a admis à l'unanimité les conclusions du rapport déposé par M. Ém. Rodigas. En conséquence le Congrès a émis les vœux suivants : 1° De voir s'établir promptement une échelle thermométrique unique ; 2" De voir adopter de préférence l'échelle centésimale ; 3° De voir, en attendant que la réforme soit adoptée, les publicistes horticoles indiquer dans leurs écrits, la réduction eu degrés centigrades des chiffres de température donnés d'après l'usage de leurs pays respectifs. Ces vœux seront-ils écoutés par nos confrères de l'étranger ? Nous ne le pensons pas. La Société d'horticulture d'Orléans et du Loiret, fondée en 1839, vient d'être déclarée, par décret du Gouvernement français, établis- sement d'utilité publique. Cette décision est un juste hommage rendu à l'une des plus anciennes sociétés d'horticulture de France. Les nombreux concours qu'elle a organisés depuis son existence, la part qu'elle a prise — 134 — elle-même aux plus grandes oxpositions, les succès qu'elle n'a cessé de remporter aussi bien à l'étranger qu'en France, la publication de son excellent Bulletin, lui donnaient depuis longtemps des droits à la récom- pense qu'elle vient d'o])tenir et que, nous en sommes convaincus, elle saura justifier par sa persévérance à rendre des services à l'horticulture. * * * Pierre Belon du Mans. — Un Comité de naturalistes s'est constitué en France dans le but d'élever une statue à Pierrk Belon. Contemporain de DoDo.NÉE et de L'Escluse, cet écrivain a rendu d'éminents services à la botanique horticole et il est juste de rendre hommage à sa mémoire. Il naquit en 1517 et périt en 1564 assassiné dans le Bois de Boulogne. C'est aux environs du Mans qu'il fonda au XVI""' siècle le premier jardin botanique français, longtemps le plus beau, le plus riche de France. Expositions florales populaires. — Nous avons eu l'occasion de signaler l'influence salutaire d'une institution qui eut son origine en Angleterre, qui a été imitée en Ilnllande, notamment à ZwoUe en 1871, à Amsterdam en 1873, ultérieurement à Leide et dans ces derniers temps à Utrecht. Au printemps, les plantes acquises par voie de souscrip- tion publique ou dons volontaires, sont mises à la disposition des ouvriers, à des prix extrêmement minimes. A la fin d'août ou au commencement de septembre, les ouvriers détenteurs de ces plantes sont invités à exposer celles-ci et peuvent recevoir des prix divers. Une exposition de ce genre a eu lieu à Utrecht le 30 août, à l'occasion de l'anniversaire de la naissance de la Princesse royale. Cercle horticole du faubourg de Courti-ai, à Gand. — Sous ce titre vient d'être créé à Gand un nouveau cercle floral qui a affirmé son existence en ouvrant, le dimanche 7 septembre 1885, une exposition horticole au local du Cerf. Chacun des fauliourgs gantois aura bientôt sa société horticole particulière, à l'instar de Ledeberg et de Mont S' Amand. Ces sociétés ne peuvent que faire ressortir davantage la imis- sance de l'industrie dont Gand est le centre. Le Jardin botanique de Berlin a été éprouvé d'une façon terrible par un oui'agan, le 29 juin dernier. Dix-neuf des plus grands arbres, parmi lescjuels les plus beaux exemplaires du jardin, ont été déracinés et ont causé autour d'eux d'immenses dégâts. Les plantes officinales, les Conifères en pots, les Palmiers et les Fougères ont été ravagés; les travaux de déblaiement ont nécessité la fermeture du Jardin durant huit jours. * * — ia5 — Les Frênes qui conservent le suivants, d'après les observations Jardins publics de Munich. 1. L-'iaxiniis excelsior asplenifolia Ilort. Europe et Orient., avril. 2. n » crispa Loud. Euro- pe et Orient., mai. 3. n elegantissima Ilort. 4. n ibl. var. 5. n globa Hort. G. n heterophylla Vahl (niouo- phylla Desf). 7. n inibricata. 8. » nana Lodd. (polemoniacfolia Poir). 9. » pendula Ait. 10. n verrucosa Desf. U. n lentiscifolia Desf. plus longtemps leur feuillage sont les faites par M. Kropf, employé aux 12. Fraxinus Iciitiscil'olia var. pendula Desf. 13. Il longicuspis Suce, et Zieb. Japon, mai. 14. n raixta Bosc. 15. n I^ovae Aiigliae Mill. Améri- que du >.'ord, avril-mai. IG. 17 ox\carpa ^Villd. Europe mé- ridionala, mai. n. n peusylvanica Marsh. Améri- que du JSord, avril. 18. II pubescens Lam. Amérique du Xord, avril. 19. n n arbutifolia (aucu- baefolia nova Hort.). 20. n samliucifoliaLam. Amérique du Nord, avril. La rose Lusiadas. — Cette rose nouvelle, on peut dire née d'hier, a fait tellement de bruit dans le monde des flem^ qu'il est permis de dire qu'elle sera historique. Plusieurs journaux horticoles ont pris parti contre elle, peut-être sans la connaître. Elle a été annoncée par un horticulteur de Lisbonne, puis son origine a été l'objet de critiques amères. On a prétendu que la rose nouvelle ne serait autre que Céline Forestier artificiellement maculée au moyen de quelque couleur d'aniline, comme cela s'est vu déjà pour des fleurs du Lis blanc. Nous avons reçu de M. J. Pedro d.v Cost.v une fleur de la rose Lusiadas envoyée par la poste. Cette fleur était richement pointillée et maculée de carmin pur. Aucun pétale, nous n'hésitons pas à le déclarer hautement, ne portait la moindre trace de couleur d'aniline. De plus, nous ajoutons que la fleur n'avait subi aucune altération artificielle. Seulement nous devons à la vérité de déclarer que nous avons vu plus d'une fois la rose Céline Forestier prendre, vers la fin de la floi'aison, sur ses pétales blancs des macules et des points d'un coloris rose car- miné. Notre avis est que la rose nouvelle pourrait fort bien être une variation obtenue par voie de sélection. Les pêches précoces. — La Société pomologique de Boskoop, en Néerlande, possède un jardin d'expéi'iences dans lequel on cultive avec soin les variétés fruitières nouvelles avant de les juger. Les membres de la Société ont dégusté le 10 août les pêches les plus précoces. Voici comment quelques fruits sont appréciés : la pèche Amsden est de grandeur moyenne, — 13G — à chair très juteuse et pari'uiuée, (luelque peu adliérente au noyau et pourtant d'un blanc pur. Ceux qui prétendent que VAmsden est plus ou moins rouge autour du noj'au, seraient donc dans l'erreur. La pèche Downing n'est pas recommandable. La pèche Musser diffère fort peu de la pèche Amsden. La pêche Hivers est souvent médiocre, quelquefois bonne, mais alors aigrelette; le noyau est fréquenunent ouvert, par conséquent peu recom- mandable. La pêche Béatrice est un excellent fruit, entièrement détaché du noyau et beaucoup plus grand ([ue la pèche Amsden, bien (ju'il mûrisse 8 à 12 jours plus tard. La pèche Alexander est très bonne, mais elle a le défaut, comme Amsden et Musser, d'être adhérente au noyau. Priniula confinis Schott. — Cette Primevère est une des perles parmi les plantes alpines cultivées au Jardin botanique de Munich. Elle est originaire des Alpes du Piémont et se distingue par la grandeur et le beau coloris de ses fleurs, ainsi t^ue par leur abondance. Son feuillage est brunâtre avac un reflet jaune. Les fleurs sont rouge foncé. Lesllliislrirle Monatsliefle, de Munich, en donnent une jolie planche due au pinceau de Son Altesse Royale la Princesse Louis de Bavière. * La commerce des fruits a cette année une importance majeure, parce que leur abondance est extraordinaire en Belgique et détermine les grands marchands de l'étranger à se déplacer pour faire eux-mêmes leurs acquisitions. Dans la vallée de la Meuse, les prunes de Reine- Claude ont été extrêmement abondantes. Les abricots à cueillir se sont vendus à 7 centimes le kilo. Dans les Ardennes les prunes ont été données comme aliment aux porcs. Les villes de Saint Trond et de Tongres font journellement des envois de plusieurs wagons de fruits vers Anvers et Gand en destination de l'Angleterre. Les fruits nombreux des environs de Looz suivent la même direction. Cette commune est vraiment curieuse à voir par le temps de récolte des fruits. Des chariots traînés par 4 et 6 chevaux amènent constamment des fruits à la gare. Ces cargaisons nécessitent la formation de trains spéciaux composés d'une vingtaine de wagons qui sont dirigés à grande vitesse sur les ports d'embarquement. Les prunes de Reine-Claude se sont vendues cà 10 frs les 100 kilos et de grandes quantités de noix â 4 frs le mille. L'abondance des fruits est également remarquable en Hollande; depuis de longues années on n'a vu arriver autant de prunes au marché d'Utrecht. On en a vu débarquer des milliers de paniers en un jour. Le prix en a été fort bas . — 137 — Ce que doit connaître nn jardinier. — Chez nous, en rcgle générale, un jardinier ne doit connaître que le jardinage. Parfois cepen- dant, chez de petits propriétaires, le jardinier doit servir la table ou conduire le cheval. Mais ces conditions sont rarement voulues ensemble. Lorsque nos jardiniers s'expatrient et demandent une place chez un planteur américain, on exige d'eux des connaissances autrement multiples. La première chose que l'on demande là bas, c'est la connaissance de l'anglais; ensuite il doit savoir conduire cheval et voiture, puis posséder des notions de zoologie afin de savoir traire les vaches. Il faut encore pour le Yankee que le jardinier connaisse suffisamment la nomenclature latine et anglaise des plantes et il ne s'agit pas d'inventer des noms. En outre, pour vivre en paix avec les dames, il faut pouvoir fournir à toutes les exigences de la cuisine et ne pas oublier que l'on mange là bas ce qui est méconnu ou inconnu chez nous. Bref, h jardinier même expérimenté, en arrivant en Amérique, n'a qu'à recommencer son apprentissage. * Monument à von EflTner. — L'administration de la ville de Munich a décidé qu'un monument sera élevé à Karl von Effn'er, qui fut direc- teur des jardins royaux. La ville a voté de ce chef un subside de 6000 marks; le m.onument sera élevé sur la place Maximilian; il est confié au statuaire Riemann et doit être terminé le 1" mai 1886. * Les arbres fruitiers d'appartement. — Sous ce titre entièrement neuf, les journaux politiques ont servi à leurs lecteurs bénévoles un article charmant sur un mode de culture des arbres fruitiers qui a dû faire venir l'eau à la bouche de tous les gourmets. Ce mode de culture se définit en trois mots : vite, bien et facile. Mais, donnons la pai'ole au Moniteur Indvstriel : « On cultive de l'autre côté de la Manche les arbres fruitiers en potiches, en vases de Chine et même en simples pots de terre; les arbres non seulement viennent à merveille, mais donnent encore de jolis et excellents fruits. On a des pêchers, des abricotiers, des cerisiers de salon de 50 centimètres à un mètre, dont les fruits viennent se cueillir à la hauteur des lèvres. L'arbre est dans une jardinière ; on sent le parfum de ses fleurs, et deux mois après on cueille les fruits savoureux. a Le principal promoteur de ce genre de culture croit que ces arbres sont destinés à occuper la première place dans nos desserts. On n'osera plus, en effet, servir sur des plats des pêches, des cerises, quand on pourra les prendre sur l'arbre lui-même. L'arbre est si petit, bien que chargé de fruits, qu'on pourra placer devant chaque convive, un pêcher, un abricotier à peine haut de vingt-cinq à trente centimètres et portant en moyenne de trois à cinq fruits. — 138 — « Servir le fruit sur l'arbre constitue évidemment une idée séduisante. Et puis les amateurs verront chaque jour se développer le fruit sous leurs yeux, et ce genre de culture ne sera pas sans amuser les désœuvrés. « Quant au secret des arbres fruitiers nains, il est facile à révéler. Il suffit de planter en pot un jeune arbre fruitier, en le débarrassant de ses grosses racines; c'est par le chevelu que se fait la nourriture et, dans un pot même réduit, il y a assez de terre pour fournir au déve- loppement du petit arbre. « M. Ingram, jardinier en chef de la reine d'Angleterre, a obtenu jusqu'à six grappes de raisin sur des vignes cultivées en pot et âgées à peine de 18 mois. » L'article, qui aurait dû paraître le \" avril, se termine par ces mots : « Tout le monde pourra avoir désormais un jardin fruitier et cultiver, même sous les toits, les abricotiers, les pêchers, les cerisiers, les poiriers, etc. » Ce dernier pronostic est fort heureux. Ces petits arbres dans les jar- dinières et même sous les toits, tout cela est bien beau en perspective ! Nous aimons mieux conseiller à nos lecteurs de s'en rapporter au mode de culture en pots suivi chez nous. Ailleurs et chez nous. — On dit quelquefois « pratiques comme les Anglais. » Nous sommes convaincus que les Anglais instruits disent quelquefois chez eux — et lorsque personne ne les entend — pratiques comme les Belges. Chez nous, nous recevons fréquemment en communi- cation ou à l'examen les nouveaux livres, les nouvelles publications qui surgissent. Nous sommes heureux, en Belgique, de l'attention dont nous honorent les éditeurs et nous les remercions cordialement de nous fournir une rapide occasion de connaître ce qui nous intéresse. En Angleterre on accueille assez lestement non pas avec indifférence, mais avec de grossières injures, l'éditeur qui ose se permettre d'envoyer à l'examen un livre qui pourrait être utile à celui qui le reçoit. Nous nous demandons, à part nous, de quel côté se trouve le sens vraiment pratique. Lucien Linden & Émii.e Rodigas. MUTISIA DECURRENS cav. fh )'/Tll) ,^'f^*nrJur^i f T T •.. j^.. r j 139 PL. DLXVIII MUTISIA DECURRENS cav. MUTISIA RAMPANT Composées g Mutisiacêes ÉTYMOLOGIE. — Gem-o dt-dié par Linné fils au botaniste américain Mvtis. CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. Mulisia h. f. Capitulura multifioruni, heterogamum, inacqualiflorura, radiatum. Involucri floiibus breviore squamae multiseriatce, imbricatae, inte^terrimae, planae, interiores longiores. Rcoeptaculura planum, nuJuni. Corollae radii ligulato-bilabiatae, labio exteriore ligulaeformi, integcn-imo vcl obsolète trideiitato interiorc miiiimo. bitido, disci lubulosae, limbo a tubo haud distiiieto, bilaljiato, labio altère bi altero trimero, utroque revoluto. Staminum filamenta distincta, papillosa, plana, aiitberae disci exsertac, longissime caudatae, alis obtusiuscule acurainatis. loiigis, railii abortivae. Slylus glaber. Achenia rostrata, costata gLibr.i. Pappus biserialis, paleis angustis, linearibus aequalibus, dccurrentibus, siniiil caducis. Fruticcs iu America australi, tropica et extratropica iiidigeni, spcciosi ; habita v.irio; ramis foliisque alteruis, capilulis sobtariis, magnis, pulcherrimis. Endl. Gen. Plant, p. 48-i, gen. 2917. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. Mutisia decumns (Cav. le. 5. p. 63. t. 467), caule Ecandente subangulato foliorum decurrcute subalato, ibliis sessililjus utroque margine dccurrentibus, lanceolato-linearibus planis iutegerrimis, interioribus ad basin pauciden- tatis, ncrvc in cirrlnnn bifidum producto, involucri ovati squauiis adpressis ovatia appendiculatis obtusis. Frutex in Chili australi pratis montanis Andiura ad Anluco (PoEFP.!). Less. in Linnaea 1830, p. 273. 31. keliantka Poepp ! exs. n. 840. Media iuter dentatas et integrifolias. Mutisia decurrens Cav. le. 5 p. 65, tib. 407. DC Prodr. t. VIIl, p. 6. Toutes les espèces du genre Mutisia, du moins celles que nous connais- sons, sont à tiges grimpantes; tout?s aussi sont originaires des contrées inlratropicales de l'Amérique du Sud ; seulement leur hal)itat diffère autant i|ue leur aspect et ce serait une grave erreur que de croire que toutes exigent la serra chaude dans nos régions. La plupart d'eutr'elles se con- tentent des conditions de nos serres tempérées et nous en avons vu des exemplaires parfaitement tenus en pleine terre durant nos étés. C'est Là que ces jolies plantes, qui sont le type d'une tribu très ornementale de la famille des Composées, produisent leurs fleurs avec le plus d'abondance. L'espèce dont nous reproduisons la planche, a la tige grimpante et presque ailée, les feuilb^s sont sessiles, déeurrentes lancéolées linéaires, planes, entières, celles de la l)ase munies d'un petit nombre de dents; l'involucre est ovale, muni d'écaillés appendiculaires, ovales et obtuses. C'est, suivant le Qarden (1), dont nous partageons l'avis, la plus belle du genre, sinon de toute la famille des Composées. On en compte auji>urd'liui une quarantaine d'espèces presque toutes munies de vrilles. (1) Th' Gardoi, décembre 1883, page 552. — 140 — Le Mutisia dccnrrens a été tnmvô dans les prairies des Andes du Chili, il y a une vingtaine d'années, et introdidt alors en Angleterre par M. Pearce. C'est une~ liane qui peut atteindre une couple de mètres de liauteur et donnant des branches peu ramifiées. La niM'vure médiane des feuilles se prolonge en une vrille parfois simple, i>lus souvent divisée, au moyen de laquelle la plante s'attarh(>. Les capitules iloraux de cette plante sont réellement magnifiques et portés sur des pédoncules de 0'"25 à 0"'oO. Il suffit de jeter un coup d'œil sur la planche p(mr se rendre compte de leur beauté. La floraison a lieu en juin-juillet et août. Comme plante pouvant garnir la muraille d'une serre, elle est d'une réelle vaknir, mais elle a un autre avantage, celui d'être presque une plante vivace de pleine terre. Fin effet, nous tenons à relever le fait qu'à Exeter, la plant(> résista aux rudes hivers de LS60 et 1H(31, sans être protégée par aucuiu; couver- ture. Dans d'auti'es endroits eu Angh^tci're, la plante a fleuri cha(iue auiu'e étant plantée contre un mur eu jiii'iu air; on prétend même qu'elle vient mieux encore en plein terrain ouvert. Au javifin de Ke\\- (die a été cultivée en pot et palissée contre uu tiaimcau dans un des octogunes d'une serre.. Elle y fleurit abondamment. Km. R. LA COCA AUX ANTILLES Le Me7isajero de Saint Domingue, dans son numéro ilu 25 août, rapporte que grâce aux soins de M. Cii. Yerhesseji, consul de la République Dominicaine, à Gand, six exemplaires de la précieuse plante produisant la cocaïne, ont pu arriver aux Antilles, par l'intermédiaire de M. le docteur R. E. Bentances. Trois de ces plantes ont été envoyées à Porto-Rico et trois à Saint Domingue. Avouons que ces plants ont eu plus de chance que les trois pieds de Café envoyés jadis de Leyde aux Indes Néerlandaises et dont l'unique survivant a été la souche de tous les caféyers des colonies et la source do tant d'immenses fortunes. Ajoutons que les six plants (VErytJiroxylon Coca expédiés aux Antilles ont été fournis par la Compagnie Coutiueutale d'Horticulture de Cand et qu'un second envoi sera fait proidiaiuement. Km. r. te '>i»i^-, Uj Ce a: ■■»_ g$ . s w W W t> O W l-H < a w •W J o ce; 141 PL. DLXIX GIROFLÉES QUARANTAINES A GRANDES FLEURS VARIÉTÉS NOUVELLES Ceux (ini, durant la l)r'll(> saismi, (Hit visité l'établissement de la Com- pagnie Continentale d'Horticulture, ont pu admirer les gracieux parterres qui s'étalaient dans les vertes pelouses du jardin' et sur lesquels l'œil, ébloui par toutes les richesses végétales contenues dans les serres, aimait à se reposer. Parmi ces parterres, les moins agréables n'étaient pas ceux où les giroflées épanouissaient leurs délicieuses fleurs. La planche ci-cimtre reproduit, grâce à l'habile pinceau de notre artiste peintre, quatre inflorescences cueillies presque au hasard dans le nombre de ces variétés d'élite. S'il était besoin de démontrer encore les immenses progrès réalisés par l'horticulture depuis un quart de siècle, les modifica- tions étonnantes obtenues dans les races diverses de Cheiranthus annuus LiNN. suffiraient à affirmer hautement ces progrès. Les bouquets sont devenus pour ainsi dire de gigantesques panicules, les fleurs ont acquis un développement et une régularité considérables, la duplicature a atteint presque la perfection, et les coloris sont tellement variés dans tous les tons que la palette du peintre a énormément de peine à rendre toutes les nuances. Nous n'essayerons pas de décrire ces variétés. D'ailleurs en disant par exemple : fleur à Iflanc jaunâtre à teinte transparente rose et gris, fleur à fond pensé à reflets purpurins, fleur à fond ponceau nuancé carmin, fleur à fond blanc pur teinté et strié rose et rouge, nous ne donnerions jamais qu'une vague idée des coloris variés offerts ici par l'inépuisable nature : force nous est donc de renvoyer le lecteur à l'examen de la planche elle-même où le peintre a reproduit fidèlement ce qu'il avait sous les yeux. Du reste, ceux de nos lecteurs qui ont semé les graines de giroflées quarantaines qui leur ont été fournies par la Compagnie Conti- nentale d'Horticulture auront pu contempler dans leurs semis des variétés identiques à. celles figurées dans VlUustration Horticole, sans compter les nombreuses autres où dominent le blanc pur, le rose, le chamois, le rouge, le carmin, l'ardoisé, le jaune, le violet et même le bleu de toutes les nuances. La race des giroflées quarantaines à grandes fleurs est parfaitement distincte des autres sections par la grandeur des bouquets ramifiés chargés de leurs très grandes fleurs. V. Téran. — 142 — LE JARDIN FRUITIER ET LE POTAGER Variétés nouvelles ou peu répandues de légumes, fournies par la Compagnie Continentale d'Horticulture et appréciées par M. NARDY, Chroniqueur horticole de la Mcditcrranéc à Hyères. Pois « abondance. » — Le petit pois alondance est liàtif (non pas très liàtif) ; il est vigoureux, rustique et productif; il a, atteint la taille de 0"'-10. Les gousses se remplissent très bien et le pois même gros, reste très tondre ; il est bien sucré. Chou nain blajic hàtif d'Erfurt. — Le chou nain blanc hàtif d'Erfurt est bien nommé ; c'est un cliou petit, mais pommant bien et avec une activité à peu près pareille à celle que montre le Chou Joanet ou Nantais au([uel il ressemble pour la taille et le développement. .Je criùs que ce chou pommé très hàtif devra être recommandé à l'égal du Joanet hàtif et du chou hàtif d'Etampes, les deux plus hâtifs que je connaisse jusqu'à présent dans les choux pommés. Laitue romaine « Tancrède. » — Cette laitue est une bonne grosse et excellente laitue, mais elle m'a paru ressembler absolument à la laitue romaine l)londe maraîchère, tant cultivée à Paris. Laitue « Roma. » — La Laitue Roma est une variété intéressante de Laitue gotte, très blonde, très hâtive et très bonne. Ce sera une bonne variété d'hiver et de premier printemps pour le Midi. Il ne faudra pas la cultiver en été, elle monte trop vite. Pomme de terre s Royal ash-leaved Kidney. » — Jnlie, hâtive, (pas très hâtive) et productive, est la pomme de terre Marjolaine ou Kidney Royal ashleaved. Les tubercules sont bien groupés autour de la plante. A recommander en toute confiance pour les cultures de primeur en plein air ou sous châssis. Nardy. A la grande exposition d'Horticulture de Berlin, notre confrère M. .\o. d'Haenk a obtenu les distinctions suivantes, dont nous le IVilicitiiiis cordialement. 1" !'■'■ prix. Objet d'art pour plantes nouvelles. 2" 1"' prix. Médaille d'or pour une cidloction générale de plantes de serre froide. 3" T'"' prix d'honneur de 50 Marks offert par la ville do Berlin pour un-; collection générale de i)lantes de serre cduiude. LEPTOSPERMUM LANIGERUM ait. Clirom. iStroolanl. J. Linden piili . — 143 PL. DLXX LEPTOSPERMUM LANIGERUM ait. LEPTOSPERME PORTE-LAINE Myrtatées ÉTYMOLOGIE : du grec /stttoç, mince, et ç-toyi, graine. CARACTKKES GÉNÉRIQrES. lepfo'permura Forst. Flores sparsi, axillares. Calyx tubu-campanulato, cum ovario connato, limbo quinquefido, supero vel eemisupero, deci- duo vel rarius persistenfe. Corollae pctala 5, calycis fauci inserta ejusdem laciniis alterna, breviter unguieulata, orbiculata. Stamina 20-60, cum petalis inserta, iisdcm breviora vel vix longiora, filamenta flliformia, libéra, antheraebiloculares, longitudi- naliter déhiscentes. Ovnrium inferum vel seraisuperum quadri-quinqucloculare, loculis niultiovulatis. Stylus filit'ormis; stigma capitatiim. Capsula inféra vel seniisiipera, quadri-quinquelocularis, apice lociilicide dehiscens. Semina plurima, minima, oblonga, compressa. Frutices vel arbores, in Xova-Hollandia et Nova-Zcclandia crescentes; foliis alternis, c.\ stipulatis, integerrimis, floribus pedicellatis, solitariis, sp:irsis, nudis vel scarriose bracteolatis, albis. Endl. Gen. Platit. p. 1230. CAUACTÈRES SPÉCIFIQUES. T.epfospa-Mtm îanigervm Ait. 3. p. 182. Non Willd., foliis oblongis ovalibusve muerouatis utriuque aut subtus pubescentibus obsolète tri- uerviis, ramuHs villosis, calycibus villosissirais pilis patulis. Frutex in ins. Van Diemen et Nova-Hollandia. Lodd. Bot. Cad. t. 1192. PhUadelpkus laniger An. Hort. Kov. éd. 1. V. 2. p. 15G. DC. Prodr. vol. III, p. 227. Les espèces appartenant à ce groupe des Myrtacéss sont tontes origi- naires de Nouvelle-Hollande et de Nouvelle-Zélande. Ce sont des arbris- seaux à feuilles alternes, entières, sans stipules, se chargeant en juin et juillet de jolies fleurs blanches ou rosées. Quelques-uns sont connus en Europe depuis un siècle ; l'introduction des autres remonte à 50 ou 60 ans. Le Leptospermiim lanigerum, désigné encore sous le nom de PMladeljjlms laniger, est un bel arbrisseau d'un mètre et demi de hauteur environ, à rameaux tellement velus qu'on les dirait couverts de laine ; les feuilles sont également pubescentes à leur face inférieure et légèrement triner- Yurées. Les fleurs ont cinq pétales arrondis, onguiculés et insérés à la gorge du calice, celui-ci aussi est fort velu portant des poils étalés (et non pas étoiles, comme disent certains auteurs). La culture du Leptospermum lanigerum est celle des plantes de Nouvelle- Hollande en général. La plupart de celles-ci viennent parfaitement en serre froide ou se contentent même d'un simple abri en hiver, pourvu que l'endroit où elles se trouvent soit exposé à la pleine lumière. Durant l'été, un emplacement en plein air leur est très favorable si elles sont plantées — 144 — en bonne terre de bruyère ou en bon terreau de feuilles mêlé à du sable. Autant les arrosements peuvent être nombreux durant la belle saison, autant on sera avare d'eau en hiver, époque du repos ; on évitera toutefois de laisser la motte de terre se dessécher, en ce cas la plante serait perdue. ÉM. R. Le Jardin botanique d'Anvers où ont eu lieu les séances du Congrès international de lioiaiiiiiue et d'horticulture de 1885, fut visité en septembre 1837 par A. Raffeneau-Delile, alors professeur de botanique à la Faculté de médecine de Montpellier, qui fît un voyage horticole et botanique en Belgique et eu Hollande. La notice qu'il publia, parle des jardins botaniques de Gand, de Hnixelles, d'Anvers, de Louvain et de Liège. Voici comment l'auteur s'exprime à l'égard de celui d'Anvers : « Le jardin botanique est pourvu de plusieurs serres; mais elles ne sont point disposées avec la régularité d'ensemble que l'on voit à Bruxelles. J'ai remarqué de belles plantes dont la liste suit : Heliconia discolor; Clianthis phœniceus; l'ucca Jlaccida; Pil- cairnia s'plendens du Brésil fleurissant tous les ans; CodonopJtora grandijlora; belle plante voisine des Besleria; Psidium montanum des montagnes du Brésil, donne du fruit tous les ans; Mantisia sal- tatoria en fleur; Bracaena brasiUensis, larges feuilles, fleurit tous les ans, s'élève de six pieds et plus, sa fleur est rose; Pothos cannaefolia; Aerwa sanguinolenta de Java; un Ipomoea ]^)anicxdata à feuilles infé- rieures à six lobes, les supérieures étant un peu lobées à la manière des feuilles de platane ; le Maranta Zelrina, à feuilles très belles bien marquées, plus grandes ([u'à Montpellier; Quisqualis indica, en fleurs; Hamelia patens, ne fleurissant pas, tandis qu'il fleurit abon- damment à Montpellier ; Opuntia maxima, articulations ou mérithalles oblongs verts, de S' Domingue ; Cactics Pitaiaya, long de 18 à 20 pieds, cylindrique et simple par le bas ; Cactus brasiUensis, à tronc cylin- drique ; Bromelia sepiaria, reçu du Brésil et poussant des rejets couchés latéraux, plus longs que la tige; Caladium odoratissimum, plusieurs variétés ou espèces; Araucaria brasiUensis, arbre de 18 à 20 pieds, de semis de onze ans; son tronc a 4 pouces de diamètre; il est planté dans une caisse proportionnellement fort petite, de deux pieds de largeur; le MagnoUa grandijlora croit en plein air; V Urhia nivea, plus fort qu'il n'est à Montpellier, paraît bien résister à l'hiver; le Psidium montanum, un Bauhinia, croissent en pleine terre, en espalier, contre la banquette de la serre chaude; mais on les couvre de châssis pendant l'hiver. « Un pavillon ou bâtiment oblong, octogone, a été récemment élevé au Jardin, et sert de salle d'exposition et d'orangerie ou serre tempérée. Sa longueur est de 65 pieds, sa profondeur de 40, sa hauteur de 20. Ses ouvertures sont trois portes vitrées ou fenêtres, à la façade, et LE JARDIN FRANÇAI : CHATSWORTH — 145 — deux portes aux extrémités. La toiture est vitrée en partie. Une estrade de 14 gradins à l'intérieur sert à poser les vases. M. le Docteur Sommé, directeur du .Jardin, y a placé de rares végétaux qu'il a reçus des possessions coloniales, en même temps (prii envoyait, par échanges, la Vanille et les végétaux de l'Amérique à Java. » PL. DLXXI LE JARDIN FRANÇAIS DE CHATSWORTH. Si, d'après les règles de l'esthétique, un des principaux caractères du Leau réside dans l'aspect hai'monieux de toutes les parties, il faudra lié.^iter à reconnaître comme réellement beau le jardin français de Chats- wortli. Et pourtant, il a un cachet d'imposante grandeur. Ces parterres largement dessinés et bordés du buis antique, ces colonnes hautes comme le palais princier devant lequel s'étale le jardin et dont le style compassé est combattu par une végétation exubérante envahissant jusqu'aux chapi- taux et jus(iu'aux bustes eux-mêmes portés par ces colonnes, tout cela est d'une majesté dont le dessin ne saurait donner une idée suffi.sante, précisément parce que dans le dessin tout est immobile. Chose assez étrange, tandis que la France s'est approprié le style paysagiste en suivant pour ainsi dire à la lettre les plus beaux modèles de l'architecture anglaise, l'Angleterre de son côté a emprunté à la France le style régulier qui a fait la gloire des créations de Le Nôtre. Nos jardins modernes admettent parfaitement les deux genres, pourvu qu'ils soient nettement séparés et devant les châteaux construits en style renaissance, dans toutes les conditions de luxe de notre époque, le bon goût peut parfaitement admettre un dessin géométrique régulier, motivé par les alentours et rappelant ces jardins français dont la vogue fut si grande au commencement du XVIIP"' siècle et dont le dessin ci-contre, reproduit d'après le Gardeners' Chronicle, donne une image. Autant il est permis de critiquer les arbustes et les arbres taillés sous toutes les fi:irmes, l'abus des colonnes et des statues, les ridicules fantaisies modifiant les plantes en dindons et les arbres en coqs, autant on peut approuver les efforts du bon goût, abandonnant les enchevêtrements inutiles et mettant en œuvre les mouvements et les jeux de la nature, unissant en un mot la puissance de l'art à celle de la nature elle-même. ÉM. R. — 146 — VOYAGES D'EXPLORATION. La Conipagiiie Continentale d'Horticulture a repris, sous rinspiratioii de son administrateur délégué M. J. Linden, le cours des voyages d'ex- ploration, interrompu dp])uis (quelque teniiis. Au commencement de cette année une expédition a été dirigée sur la !*\ouvelle Guinée et les îles avoisinantes. Deux envois considérables de ces contrées inexplorées sont déjà parvenus au siège de la Compagnie; ils comprennent des Orchi- dées très remarquables, appartenant aux genres Aerides, Coelogyne, Dendrobium, Grammatophyllum, Phalaenopsis, Saccolabium, Vanda ainsi que plusieurs espèces nouvelles d'Anaectochilus; des Palmiers, Pandanus, Aroïdées, Fougères herbacées et arborescentes, etc., etc. Une seconde expédition a été dirigée dans certaines contrées peu connues de l'Amérique du Sud, riches en Cattloya, en Odontoglossum et autres Orchidées de mérite. D'autres collecteurs explorent le Pérou et le Brésil occidental. Ces voyages d'exploration, exécutés d'après les instructions les plus précises et les plus complètes, ne sont pas toujours sans mécomptes. Combien de déceptions M. J. Linden n'a-t-il pas eu à enregistrer? Tel collecteur après avoir constaté la présence, dans les localités dési- gnées, des plantes qu'il était chargé de recueillir, passa outre sur un parcours de plusieurs centaines de lieues, se réservant de les récolter au l'etour; arrivé à l'extrême limite de son itinéraire, il se mit à l'anivre et réunit un certain nombre de caisses de plantes. Jugeant ces collections très importantes, il résolut de les accompagner en Europe. Il repassa sans s'y arrêter, par les localités qui faisaient l'objectif de sa mission, et arrivé dans le port d'embarquement, il prit un billet aller et retour et il rapporta à Gand un certain nombre de caisses, dont le contenu, transformé en pourriture, était recouvert de longs poils de moisissure, ])rouvant jusqu'à révidence que ces caisses n'avaient pas été ouvertes pendant la traversée. Avec un collecteur de cet acabit, le billet de retour ne pouvait plus servir. Un autre, muni des instructions les plus précises, trouva liQU de changer, de son autorité privée, l'itinéraire qui lui avait était tracé, et alla visiter des contrées vues et revues par M. Linden et plusieurs de ses collecteurs, et où, conséquemment, il n'y avait rien à récolter pour lui. Ce ne fut que vers la fin de son voyage qu'il visita un coin des contrées faisant l'objet de sa mission. Il passa à côté des bonnes plantes sans les collecter; et quelque temps après son retour, il organisa une souscription pour envoyer dans les mêmes localités un collecteur chargé de les rapporter en Europe. Un troisième, muni des instructions de M. J. Linden pour explorer certaine contrée, se vendit à une maison concurrente, qui lui accorda, sur le vu do ses instructions, de plus grands honoraires. — 147 — Un quatrième préleva, dès son arrivée clans le pays qu'il devait explo- rer, le crédit qui devait servir à cette exploration et déserta avec armes et bagages. . Un cinquième, après avoir dépensé quelques milliers de francs à son patron, écrivit que le pays lui plaisait et qu'il s'y était établi. D'autres citations analogues pourraient être laites, mais celles-ci suffi- sent pour prouver que tout n'est pas couleur de rose dans l'introduction des plantes. A. V.\n Moor. L'HABITAT DES ORCHIDÉES A l'occasion de VOrc/iid Conférence de Londres, M. Lewis Castle, naguère attaché aux jardins royaux de Kew, a écrit sur les Orchidées une intéressante brochure dans laquelle il passe en revue la vie des Orchi- dées, la structure des fleurs, la fécondation, la théorie de la classification, leur histoire, leur valeur, leur hybridation et leur dispersion, en un mot tout ce qui touche à cette famille si belle et si nombreuse du règne végétal. Cette brochure n'a qu'une ciiujuantaine de pages et ne peut donc être qu'un rapide résumé, mais ce résumé est fort complet, si nous en excep- tons le chapitre consacré à l'histoire de ces plantes. Ici l'on voit que l'auteur s'est placé à un point de vue purement anglais et qu'il pense que sur le continent on n'a fait que peu de chose pour enrichir les serres de nouvelles introductions. Il faut supposer que M. Castle est étranger aux langues du continent, sinon, il aurait su que par exemple M. J. Linden, dont il veut bien en passant citer le nom, a introduit ou propagé à lui seul plus de neuf cents espèces et variétés. Nous ne sommes pas de ceux qui estiment peu tout ' ce qui n'est pas fait par leurs compatriotes et nous le prouvons immédiatement en donnant la parole à M. L. Castle, pour traduire un excellent chapitre de son opuscule, celui ayant trait à la dispersion des Orchidées. En. R. * * La richesse et la variété sont les principaux caractères de la végétation de toutes les contrées tropicales, sauf celles qui se distinguent par leur aridité ; partout où la chaleur et l'humidité sont réunies, nous trouvons les Orchidées se développant d'une façon splendide, surtout les épiphytes qui revêtent les troncs des arbres d'un feuillage verdoyant et de leurs inflorescences aux brillantes couleurs, remplissant l'air de leurs eflluves aux senteurs variées, et se mouvant au souflle de la brise comme des milliards d'insectes merveilleusement aîlés ou excitant l'attention par — 148 — leui' majesté ou leur aristocratique beauté. Dans ce grand Arcliipel, dont Java, Bornéo et Sumatra sont les îles principales, les conditions néces- saires à la vie (les plantes des tropiques semblent le mieux réunies; c'est là, en effet, que des plantes de genres innonilirables croissent avec rapidité et vigueur, formant une végétation tellement dense que ceux qui n'ont point quitté les régions tempérées comme la nôtre, peuvent à peine s'en former une idée imparfaite. « Java surtout e.ît admirabl(Mnent dotée sous ce rapport. Bien peu d'endroits, dit le Dr Seem.'vX, possèdent une végéta- tion plus luxuriante et plus variée quo l'ile de Java. Elle est littéralement bondée de trésors botaniques. Les Fougères et les Orchidées, les Palmiers et les Chênes, les Bananiers et les Muscadiers, les Vignes et les Convul- vulus, et une infinité d'autres plantes dont le nom n'est pas même sorti du Cercle étroit des botanistes, couvrent sa surface. » Mais, comme dans la plupart des autres régions des tropiques où il existe des hauteurs considérables, il y a également de grandes différences de température; ainsi, comme l'observe le même voyageur eu parlant de Java « en s'élevant de la région des côtes jusqu'à une hauteur de 4 à GOOO pies mince qui n'endommage ni l'écorce ni les greffons. * * Le Royaume de Grèce vient à son tour de fermer ses frontières aux produits végétaux provenant de contrées infestées par le Pliylloxera. La Hollande, la Belgique, le Danemark et les pays Scandinaves demeurent seuls privilégiés et pourront importer, comme par le passé, des végétaux déterminés. Tandis que l'Espagne ouvre ses frontières; la Grèce forme les siennes: le rapprochement est étrange. * * Le Baron de Vrière est mort à Laeken le 17 juillet 1885. Attaché dei)uis 18,'îl) aux destinées de la Belgique, le baron de VuiicRE fut fidèle à sa devise « Régi et Patriae » et rendit, durant sa longue carrière, des services signalés au Roi et à la Patrie. Commissaire d'arrondissement à Bruges, pour son début, puis successivement secrétaire de légation, chargé d'affaires à Copenhague, ministre résident à Lisbonne, gouverneur des provinces de Namur, de Hainaut, de la Flandre occidentale, ministre des affaires étrangères et membre de la Chambre des Représentants, il sut remplir ces fonctions si diverses avec la même distinction et se concilier partout l'estime de tous ceux qui l'ont connu. En récompense de ses nombreux services, il fut nommé ministre d'Etat, élevé au grade d'Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire et promu en 1868 au rang de grand officier de l'Ordre de Léopold. Le baron de Vrière se montra, dans toutes les circonstances, pro- tecteur éclairé de l'agriculture et de l'horticulture; aussi fut-il désigné naturellement pour présider le conseil d'administration de la Compagnie Continentale d'Horticulture, lors de la création de celle-ci. L'existence du baron de Vrière a été celle d'un homme de bien, dévoué de cœur et d'àrae à sa famille et à son pays. •V- * ' * M. Victor Meurein, président de la Société régionale d'Horti- culture du Nord de la France depuis la fondation de cette Société, est mort à Lille, le 9 août 1885. Il était né en 1818. Adjoint au maire de Lille, professeur de chimie à l'Institut agronomique du Nord, inspecteur des pharmacies, président de la Société de médecine, pré- sident du Conseil d'administration du Jardin botanique, il eut l'occasion de déployer une rare activité et un dévouement sans bornes au bien- être de ses concitoyens. En récompense de ses services il fut nommé chevalier de l'Ordre de la Légion d'honneur et de l'Ordre de Léopold et Officier de l'Instruction publique. Lucien Linden et Emile Rodigas. \t^ /^^ m ^^y-^, ^^^ DIANTHUS CARYOPHYLLUS linn. VAR. NOV. — 155 — PL. DLXXII DIANTHUS CARYOPHYLLUS linn. OEILLET DES FLEURISTES VARIÉTÉS NOUVELLES Peu de plantes se sont aussi profondément modifiées par la culture que l'Oeillet type, à odeur de girofle et à fleur solitaire et simple, d'un beau rouge, que l'on rencontre encore à l'état sauvage sur de vieilles murailles dans les contrées méridionales de l'Europe. Il en existe aujourd'hui des races bien distinctes et dans chacune d'elles des variétés aussi nombreuses que belles, naguère répandues autant que les tulipes ou les renoncules. Démodés un certain temps, les Oeillets reprennent actuellement la vogue comme ils le méritent bien en raison de toutes les qualités qui les distin- guent : variété du coloris, duplicature et parfum des fleurs, rusticité des plantes et facilité de culture. Les fleurs reproduites sur la planche ci-contre par notre artiste peintre ont été cueillies dans le riant parterre qui ornait, la saison dernière, le jardin de M. le baron Pycke de ten Aerde, à St-Georges. Ce sont toutes variétés répondant aux conditions exigées pour les fleurs d'élite : déli- catesse des couleurs et perfection des formes; elles ont été obtenues de semis par M. Edmond Morren, de Jette St. Pierre. L'examen de la planche dira qu'il serait difficile de trouver mieux que ces variétés : n° 1 Monsieur Rodolj^he Coumont, fond ardoisé foncé à stries et bande- lettes rouges; n" 2 Président Jules Malou, fleur blanche striée de rouge surtout vers les bords du limbe des pétales ; n° 3 Directeur Emile Rodigas, fond ardoisé pâle panaché de rouge et de pourpre; n° 4 Madame J. Linden, fleur blanc pur teinté d'une nuance chair ; n" 5 Madame D. vanden Hove, au fond jaune canari à stries rouges. Pour les vrais amateurs d'Oeillets, ces plantes ne peuvent être présen- tées en mélange; ils veulent les voir groupées suivant les races auxquelles elles appartiennent. Pour eux, l'Oeillet des fleuristes proprement dit ou grenadin se carac- térise par sa fleur unicolore rouge ou rose, le plus souvent simple; cette fleur est employée pour les ratafias. \,' Oeillet flamand, le seul qui filt admis jadis dans les collections des amateurs, d'où son nom d'oeillet d'amateur, se distingue par ses pétales à limbe large, à bord nettement arrondi et sans aucune dentelure, à fond blanc pur orné de larges rubans de couleurs nettes. Les fleurs doivent être pleines, parfaitement bombées et les pétales disposés en pompon. — ir,f, — L'Ueillel llainaud est dit bicolore, lorsque le fiinl lil me est lamé d'uue seule couleur. L'Oeillet flamaii'l est dit bizarre, lorsque les lames do deux couleurs associées se jouent sur le fond lilanc imr. Les amateurs désignent sous le nom d'oeillets de fantaisie ceux qui ne rentrent pas dans les catégories précédentes, par suite de la variété de leurs couleurs et de la combinaison de celles-ci. Cette classe se subdivise à à son tour en oeillets anglais, saxons, avranchins et allemands, ayant tous des cariictères plus ou moins nettement définis. Les oeillets allemands sont des oeillets de fantaisie à fond ardoisé, à pétales entiers ou dentelés, unicolores ou striés, panachés de tons rouges plus ou moins lavés. Les fleurs sont très pleines. Les oeillets anglais ou picotés sont à fond généralement blanc ou quel- quefois Liane pur; plus souvent ce fond est traversé, ligné, flanuné, picoté, strié, liséré, bordé de toutes les nuiinces variant du rose le plus tendre à l'amarante le plus foncé. Parf)is les combinaisons des couleurs sont admirables. Les oeillets saxons sont à fund jaune canari avec les pétales bordés, poudrés, pointillés ou striés d'une ou plusieurs couleurs. Enfin les oeillets avranclnns sont à fond jaune lavé ou flammé rose, rouge ou chamois avec d'autres couleurs disposées en bandes ou flammes déteignant sur ce fond. Cette classification qui est celle admise par les amateurs, ne manque pas de complication et l'on trouve fré(juemment, comme c'était le cas à la grande Exposition florale du 1 août à Anvers, tous les groupes confon- dus. Le lecteur saura sans peine, s'il veut lire attentivement les lignes qui précèdent, assigner leur place aux variétés représentées sur notre planche, ou même à celles qu'ils pourraient r-encontrer dans leurs semis ou dans les collections qu'ils seraient dans le cas d'acquérir. Pour notre part, nous sommes pai'tisan autant que personne de la perfection de la forme des fleurs de l'Oeillet, nous a Imettons d'ailleurs que toute fleur de n'im- porte quelle espèce de plante doit répondre aux conditions de l'esthéti- que sans lesquelles ell;! no saui'ait plaire au goût; mais nous ne com- j)renons pas cet exclusivisme exagéré qui fait rejeter sans merci les fleurs quelconques d'oeillets, du moment qu'elles ne sont pas à fond blanc. Rejetez les variétés défectueuses, celles dont les fleurs sont irrégulières, s'épanouissent mal ou dont le calice se déchire toujours, mais convenez avec nous que dans les sections diverses que nous avons énumérées ci-des- sus, il existe des variétés d'élite auxquelles le plus difficile peut sans crainte ouvrir une place dans son parterre. È^i. Rodig.\s. z z < H 2 Q O o o 2 >— t Q ce < O < 2 ^ =3 157 PL. DLXXIII ANACARDIUM OCCIDENTALE linn. POMME D'ACAJOU OU DE KASJOE Anacardiacées ÉTYMOLOGIE : du grec mi, vers (semblable à), et y.'j.rA'v/., cœur, pur allusion à la l'orme de la graine. CARACTÈRES GÉNÉIilQUES : Anacanlium Hotte. Flores polygamo-dioici. Caly.x quinquepartitus. Petala quinquelinearia acuminata. Stamina decem, uno aut nonnullis longioriljus, antheris quorumdam nuUis aut effaetis. Stylus et stigma uni. Nux reni- Ibrmis lateraliter umbilicata, insidens pedunculo ampliato pyriibrmi oarnoso. Somon nuci conforme. Embryo erectus, cotyledonibus crassis semilunatis, radicula exserta. Arbores ibliis integris penninerviis, paniculis terminalibus. Anirardium Rottb. Coll. Hofn. ii, p. 252. — Aciijuba, Gaebtn. Frnd. i, tab. 40. — Acnjoii TouRK. Inst. p. 435. — CassuDtiim Lam. Bict. i. p. 22, tab. 322. — Ana- cardium et Rhinocarpus Kunth Gen. Tereb. pp. 2-3. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Anacirdium orciden'nle Linn., foliis ovalibus obtusissimis subemarginatis basi vix subattenuatis, latitudine paulo longioribus. A. occidentale var. americanum, pedunculo incrassato nucc dccies ciroiter majore, filamento longioro anthera orbato apice subdilatafo ('). In insulis Caribaeis, Mexico, America australi. DC. Prodr. Sijst. Nat. ii, C2. Voici encore un produit des tropiques, l'Anacardier, improprement appelé Pommier d'Acajou, arbre spontané dans les forêts de l'Amérique intertropicale, au Brésil, à la Guyane, dans l'Isthme de Panama et aux Antilles l^). L'auteur du remarquable ouvrage sur l'Origine des plantes cultivées, M. A. de Gandolle, conteste l'indigénat de cette espèce dans l'Asie méridionale et plus encore eu Afrique. De la contrée voisine du fleuve des Amazones, peut-être même de l'Ecuador ou de la Nouvelle-Grenade, elle s'est répandue dans la plupart des régions chaudes du globe. Rheed la dit commune au Malabar ('); Loureiro l'a vue cultivée sur la côte orientale de l'Afrique; l'Herbier de Kew a reçu des écliantillons du Congo, et elle est cultivée également aux ilos du guli'e de Ciuinée. Cette grande extension donne la mesure de l'utilité de cet arbre, aux branches étalées, au feuillage toujours vert, aux feuilles brièvement pétiolées, ovales, obtuses. (1) La constance de la variété à renflement plus petit désignée par Linné sous le nom de A . indicum est contestée par A. de Candolle. (2) A. DE Candolle, Origine des Plantes cultiiH'es, p, 158. (3) Loureiro, Flora cochinch., p. 304. — 158 — glabres et luisantes. Les fleurs petites, jaunâtres, sont insignifiantes. Le tronc s'élève à cinq et même sept mètres, son bois est blanc et employé aux ouvrages de menuiserie. Les Indiens préparent avec l'écorce des gargarismes contre les aphtes; ils en retirent par incision une gomme servant à lustrer les meubles ('). La partie mangeable dont notre planche et le dessin ci-dessous donnent la figure, n'est pas un fruit clans le sens botanique du mot, mais un pédicelle charnu très renflé, ayant plutôt l'aspect d'une poire que d'une pomme. Ce réceptacle charnu (A) ne se développe que lorsque le fruit véritable (B), c'est- Renflement charnu et graino de l'Anacardium occidentale. (1) Chaumeton, Flore médicale, i, pi. xxi, p. C2. — 159 à-dire la imix rénifornie, iloat nous ilonnons la figure ci-dessous, a acquis toute sa grosseur. La chair est pulpeuse, très rafraîchissante, d'un goiit légèrement acidulé, fort agréable. On en fait un vin potable et une bonne eau de vie. A la grande exposition de fruits organisée en 1875 au Casino de Gand par le Cercle d'arboriculture de Belgique, on a eu l'occasion d'apprécier l'excellence de la gelée faite avec cette pulpe. Cette gelée est délicieuse. Le renflement charnu (C) atteint dix fois le volume de la noix; il est enveloppé d'une peau mince, jaunâtre strié de rouge foncé, comme certaines de nos pommes. La chair elle-même est blanc jaunâtre à la maturité et parsemée de quelques granulations surtout du côté du sommet. La coque de la noix (D) est dure, grisâtre; l'amande intérieure est blanche, douce et mangeable comme nos châtaignes. Le tissu du mésocarpe est traversé par de nombreuses vacuités contenant un suc huileux, brun noirâtre, caustique, d'une grande âcreté, noircissant le linge d'une manière ineffaçable; il est employé en médecine contre certaines affections dar- treuses. Cette huile est inflammaljle. Le nom français d'acajou n'est qu'une corruption du nom américain Cadju, dont les Anglais ont fait C'ashew et les Néerlandais Kasjoe. On a voulu voir dans les noix de la ressemblance avec une figure de singe ; de là le nom de noix de singe. Cette ressemblance est accen- tuée lorsque la noix est perforée comme on peut le voir ci-dessus. Noix de Kasjoe. L'Anacardier d'occident est de serre chaude. Em. R. NÉCROLOGIE M. Emmanuel Louis Joseph del Marmol, président de la Société ro3-ale d'Horticulture de la province de Namur, membre de la Commission d'Agriculture de la même province, président de la Section agricole de Dinant, est décédé au château de Montaigle le 18 septembre dernier, à l'âge de 75 ans. Tous ceux qui s'occupent d'horticulture en Belgique, ont connu et apprécié l'aimable et simple gentilhomme dont la vie entière fut consacrée à servir la cause de l'horticulture et de l'agriculture. Il fut, on peut le dire, de tous les jurys et de ti:>utes les expositions. L'étendue de sa bienveillance n'était égalée que par celle de sa modestie : il ne songeait qu'à obliger les autres en mettant un soin extrême à oublier toujours ses IGO — intérêts personnels. M. E. del Marmol comptait de nombreux amis, qui garderont au fond du cœur le sou' di)nt la vie s'écoula à faire le bien. garderont au fond du cœur le souvenir de l'homme affable et bienveillant * * M. Edmond Boissier, l'éminent botaniste genevois, est mort à l'âge de 75 ans, à Valoyres en Suisse, le 25 septembre dernier. Il naquit à Genève en 1810. Connu des amateurs par la découverte du bel Abies Pinsapo^ il l'est davantage dans le monde scientifique par la publication de son Voyage botanique dans le midi de VEspagne et plus encore par sa Flora orientaUs['), (jui est un;^ œuvre de premier ordre. C'est lui aussi qui écrivit l'étude du genre Euphorbia dans le Prodrome de de Candolle. Benedict Roezl. — Au moment de mettre sous presse, nous apprenons avec regret la mort du célèbre botaniste voyageur Benedict Roezl, survenue à Smichov (Hongrie), le 14 octobre. Il a succombé, à l'âge de Gl ans, à la maladie qu'il contracta durant ses voyages dans les contrées chaudes de l'Amérique. Tous ceux k qui l'horticulture est chère, tous ceux qui s'occupent de botanique, connaissent les nombreuses et belles introductions faites par Roezl à la suite de recherches longues et pénibles, accomplies bien souvent au péril de sa vie. Son nom est inscrit à chaque page des publications horticoles et botaniques. Hier encore notre savant confrère M. Ed. Morren lui dédiait une nouvelle espèce de Puya recueillie par Roezl, dans les Andes du Pérou en 1873. En attendant que V Illustration Horticole publie une notice biographique, nous tenons à rendre hommage à la mémoire de riufatigable ex}dorateur dont les découvertes ont enrichi le domaine de Flore et que nos sincères regrets suivent au delà de hi tnnibe. RÉD. (') Cinq volumes gr. in-8°. .*- f^ C.>A>:^'^'^' [hrom. P. Dr Pannemaeker. PONT RUST FE A ESQUENOY. IGl — PL. DLXXIV PONT RUSTIQUE Le coin de paysage dont nous mettons sous les yeux des lecteurs de rillustration Horticole le dessin dû au talent de M. Lusseau, peut leur faire comprendre l'excellent parti que sait tirer un architecte habile des circonstances spéciales offertes par la nature. Qu'il veuille bien se transporter un moment avec nous au riche département de l'Oise, à Esquenoy, dans la propriété de M'"" V" Sellier; il verra que tout répond aux conditions exigées par les lois de l'esthétique dans la composition des jardins. Dans cette charmante contrée, traversée par deux chaînes de collines auxquelles s'adossent les belles forêts de Compiègne, de (.'hantillj et d'Erinenouville, et arrosée par l'Aisne, l'Autonne, la Brèche et d'autres rivières poissonneuses, il convient de rechercher dans l'élégance et la simplicité et non des ornements dénotant de loin l'intervention de l'art, ces effets d'harmonie qui donnent tant d'attraits à la campagne. Ces eaux qui coulent limpides entre les bords verdoyants, à travers des pelouses richement peuplées de quelques beaux groupes d'arbres bien choisis, donnent déjà une douce animation à tout ce qui les entoure et sont elles-mêmes embellies par le pont gracieux dont les courbes se reflètent dans leur cristal et qui relie les deux rives au point désiré. Car là encore le talent de l'architecte a besoin d'agir. Il ne suffit pas, en effet, que le pont soit à la fois simple et solide ; il ne suffit pas même que dans un ter- rain plat ou peu accidenté, il soit gracieusement courbé, comme celui dont notre planche donne le modèle, mais son emplacement doit être motivé par les chemins dont il unit les aboutissants et que ceux-ci confondent leurs axes dans l'axe même du pont. Rien n'est plus laid qu'un pont dont l'ouverture ne correspond pas avec le chemin qui y conduit nu un pont dont le cintrage est exagéré. 11 faut aussi que le pont domine les terrains avoisinants, sinon il nuit à la perspective ; l'œil du promeneur ne doit pas être arrêté par la vue de la construction et cherche à voir l'eau assez loin au-delà. Le pont qui nous occupe est appuyé par ses têtes sur des Idocs de pierres calcaires, comme celles qui abondent dans l'Oise; ces appuis achèvent de rendre le tout plus nnturel . Disons enfin qu'il en est de ces constructions rustiques, comme des œuvres d'art; il ne faut pas en abuser : le nombre doit en être fort restreint et être toujours en rapport avec l'étendue de la priipriété. ÉM. R. — 1G2 — LE JARDIN FRUITIER ET LE POTAGER FRAISES NOUVELLES Forme, volume, coloris, saveur et parfum, tout a été modifié clans l'excellent fruit du Fraisier, depuis ce dernier quart de siècle, alors que partout on s'est efforcé d'en poursuivre l'amélioration. Les Brad- LEY, Laxton, Wvatt, I)'' lloDEN, en Angleterre; De Jonghe, en P>p1- gique; Boisselot, Leheuf, Mumé, Nicaise, on l'rance; Busse et Gloede, en Allem;igne, ont olitenu des produits d'élite et conquis des droits à la reconnaissance publique. Dans ce dernier pays, aucun semeur pourtant n'a dépassé les heureuses acquisitions dues à M. G. Goeschke dont les cultures spéciales de fraisiers sont établies à Cothen (Anhalt). Les lecteurs de V Illustration Horticole nous sauront gré de leur l'aire connaître quelques variétés gagnées de semis par M. G. Goeschke ; nous accompagnons les figui'es d'une court» descriiition. 1. Konig Albert von Saohssn. 1. Konig Albert ton Saclisen (G. Goeschke). — Fruit énorme, de forme régulière, ovale ai'rondi, à sépales appliqués. Couleur rouge cerise orangé brillant; grains Ijruns saillants. Chair rose passant au rouge en pleine maturité, d'un goût aromatique exquis. Plante cà végétation vigoureuse et d'une fertilité inouïe. Movenne saison. — 163 — 2. Hofgarten-Direktor JUhlke. 2. Eofgarten-Direklor JïMke (G. Goeschke). — Nouveauté dont l'obtenteur fait le plus grand éloge. Beau et grand fruit, de forme conique, souvent terminé en pointe. Couleur rouge cinabre orangé, plus vif vers le sommet. Grains brun jaunâtre, saillants, également répartis. Chair rose, plus foncée sur les bords, fondante l.)eurrée, d'un goût délicieux, rap- pelant celui de la banane. Grands sépales un peu relevés. Saison moyenne et tardive. Végétation vigoureuse. Grand feuillage. Variété très fertile, de tout premier ordre. 3. Bavaria. 3. Bavaria (G. Goeschke). — Fruits grands, larges, généralement — 164 — aplatis, réunis ou grand nomljre sur des pù.loncules solides. Couleur rouge foncé brillant. Grains brun rouge enfoncés. Chair rouge pâle, à centre plus foncé, assez dense, à saveur d'ananas, musquée et parfumée. Feuilles vert clair, folioles elliptiques élargies, à grandes dents obtuses. Saison assez tardive. 4. Teutonia (G. Goeschke). — Très grand et très beau fruit, rond ou allongé. Couleur rouge, passant au rouge foncé à la parfaite matu- rité. Cliair rose, très juteuse, d'un goût ex(iuis. Croissance trapue, extrêmement fertile et l'une des variétés les plus hâtives. Très re- commandalile pour la grande cul- ture et pour le forçage. 5. Zxilu-Kônig (G. Goeschke). — Gain de 1880. Fruit très grand allonpé obtus, souvent en forme de (•rète, d'un coloris rouge brun foncé particulier. Sépales (divisions du calice) réfléchis. Grains enfoncés, bruns. Cliair rouge pourpre vers le pourtour, rouge sang foncé vers le centre, fon- dante, très dou- ce, d'un goût exquis. Saison inoyeinie. Crois- sance vigoureu- se, trapue, très fertile. Excellent fruit de talile à cause de sa cou- leur foncée pres- que noire lors de la maturité. De première ([ualité. Îulu-Kënig. I'm. Rodigas. (Sera conlhmê.) 4""- SÉRIE TOME XXXII. Année LSSf) 5me Volume , .. 11" Livraison Principales distinctions obtenues par L'ILLUSTRATION HORTICOLK MÉDAILLE DE MÉRITE A L'EXPOSITION VKIVERSELI.E DE VIEK>E EK 187S DIPLOME d'honneur A L'eXPOSITION INTERyATIONALE d'aMSTERDAM EN 1877 MÉDAILLE d'or A l'EXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS EN 1878 DIPLOME d'HONNEVR A l'eXPOSITION DE MADRID EN 1883 T » Ijiljlj STRATIOI HORÎIC 1 ■ uL REVUE MENSUELLE DES SERRES ET DES JARDINS OMPRENANT LA FIGURE, LA DESCRIPTION L'HISTOIRE, LA CULTURE EN SERRES, EN PLEINE TERRE ET EN APPARTEMENTS DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES LES INTRODUCTIONS NOUVEbLgS L'INDUSTRIE HORTICOLE LES EXPLORATIONS BOTANIOOES, l'ARCIllTECTDRE DES JARDINS, L'AKBÛRICDLÎORE LA CULTURE MARAÎCHÈRE LE COMPTE RENDU DES GRANDES EXPOSITIONS, ETC. PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE J. LINDEN- ADMINISTRATEUR REDACTEUR LUCIEN LINDEN ! EMILE RODIGAS Collaboration de Botanistes et Horticulteurs éminents TABLE DES MATIÈRES Chronique horticole 1155 Bibliogi'aphio 172 Nécrologie 174 Le jardin fruitier et le potager . . 177 l'I. texte et PLANCHES 575. Bégonia tubéreux. . 171 173 Ù7V'. AiithuriumArchidueJoseph. 175 578. Pinus Coiilteri 170 PI. 57(5. Phalaeuopsis violacea PI. " PI. figures Fraise Alexander von HumLoldt n Comet II Superintendent Oberdieck, 11 Garteninspeotor Hooft . II Borussia 11 Otto Laemnierhirt . . Il Saxonia 177 178 178 178 179 179 ISO A PARU LE 20 NOVEMBRE 1885. Administration, au siège social de la Compagnie Continentale d'Horticulture (Société anonyme), 52, rue du Chaume, à Gand. CONDITIONS D'ABOiNNEMENT L'Jllnsiratiou Ilorticole pai-aît le 15 de cha(iue mois et forme, au bout de l'année, un gros volume in-8° de 200 jiativs de texte illustré de nombreuses gravures, et accr.mpapnc de 36 PLANCHES richement coloriées ou gravures supérieurement exécutées. Les sujets traités sont distribués dans l'urdre suivant : I. Chroniciue horticole. — IL Planches coloriées et descriptions de plantes nouvelles. — III. Culture des plantes en appartements. — IV. Jardin potager et jardin fruitier. — V. Horticulture d'ornement, etc. — VI. Architecture des jardins, constructions et industries iiorticoles. — VIL Miscellanées. — VIII. Correspondance. — IX. Explorations scientifiques. Prix de l'abonnement, payable d'avance, Par volume de 12 livraisons (de janvier cà décembre) envoyées chacune /raaco l)ar la poste. Tour toute l'Union postale 30 francs. l'ays d'outro-mcT 35 „ Payable en uu niariJat sur la poste de Caiid (Belgique) au nom de l'Administrateur. On s'abonne à l'administration de \ Illustration Horticole, 52, rue du Chaume, à Gand, ainsi que chez les principaux libraires de Belgique et de l'étranger. — Envoi franco d'un N° spécimen sur demande aflranchie accompagnée de 3 francs en timbres-poste. PLANTES NOUVELLES Mises au commerce par la Compagnie Continentale d'Horticulture AU PRINTEMPS DE 1885. Aechmea Lalindei. — Broméliacée très-recommandaMc ayai.t les feuilles d'un beau vert et de nombreuses fleurs disposées eu épi serré et en spirale. Prix fr. 15. Alocasia Reginae. — Les feuilles vert foncé, luisantes à la face supérieure, pourpre en dessous avec les nervures de la page inlérieure vertes et pubescentes, ont la consistenoe du cuir. La plus remaniuable nouveauté de l'année. Fr. 30 et 50. Cattleya nobilior var. maxima. — Variété tout-à-fait supérieure tant parla force des bulbes que par la orandeur des fleurs et l'intentité du coloris de celles-ci. Fr. 25. Chan\aecladon metallieum. — Aroïdéeau feuillage bi-onzé, éclafanl, lirunâtre et cuivré, aux reflets luisants. Nouveauté hors ligne très appréciée et très recherchée. Fr. 30. Cyrtosperma Matveisffianum. — Aroidée épineuse très étrang-e, rjui rappelle, à première vue, certains Li\ istona, t. llenieut ses tiges sont recouvertes d'éjiines. Fr. 15. Gymnogramma scliizophyllum var. gloriosum. — Cette délicieuse Fougère est une variété très vigoureuse du (I. sc-liizojiliylluni dont elle diffère par la largeur de ses feuilles et la beauté supérieure de son port. Fr. 15. Kaempferia ornata. — J(diL^ plante aux feuilles louguenieiit pétiolées, lancéolées aiguës, d'un coloris vert foncé brillant au-dessus, légèrement veloutées, et gracieusement marquées suivant la nervure mé^liane d'une large bande argentée disposée en panache; la surface in- férieure est d'une couleur pourpre vineux. Fr. 20. Pandanophyllum 'Wendlandi. — Plante très remarquable dont le port rappelle celui d'un Pandanus. l,e teint vert foncé d's feuilles à la partie supérieure, la couleur vert bronzé de la partie inférieure et le port ébgant de la plante donnent à l'ensemble un cachet orne- mental très-appréc:é. Fr. 50. G-*^ Les 8 plantes nouvelles de grand mérite, citées ci-dessus, prises ensemble : 175 francs. \ Û R 4 /j NEW YORK -165- ^OTANICAL CHRONIQUE HORTICOLE 15 Novembre 1885. Orehidées et Broméliacées. — Nous tenons à relever l'assertion au moins étrange émise à propos de l'exposition florale d'Anvers en août dernier, par le reporter d'une feuille allemande. D'après lui, le nomlire des amateurs d'Oreliidées ne ferait que décroître alors que celui (les amateurs de Broméliacées ne ferait que grandir. Nous cherchons vainement autour de nous les preuves de ce renseignement; certes, les L?roméliacées sont cultivées avec plaisir dans toutes nos serres, mais il n'en est pas moins vrai également que la vogue est aux Orchidées en Belgique autant et plus peut-être qu'ailleurs. Dans toutes nos villes, même les plus petites, il n'y a plus de fête de quelque importance où chaque bouquet, chaque corbeille, ne renferme des fleurs d'Orchidées. * * * Le bois de Buis. — L'exploitation de ce bois indispensable aux graveurs diminue sensiblement dans les forêts de cette essence végétale sur les bords de la Mer Moire. D'après les renseignements fournis par le Consul britannique à Constantiuople, les plantations une fois dérodées no srint plus renouvelées. Il existe encore quelques forêts étendues au Sud de la Russie. C'est de là que les graveurs devront tirer leur approvisionnement. Le Cattleya Lucieniana que M. Reichenbach vient de dédier à l'un de nous, M. Lucien Linden, est un nouvel hybride obtenu entre le Caithya Forbesi et le Cattleya guttata. C'e.st une charmante Orchidée qui par ses bulbes et ses feuilles rappelle le Cattleya Harrisoniana et dont on pourrait prendre la fleur de prime abord pour celle du Cattleya Isdbellae mais avec un coloris plus riche et bien plus foncé. M. REiCHENiîicii a décrit la plante dans le Oardeners' Chronicle du 10 octobre. Impatiens Sultani fol. var. — l'IUustrirte Garten-Zeititng, de Vienne, signale cette nouvelle variété de V Impatiens Sidtani laquelle joint aux brillantes qualités du type le mérite d'avoir les feuilles panachées de blanc d'argent. Cette panachure est constante. C'est une heureuse acquisition pour nos parterres d'été ainsi que pour la jardinière de salon. Toutefois, d'après notre expérience, le type lui-même perd immédiatement ses fleurs lorsqu'on le transporte de l'extérieur dans un appartement ou d'une serre dans un milieu plus sec. — IfiC) - Cyclamen à fleurs gaufrées. — l'ariui ih^s semis de ("yclaineu faits à Twickenliam par M. Clarkk, on a romarqué une particularité caractéristique- dans l'organisation des fleurs. Sur chacune des grandes divisions de la corolle et le long d'une nervation médiane, il s'est produit do nombreuses émergences qui font paraître la comlle comme gaufrée. Cette particularité n'est pas sans analugie avec la frisure du feuillage de quelques choux d'ornement. Il est probable que l'nbtenteur parviendra à fixer cette forme qui serait ainsi la souche d'une race fort curieuse. * Le parc de Tervueren. — .S. !\I. Li';orni,i) II fait exécuter en ce moment de grands travaux dans son domaine privé de Tervueren. Les terrains boisés qui s'étendent sur plusieurs centaines d'hectares entre ce qui reste de l'ancienne foret de Soigne et le village de Tervueren sont traversés par de larges et belles allées dont l'accès est permis aux promeneurs. Ce domaine où les sapinières et les taillis alternent avec des clairières, offre des sites fort pittoresques. Bientôt le bois de Tervueren sera une des plus belles promenades des environs de Bruxelles. Arbres fruitiers pleureurs. — - nouveau. Ils doivent être en ce moment à la recherche de la maison dont ils ignorent l'existence et des vingt voyageurs qu'elle occupe si bien. Le Topinambour. — Déci lémenl la fameusi; Solanée brésilienne, tmir à tour recommandé;^ comme plante alimentaire sous le nom de poire de terre et sous celui d'artichaut de Jérusalem, le Heliantîius tuberosus Linn., plus connue sous le nom de Topinambour, est sur le point de prendre une place dans notre agriculture. On ne chercherait — I(i9 — plus, comme cm l'a, fait vainement, à trouver dans les rhizomes tuber- euleux de cette plante aux tiges de plus de 3 mètres de hauteur, une succédanée à la pomme de terre; mais on a découvert qu'il y a moyen d'en retirer plus de 8 ■>/„ d'alcool et l'industrie aurait bien tort de ne pas s'en emparer pour en extraire ce produit. La betterave fut méconnue jusqu'au jour où l'industrie sucrière s'en est emparée et nous avons sous les yeux un petit livre datant de 180(3 plein de diatribes contre cette plante saccharifère. La distillerie du topinambour serait la source d'une véritable fortune pour les terrains sablonneux de la Campine. Les jardins publics de la ville de Vienne, au nombre de quinze, ainsi que les allées du Ring figurent au budjet communal de la capitale de l'Autriche pour la somme de 92,670 florins. Dans cette somme sont compris les frais de réparation des chemins, des grilles et des clôtures. 11 convient d'y ajouter encore une somme de 20,825 florins de subsides alloués aux faubourgs pour l'entretien des promenades. Ij'Ailanthe du Japon (Ailanilius glanduïosa) serait-il réellement vénéneux? D'après ce que raconte la Provence agricole^ un éleveur voyant ses canards mourir les uns après les autres, crut reconnaître, après de longues recherches, que le mal provenait de l'ingestion des feuilles d'Ailanthe. On fit hacher une certaine quantité de ces feuilles et donner cette salade aux canards. Quelques heures après ils tombaient pour ne plus se relever. Le suc résineux et acre des feuilles avait déterminé une violente inflammation dans tout l'appareil digestif. * TJn beau peuplier a été abattu à Wassenaer (Pays-Bas), dans la propriété de ISI. le Baron Van Herzeele, de La Haye, par les vents tempétueux du 16 octobre. Le colosse avait, à 1 mètre au dessus du sol, une circonférence de S^SS. Deux des branches mesurent chacune 3 mètres de pourtour; des racines arrachées du sol ont 0™60 de diamètre. La hauteur n'était pas aussi considérable : elle n'avait que 13™60. Le joui'nal néerlandais Sempervirens demande s'il existe ailleurs des peupliers ayant un tel développement. * Le Rhamnus Purshiana, ai'buste originaire de la côte pacifique de l'Amérique du Nord, famille des Thamnacées, a été introduit dans la thérapeutique américaine sous le nom espagnol vulgaire de Cascara sagrada qui signifie écorce sacrée. L'extrait fluide de cet arbuste a été employé avec succès depuis 1878 dans les cas de constipation habituelle, de troubles hépatiques et de certaines dyspepsies. — 170 — Le plus grand pied de Vigne. — On a parlé do la grande vigne de Monte-Cito; celle de Hampton Court n'est pas moins célèbre; en voici une qui existe à Oys (Purtugal). Elle est en plein rapport depuis 1802, en 18G4 elle a donné 745 litres de vin, 20 ans plus tard le rendement n'a été que de 360 litres. Cette vigne recouvre la surface considérable de 494 mètres carrés et elle mesure à la hase du iiicd une circonférence de près de 2 mètres. * Culture des plantes odorantes en Australie. — La culture des plantes odorantes pour les ])esoins des fabriques de parfumerie prend en Australie une extension considéral)le. Les récoltes dans les lieux de provenance en Europe, Cannes, rsice. Grasse, sont depuis longtemps insuffisantes. Une seule distillerie à Cannes consomme cinquante mille kilos de fleurs à'Acacia Farnesiana, 70,000 kilos de pétales de roses, 10,000 kilos fleurs de jasmin, 10,000 kilos tubéreuses, sans compter le reste. La plupart de ces plantes croissent en Australie méridionale avec une vigueur extraordinaire. L'iiuile d'olive de provenance australienne vient déjà faire concurrence à l'huile de Provence. Le réséda, la verveine, le jasmin, la rose, la lavande, l'acacia, l'héliotrope, le romarin, la menthe, la violette, la quarantaine, le laurier, l'oi'anger et une foule d'autres sont déjà cultivés sur une grande échelle. Les produits arrivent en Angleterre où l'impor- tation des parfumeries dépasse annuellement la somme de 40,000 livres. * * * L'Érable de Virginie (Acer dasycarpum) a été chaudement recom- mandé au dernier congrès agricole et forestier, réuni à Anvers, comme essence forestière. Aux Etats-Unis cette espèce est employée cumme arbre d'avenue ; elle est parfaitement appréciée en Hollande et elle fait partie des essences dont le Gouvernement allemand a ordonné l'essai. Les érables vont généralement bien dans tous les sols légers. Des essais de culture ont été faits et se continuent dans la Campine anversoise où on a pu constater déjà sa bonne venue, sa rusticité et la facilité à la trans- plantation. L'arbre doit être planté franc de pied. Aux États-Unis il en existe des forêts étendues et les cultivateurs américains disent le plus grand bien des qualités du bois de cet Érable. Lucien Linde.n & Emile Rodigas. ^ 'S w J J td > D O Z ■u •U 5 D a: •w m D o o w m — 171 — PL. DLXXV BEGONIA TUBÉREUX Variétés nouvelles a graxdts fleurs L'Ilhcslraiion Horticole a donné l'an dernier (1) la planche d'une Heur de Bégonia tubéreux considérable à la fois par sa grandeur, son coloris feu et sa forme gracieuse. Nous l'avons signalée comme un type donnant la mesure des perfectionnements réalisés parmi les Bégonia tubéreux depuis quelques années. Nous offrons aujourd'luii à nos lecteurs une série de variétés obtenues de semis par MM. Forgeot et C'° de Paris, en les engageant à mettre la planche actuelle en regard des fleurs qui furent figurées dans le XXIV™° volume de l'Illustration fforticole, p. 75. Ils verront que le chemin parcouru en dix années est réellement considérable : la comparaison est toute entière à l'avantage des variétés récentes. La dimension des fleurs que nous pouvions déjà considérer comme colossale dans la variété dédiée à M""' LiNDEN, est encore dépassée. En effet, la plus grande des fleurs parmi celles que nous avons sous les yeux, celle à couleur rouge teintée d'un reflet purpurin a près de 14 centimètres dans sa plus grande longueur et près de 11 dans l'autre. Le coloris de ces nouveautés est fort distingué. La fleur du centre de la planche est du blanc le plus pur, une autre est l'ouge très foncé contrastant avec la couleur rouge orangé de sa voisine; une autre enfin est du plus beau l'ose chair à lignes transparentes les unes plus pâles et les autres plus foncées. La forme des fleurs n'est pas celle que nous avons admirée dans la variété y]/"" Linden., mais nous n'avons pas la prétention d'imposer d'une façon absolue notre goût. Nous savons gré à nos semeurs MM. Blanc- QUAERT et Vermeiren d'avoir suivi nos conseils sous ce rapport. Comme nous l'avons dit l'an dernier, ils ont soin de rejeter toutes les fleurs difformes et donnent la préférence aux coloris les plus francs. Il nous semble qu'on est en droit d'exiger aujourd'hui plus de perfection dans le port et dans la forme aussi ronde que possible des fleurs. Si telle est notre appréciation en ce qui concerne les fleurs simples, elle l'est à plus forte raison pour les fleurs pleines dont il existe actuellement de nom- breuses variétés. Pour la culture, nous prions le lecteur de relire ce que nous en disons p. 156 du XXXI'"" volume Ao V Illustration. Ém. Rodigas. (1) XXXI"" vol. p. 155. — 172 — BIBLIOGRAPHIE Bulletin de l'Agriculture (1). — Nous avons sous les yeux les deux premiers fascicules du Bulletin de l'Agriculture publié en exécution de l'Arrêté royal du 16 juillet 1885, par les soins du Département de l'Agricultui'e. Cette publication est destinée principalement aux cultivateurs et a pour but de; répandre les principes rationels de récononiie rurale et de faire connaître tout ce qui se passe en Belgique comme à l'étranger sur le terrain agricole. Les deux premiers fascicules renferment des renseignements très utiles concernant li> transport des primeurs vers l'Angleterre, les laboratoires agricoles, l'institution de champs d'expériences, le boisement des terres incultes, les récoltes, le commerce d'exportation des légumes et dos fruits. Le deuxième fascicule contient un travail de M. le Directeur général A. Konnberg, concernant le repeuplement de nos rivières. Il a été déversé cette année par les soins du Département de l'Agriculture 395,000 alevins de salmonidés dans les aflluents de la Meuse. * * Arbres, arbustes et plantes ornementales cultivés sur le littoral méditerranéen (2). — M. Frédéric Forckel, jardinier en chef des jardins de Monte-Carlo, vient de publier sous le titre qui précède, un catalogue des plantes ornementales cultivées à l'air libre dans la région comprise entre Cannes et Menton. Ce catalogue com- prend des espèces nombreuses appartenant à plus de 500 genres. J/auteur, il le dit lui-même, veut simplement faire connaître les végétaux cultivés en plein air à Monte-Carlo et vulgariser leur emploi dans la création des jardins. Les espèces sont accompagnées de notes culturales et descriptives adaptées à la région méditerranéenne. Le mode de multiplication est indiqué également. M. Forckel donne aussi la liste des principales plantes employées dans les parterres de mosaïculture dont il indique en même temps de jolies compositions. L'ouvrage se termine par un glossaire des noms français, anglais, allemands et espagnols. Km. R. (1) Publié par le Ministère do l'Agricultun^ Tome I, 1885. (2) Un vol. in 8" de 172 p. ayec 2 planches. Nice, librairie S. C'AuviN-EMrEBECE, 18S5. Prix 3 fi-. ce u Q =o a: X o 00 K > o < o w co a. O ■z u < < Oh — 173 — PL. DLXXVI PHALAENOPSIS VIOLACEA var. SCHRODERI PHALÉNOPSIDE DU BARON SCHRODER Orchidées CAUACTÈRES GÉNÉRIQUES : Voir Illustration Horticole, Tome X, lab. 348. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Phalaenopsis, foliis latis pulcberrimis coriaceis deflexis !a(e oblougis 5-G poli, longis, circa 3 poil, latis; pseudo bulbo nulle; scapo OmBO longo, 2-6 flore. Floribus 0™05 latis, Oi"07 longis, speciosissimis; sépalis obovato oblougis acutis plauis, lateralibus deflexis, subfalcatis ; petalis sub conformibus ; labello trilobo laciiiiis lateralibus, bifidis; callaureo, columna supra labello projecta. l'hnlaenopsis violacea, Teysmann et IUnnendyk, Phintae novae in Iiorto bogoriensi, niltae, Rchb f. in Gardencrs' Ckronicle, nov. ser. T. X, p. 21. Orchid album 1885, tab. 185. Phalaenopiis violacea var. Sc/trôileri. Décrite pour la première fois par MM. Teysmann et L. Binnendyk, d'une manière assez incomplète, dans leur Plantae novae in horto bogoriensi cuUae, puis figurée dans la Flore des jardins du royauine des PaijsSas, d'une manière également imparfaite, cette gracieuse espèce de Phalaenopsis a été bien longtemps à se faire connaître. Notre savant collaborateur, M. H. G. Reichenbach, en a parlé dans le Oardeners' Ckronicle du 24 août 1878. Il en a été question encore dans le même journal eu 1881 et elle a été publiée correctement dans le Floral Magasine tab. 342, ainsi que dans YOrcJiid album, tom. IV. pi. 182. Le type est une jolie plante à beau feuillage vert brillant strié. Les feuilles sont larges, allongées, coriaces, défléchies avec des fleurs portées sur un pédoncule assez court. Le nombre de celles-ci varie de 2 à 6. Ces fleurs sont de grandeur moyenne et ont quelque chose d'étrange quant à la disposition du coloris qui est unique. La partie centrale, c'est à dire la base de toutes les divisions du périanthe, ainsi que le Libelle, sont d'un riche pourpre rosé. Les autres parties des sépales et des pétales sont d'une teinte verte. L'exemplaire figuré dans le Floral Magasine porte 7 fleurs; d'après 10 professeur Reichenbach, le racème est quelquefois ramifié et les fleurs se succèdent tout un temps. Un coup d'œil jeté sur la planche fera ressortir les qualités de la variété dédiée à M. le Baron Schrôder. Ces Phalaenopsis n'ont pas besoin d'une culture spéciale. Une corbeille garnie de sphagnum et de charbon de bois en mélange leur suffît et leur permet de produire leurs racines dans l'atmosphère humide de la serre. 11 ne leur faut pas de soleil ardent, mais une place bien éclairée leur est indispensable. Le type provient de Singapoor. Em. Rodigas. — 174 — NÉCROLOGIE M. Milne-Edwards, le vénérable savant qui a été attaché pendant de longues années au Jardin des Plantes de Paris, dont il fut une des plus grandes illustrations, s'est éteint dans sa SS"" année. Ses publications zoologiques l'avait fait connaître dans le monde entier et rendent sa mémoire impérissable. * * = M. C. J. M. Jongkindt Coninck. — L'agriculture néerlandaise et en particulier l'enseignement agricole viennent de faire une grande perte en la personne de M. C. J. M. Jongkindt Coninck, directeur de l'Institut agricole de ^\'ageningen (Pays-Bas). Il était né à Aarlanderveen en 1834. Il fut le lOO™" élève de l'École supérieure d'Économie politique de Gro- ningue, et le premier qui obtint à cette école le diplôme d'économiste. En 1857 il devint sous-directeur de l'Institut agronomique de Groningue et fut le premier directeur de l'Institut de Wageningen qui, sous son influ- ence, a rendu de nombreux services à l'agriculture en Hollande. Il est mort à la tâche le 15 août dernier, à 51 ans, universellement regretté par ses compatriotes. * M. Henri Philibert Paris, ancien bourgmestre de Pecq, ancien conseiller provincial du Ilainaut, membre du Conseil d'administration de la Société royale d'Horticulture de Tournai, chevalier de l'Ordre de Léopold, est mort cà Tournai le 26 septembre 1885, à l'âge de 93 ans. Peu d'hommes ont fait de leur fortune un usage plus noble, plus intelligent, plus généreux. Sa vie entière fut remplie d'actes de charité envers les malheureux et de largesses envers toutes les insti- tutions utiles de Tournai; il a couronné son existence en faisant à la ville des legs importants pour l'enseignement public. Il a légué égale- ment une somme de vingt mille francs dont les intérêts semnt dunnés annuellement en primes aux élèves sortant munis d'un dipl(">me de l'École d'arboriculture de Tournai. M. le D' Henry Greaves Bull est niurt à IIeref(n'd, le 31 oc- tobre. L'Angleterre perd en lui un de ses meilleurs pomologues. Il fut le principal rédacteur de la Nere/ordshire Pomona dont le dernier volume vient de voir le jour. L'année dernière, le Congrès pomologique de Rouen lui avait décerné la médaille d'or. Le D'' H. Bull est mort à l'âge de 68 ans. Km. Rodiga.s. 2 O X eu o 1-3 o Q I— ( o <: S D S H s: S 175 — PL. DLXXVII ■ ANTHURIUM ARCHIDUC JOSEPH n.e ANTHURIUM DE L'ARCHIDUC JOSEPH Aroidées ÉTYMOLOGIE ET CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : A^oir VlUmlfalion IlorlicoU ie6-2, vol. IX, pi. SI I. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Petiolus leres, elongalus. Lamina cordato-ovata, apice tubabrupte acuminata, basi profuude cordata, lol.is poslicis seraioblongis, obtu. sissimB rotundatis sinu subacuto profundi (tripollicari) subhypei'bolice sejunctis. Nervi basales 4, valde arcuati, diiobus posticis utriuque prope basin coujunclis et in sinu deuu- datis; nervi primarii costati utrinque 5-6, leviter curvati. Pedor.oulus teres elongatus, viridis. Spatlia late cordata, 4-5 poil, longa, 3 ','.,-! poil, lata, pnkhre kermesina, lucida. Spadi.\ teres, carncus, slylis exsertis albidis. Hybridiim inter A. Anâreannm et A. Lindeni. VAnthurium ArcMduc JosepJi est un très bel hybride très distinct rap- pelant à un certain point de vue l'Anthurium Ferrierense mais il en diffère par ses feuilles comparativement plus courtes et plus larges, c'est à dire que la largeur de la fleur est plus grande proportionnellement à la longueur que dans 1'^. Ferrierense. La spaths est d'une Ijelle couleur carmin brillant d'une autre nuance que le coloris de VA. Ferrierense, enfin le spadice est d'un beau coloris rose foncé contrastant admirablement avec la couleur brillante de la spathe. Cet hybride provient de la fécomlation de VA. Aiidreanum avec le pollen de VA. Lindeni; il a emprunté au premier son éclatante spathe et au second la largeur du feuillage et le coloris rose foncé du spadice. La spathe est unie et luisante et entièrement dépourvue de ces dépressions qui sont si caractéristiques dans VA. Andreanum. Cette dernière espèce, soit (lit en passant, semble être une très bonne plante pour opérer le croise- ment; en effet, à notre connaissance, il existe déjà trois hybrides qui en proviennent, mais tous sont plutôt des plantes d'un port élevé et déjeté. Ce qu'il faudrait maintenant, ce serait une plante naine à feuilles plus petites, offrant la grande et brillante spathe des hyl)rides que nous con- naissons actuellement. Pour arriver à ce résultat nous conseillerions d'essayer de croiser VA. rejilans ou VA. microphjllum avec VA. Andreamim. Cet liyliride a été obtenu par le directeur de la Compagnie Continentale d'Horticulture et dédié par lui à S. A. L et R. l'Archiduc Joseph d'Autriche. N. E. Brown. — 176 — PL. DLXXVIII PINUS COULTERI m. PIN DE COULTER Conifères CARACTÈKES GÉNÉRIQUES: Flores monoici. Staniinig. Amenta solitaria vcl spicata. Stamiua phu-iina, axi inserta; filameiita brovissima, anthfirae bilocularcs, connectivo «quamulaefnrmi superatae, loculis appositis, lont^ituilinalitor deliisceiitilius vcl transver- sim irregulariter ruptis. Uemmulif. Ainouti BOlitaria yel ooni'erta. Sqiianiae imbricafae, bractea saepius adnata stipatae. Gemmulau ad basim equamaram geminae, collatérales, inversae, atropae, squamae adnatae, micropyle deorsum spectante laccro-bifida. Strobilua e Bquamis ooriaceiis vel lignescentibus, apice aequalibus vel apophyei inci-assatis, per- sistentibus aut rarius a rhachi Bolutis, basi pro receptione serainum excavatis. Semiiia ad basim squamai-um gemina, eoUateralia, inversa, nuculiformia, basi bine in alam menibranaceam persisteiitem vel rarius semine maturitate a squama soliito pertinaciue cum squama cohaercntem producta. Embryo iu axi albuminis carnoso-oloosi antitropus, ejusdem longitudine, cotyledonibus 3-12 liuearibus, germinatione cpigaois, radicula cylindrico-conica infera. Arbores excelsae aut rarius arbusculae bumiles, in temperatis et frigidis liemispliorae borealis, a maris littore ad terminum vegetationis arboreae provenientes, in regiono montana passim sylvas vastas constitueutes. Folia acerosa, linearia vel tetragona, sparsa, saepe distiche patentia, vel primor dialibus abortivis fasciculata, fasoiculis basi vaginula scariosa cinctis, saepissime seplimum in annum durantia, rarissime quotannis decidua. Maturatio annuavel biennis. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Arbor magna, robusta, altiludine 80 — vol 100 pedalis, cortice spadiceo obducta, ramis amollis, apice ditl'usis. Ramuli e squamanim sti]>ularium basibus callosis teruloso-tubcrculati, orassitio pollicares. Folia terna, raro quatcnia vel quina, dodranlalia, incurvata, comprcssiusciila, mucronata, supra bisulca, subtus plauius- cula, margine lineaque média elevata tcnuissime, serrulatis. Vaginae sesquiuncialos, crassjtie pennae coi'vinae, basi tumida squamis ovato-lanceolatis, acumiuatis, eartila- gineis, spadiceis, nitidis, adpressis, margine scariosis, albis, filamentoso-laccris, inleriori- bus brevissimis carinatis, sfipularibus majoribus, longius acuminatis, basi cucullato-callosa indurata persistente. Strobili oninii:m maximi, coiiico-oblongi, pédales et ultra, diamètre ad médium semipedem adaequant, et libras quatuor circiter pondère : squamis cuneatis, apicibHS elongatis, lanceolatis, mucronatis, ancipiti-compressis, obsolète quandrangulis, incurvato-aduucis, crassissimis, induratis, laevibus, nitidis, spadiceis, margine acutis, 1-3 uncialibus, inferioribus longeoribus, deflexo-patientibus. Don 1. c. Pinus Coul/eri DoK in Lin. Transact ï XVII, 440 — Endl. Sinopsis ConiJ. p. ICO. Habitat in Californiae montibus S. Luciae (30» 1. b.) altit. 3000 4000 ped. Ce magnifique Conifère, nous devons le reconnaître, n'est pas une nouveauté puisque son introduction en Europe remonte déjà cà 1832. Dans sa patrie, les montagnes de S'" Lucie, son tronc s'élève à 30 mètres de hauteur. Ses branches sont étalées, verticillées, les inférieures inclinées vers le sol mais ayant le sommet relevé. Les feuilles sont tri(juètres, longues de O^SO, elles sont moins glaucescentes que le Pinus Sabiniana avec lequel le P. CotiUeri est souvent confondu. Les cônes dont nous reproduisons l'image, grâce à l'obligeance de notre excellent confrère le Gardeners^ Chronicle, qui en donne la description dans le n" du 38 mars 1885, p. 415, ont au moins le double de la grandeur des cônes o Ci 1: o a: on 3 O o m g S c; niandable cniiinie fruit de dessi'rt. 8. Superintendant ObercUeok. .!'> ^ :j n 0. Gnrteninspeotor Hooff, 8. SuperintendeiU Oberdieck (G. Goeschke). — Fruit très beau, grand, de forme ovale arrondi et de coloris rou^'e foncé. Sépales réfléchis, grains profon- dément enfonces diuis les al- véoles, d'abord jaune d'or et rouge foncé en pleine maturité. Chair rouge, juteuse, douce et très agréable au goût. Plante de croissance très vigoureuse et d'uni! l'ciiilité étonnante. Matu- rité de moyenne saison. Cette nouveauté fort méritante est recommandable pour la grande culture. — 17'J — 9. Garteninspector BooJ (G. Goeschkk). — Fruit inagui(i(iue, de première grandeur, de fornio ronde régulière, le coloris est d'un rouge brillant avec des grains rouge foncé disposés cà la surface. La chair est rose, très juteuse, finement parfumée et d'un goût très relevé. Les fruits mûrissent assez tôt et sont produits en grand nombre même par les jeunes plantes. Cette variété a été obtenue en 1883. 10. Borussia. 10. Borussia (G. Goesciike). — Le fruit est de première grandeur, eu forme de crête de coq élargie, souvent profondément rayée; le coloris est rouge orange brillant. Les divisions du calice sont appli- quéps. Les grains jaune brun enfoncés dans leurs alvéoles. Chair rose, blanche au milieu, d'un goût aromatique des plus fins. La plante est d'une croissance vigoureuse, très fertile. La maturité est assez précoce. Les feuilles vert foncé luisant au-dessus sont vert gri- sâtre au-dessous. Les pétioles sont très duveteux. "S'ariété de premier ordre. 11. Otto Laemmerhirt (G. Goeschke). — Fruit très grand, fréquemment presque rond, cependant le plus souvent de forme carrée ayant les arêtes arrondies et munies vers le milieu d'un enfoncement uni et droit. Le coloris est rouge, pas- sant au rouge foncé lors de la complète maturité. Grains brun 11, Otto Laemmeri.irt. rougeàlre, jaum'itre du côté de riiMd)re, peu enlnncés dans leurs alvéoles. Chair blamdie, bordée de rose 180 — pâle, beurrée fondante, très dmice, juteuse, d'un goût aromatique rappe- lant le melon. Plante vigoureuse, extrêmement fertile, de saison assez avancée et d'une fructification prolongée. Cette plante est très reconiniandalilo pour la culture eu i;rand; le fruit convient surtout pour la conliture et le dessert. 12. Snxonia. 12. Saxonia (G. Goeschke). — Comme la précédente variété, celle-ci est une nouveauté de 1884. Los fruits sont très grands, les premiers ont une forme élargie étrange; les suivants, comme l'indique la figure, sont très allongés et un peu en cœur. Le coloris est rouge foncé brunissant à la complète maturité. Les grains sont quelque peu enfoncés, bien que fort visibles, et rouge brunâtre brillant. Toute la surface du fruit est remar- quable par son beau luisant. Chair rouge foncé, rouge pâle au milieu veiné de rose, serrée, délicieuse et d'un goût exquis. La coupe transversale et le diamètre de ce beau fruit sont remarquables. Plante vigoureuse, extra- ordinairement fertile. Maturité très liàtive. Recommandable surtout comme fruit de dessert à cause de son coloris très foncé. 4""' SÉRIE 5"" Volume TOME XXXII. Année 1885 IS""" Livraison Principales distinctions obtenues par L'ILLUSTRATION HORTICOLJi . MÉDAILLE DE MÉRITE A l'eXPOSITION VNIVEESELLE DE VIENNE EN 1873 DIPLOME d'honneur A l'eXPOSITION INTERNATIONALE d'aMSTERDAM EN 1877 MÉDAILLE d'or A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS EN 1878 DIPLOME d'hONNEIR A l'eXPOSITION DE MADRID EN 1883 LILLOSÎRATI HÛRTIC REVUE MENSUELLE DES SERRES ET DES JARDINS 1 COMPRENANT LA FIGURE, LA DESCRIPTION L'HISTOIRE, LA CULTURE EH SERRES, EN PLEIHE TERRE ET EH APPARTEIÏIENTS DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES LES INTRODUCTIONS NOUVELLES L'INDUSTRIE HORTICOLE LES EXPLORATIONS BOÎANKJOES, L'ARCHITECTURE OES JARDINS, L'ARBORJCDLTCE LA CULTURE MARAÎCHÈRE LE COMPTE RENDU DES GRANDES EXPOSITIONS, ETC. PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE J. LINDEN ADMIÏJISTRATEUR REDACTEUR LUCIEN LINDEN EMILE RODIGAS Collaboration de Botanistes et Horticulteurs éminents TABLE DES MATIÈRES Chronique horticole 181 Bibliographie 189 Le jardin fruitier et le potager . . 190 Table des Matitres 10^ TEXTE ET PLANCHES PI. 57;). Vanda Roxburglii riilira . 1.'5 l'I. 580. Laliisia? Malouiana . . . 170 PI. 581. Microstylis bella .... 187 PI. 582. Victoria Reoii 188 A PARU LE 31 DÉCEMBRE 1885. Administration, au siège social de la Compagnie Continentale d'Horticulture (Société anonyme», 52, rue du Chaume, à Gand. CONDITIONS D'AHONNEiMENT V Illustration Horticole paraît le 15 de cliaque mois et forme, au bout de l'année, un gros voliinie in-8° do 20f) pacos de texte illustré de nombreuses gravures, et accompagné de 36 PLANCHES richement coloriées ou gravures supérieurement exécutées. Les sujets traités sont distribuc's dans l'ordre suivant : I. Chronique horticole. — 11. Planches coloriées et descriiitiims de plantes ninivelles. — 111. ('nltiirc des plantes en appartements. — IV. Jardin potager et jardin fruitier. — ^'. Hurticulture d'ornement, etc. — VI. Architecture des jardins, constructions et industries horticoles. — ■ \l\. Miscellanées. — VIII. Correspondance. — IX. Explorations scientifiques. Prix de l'abonnement, payable d'avance. Par volume de 12 livraisons (de janvier à décembre) envoyées chacune //a^^co par la poste. Pour toute l'Union postule 30 francs. Pays (l'outrc-mcr 35 ii Payable en un iiianilat sur la poste lic Garni (Belgique) au nom de l'Ailministroleur. On s'abonne à l'administration de V Illustration Horticole, 52, rue du Chaume, à Gand, ainsi que chez les principaux li1)raircs de Belgique et de Tétranger. — Envoi franco d'un N" spécimen sur demande affranchie accompagnée de 3 francs en timbres-poste. fiO" Les volumes préci'dents sont disponibles au prix de 30 fi'ancs. Collections de graines potagères pour Jardins bourgeois. Nous réunissons, ;iu ^loint de vue des .T;irdins boiu'geois, îles choi.x d'espèces de légumes pour tous les besoins de l'année. Ces collections ne peuvent être divisées, elles sont composées avant répoque où nous sommes encombrés par de nombreuses expéditions ; il en résulte pour nous une économie de temps (jui nous permet de réduire les prix de ces assortiments, avantage qui fait souvent préférer cette manière d"acliat. 572. Une collection de 25 espèces 2>our petits jardins fr. Su 573. — • — — 25 — — — — en portions plus grandes. . n 10 >, ,^74. — — — 50— — — — n 20 n 575. — — — 50 — — — — en portions plus grandes. . r, 30 n 570. — — — 100 — pour jardins plus étendus n 40 n 577. — — — 100 — — — — — en port, plus grandes n 50 « 578. — — — 150 — — — — — „ GO „ 579. — — — 150 — — — — — en port, plus grandes « 75 •. 5S0. — — — 200 — pour grands jardins - 100 n .581. — — — 200 — — — — en portions plus gr.indes. . n J50 » 582. — — — 300 — — — — n 200 I. g^?^ Adresser les commandes à la COMPAGNIE CONTINENTALE D'HORTICULTURE (Société Anonyme) à GAND. a R A ' r NEW York' 90TANICAL CHRONIQUE HORTICOLE 25^Décombre 1885 Un cadeau princier. — Parmi les présents offerts à la princesse Marie d'Orléans ;'i l'oocasion de son mariage avec le prince Waldemar de Danemark, présents dont les journaux ont énuniéré la liste, il en est un que nous tenons à mentionner. C'est le cadeau offert par M. le baron KuMOND DE Rothschild. Il consistait en une splendide collection d'Orchi- dées digne de celui qui l'ofirait et de la princesse qui la reçut avec intiniuient de plaisir. La collection a été évaluée par des connaisseurs à la somme do vingt cinq mille francs. * * La Société de secours aux vieux jardiniers (Ganleners' Royal Benerolent Instilution) qui fonctionne à Londres avec tant de succès, continue de rencontrer partout la plus vive sympathie. La Société vient de recevoir un nouveau legs de cent livres de la part de J. S. Law, Esq. Le prix des céréales avait autrefois des fluctuations bien plus importantes <[ue de nos jours. La facilité des communications entre les cmitrées les plus éloignées est do nature à réduire de plus en plus l'échelle de la variation des prix. Au commencement du XYIH'"" siècle, un sac de froment se payait douze sous dans nos régions, un sac de seigle 8 sous, un sac d'orge 7 sous. En 1023, la cherté des vivres fut grande et le sac de seigle se vendit 9 florins, c'est à dire à peu de chose près le prix actuel de cette denrée. Une superbe collection d'Orchidées, celle de M™"^ M. J. Morgan, de New Yoi'k, a passé sous le marteau des commissaires priseurs et se trouve aujourd'hui dispersée. Bien des lots ont été loin d'atteindre leur valeur, néanmoins la vente totale a produit la somme de 22,000 dollars, donc au-delà de 110,000 francs. La vente dura quatre jours, pour les 17.33 lots. Un Catlleya iSJiinneri alla fut vendu 200 dollars, un Cattleya labiata, 00 dollars, deux Caltleija fausla ddicata, 145 dollars, un Cypri- pecUum Morganiac^ 750 dollars, soit 3,750 francs. Des applaudissements saluèrent cette adjudication. L'heureux acquéreur, M. Court, eût volon- tiers payé le double. Il acquit d'ailleurs encore un C yjjripedium Stooiei platytaenium pour 450 dollars. Un Vanda Saiideriana fut la dernière plante vendue : elle fut acquise par M. H. Heihrecht pour la somme — 182 — (le nOO dollars. Cet exemplaire a été cédé depuis à un autre amateur moyennant un bénéfice notable. Il parait que jamais on ne vit pareil enthousiasme. Ce fait démontre, dit V. American /Yorw^ que l'Amérique possédera bientôt des collections d'Orchidées de premier ordre. 11 nous fournit cette autre preuve que, maljrré le voisinage immédiat de la patrie de beaucoup d'Orchidées, la valeur de ces belles plantes est appréciée là-lias aussi bien que chez nous. Musa Ensete à feuilles panachées. — l.'u jardinier de Croi.s feuilles élégamment striées de jaune ou plutiit marquées de bandes blanc jaunâtre et de nuances diverses plus ou moins foncées suivant l'état de la végétation. Quant à la vigueur, notre savant confrère ajoute que celle du Bananier panaché est un peu plus grande que celle du type. Cette dernière observation contra- riera probablement ceux qui prétendent que la panacliure est une maladie. Encore deux peupliers géants. — Dans notre précédente Chronique nous avons signalé un grand p(Mq)lier, renversé par l'ouragan, à ^^'assenaer (Pays-15as). Un correspondant de Semperxirens signale deux grands peu- pliers existant à la villa \ijverhof sous Nieuwensluis, appartenant au baron Ci.iFFORD. Ces arbres mesurés à 1 mètre au dessus du sol ont l'un ()'"!)0 et l'autre 7 mètres de circonférence. L'un est creux vers la base. L'âge de ces colosses est inconnu. Le Jardin botanique de Glasgow, institution privée, ne semble pas être dans une situation prospère. Le conseil communal de cette ville a permis à la Société de jouir encore des jardins jusqu'au o\ mars 1887. Le déficit qui existera alors sera couvert par la vente des plantes et du matériel de la Société. Les fruits du Prunus Fissardi. — La valeur de cet arbre au point de vue ornemental est suffisamment établie : les vives couleurs de son feuillage produisent le plus heureux contraste dans les groupes des jardins d'agrément. Il s'agissait de savoir si cette espèce, originaire d'Asie, donnerait sous notre climat des fruits mangeables. Dans une récente réunion de la Société centrale d'horticulture de Franre, M. Descii.\mi's, de lîoulogne (Seine), a fait voir des fruits du Prunus Pissardi oliteuus dans son jardin. Ces fruits étaient petits et acides. A plus forte raison le seront-ils dans les contrées plus st^pteiitrioualcs. — lf^3 — Coloriage artificiel des fleurs. — Dans les bureaux de la mlactinn de la Wiener Illuslrirle Garlen Zeilimg, ou avait mis par liasard dans une bouteille contenant do l'encre à l'aniline, quelques fleurs coupées de Perce-neige; une demi heure après on vit apparaître sur le fond blanc des pétales de fines lignes rouges. L'expérience fut refaite et eut le même résultat. Alors ce fut le tour de fleurs de Muguet, d'Allium neapoli- tanum, du lis blanc, etc.; ces fleurs furent détachées des tiges et leur pédoncule plongé dans l'encre rouge : toutes donnèrent des panacliures, stries ou veines rouges. Des muguets ainsi transformés furent placés au centre d'un bouquet de fleurs blanches et donnèrent lieu au plus ravissant contraste. Nous ferons observer cependant qu'il existe un muguet à fleurs parfaitement roses et que la distance entre les fleurs coloriées et des fleurs colorées par la nature est infranchissable. Les arbres élevés attirent la foudre. — Ce fait est généralement connu et on ne saurait assez recommander d'éviter de chercher sous les ai'bres un abri en cas d'orage. Le journal néerlandais Sempertirens cite d'après le Kieuive BollerdamscJie Courant des indications qui en four- nissent une preuve nouvelle. Lrirs d'un violent orage, 12 chênes, 2 frênes et un sapin furent frappés de la foudre, tandis que pas un seul hêtre ne fut atteint; quelques peupliers furent frappés également à quelque distance du bois. Il semble, d'après les observations suivies, que dans les bois à essences mêlées, le chêne est toujours frappé, tandis que les autres arbres sont indemnes. Après le chêne, vient le peuplier. Des peupliers élevés aux abords d'une habitation préservent celle-ci contre la foudre. Un beau chêne liège est signalé par les botanistes chargés d'explorer la Kroumirie centrale à la suite de l'expédition tunisienne. Ce magnifique exemplaii'e se trouve aux abords de la plaine de la Medjerda et mesure 5"70 de circonférence. D'après le Bulletin de la Société botanique de France^ cet arbre serait légendaire. Les chefs Kroumirs s'assemblaient tous les ans sous son feuillage et ne pavaient l'impôt au Bey de Tunis que si les feuilles du chêne restaient immobiles durant la réunion. * Exposition internationale à Dresde. — L;i capitale de la Saxe aura son exposition internationale d'horticulture au mois de mai 1887. S. M. le Roi de Saxe a bien voulu autoriser le Comité émanant des diverses sociétés horticoles réunies, à établir cette exposition dans le grand jardin royal. Les dessins des bâtiments temporaires sont déjà approuvés et l'ensemble de l'exposition est en voie d'organisation. Nous avons sous les yeux le plan général. — 184 — Tous les habitants de Blois sont roux, roux et. acariâtres, à ce qiiL! tlit, une vieille liisl lire. Nuiis ilirons île la même façon aujoiirJ'imi que toutes les pommes de terre que l'on mange en Belgique sont pâteuses et mauvaises. Telle est l'impression que semble avoir rapport('e dans sa patrie un visiteur d'Outre Rhin, venu à l'Exposition d'Anvers. En homme pratique il engage naturellement ses compatriotes à expédier aux pauvres Belges des poiuni's (h; terre allom unies. Il ne sait pas, sans doute, que pour ce pro luit, la Belgique n'a riim à envier à personne. Depuis LS40 les liiirticulteurs, les Comices agricoles, les particuliers eux-mêmes n'ont rien négligé pour atiK'liorer les races de [)iiinnies de terre ipii sont une des bases de notre aiiricuUurc. Conservation du Raisin. — Nous avons déjà décrit dans ce recueil un mode de conservation des raisins suivi par M. S.\lomon. Le D'' Underhill a fait connaître dans le IVew l'orker Farmer-Club qu'il a conservé parfaitement des raisins dans du bouchon moulu et séché; il dit que du son l)ien sec convient au même usage. Il sullit de veiller à ce que la température soit modérée. Nous avouons avoir fait l'essai de la conservation du raisin dans du son l)ien sec; notre expérience n'a pas réussi; les raisins ont fermenté au bout de quelques jours. Les progrés de l'horticulture, s'ils avaient besoin d'être di'inon- trés, trouveraient une preuve dans le développement donné partout aux Jardins botaniques et aux serres établies dans ces institutions. Le Jardin des plantes à Paris a son nouveau jardin d'hiver; le Jardin de (llasuevin a vu renouveler et agrandir ses serres. L'Institut botanique de Liège est achevé dans de vastes proportions. Les serres du Jardin botanique d(> Greifswald, sous la direction du D'' Edm. Goeze, ont été reconstruites ; maintenant vient le tour des serres de Tubingue ; déjà la chambre législative du Wurtemberg a voté de ce chef une somme de 125,000 marks. Nous apprenons en outre que les serres du Jardin botanique de Brunswig vont être complétées au moyen de quatre serres à charpente de fer. Nous avons signalé déjà l'agrandissement de la serre à Fougères du Jardin botanique de Bruxelles ; cette construction est aujourd'hui terminée. L'Adiantum cuneatum elegans est une gracieuse variété de l'ancien Ad. cuneatum. Le feuillage en est moins compact que celui de ce dernier et plus serré que celui de la variété gracillimum. La nouvelle venue tient pour ainsi dire le milieu entre les deux. C'est une lionne acquisition qui permettra do varier la verdure dans les bouquets. L. LiNDEN et Ém. RoDKi.VS. <: m te < > O m X, o < Q Z < > r^ — 185 — PL. DLXXIX VANDA ROXBURGHI r.bp. VAR. RUBRA VANDA DE ROXBURGH A LABELLE ROUGE Orchidées ÉTYMOLOGIE ET CARACTÈRES GÉIS'ÉKIQUES : Voir Illustration Horticole, XIX, 1872, p. 272. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Vanda foliis apice oblique dentatis, racemis erectis foliis longioribus, sepalis petalisqiie ob'ongo-oLovatis undulatis obtusis, labelli lobo medio ovato emarginato. R. Be. Bof. Reg. 506. — Vanda Sir W. Joncs in As. Res. IV, 302. Vanda tesaellata Lodd. in Paxt. Mac. of Sot. 84, 18U. CARACTÈRES DE LA VARIÉTÉ : Periantliii partes snpra brunneae iiiaculis luteis pictae, ini'ra albido-lutcolae, labello-rubro. Ce n'est certe.s pas aux lecteurs de 1' Illustration Horticole qu'il faut apprendre le rang éniinent que les Vandées occupent dans la famille des Orchidées. Bien que le genre ne compte qu'une vingtaine d'espèces appartenant toutes à l'Inde, à l'Archipel Malais et aux régions tropicales de l'Australie, plusieurs d'entre elles ont su conquérir et conserver dans les serres européennes une place que ni le temps ni la mode capricieuse n'ont su leur enlever ; quelques-unes sont devenues populaires, en ce sens qu'elles sont connues même du profane : telles sont entre autres les Vanda siiavis et tricolor, quoique ces espèces aient rencontré de redoutal.iles rivales dans leurs congénères les Vanda Loni, Sanderiana et Roxburglii. Les fleurs de la plupart d'entre elles ont beaucoup varié et c'est une des plus douces jouissances de l'amateur que de rencontrer à la floraison de iipécimens d'introduction directe, des coloris ou des formes différant de ceux du type. La plante dont nous donnons le portrait est une remarquable variété du Vanda RoxhwgJd, découvert dans l'Lide par Roxburgh et introduit en Europe dès 1816, sons le nom de Cymhidivm tesselloides. Il appartient au groupe peu nombreux des Orchidées à tiges véritables dépourvues de pseudo-bulbes. Ces tiges émettent de fortes racines charnues et blanches qui s'appliquent, dans leur patrie, au tronc et aux branches des arbres. Les feuilles, d'un beau vert brillant, sont distiques, longues, coriaces, échancrées à leur sommet et légèrement recourbées. Les fleurs, grandes et belles sont nombreuses et disposées en racèmes dressés. Les divisions du périanthe sont égales de forme et de grandeur, ondulées sur les bords, obtuses et irrégulièrement marbrées de brun foncé sur fond jaunâtre. Le labelle d'abord lilacé passe ensuite au rouge vif. Dans la variété, peinte d'après l'exemplaire ayant fleuri dans les serres de la Compagnie Continentale d'Horticulture, les marbrures brun foncé ont fait place à une coloration orangée d'un magnifique effet, et le labelle est rouge. Ém. Rodigas. 186 — DLXXX LABISIA'? MALOUIANA i, lind. et es. LABISIA DE M. J. MALOU M Y R S I N K E S ÉTYMOLUGIE ET CARACTÈRES CiÉNÉRlQUES : Vide supra p. 95. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Caulis liieviB, OmlO longus, erectus, verrucosus, cupreolus albo punctatus. Folia subsessilia, petiolo brevissimo basi vapinato; lamiua 0"'20-(l"'25 longa, 0"'07-0"'OS lata, laneeolata, aoiiminata, velutina, in juventute nibicunda postea purpurea, medio irrégularité!' albo ]ii<.'la. Flores nobis adliue igiioli. Habitat Borueo. Il y a peu de mois, notre savant collaboratour M. N. K. Iikown signalait ici même (voir ci-dessus, p. 95) une nouveauté hautement inté- ressante, le Laiisia pothoina Lindl, charmante Myrsinée au gracieux finiillage accompagné de très jolis épis floraux. Nous rapportons pro- visoirement au même genre la plante dont la planclie ci-contre présente le ravissant feuillage. La tige des exemplaires ijue nous avons sous les yeux, atteint à peine une dizaine de centimètres de hauteur ; elle est ligueuse et verruqueuse, de couleur cuivi'ée, parsemée île ponctuations blanchâtres disposées irrégulièrement. Les feuilles sont presque sessiles tellement le pétiole est court; il est engainant à la base ; elles ont de 0"'20 à 0"'25 de longueur sur 0'"07 à 0"'08 de large; elles sont lancéolées, acuminées, de couleur rouge pourpré et lisses dans la jeunesse et plus tard d'un beau pourpre velouté à la page supérieure du limbe. La nervure médiane est verte nu dessus; les abords de celle-ci sont marqués d'une large bande finement pointillée de blanc, comme farineuse; cette panaclnire pointillée se in'ojette irrégulièrement suivant les nervures secondaires. La face inférieure est rougeàtre sauf aux abords de la nervure médiane où elle est verte, tandis que cette nervure elle-même est brun rouge. Cette belle nouveauté a été dédiée à M. Jui.es M.m.ou, ministre d'Etat et président du Conseil d'Administration de la Compagnie Continentale d'Horticulture. L'espèce est originaire des montagnes de Rajah dans l'in- térieur de Bornéo où elle a été découverte par M. Teuscher, voyageant jiour compte de la Compagnie. L. LiNDKN à E.M. RdDlUAS. LABISIA (?) MALOUI Chfom. P. De Pauncwcieltcr. ^ J9 \ L. LIND. ET ÉM. ROD. ./. Lindi'il pilhl. MICROSTYLIS BELLA rciib. f. ^ _ ]S7 — DLXXXI MICROSTYLIS BELLA MICROSTYLE GRACIEUX Orchidées ]'/rYMOLO(J]E : Du grec f/.izr>rj; petit et ffTij).t; petite colonue, allusion à la petitesse de la colonne. CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Micros/i/hs'NviT. Pcrigonii foliola exteriora palentia, libéra, lateralia basi aequalia, saepius breviora; interiora filitbrmia vel linearia, pateutia. Labellum patentissinium, basi excavatura, sagittatum vel aui-iculatum, integerrimum vel denticulatum. C'olumna ovario continua, minima vel paullo producta, apice bideutata vel liiaurita. Authera bilocularis. Pollinia4, coUateralia, apice per paria cohaereutia. Ilei-bae terrestres vel epiphytae, inter tropicos utriusijue hemispherae, in Europa ( 1 America boreali et frigida parce obviae ; f'oliis plioatis vel membranaoeis, basi iiiterduni incrassatis, floribus herbaceis fiavescentibus vel discoloribus. Microslylis Nutt. Gen. II. 196. Lindl. Oixh. 18. Bot. Rpg. t. 1290. PoErr. & Ekdl. yov. Gen. et Sp. t. 111. Crepidium Blume Bijdr. 387 fig. 63. Monorchis Mentz. Ackroanthes Raff. Pterochilus HooK. Ophrydis sp. Linn. Jacq Malaxydis sp Swaetz. Lodd. Bot. Cal. t. 116. Rchb. f. Orck. Xen. t. 493. Ém. Rod. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Pseudobulbo cylindraceo conico, foliis amplis cuneato oblongis aoutis undulatis (evolutis 4), racemo elongato supra pedunculuin angulatum, raedio uni squamatura, bracteis linearibus ovaria pedicellata non aequantibus, sepalis tepalisque lineari ligulatis obtuse acutis, labello longe sagittato, apice subaequaliter novemdentato, dentibus imbricantibus minoribus, pulvinari aute columnam semiro- lundo incrassato basi média triangulo sulcato pilis lucidis minutis supra pulvmar sparsis, columnae cornioulis retusiusculis. Ex Sond. Ins. a dom. Augusto Lindek miss. H. G. Rchb. f. Cette charmante nouveauté s'élève à prè.s de 0"'00 de hauteur et porte (le grande.s feuilles oblongues en coin élargi et ondulées, ainsi qu'un ivi'.'ème de nombreuses fleurs quelque peu plus petites que celles du Microstyl'is Josepliiana. Les sépales et les pétales sont d'un coloris pourpre pâle avec les pointes vertes. Le labelle pourpre est muni de très longues oreillettes sagittées et porte à son sommet neuf petites dents imbriquées pres(|ue égales. Le coussinet devant la colonne est d'un pourpre bleuâtre foncé et orné de poils blancs brillants assez clairsemés. La ci donne est vert pâle avec des stries angulaires. Cette espèce se distingue aisément du Microslylis RheeAii par la présence des petites dents imbriquées nu sommet du labelle et par le coussinet calleux arrondi situé devant la colonne, divisé par le milieu et orné des poils peu visibles mais brillants dont il a été question ci-dessus. Je trouve cette espèee très jolie. .Jamais je n'ai vu de Microstylis aussi grand que celui-ci. Il a de l'affinité avec une variété de Microstylis Rheedii dessinée par le Rev. C. S. P. Parish. Cette nouveauté a été envoyée de la Malaisie (jrientale à la Compagnie Continentale d'Horticulture à Canil, par 1\L Auguste Lixden, fils aine de M. i. LiNDEN, et par son compaancju de voyage j\L A. De Ronne. H. G. Rchb. f. — 188 — DLXXXIl VICTORIA REGIA VICTORIA ROYALE NYMI'llÉ.VrÉES ÉTYMOLOGIE : Genre dédié à S. M. Victoria, reine d'Angleterre. CARACTÈRES GÉNÉRIQUES ET Sl'ÉCIFIQUES : Ccilycis tubus snlifrlobosus ovario adliaerens ad oram in torum expansus, linibo 4-partito deoiduo colonvto. Pctala numerosa fauci s-u toro calycis inserta, extcriora pateutissiraa calyccm supci-antia, niteriora sensim angustiora aouminata rigida staminiforniia, omnia basi in annulum vel torum connata. hitamina plurima subduplioi série inserta iertilia, filamentis subulatis petaloideis sed rigidis tirmis basi monadelpliis demum erectis, antheris introrsis infra apioem insertis lineari-elongatis adnutis; filamentis interioribus subbiscrialibus sterilibus basi monadelphis. Ovarium iiiferum globosum vertice concavo-canipauulatum radiatum centro rostratum multiloculare, loculis uniseriatira re^julariter in circulum dispositis pluriovulatis, ovulis parietalibus funiculis retieulatis affixis. Stylis nullis {in campamilam sulcatam tiibum atlyris Vfstientcm roniialis Lindi..). Sligmatibus niaximis tôt quot loculis ad raargineiu verlicis oampanulati quasi articulatim iusertis latolanceolatis compressis carnosis erectis médium versus and angulum inflexis deciduis dorso stigmatosis. Fruotus baccatus globosocampanulatus vel cyatbirormis truncatus supra campanulatus intus rostratus plurilocularis, loculis polyspcrrais. Semina ovali-globosa nuoamentaca. Herba ingens aquatica fluvios placides cisandinos Americae meridionalis liabitans, radiée perennifoliis giganteis natantibus orbiculatis peltatis planis margine ubiquc elevatis radiatim atque reticiilatim nervosis, nervis valfle subtus elevafis, floribus raaximis speciosis albo roseis, peduneulis longe exstantibus, petiolis pedunculis ovariis nervisque sublus insigniter aculeatis. HooK. Bol. Mag. t. 42'7â-4278. Victoria regia Lindl. Monotj. Vict. 1S37. — Victoria regina Gkay. Mag. of Zool. and Bot. II 1838-410. — A'j/mpAaca Victoria Sciiomb. in litt. — Euryale amaionica l'oEPP. Floriep's' Notiz. XXXX. 9. La célèbre Nj^mphéacée américaine, une des merveilles du règne végétal, excite toujours la curiosité à cause de l'immense grandeur de ses feuilles et de leur solidité ainsi que de l'incomioarable beauté de ses fleurs. Elle fut découvert